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Prêtre tué en Vendée : « Ce drame doit entraîner une réforme. Il faut maintenir ces personnes en détention jusqu’au jugement », estime Charles Prats, juge des libertés et de la détention


Prêtre tué en Vendée : « Ce drame doit entraîner une réforme. Il faut maintenir ces personnes en détention jusqu’au jugement », estime Charles Prats, juge des libertés et de la détention

Cet étranger n’était pas expulsable malgré son arrêté d’expulsion tant que son contrôle judiciaire n’était pas levé

Gérald Darmanin – 09/08/2021


L’émoi est grand dans le pays suite à la découverte ce lundi 9 août du meurtre d’un prêtre vendéen par l’homme suspecté d’être à l’origine de l’incendie de la cathédrale de Nantes l’an dernier. Décryptage avec Charles Prats, délégué de l’association professionnelle des magistrats et vice-président chargé des fonctions de juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Paris.

Tout le monde s’interroge, comment un homme se trouvant illégalement dans le pays a-t-il pu se trouver en liberté sous contrôle judiciaire ?

Cet homme avait été placé en détention provisoire dans le cadre d’une procédure criminelle après avoir été soupçonné d’être à l’origine de la cathédrale de Nantes, dans l’attente de son jugement. Il y a des critères légaux pour maintenir les gens en détention provisoire. L’un d’entre eux est le caractère absolument indispensable, pour les besoins de l’enquête ou à titre de sûreté, du maintien en détention. Si on juge que ce critère n’est plus rempli, alors on doit remettre le suspect en liberté, sous un contrôle judiciaire généralement assez strict, comme ce fut le cas ici, avec obligation de pointer quotidiennement au commissariat ou à la gendarmerie. Cela permet de s’assurer que le suspect reste sur le territoire pour être à la disposition de la justice, même si cette décision vient se heurter à une obligation administrative de quitter le territoire.

Ce genre de cas de figure est-il fréquent ?

Absolument. Quotidiennement dans nos tribunaux, nous faisons face à des justiciables qui sont sous le coup d’une mesure d’expulsion et dont on se rend compte qu’ils font l’objet d’un contrôle judiciaire ou d’une mise à l’épreuve avec obligation par exemple de travailler… Ça donne des situations assez ubuesques.

Est-ce que cette affaire doit faire bouger les choses ?

Je pense que si quelque chose doit changer, c’est ça : la cohérence et la coordination des décisions pénales vis-à-vis des personnes en situation irrégulière. C’est-à-dire pas de mesures de contrôle judiciaire sur le territoire, de mise à l’épreuve ou de libération conditionnelle pour des personnes sans titre de séjour. Il faut maintenir ces personnes en détention jusqu’au jugement dans le premier cas, se donner les moyens d’accélérer les procédures, et prononcer des peines qui impliquent un séjour en prison ou une sanction compatible avec une expulsion du territoire dans les autres cas.

La Dépêche

“J’ai été surprise, parce que c’est un homme fragile, et en même temps qui m’avait été décrit comme quelqu’un de plutôt pacifique, qui aurait sans doute pu retourner sa violence contre lui-même”, affirme Héloïse de Neuville, journaliste à La Croix, qui a enquêté sur son profil. “C’est un polytraumatisé”, dit-elle.

L’homme, né au Rwanda a 13 ans au moment du génocide des Tutsi, et lui vient d’une famille Hutu : “Son père a été exécuté sommairement pour avoir participé au génocide, et son oncle purge une peine de prison à vie. Il grandit dans cette extrême violence (…) avec une famille impliquée du mauvais côté de l’histoire génocidaire”. Officier de police judiciaire dans sa jeunesse, “il déserte au bout de trois ou quatre ans et part pour la France, et ment à sa famille en expliquant qu’il part en mission pour son travail de policier, alors qu’il part fuir le Rwanda” : à Nantes, il racontait qu’il avait quitté la police “parce qu’il aurait refusé de participer à des exécutions ou des basses besognes contre les hutus”, récit qui n’a pas convaincu l’OFPRA, office chargé d’examiner les demandes d’asile.

Son récit n’étant pas jugé crédible, il est débouté de ses demandes d’asile plusieurs fois, et écope de quatre obligations de quitter le territoire français – la quatrième de ces injonctions étant rendue impossible par le contrôle judiciaire auquel il était soumis. (…)

Les actes dont il est soupçonné apparaissent alors d’autant plus paradoxaux : “C’est très curieux, comment cet homme-là a pu se retourner contre la communauté qui l’a soutenuSon geste incendiaire n’était pas dirigé contre la communauté : la veille de ce geste, il avait envoyé un mail à 300 personnes en disant qu’il devait expulser une menace diabolique de la cathédrale, parce que lui-même avait subi une agression de la part d’un marginal devant la porte de la sacristie en 2018. Il était déjà tombé dans une forme de paranoïa, de délire mystique qui témoigne de son état psychique, qui à mon avis s’était encore dégradé”.

