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Les critères de la science doivent s’appliquer à l’expertise psychiatrique dans l’affaire Sarah Halimi


Les critères de la science doivent s’appliquer à l’expertise psychiatrique dans l’affaire Sarah Halimi

Juger que le problème posé par l’expertise psychiatrique dans l’affaire dite de Sarah Halimi est devenu mûr pour l’analyse, pour décider qu’il est temps d’explorer à nouveau l’expertise psychiatrique, et reprendre la question de la Bouffée Délirante naguère considérée comme résolue alors qu’elle reste insoluble, tout cela constitue l’une des nécessités majeures d’un examen scientifique. On sait que c’est à la sûreté du jugement scientifique que correspond la crédibilité de l’expertise psychiatrique d’aujourd’hui.

Jusque-là les psychiatres n’avaient pas fait beaucoup d’efforts pour déterminer les méthodes de la science en matière d’expertise psychiatrique. Et sur le problème même de la connaissance de la vérité du passage à l’acte criminel et de la nature du comportement criminel, ils ont eu des vues très superficielles.

Ils ont confondu la science criminologique qui étudie les circonstances du passage à l’acte criminel et l’idéologie psychiatrique avec le recours au catéchisme officiel de la classification des maladies mentales.

Ces domaines sont hétérogènes. C’est pourquoi il est trompeur de vouloir donner une explication psychiatrique du passage à l’acte criminel au prétexte de la science, comme il est trompeur de vouloir attribuer une valeur scientifique à des hypothèses psychiatriques invérifiables et qui n’expliquent rien.

Les experts psychiatres expriment généralement une sorte de foi bienfaisante et rassurante dans le catéchisme psychiatrie officiel, lequel n’apporte aucune lumière sur les circonstances du passage à l’acte criminel. Au contraire, la démarche scientifique des criminologues recherche méthodiquement la vérité en ce qui concerne les circonstances concrètes et les motivations du passage à l’acte criminel.

C’est pourquoi ils négligent le faux-semblant propre au dogmatisme du catéchisme officiel de la classification des maladies mentales pour se limiter strictement à l’examen sérieux des faits criminels. De là le scepticisme qui s’applique à l’expertise psychiatrique laquelle propose comme seule connaissance son seul objet, à savoir se préoccuper d’elle-même en faisant référence au catéchisme officiel de la classification des maladies mentales. C’est ce qui a pour conséquence la dévaluation de l’expertise psychiatrique.

En effet, dans l’affaire Sarah Halimi, on a compris que le résultat de l’expertise psychiatrique est un mélange de mensonges et d’hypothèses qui sont l’expression d’un entre soi psychiatrique. C’est pourquoi la fausseté de certaines expertises se résume à l’expression d’un fonds de commerce légitimant des positions acquises et des rentes assurées. Un tel abus de confiance est devenu un lieu commun de l’ignorance et de la vulgarité ambiante qui voudraient faire croire qu’elles se fondent sur une sorte de scientificité.

C’est oublier la remarque de Hannah Arendt qui indique clairement que le « non-conformisme est la condition sine qua non de l’accomplissement intellectuel ». Certes, c’est une voie étroite. C’est une ligne de crête qui n’est pas sans risques car la bien-pensance psychiatrique exclut tout ceux qui ne suivraient pas la meute soumise au discours officiel. La pratique de l’expertise psychiatrique nécessite de la prudence et du discernement. Et de l’humilité aussi, car le vrai scientifique est celui qui connaît ses limites.

La sagesse des latins disait : corruptio optimi pessima, la corruption des élites est la pire des choses !

C’est pourquoi la critique de l’expertise psychiatrique doit rechercher l’erreur ou même parfois la faute intellectuelle due à la négligence des règles méthodologiques les plus élémentaires de la science. Quoi qu’il en soit, l’axiome classique post hoc, ergo propter hoc, oblige à différencier un fait survenu après ça, après cette circonstance, l’hypothèse de la bouffée délirante, et un fait survenu à cause de ça, à cause de cette circonstance, à savoir l’hypothèse de la bouffée délirante.

C’est pourquoi il convient de se purger les explications toutes faites du catéchisme psychiatrique officiels pour un arriver à la description précise des circonstances du passage à l’acte criminel.

Il s’agit de ne plus se contenter des représentations préétablies selon le catéchisme officiel pour étudier de manière efficace et pertinente les conditions précises des motivations du comportement criminel.

Souvent, le psychiatre inexpérimenté ne peut se contenter de répondre à des questions précises. Il veut s’attaquer seulement à ce qu’il considère comme un des problèmes généraux de la psychiatre. Par la nature de sa démarche psychiatrique, la méthode scientifique propre à la criminologie est délaissée.

Selon lui, la criminologie ne pourrait qu’entraîner un émiettement de la représentation psychiatrique du monde criminel. La représentation psychiatrique du monde criminel est tout sauf une science. Elle a pour seul argument son langage. Elle décrit un langage psychiatrique propre au catéchisme de la psychiatrie officielle qui n’est pas lié à la connaissance du passage à l’acte criminel d’un point de vue scientifique.

La connaissance scientifique du passage à l’acte criminel est formée contre la psychiatrie officielle.

