toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Double langage de Véran: « Le confinement et les mesures sanitaires devaient éviter les surcharges des hôpitaux, mais le gouvernement continue de supprimer des lits d’hôpitaux, y compris en réanimation »… Des réductions de lits confirmées jusqu’en 2022 (Vidéo)


Double langage de Véran: « Le confinement et les mesures sanitaires devaient éviter les surcharges des hôpitaux, mais le gouvernement continue de supprimer des lits d’hôpitaux, y compris en réanimation »… Des réductions de lits confirmées jusqu’en 2022 (Vidéo)

Fermetures de lits à l’hôpital : l’inquiétude remonte chez les soignants

Après la première vague de l’épidémie de Covid-19, Olivier Véran s’était engagé à mettre fin au « dogme » des réductions des capacités des établissements. Sur le terrain, les syndicats estiment que rien n’a changé, pour l’instant.

Lire la suite ici.


Le Covid-19 n’arrête pas la suppression de lits d’hôpitaux

Le gouvernement et les Agences régionales de santé françaises entreprennent depuis plusieurs années une démarche de suppressions de lits d’hôpitaux. La crise sanitaire provoquée par le Covid-19 aurait dû, normalement, inverser cette tendance ou, du moins, l’arrêter pour quelques mois. Dans les faits, la capacité d’accueil des établissements de santé en France continue de dégringoler.

Invoquant des impératifs budgétaires, le gouvernement et les autorités sanitaires régionales procèdent depuis plusieurs années à la suppression de lits d’hôpitaux considérés comme non essentiels ou excédentaires. Ces réductions successives ont largement pesé sur la capacité de la France à combattre efficacement la pandémie de Covid-19.

Pourtant, il convient de savoir que de nouvelles fermetures de lits d’hôpitaux ont eu lieu ces dernières semaines et des centaines d’autres seraient prévues dans les prochaines années. Au total, treize établissements publics, parmi lesquels figurent des CHU et des centres psychiatriques, seraient concernés par ces diminutions de la capacité d’hospitalisation.

Des craintes de suppressions masquées en adaptation au Covid-19

De mars à mai, les hôpitaux, organismes de santé et fournisseurs d’assurance hospitalisation travaillaient d’arrache-pied pour gérer l’afflux de malades du Covid-19. Dans certains centres hospitaliers, dont le CHU de Clermont-Ferrand, des chambres dédiées à la cardiologie ou à d’autres soins ont été transformées en lieu d’accueil de ces patients. Selon un aide-soignant dans cet établissement, plusieurs chambres avec deux lits ont été ainsi converties en chambres à un lit.

On aurait pu s’attendre à un retour à la normale après l’accalmie observée durant l’été et jusqu’au début de l’automne. Pourtant, les transformations de lits dans le CHU de Clermont-Ferrand ont été maintenues comme telles. L’aide-soignant qui a rapporté ces faits craint alors que ces modifications conduisent à des suppressions à long terme. En pleine période de seconde vague de Covid-19, la direction de l’hôpital ne s’est pas encore exprimée sur le sujet.

Des réductions de lits confirmées jusqu’en 2022

Si les suppressions de lits d’hôpitaux dans le CHU de Clermont-Ferrand soulèvent encore des doutes, celles prévues dans d’autres établissements publics sont bel et bien confirmées. C’est par exemple le cas de l’hôpital psychiatrique du Vinatier. La CGT de cet établissement situé à Lyon affirme que 75 places d’hospitalisation seront fermées d’ici la fin de l’année. Ces suppressions font suite à d’autres fermetures opérées en pleine épidémie.

Au printemps, l’hôpital a déjà fermé trois unités d’hospitalisation pour adulte, la direction invoquant le besoin de libérer le personnel soignant pour le réaffecter dans les soins liés au Covid-19. Seulement, ces libérations temporaires sont parties pour être définitives, au moins pour l’une des unités hospitalisation adulte. D’autres suppressions sont aussi prévues dans le même établissement, dont 25 lits d’hospitalisation longue durée dès décembre 2020 et 50 autres dans les prochains mois.

