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A Libé on brûle des cierges tous les jours pour la destruction d’Israël : Georges Bensoussan répond à la tribune qui appelle au démantèlement de l’État d’Israël, désigné comme le paria de la planète


A Libé on brûle des cierges tous les jours pour la destruction d’Israël : Georges Bensoussan répond à la tribune qui appelle au démantèlement de l’État d’Israël, désigné comme le paria de la planète

Les “bons sentiments” sont le meilleur chemin de la mauvaise littérature pour paraphraser Gide, comme les “bonnes intentions” sont le meilleur aliment d’une histoire travestie en propagande. A fortiori lorsqu’est utilisé un argument d’autorité qui nous prévient que telle tribune a été signée par “1000 personnalités internationalement reconnues” en oubliant qu’en faisant nombre, les intellectuels sont tout aussi grégaires que n’importe quel individu pris au hasard. Intellectuel se dit au singulier. Au pluriel, il vire rapidement à l’encasernement.

On lit dans cette tribune publiée par Libération qu’il faut dénoncer “l’état d’apartheid dans tout l’espace de la Palestine historique”. Ce qui inclut, on l’imagine, l’État d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.

Apartheid en Israël ?  Illusion d’optique les députés arabes la Knesset,  le président de séance Ahmed Tibi, député arabe,  cette fin juillet 2021, illusion d’optique les noms des rues et les pancartes des bus en hébreu et en arabe, illusion d’optique le juge arabe membre de la Cour suprême, illusion d’optique les consuls et ambassadeurs arabes de l’Etat d’Israël dans le monde, illusion d’optique ma vision des fidèles musulmans faisant la prière dans les couloirs de l’hôpital Shaarei Tzedek à Jérusalem, illusion d’optique ces médecins et infirmiers arabes et juifs travaillant ensemble dans les hôpitaux israéliens.

Le mot apartheid comme le mot colonialisme fonctionne ici comme un outil de diabolisation. Il n’a plus aucune consistance historique mais fait seulement figure de repoussoir. C’est sa fonction. À cet étiage de la pensée, on songe au mot de Talleyrand, souvent cité, selon lequel “tout ce qui est exagéré est insignifiant”. Pauvre homme, il avait eu beau tout connaître de l’ancien régime à la restauration, il restait en deçà de ce que nous  endurons aujourd’hui.

La “Palestine historique”? Mais personne ne sait ce dont il s’agit puisque jusqu’aux années 1930, voire jusqu’à l’orée de la Seconde Guerre mondiale, les Arabes palestiniens eux-mêmes disaient, nombreux, appartenir à la “Syrie du sud” ( Suriya al Jannubiya).    Dans l’entre-deux-guerres, le mot Palestine renvoie majoritairement au Foyer national juif comme le montre la création en France, en 1926, de l’association pro-sioniste “France-Palestine”.

La “Palestine historique”? Personne n’en connaît les limites puisque dans le mandat de la SDN confié au Royaume Uni en juillet 1922, cette Palestine-là inclut la Jordanie actuelle. Peuplée présentement, majoritairement, de Palestiniens.  De quelle “Palestine historique” s’agit-il ? Celle des douze tribus d’Israël qui campaient sur les deux rives du Jourdain ? Celle de l’administration ottomane du XIX° siècle rattachée pour une part à Damas et pour une part à Beyrouth ?  On l’ignore.

Cette tribune est un appel au démantèlement de l’État d’Israël, désigné comme le paria de la planète

Qu’on lise attentivement ces lignes et qu’on les relise. On en verra alors le poids des mots : cette tribune est un appel au démantèlement de l’État d’Israël.  De cet État désigné comme le paria de la planète, si l’affaire est avérée, le premier effort d’un intellectuel est de se demander pourquoi il est aux marges du monde civilisé. Comment un martèlement continu de haine sur plusieurs générations ( “Les Juifs sont nos chiens”, “Égorgez les Juifs”, Itbakh el Yahoud, criés dans les manifestations de 1920 à Jérusalem) a modelé la conscience israélienne et l’a orientée dans le seul souci de sa survie, puisque, à ce jour, cet État demeure le seul sur la planète dont le droit à l’existence est contesté par une partie de l’humanité qui n’entend pas partager le monde avec lui. 73 ans après sa fondation, l’existence de cet Etat est remise en cause par l’utilisation  du mot apartheid dont on sait qu’il vaut condamnation et appel à l’éradication.