Dans l’histoire des sciences criminelles, les progrès sont rendus impossibles par des généralisations psychiatriques abstraites et souvent abusives. Elles ont pour but d’effacer les réalités concrètes du passage à l’acte criminel lesquelles devaient pourtant former un domaine d’études séparées.

C’est ainsi que la réalité du passage à l’acte criminel a disparu par l’artifice de la Bouffée Délirante.

Dans son effort pour remplir sa fonction de mystification, l’expertise psychiatrique dans l’affaire dite de Sarah Halimi a inventé un langage psychiatrique pour tenter de masquer son ignorance du chaos du passage à l’acte criminel. Le mythe de la Bouffée Délirante remplace la connaissance scientifique du passage à l’acte criminel. Il s’agit d’expliquer le comportement criminel visible par des forces psychiatriques invisibles.

Il s’agit de remplacer le comportement criminel réel qu’on aurait dû observer attentivement par des forces psychiatriques invisibles selon les hypothèses qu’on imagine. Mais pour la criminologie, vouloir expliquer scientifiquement un phénomène comme le passage à l’acte criminel, c’est le considérer comme l’effet concret d’une cause. Malgré cela, cette cause, la motivation du comportement criminel, est cachée par l’ensemble des théories psychiatriques qui sont censées régir le monde de l’expertise psychiatrique.

Les hypothèses du comportement criminel que construit l’expertise psychiatrique font toujours une large part à l’imagination. Car contrairement à ce qu’on croit souvent, la démarche scientifique ne consiste pas simplement à observer, à accumuler des hypothèses pour en déduire une théorie. Pour une observation de quelque valeur, il faut au départ, avoir un désir et une certaine idée de ce qu’il faut observer.

Il faut avoir décidé d’examiner les faits. Si la science criminelle évolue, c’est parce qu’un aspect du comportement criminel se dévoile grâce à une manière nouvelle d’examiner les faits et de les considérer sous un angle neuf. Ce regard est forcément guidé par une certaine idée de ce que peut être la « réalité » du passage à l’acte criminel. Il implique une connaissance de la logique et de l’expérience de la criminologie.

L’expertise psychiatrique commence par l’invention de la pensée mythique. Et souvent elle s’arrête là.

Après avoir construit ce qu’elle considère non seulement comme le meilleur des dogmes mais comme le seul possible, elle insère sans plus de réflexion la pensée mythique de la Bouffée Délirante dans le cadre de l’expertise psychiatrique. C’est pourquoi chaque fait criminel, chaque événement, est interprété comme un signe de la Bouffée Délirante. C’est ce qui prouve l’hypothèse de départ par sa seule existence.

La pensée scientifique est remplacée par l’imagination. C’est pourquoi il faut l’exposer à la critique et à l’expérience de la criminologie pour limiter la part de l’imagination dans l’expertise psychiatrique. Pour la science, le seul fait intéressant est celui qui existe et qui a fait ses preuves depuis longtemps. La démarche scientifique confronte sans relâche l’hypothèse de ce qui pourrait être et ce qui est démontré réellement, ce qui est toujours plus proche de ce que nous appelons « la réalité » du comportement criminel.

Comme pour les djihadistes, une fonction des mythes psychiatriques a été d’aider les médias à cacher l’incongruité du comportement criminel. Dans sa fonction de déconstruction du réel, le discours médiatique, relayant le propos du pouvoir politique, a inventé une explication pour les actes terroristes : la distinction entre acte terroriste et agression commise par un déséquilibré. Avant les attentats de 2015 et 2016 qui ont ensanglanté la France, une série d’attaques au couteau ou à la voiture folle, en France, en Belgique, en Autriche et Grande-Bretagne, ont déjà été vendues au public comme un acte commis par un déséquilibré. Le fait que le déséquilibré crie « Allahou Akbar » ne semblait pas une cause suffisante pour mettre en avant le caractère politico-religieux de l’agression. Ainsi, les premiers signaux annonçant un nouveau type de violence terroriste aveugle ont été largement cachés au grand public par une mystification médiatique.

C’est pourquoi la Bouffée Délirante tente de détourner la vision déconcertante du comportement criminel. Un mythe a un contenu moral. Avec le mythe de la Bouffée Délirante, l’expertise psychiatrique affirme sa loi sans devoir chercher la vérité du comportement criminel.

En fait, la démarche scientifique représente un effort pour se libérer de la Bouffée Délirante dans la recherche et la connaissance du comportement criminel. Le scientifique doit se mettre en retrait des mythes psychiatriques pour analyser « le comportement criminel réel ». Ce scientifique devient dissocié du monde des mythes psychiatriques. Cette attitude sous-tend la connaissance de la vérité du comportement criminel.

© Dr Thierry Michaud-Nérard pour Europe Israël News

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  • One thought on “Les critères de la science doivent s’appliquer à l’expertise psychiatrique dans l’affaire Sarah Halimi

    1. robert davis

      Tant que le pouvoir à savoir le mufti de l’élysée soutiendra tout ce qui peut détruire la France comme le pouvoir des juges de gauche, la vraie justice sera empêchée de passer. Si les français ne comprennent pas cela il sont encore pires que des veaux tels que qualifiés par de gaulle! MARINE PRESIDENTE.

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