L’hôpital psychiatrique du Rouvray s’attend par ailleurs à la fermeture de 80 lits à l’horizon 2022. Le CHU de Besançon prévoit d’en supprimer 28 prochainement. Ces opérations de dégraissage se font en accord avec les autorités sanitaires et les Agences régionales de santé concernées. Au moins 13 établissements subiront des réductions de leur capacité d’hospitalisation dans les années à venir.

Source


Malgré les déclarations d’Olivier Véran, suppressions de lits et fermetures d’hôpitaux se poursuivent.

Le ministre de la Santé répète vouloir en finir avec ces fermetures de lits. Pourtant, sur le terrain, les projets de restructuration sont toujours à l’ordre du jour. Et les personnels toujours très inquiets.

« Je sors totalement du dogme de la réduction des lits lorsqu’il y a des transformations de projets hospitaliers. Ça c’est terminé ! » C’est le ministre de la Santé Olivier Véran qui le dit, le 18 novembre, lors d’un séminaire professionnel des hospitaliers [1]. Après dix mois d’épidémie de Covid, pendant lesquels les projets de suppressions de lits ont été maintenus et en l’absence de mesures conséquentes pour améliorer la situation des hôpitaux, peut-on le croire ? « Sur le terrain, à la Réunion, à Nantes, à Caen, à Paris… les projets de restructuration hospitalière sont toujours à l’ordre du jour, prévoyant la fermeture de centaines de lits et la suppression de nombreux emplois hospitaliers », constate Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital Bichat, lors d’une conférence de presse du collectif inter-hôpitaux le 1er décembre.

3400 lits hospitaliers ont été fermés en 2019, 4000 en 2018. Ces fermetures s’ajoutent aux 69 000 places d’hospitalisation à temps complet qui ont disparu entre 2003 et 2017 [2]. Il y a un mois Basta ! établissait une carte des suppressions de lits d’hôpitaux engagées ces dernières années. Ces suppressions ont encore lieu ces derniers mois, comme à l’hôpital de Juvisy, en région parisienne : 50 lits d’hospitalisation ont été fermés fin septembre alors qu’ils avaient accueilli des malades du Covid lors de la première vague, selon le collectif de défense des hôpitaux du Nord-Essonne. À Nancy, la suppression prévue de près de 200 lits au CHU sera-t-elle maintenue malgré la crise sanitaire ? Le 22 novembre, le maire socialiste de Nancy, Mathieu Klein, a demandé au ministre de la Santé de confirmer sans ambiguïté l’abandon des suppressions de lits à l’hôpital lorrain.

40 % des maternités françaises ont déjà disparu

Nous avons complété notre carte des suppressions de lits en nous appuyant notamment sur les retours de terrain suite à notre appel à témoignages. Résultat : partout, des places d’hospitalisation continuent d’être supprimées. Tous les services, qu’il s’agisse de réanimation, de cardiologie, de gériatrie, de maternité ou de psychiatrie, sont concernés, avec ou sans épidémie.

À Dinan (Côtes-d’Armor), depuis le 15 novembre, la maternité ne réalise plus les accouchements. Elle est devenue un simple « centre périnatal », qui n’assure plus que le suivi des mères avant et après la naissance. Raison invoquée : la difficulté à recruter des gynécologues-obstétriciens. Dinan s’ajoute ainsi à la longue liste des maternités fermées en France, en particulier dans les petites villes (en vingt ans, 40 % des maternités françaises ont disparu calculait Le Monde l’année dernière).

