toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Historien de la Shoah et rabbin, Alain Michel confirme la thèse de Zemmour “Vichy désirait protéger tous les Français, dont les juifs”


Historien de la Shoah et rabbin, Alain Michel confirme la thèse de Zemmour “Vichy désirait protéger tous les Français, dont les juifs”

NDLR : Nous précisons que nous ne partageons pas la thèse d’Alain Michel, reprise par Eric Zemmour, qui nous semble une vision très partielle des facteurs qui ont permis de sauver un garnd nombre de Juifs français de l’extermination. Il manque à cette thèse d’autres facteurs tels que l’existence de la zone libre et des frontières avec des pays « neutres » (Suisse et Espagne) où les Juifs ont pu trouver refuge. De même l’existence d’importants maquis a permis aux Juifs de se cacher et de prendre les armes. Enfin, de nombreux Français ont aidé à cacher des Juifs.


Historien de la Shoah et rabbin du mouvement Conservative, Alain Michel a publié en 2012 Vichy et la Shoah : enquête sur le paradoxe français (Editions CLD), une étude qui ébranle toutes nos certitudes sur l’attitude du régime envers les Juifs et qui a nourri la réflexion de Zemmour sur Vichy et les polémiques qui s’en sont suivies.


Causeur. Zemmour s’appuie essentiellement sur vos travaux pour affirmer que Pétain a sauvé les Juifs français durant la Shoah, en sacrifiant les Juifs étrangers. Dans le passage le plus polémique du Suicide français, il cite votre livre Vichy et la Shoah : enquête sur le paradoxe français. Comment avez-vous accueilli cette médiatisation ?

Alain Michel. Je dois effectivement à Éric Zemmour la médiatisation de mon livre. Lorsqu’il a été publié en 2012, tous les médias situés à gauche du Figaro l’ont frappé d’une sorte d’omerta. À l’époque, Éric Zemmour avait demandé à me rencontrer et avait prédit mon livre subirait le même silence médiatique que l’ouvrage, remarquable, de Simon Epstein, Le Paradoxe français. Epstein y montre l’implication de la gauche pacifiste dans la collaboration et de l’extrême droite maurassienne dans la Résistance. La presse s’étant focalisée sur le chapitre consacré à Vichy dans le Suicide français, je me retrouve lié au sort d’Éric Zemmour et je savais que le sujet reviendrait dès lors qu’il entrait dans la course à la présidentielle.

La seule erreur de Zemmour, c’est quand il dit “Pétain a sauvé les juifs de France”, c’est inexact. Ce n’est pas Pétain, c’est Laval, aidé par Bousquet…”

Vous ne vous sentez donc pas trahi par l’utilisation faite par Zemmour de vos recherches ?

Non et je m’étonne qu’aucun média, en dehors de Causeur, ne m’ait sollicité pour vérifier les dires de Zemmour. Ils n’interrogent que les historiens de la doxa, c’est-à-dire ceux qui partagent les thèses de Robert Paxton et de Serge Klarsfeld, jamais des historiens comme moi-même ou comme Jean-Marc Berlière, le spécialiste de la police de Vichy, ou encore mon directeur de thèse, Antoine Prost, pourtant l’un des plus grands historiens de la France contemporaine. Ce dernier a beau être idéologiquement opposé à Éric Zemmour, il estime qu’il faut regarder les choses dans leur complexité concernant Vichy.

A lire aussi : Zemmour, le dernier israélite

Mais Zemmour n’est pas historien…

Il n’est pas historien, mais il connaît énormément de choses sur cette période. Sa seule erreur tient dans sa présentation du sujet. Quand il dit : « Pétain a sauvé les Juifs de France, c’est inexact. Ce n’est pas Pétain, c’est Laval, aidé par Bousquet. Cela a d’ailleurs été écrit dès le début des années 1950 par Léon Poliakov dans le Bréviaire de la haine. Raul Hilberg dira la même chose jusqu’au bout, y compris dans la dernière réédition de La Destruction des Juifs d’Europe, en 2006. Pour eux, le gouvernement de Vichy a fait le choix de protéger les citoyens français en livrant des Juifs étrangers. Plusieurs historiens soutiennent cette thèse, mais à partir des années 1980 elle devient taboue.