Cette tribune aux allures progressistes reprend point par point  les arguments des brûlots racistes-antijuifs de la fin du XIXe siècle

Le “peuple élu de la haine universelle” dont parlait Léon Pinsker en 1882 a glissé sur l’Etat d’Israël aujourd’hui. Cette tribune aux allures progressistes reprend point par point  les arguments des brûlots racistes-antijuifs de la fin du XIXe siècle, quand le “signe juif” figurait au centre des péchés du monde.  Au nom de la chrétienté, de l’Occident ou de la race, il fallait l’extirper. Aujourd’hui c’est au nom du progrès, de la liberté et de l’égalité entre les peuples qu’il faut démanteler ce régime. Lire : démanteler cet État.

Il n’y a pas de position politique sur ce conflit sans une connaissance impeccable de ses origines

La solution d’un problème est dans son origine, et la masquer revient à conforter l’oppresseur dans son rôle. Il n’y a pas de position politique sur ce conflit sans une connaissance impeccable de ses origines depuis 140 ans au moins. Et même plus loin en amont tant il faut prendre en compte ce que représente dans l’économie psychique des théodicées du monde chrétien et du monde musulman un signe juif souverain sur la “terre des ancêtres” : un quasi scandale ontologique.

Ce type de tribune condamne quinze millions d’hommes et de femmes, israéliens et palestiniens, à la haine perpétuelle

C’est comprendre une situation qui importe et non de condamner tel ou tel dans des textes suintant le ressentiment et, pour certains des signataires, la cure analytique qui leur aura fait défaut. Une occupation militaire ? C’est vrai et c’est condamnable, parce qu’elle génère de l’oppression. Reste qu’en comprendre l’origine aidera à trouver la solution alors qu’une mise au pilori, quelle qu’en soit la victime, alimente la haine et aggrave le conflit.

Cette tribune fait état de rapports des Nations unies. Certes. Mais ils commenceront d’être pris au sérieux lorsque des Etats criminels cesseront de siéger à la commission des droits de l’homme. Les dernières lignes de ce texte évoquent la Nakba de 1948, la “loi fondamentale” de 2018, le “régime d’apartheid imposé au peuple palestinien résidant en Israël Palestine”, et pour finir “le droit au retour de tous les exilés depuis la création de l’État d’Israël”.  Cette accumulation ferait sourire s’il ne s’agissait de l’avenir concret de près de quinze millions d’hommes et de femmes, israéliens et palestiniens, condamnés à vivre ensemble et que ce type de tribune condamne à la haine perpétuelle. Les Palestiniens reconnaissent eux-mêmes que les exilés de 1948 (dont l’immense majorité sont aujourd’hui disparus) ne sauraient revenir dans l’État d’Israël. Que nul n’est “exilé de père en fils” (de même qu’on n’est pas “déporté de père en fils”).

Cette proposition “du retour” a un but, et un seul: espérer la fin d’Israël par la submersion démographique

Cette proposition “du retour” a un but, et un seul, espérer la fin d’Israël par la submersion démographique. Le « retour des exilés » ?  Nul n’use de cette formulation à propos des douze millions d’Allemands expulsés en 1945 des Sudètes, de Pologne, des États baltes, de Russie et d’Ukraine. Nul ne la reprend au sujet des dix millions d’Indiens et de Pakistanais de 1947. Nul ne l’évoque à propos des dizaines et des dizaines d’exodes survenus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale puisqu’on estime à plusieurs centaines de millions le nombre de réfugiés dans le monde. Les 750 000 réfugiés palestiniens de 1948 sont les seuls à disposer depuis 1949 d’une agence spécialisée de l’ONU (UNRWA). Et pourquoi, sinon comme l’exhibition d’un “péché originel” qui empêcherait à tout jamais cet État d’exister.

Enfin, si “retour des exilés” il devait y avoir, il faudrait commencer par les 130 000 Juifs d’Irak condamnés à quitter leur patrie, brutalisés, torturés, et se retrouvant tous du jour au lendemain dans un État d’Israël qu’ils ne souhaitaient pas gagner. Il faudra continuer par les Juifs de Syrie, par ceux de Libye et par ceux d’Égypte condamnés aux mêmes souffrances et dont les descendants, leurs petits-enfants, sont aujourd’hui en grande majorité citoyens de l’État d’Israël, n’exhibant pas de carte d’”exilé”, n’émargeant à aucun budget des Nations unies, et n’ayant jamais perçu le moindre dollar d’aide internationale.