Des soignants sanctionnés pour avoir manifesté contre la fermeture temporaire de services d’urgence

À Paris, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a décidé le 1er novembre de fermer temporairement les urgences de l’Hôtel-Dieu, en pleine deuxième vague du Covid. Du jour au lendemain, les urgentistes de l’Hôtel-Dieu ont été envoyés travailler à l’hôpital Cochin. « Le prétexte de la direction pour cette fermeture était le besoin de renforcer les équipes sur l’hôpital Cochin par rapport au Covid. Mais s’il y a un manque de personnel, c’est dû aux restructurations passées, dénonce Bruno Lamaille, délégué CGT de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu. Il y a quelques jours, la direction nous a finalement dit qu’elle allait rouvrir les urgences dans deux ou trois semaines. Mais peut-on la croire ? »

Défendre l’accès aux soins n’est pas du goût de la Préfecture. Des soignants qui manifestaient devant l’Hôtel-Dieu pour exiger la réouverture du service, ont écopé le 6 novembre d’une amende de 135 euros pour « rassemblement illégal en raison du contexte sanitaire » [3].

À l’hôpital gériatrique Émile-Roux de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), qui dépend aussi de l’AP-HP, le projet de reconstruction de l’hôpital dans des bâtiments neufs entraînera la suppression de 150 lits de prise en charge de long séjour, sur les 390 lits actuellement disponibles. « Pour supprimer autant de lits, la direction a pris pour prétexte de dire qu’une partie de nos patients ne relèvent pas du sanitaire mais du médico-social, et qu’ils devraient donc aller en Ehpad, nous précise Frédéric Lopez, aide-soignant et délégué de Sud-Santé-Sociaux à l’hôpital Émile-Roux. Nous considérons pourtant que les personnes âgées malades sont mieux prises en charge à l’hôpital. »

« L’AP-HP continue de supprimer des lits de soins de longs séjours »

Ce n’est pas l’avis de la direction de l’AP-HP et de son directeur Martin Hirsch. Dès 2018, elle annonce son projet de réduire de 30 à 50 % le nombre de lits de ses unités de soins de longue durée (USLD), dédiées aux personnes âgées. Objectif ? Les transformer en lits d’Ehpad, avec moins de personnels soignants. « Nous avons découvert le projet pour l’hôpital Émile-Roux fin 2018. Puis, dans le cadre de l’intersyndicale avec la CGT, nous avons proposé un projet alternatif de transformation, sans perte de lits », souligne Frédéric Lopez. Ce projet alternatif prévoyait l’ouverture d’un centre de santé, la remise en service de l’hospitalisation à domicile, la création d’une unité pour patients Alzheimer… « Puis le Covid est arrivé et la direction générale a reconnu que l’AP-HP avait en fait intérêt à investir dans le médico-social », rapporte le délégué Sud. L’AP-HP n’a pas abandonné la suppression de 150 lits dans le nouveau bâtiment, mais a finalement accepté de faire construire en plus un Ehpad de 120 à 150 lits, public, en coopération avec le département. « Avec le Covid, ce que demandent les Ehpad, c’est plus de personnels soignants, donc de devenir des unités de soins longue durée », relève Frédéric Lopez.

« On se bat, et on obtient des choses, mais c’est à la marge. L’AP-HP continue de supprimer des lits de soins de longs séjours et de soins de suite alors que Korian et les autres groupes d’Ehpad privés se développent », regrette toutefois Fabien Cohen, porte-parole de la Coordination de vigilance du groupement hospitalier Henri-Mondor. À l’hôpital Albert-Chenevier de Créteil, une unité de psychiatrie de 20 lits doit ainsi être définitivement fermée… pour être transférée à une clinique psychiatrique privée appartenant au groupe Clinea, une filiale du groupe privé Orpea [4].

La direction justifie l’opération par les difficultés à recruter des psychiatres. « C’est à la fois un problème de personnel et une forme de privatisation, analyse Fabien Cohen. Aujourd’hui, on a une course à la captation de médecins de haut niveau. En fait, on les pousse à partir de l’hôpital public. Et le privé leur tend les bras avec souvent des salaires plus importants et des conditions de travail qui ne sont pas pires que dans le public. Le Ségur de la santé n’a pas réglé ce problème. En même temps, les directions se servent de ce manque de personnel pour justifier les fermetures. C’est un cycle sans fin. Et c’est très douloureux pour le personnel des hôpitaux, il faut les soutenir moralement. »