Il faut reconnaître que votre thèse est particulièrement déroutante. Vous soutenez par exemple que Laval n’était pas antisémite…

Même si Laval était xénophobe (c’était très à la mode à l’époque en France), il n’avait pas d’intentions criminelles, ni par rapport aux Juifs étrangers ni par rapport aux étrangers non-juifs. Le gouvernement de Vichy voulait avant tout se débarrasser des étrangers, dont les Juifs, qu’il considérait comme un poids pour l’économie nationale. Mais se débarrasser des étrangers dans le langage des gens de Vichy – je ne parle pas des extrémistes de la collaboration qui vinrent au pouvoir début 1944 –, c’était les faire partir. Ce n’était absolument pas les assassiner. Alors que pour les nazis, à partir du printemps 1942, il s’agit de se débarrasser physiquement des Juifs.

Il n’empêche qu’à peine arrivé aux affaires, le gouvernement de Vichy prend des mesures clairement antisémites.

Dans le premier statut des Juifs, d’octobre 1940, il n’est pas question de toucher aux biens des Juifs. C’est très différent de la zone nord où l’une des premières mesures prises par les Allemands vise à spolier les Juifs. Le régime est antisémite, bien sûr, mais contrairement à ce qu’on affirme aujourd’hui, l’antisémitisme n’est pas au cœur de sa réflexion. Ce qui le caractérise avant tout, c’est la xénophobie. Cela dit, au fil du temps les persécutions antijuives s’aggravent. Mais il n’existe pas de volonté ni en 1940, ni en 1941, ni en 1942 de nuire physiquement aux Juifs. Les déportations ne sont jamais de l’initiative de Vichy à partir de 1942 et, par la suite, Laval et Bousquet essaient de ralentir les choses. Quand ils n’ont pas le choix, ils livrent des Juifs étrangers. Les seuls Juifs français pas vraiment protégés sont les enfants français des Juifs étrangers car arrêtés avec leurs parents, comme lors de la rafle du Vél d’Hiv.

Mais justement, on sait que Pétain a durci le brouillon du statut des Juifs qui lui a été soumis et on a même la copie annotée de sa main au crayon rouge. Pourquoi l’avait-il fait s’il voulait protéger « ses Juifs » ?

Il s’agit du projet de loi qui a été rédigé dans la journée, sans doute par le ministre de la Justice, Raphaël Alibert, ou peut-être par le ministre de l’Intérieur, Marcel Peyrouton…

Lire la suite sur Causeur

Puisque vous êtes là…

… on aimerait vous dire un dernier mot. Vous êtes de plus en plus nombreux à lire Europe Israël sur le web, et nous nous en réjouissons. Nous souhaitons qu’une grande partie des articles de notre site soit accessible à tous, gratuitement, mais l’information de qualité a un coût.

En n’étant rattaché à aucun groupe industriel, aucun lobby, aucun politique, Europe Israël prouve chaque jour son indépendance éditoriale. Pour nous aider à garder notre liberté de ton et notre exigence journalistique, votre soutien est précieux.

En donnant 100 € grâce à la déduction fiscale de 66% votre don ne vous coûte que 33 €.

Vous recevrez un reçu CERFA pour tous dons supérieurs à 50 Euros qui vous permettra de déduire 66 % des sommes versées.

Nous soutenir







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • 4 thoughts on “Historien de la Shoah et rabbin, Alain Michel confirme la thèse de Zemmour “Vichy désirait protéger tous les Français, dont les juifs”

    1. Christian De Lablatinière

      @ limone: nous ne radotons pas ! cette article a été publié sur Causeur le 25 novembre 2021
      Vous faites erreurs

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    1.2K Shares
    Copy link
    Powered by Social Snap