Cet acte d’accusation

Et s’il fallait reprendre point par point cet acte d’accusation, il faudrait en premier lieu interroger ce qui s’est passé en Israël/Palestine en 1948, telle l’image inversée d’une purification ethnique souhaitée par l’un des deux camps. Aujourd’hui, la partie arabe considère comme allant de soi l’élimination de toute présence juive dans les territoires sous sa juridiction, et estime tout aussi évidente une présence arabe dans les territoires sous juridiction juive. Enfin, si l’on compte douze députés arabes à la Knesset, on se prend à rêver aux députés juifs qui auraient dû normalement prendre la parole dans les parlements des pays arabes où vivaient jadis leurs communautés.

“Purification ethnique” ? Décidément, notait Proust, les faits ne pénètrent pas dans l’univers des croyances.

© Georges Bensoussan – Tribune juive

Historien

Dernier ouvrage paru : L’Alliance israélite universelle (1860-2020). Juifs d’Orient, Lumières d’Occident, Albin Michel, 2020.

https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/pour-que-2021-soit-lannee-de-la-fin-de-lapartheid-en-israel-20210727_DRP24UOQRFB7TBR3KZFVYEEG6A/

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  • 16 thoughts on “A Libé on brûle des cierges tous les jours pour la destruction d’Israël : Georges Bensoussan répond à la tribune qui appelle au démantèlement de l’État d’Israël, désigné comme le paria de la planète

    1. Hervé

      Mon Dieu pardonnez lui, il ne sait pas ce qu’il a fait. A mon avis il devait être atteint d’une bouffée de d’adrénaline passagère, donc pas coupable. Et quand on pense que tous se shootent de produits défendus, la france a bien du souci pour l’avenir, surtout que la macrone va encore être élue pour 5 ans et le travail sera achevé

    2. Robert Davis

      Cet article est bien « jouli-jouli » mais comme tous les articles sur l’antisémitisme il est à mon avis à côté du sujet : l’antisémitisme est à la base de la lâcheté et les français sont particulièrement lâches donc pas étonnant s’il y aura toujours de l’antisémitisme en France. La principale excuse et argument est évidemment la « Palestine » et tant qu’il y aura environ 6 millions d’arabes dont il faut bien que les Juifs et leur Etat se protège tous les pretextes seront bons pour le traiter de « apartheid ». La solution que les Israéliens ne veulent pas voir est l’expulsion + le maintien d’un petit nombre d’arabes, les bons, solution qui empêcherait les antisémites de crier à l’apartheid. Les antisémites trouveront autre chose? pas sûr et de toutes manières Israel serait plus fort en remplaçant ces 6 m. d’arabes par 6 m. de juifs et il n’y a rien qui ferme le bec des antisémites aussi bien que la FORCE.

    3. Robert Davis

      J’ai inversé les mots, lire: la lâcheté est à la base de l’antisémitisme…tout le reste n’est que pretextes. Il en va de même pour Israel: il y a des douzaines de nations chrétiennes ou mus mais une seule juive qui en plus est attaquée à mort par les falestiniens DE L INTERIEUR. En s’en débarrassant on se débarrasserait d’une bonne partie de l’antisémitisme. Le reliquat ne serait pas plus important que pour les autres nations.

    4. Robert Davis

      Libé appartient à drahi et le directeur de la rédaction est un dov je ne sais quoi donc des juifs et on s’étonne ensuite que le général delawarde qualifie les journaleux de meute médiatique et sous entende que ce sont des juifs.Il y en a bien sûr des tas d’autres notamment l’obs à qui j’avais dit ce que je pensais de son propriétaire à la noix qui ne l’avait pas apprécié.

    5. Robert Davis

      Vous n’aimez pas Israel dignes successeurs du nazi hadj amin husseini mufti de Jerusalem et responsable du génocide de la Shoah? C EST UNE DES RAISONS POUR LESQUELLES VOUS DEVEZ QUITTER LA PALESTINE OCCIDALE VIVANTS OU MORTS à vous de choisir. En ce qui concerne les islamo gauchistes le choix est le même.

    6. Robert Davis

      Les juifs n’imlaginent même pas l’impact favorable que l’expulsion des falestiniens aurait sur les antisémites qui cherchent obstinémment à affaiblir Israel. Plus Israel sera fort plus les antisémites seront prêts à se suicider ou à tourner casaque.