L’homme a-t-il voulu s’en prendre à la France ? “Non, très honnêtement je ne pense pas, je pense qu’on a vraiment affaire à un homme malade”, dit-elle. “Je voudrais souligner une parole des frères monfortains, qui ont dit “nous ne regrettons rien”, qui ont poussé la charité jusqu’à son extrême”.

France Inter

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  • 6 thoughts on “Prêtre tué en Vendée : « Ce drame doit entraîner une réforme. Il faut maintenir ces personnes en détention jusqu’au jugement », estime Charles Prats, juge des libertés et de la détention

    1. LeClairvoyant

      Si aux malades, on lui fait attendre des années sans les juger ni les expulser, la maladie progresse, au point de commettre l’irréparable.
      Mes condoléances à la famille du prêtre.

    2. alauda

      « La charité prend patience, la charité rend service, […] elle n’entretient pas de rancune, elle ne se réjouit pas de l’injustice… »

      Mais est-ce le rôle de la Charité de servir de supplétif aux déficiences de la psychiatrie ? Une question qui interroge notre temps présent.

      Cependant, en interrogeant le temps passé, sur quel principe de spiritualité repose le triste dénouement de cette affaire ? Etait-il juste de continuer à « protéger » l’incendiaire d’un orgue du XVIIe siècle au nom de la sacro-sainte vertu théologale ?

      Oignez vilain, il vous poindra,
      Poignez vilain, il vous oindra.

    3. alauda

      L’assistance aux malades implique-t-elle de confier le trousseau de clefs à un psychotique ? Qu’en penserait Saint Thomas d’Aquin ? Et que penserait-on d’un hôpital qui laisserait ouverte aux patients l’armoire à la pharmacie ?

      Il m’est impossible de voir « la preuve de la charité » dans la récidive d’un incendiaire devenu meurtrier que certains journalistes (féminin inclus) arriveraient presque à nous faire plaindre, au nom de la non moins sacro-sainte profession de foi du vicaire savoyard.

      Il y a quelque chose de dévoyé dans le trousseau de Saint-Pierre.

    4. Robert Davis

      Gouvernement de gauche, juges de gauche, pape de gauche detestant l’europe, tout est à gauche dans ce pays et on veut de la justice? « aspetta cavallo che l’erba cresca »…

    5. alauda

      Sait-on ce qui va sortir du chapeau du « polytraumatisé » hyper-protégé ?

      L’enquête menée à la Croix se borne à mentionner un seul « oncle »… Quand je lis article – même sous la forme la plus fragmentaire qui me soit accessible sans abonnement – consacré à un « profil », je m’efforce de peser la part de l’analysé et la part de l’analysant(e), au feeling, tant que la presse (ou d’autres sources) ne m’a pas fourni plus de matière pour distinguer autant que possible l’objectif du subjectif.

      Du côté paternel, l’incendiaire de cathédrale, devenu l’assassin du prêtre, compterait trois oncles et deux du côté maternel.

      J’emploie à dessein le même mode conditionnel que l’auteur d’un communiqué de presse, selon lequel « l’homme qui aurait incendié la cathédrale notre dame et serait accusé du meurtre du Père Olivier Maire » serait son neveu. Posté sur Twitter depuis Bruxelles, semble-t-il, à la date du 10 août, ledit communiqué (complété par les commentaires et les retweets est propre à dresser un portrait de famille plus complexe qu’on ne le dit).

      Objectivement, Emmanuel Abayisenga s’étant rendu lui-même à la gendarmerie lundi matin (le 9) et s’étant accusé lui-même du meurtre du prêtre, le communiqué de l’oncle présumé est à prendre avec des pincettes et une bonne dose circonspection.

    6. alauda

      Au moins trois fautes, à la relecture. Tant pis. Mes brouillons comportent toujours des coquilles.

      PS. J’ai appris lors de ma revue de presse que la charité républicaine va débourser la bagatelle de 10M d’€ pour la restauration de l’édifice de Nantes… Mieux vaut rester discret sur ce sujet aussi, sinon les athées de ce pays vont faire une crise d’apoplexie.

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