« Le mode de financement ne change pas, la gouvernance ne change pas »

En région parisienne, c’est aussi le projet du futur hôpital Grand Paris Nord qui inquiète. Cet établissement sera construit à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et doit ouvrir en 2028. Elle prévoit de réunir sous un même toit l’hôpital Bichat de Paris et l’hôpital Beaujon de Clichy, qui, eux, disparaîtront. Le nouvel hôpital « ouvrira avec un tiers de lits d’hospitalisation complète en moins, affirme Olivier Milleron, du collectif inter-hôpitaux. Alors que la zone d’implantation du nouvel hôpital est déficitaire en médecins généralistes, en spécialistes, et en places d’hospitalisation. Et elle est en plus en forte croissance démographique. »

Dans ce contexte, les personnels hospitaliers du collectif inter-hôpitaux ne sont convaincus ni par les milliards d’euros supplémentaires prévus par la loi de financement de la Sécurité sociale, adoptée définitivement le 30 novembre et liés aux surcoûts générés par le Covid, ni par la proposition de loi de la députée LREM Stéphanie Rist « visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification »« Le mode de financement ne change pas, la gouvernance ne change pas, les fermetures de lits se poursuivent », critique Olivier Milleron. Pour Sophie Ettendorff, cadre de santé à l’hôpital de Pau et membre du collectif inter-hôpitaux, la proposition de loi Rist « ne propose aucune ouverture vers un fonctionnement démocratique de la gouvernance des hôpitaux, dans lequel soignants et usagers auraient leur place. On ne peut plus avoir des décideurs toujours plus déconnectés du terrain », ajoute-t-elle [5]. Olivier Véran est-il aussi prêt à « sortir du dogme » des managers-gestionnaires tout puissants à l’hôpital public ?

Rachel Knaebel – Bastamag

Notes
[1Cité par Hospimédia, « Olivier Véran assume la fin du « dogme » de la réduction des lits et du capacitaire » ? (18 novembre 2020).
[2Source : Drees, Les établissements de santé, édition 2019
[3Lire à ce sujet cet article de l’Humanité
[4Sur la privatisation à l’œuvre dans la psychiatrie, voir La Révolte de la psychiatrie, Mathieu Bellahsen, Rachel Knaebel, La Découverte, 2020.
[5Lors de la conférence de presse du collectif le 1er décembre.

Puisque vous êtes là…

… on aimerait vous dire un dernier mot. Vous êtes de plus en plus nombreux à lire Europe Israël sur le web, et nous nous en réjouissons. Nous souhaitons qu’une grande partie des articles de notre site soit accessible à tous, gratuitement, mais l’information de qualité a un coût.

En n’étant rattaché à aucun groupe industriel, aucun lobby, aucun politique, Europe Israël prouve chaque jour son indépendance éditoriale. Pour nous aider à garder notre liberté de ton et notre exigence journalistique, votre soutien est précieux.

En donnant 100 € grâce à la déduction fiscale de 66% votre don ne vous coûte que 33 €.

Vous recevrez un reçu CERFA pour tous dons supérieurs à 50 Euros qui vous permettra de déduire 66 % des sommes versées.

Nous soutenir







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • One thought on “Double langage de Véran: « Le confinement et les mesures sanitaires devaient éviter les surcharges des hôpitaux, mais le gouvernement continue de supprimer des lits d’hôpitaux, y compris en réanimation »… Des réductions de lits confirmées jusqu’en 2022 (Vidéo)

    1. Robert Davis

      Décidémment le demeuré mufti de l’elysée veut tuer la population française: d’un côté il consacre des centaines de milliards pour soutenir des entreprises soit boiteuse soit riches à milliards et de l’autre il économise quelques malheureux millions sans signification sur les hopitaux. Ce type n’a aucun sens des priorités dans tous les domaines que ce soit la lutte contre les mus qui devrait être la priorité N°1 et la lutte contre la maladie priorité N°2. Nous sommes gouvernés par un crétin.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    85 Shares
    Copy link
    Powered by Social Snap