    7. Saraiol

      Rappelons une fois de plus que la Palestine, c’est Israël.
      C’est le nom que les envahisseurs romains avaient donné à Israël après l’avoir vaincu à la fin du 1er siècle de notre ère du nom calqué sur son 1er ennemi historique , les Philistins. Et ma mère m’a raconté que, lorsqu’elle était jeune, avant la renaissance d’Israël en 1948, lorsque l’on parlait des Palestiniens, on parlait des Juifs de Palestine, les Arabes se désintéressant complètement de ce pays.Ils ont recommencé à s’y intéresser que lorsque les Juifs l’ont recréé. Un peu comme les enfants qui ne s’intéressent à un jouet que lorsque le petit copain s’en est emparé et puis surtout parce qu’ils n’avaient qu’un but : empêcher la re-création d’un état juif. Et puis Hitler leur avait promis la création d’une grande nation arabe judeinrein!

    8. yvets

      si on ne laissait pas toujours les MEMES s’exprimer, ce serait bien

      des juifs contre leurs frere, il y en a toujours eu alors, à Libé ou ailleurs…

    9. Robert Davis

      Emet : bien sûr qu’il y a un juif à la rédaction dov je ne sais quoi et probablement plus encore que je ne connais pas. Le propriétaire drahi est aussi un juif. Ces juifs honteux ne sont pas là pour dire la vérité mais pour faire carrière et s’en mettre plein les poches, le reste il s’en foutent. Mais quand les ennuis arrivent ils sont les PREMIERS à demander de l’aide eux qui n’ont jamais fourni d’aide à quiconque! A ce moment ce sont eux qu’il faut sauver en…priorité!

    10. Robert Davis

      L’article est trés bon historiquement mais dans son jugement philosophique un peu moins: M. Bensoussan démontre trés bien que les juifs sont condamnés s’ils marchent « on the sunny side of the street » et quand ils marchent « on the shadowy side of the street », alors comment se fait-il qu’il n’en tire pas une …conclusion? pleurnicher ne peut pas être la solution puisque ça fait 2000 ans qu’elle est pratiquée sans succès! Alors M.Bensoussan comment se fait-il que vous ne voyez pas la solution qui pourtant crève les yeux? elle est dans le RAPPORT DE FORCES qui mirAcle pour une fois est en faveur des juifs en Israel. VOUS NE VOYEZ TOUJOURS PAS LA SOLUTION,

    11. robert davis

      Ceux qui s’imaginent qu’un seul mot « apartheid » est de nature à détruire un Etat relativement puissant sont des cons et les juifs qui le croient possible encore plus! Analyser et dénoncer la TENTATIVE des antisémites c’est bien, d’accord mais ne croyons pas à notre pr comme ces crétins de gauchistes croient en leurs mensonges!

    12. robert davis

      Je reconnais pourtant que ce stupide mot « apartheid » a malheureusement CONTRIBUE à détruire l’Afrique du Sud blanche mais il y avait des tas d’autres éléments aussi à part ce sale mot: d’abord la démographie et la volonté de se maintenir sur place des blancs qui auraient dû se montrer bcp plus durs, utiliser même l’arme atomique contre les noirs agressifs et ne surtout pas adopter la méthode pacifiste des dirigeants à la noix. S’ils n’avaient pas fait tant d’erreurs de jugement, de stratégie, ils seraient encore là et les noirs feraient la queue devant leurs portes pour cirer leurs bottes.

    13. robert davis

      Il y a encore des juifs assez bête pour croire qu’il faudrait payer les arabes d’Israel pour qu’ils retournent en arabie: 1. tous l’argent du monde n’y suffirait pas. 2. cela les rendrait si riches et puissants qu’ils reviendraient avec des armes ce qui rendrait le conflit encore plus grand!!! La prospérité des nazis falestiniens ne peut résoudre le problème. Rien ne peut les forcer à se résigner tant qu’ils seront sur place SEUL LEUR ELOIGNEMENT SI POSSIBLE AUSSI MISERABLE QUE POSSIBLE PEUT OBTENIR LEUR RESIGNATION ET LA PAIX. Rien d’autre et cela vaut pour les nouveau philosophes juifs qui ,se penchent sur la question avec leur esprit de ghetto.

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