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Le docteur Jérôme Marty “la gestion française du coronavirus est comparable à l’affaire du sang contaminé”


Le docteur Jérôme Marty “la gestion française du coronavirus est comparable à l’affaire du sang contaminé”

Jérôme Marty est médecin généraliste et gériatre, et président de l’Union française pour une médecine libre. Dans le Scandale des soignants contaminésil relate la guerre menée contre le coronavirus et demande des comptes à l’État. Entretien.

À vous lire, cher Jérôme Marty, on a le sentiment que la crise sanitaire semble dès le départ frappée du sceau du mensonge (alors que les médecins, eux, décelaient le vrai du faux). Comment qualifier une telle désinvolture de la part de nos dirigeants et ce manque total d’éthique dans le service de l’État ?

Eh bien, c’est difficile justement, incroyable peut-être. Cette désinvolture, c’est d’abord celle de l’égocentrisme, la volonté de s’occuper en priorité de son avancement personnel. J’en veux pour preuve l’attitude d’Agnès Buzyn qui, après avoir affirmé que le masque ne protégeait pas, lâche, en se lançant à l’ assaut de la Mairie de Paris, après l’affaire Griveaux et au début de l’épidémie en France : « J’y vais, j’en ai envie » , et quitte son poste de ministre de la Santé. Et que dire de ses aveux par la suite ? Cet enchaînement honteux ne fait que traduire la verticalisation avancée du système : désormais, c’est État contre population, ou État contre soignants, si vous préférez (ils sont aussi le peuple). Ce qui apparaît, c’est la différence de préoccupations, de vision du problème entre ce que j’appelle le “commandement”, ceux qui nous gouvernent, et le terrain. Patients et soignants étaient depuis le départ dans le même bateau. Les médecins savaient, par leur pratique et parce qu’ils recevaient les informations des agences régionales de santé. À la télé, à la radio, le gouvernement minimisait. Aux commandes, il y avait des doctrinaires qui cherchaient à cacher le manque de masques, de moyens, de préparation, qui voulaient gagner du temps, qui se pressaient (trop tardivement !) de passer commande à la Chine. Un déni dissimulé par une désinvolture inqualifiable.

Cette désinvolture, c’est aussi le foyer d’infection dans l’Oise, entièrement fabriqué par l’État : ces militaires qui avaient rapatrié les Français de Chine et qui ont été laissés sans la moindre surveillance après leur retour de mission…Que s’est-il passé pour atteindre ce niveau d’impréparation ?

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Dans cette crise, on peut distinguer deux fils rouges. Un premier, qui est celui des masques. On les retrouve tout au long de l’épidémie, et jusqu’à aujourd’hui. On nie leur pénurie, on minimise leur utilité… Puis on les impose partout et tout le temps après le confinement, comme pour faire pardonner l’impardonnable. Le second fil rouge, c’est celui du retard. Nous aurons, jusqu’au déconfinement, deux à trois semaines de retard qu’on ne rattrapera jamais. Or, nous le savons, la situation va basculer tous les quatorze jours vers le pire. À travers ces deux fils rouges, ce sont les atermoiements du politique qu’on paye. Les médecins de ville, le “terrain”, ont appelé au port du masque, car nous connaissions l’existence de la contamination par aérosol, mais pour les raisons évoquées précédemment, on ne pouvait pas, on ne voulait pas nous écouter.

Concernant les clusters plus précisément et celui de l’Oise est un exemple funeste, nous savions que chaque fois que nous passions à une autre phase de l’épidémie (1, puis 2, puis 3), nous étions en échec, nous les laissions se multiplier. Une pandémie, c’est terrible mais c’est aussi une “chance”. Pour être plus précis : avec une pandémie, l’ensemble des êtres humains est soumis à la même problématique, mais le mal n’est pas présent partout au même moment. Cela donne l’occasion à l’anticipation, à la préparation d’entrer en jeu. La France n’a pas fait ce choix. En rapatriant des Français de Wuhan, elle n’a pas confiné les militaires en retour de mission… Et nous n’avons pas voulu regarder ce qui avait été mis en place dans tel ou tel pays… Alors on perd du temps, on perd deux, puis trois semaines. Et comme on n’assume pas notre responsabilité, qu’on ne reconnaît pas notre faute, on bloque le système. J’en veux pour preuve l’interdiction ordonnée aux pharmaciens de délivrer des masques, contraints qu’ils étaient de garder les masques chirurgicaux et FFP2 pour les soignants….

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Le docteur Jérôme Marty raconte dans un livre les « coulisses d’une sale guerre ». Un récit au vitriol de la gestion de la crise sanitaire.

Le docteur Marty est un infatigable militant. Beaucoup l’ont découvert lors de la réforme des retraites contre laquelle il s’est opposé bruyamment, ou durant cette crise du Covid-19 qui a fait la part belle aux médecins sur les plateaux télé et dans les studios de radio. Jérôme Marty est une « grande gueule », il siège d’ailleurs très régulièrement dans l’émission de radio homonyme, sur RMC. Fort de son accent du sud-ouest, l’hyperactif Dr Marty n’a pas peur de monter au front sur les réseaux sociaux et sur toutes les antennes qui lui tendent un micro.

Contrairement à certains de ses confrères, Jérôme Marty n’a jamais quitté le terrain, il continue d’officier en tant que médecin généraliste dans son Sud-Ouest natal. Et c’est sur ses terres qu’il a vécu le confinement et l’incontrôlable épidémie de Covid-19. Il a souhaité témoigner, mais aussi dénoncer les conditions de travail inacceptables des professionnels de santé envoyés au front sans armes. Ainsi est né Le Scandale des soignants contaminés (Flammarion), dont la sortie est prévue pour le 9 septembre.

Regard sans concession

Son livre est un récit précis et documenté des longs mois de tergiversation, de contradictions, de choix politiques contestables et dresse un portrait au vitriol de la gestion de cette crise comme ce passage sur les masques qui se passe de commentaires : « Agnès Buzyn, le 26 janvier : Il ne faut pas acheter de masque en pharmacie. Jérôme Salomon, le 4 mars sur BFM TV : Les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public. Plus fort encore, le Premier ministre Édouard Philippe, qui déclare le 13 mars sur TF1 : Le port du masque, en population générale dans la rue ça ne sert à rien, soutenu par le ministre de la Santé trois jours plus tard devant la presse : Je suis surpris de voir par la fenêtre de mon ministère le nombre de personnes qui sont dans la rue avec des masques lorsque cela ne correspond pas à des recommandations. »

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Le récit de Jérôme Marty n’élude aucun sujet, de l’isolement des séniors à l’épuisement des professionnels de santé à qui il donne la parole. Mais son ouvrage dénonce surtout, et avant tout, une gestion politique parfois mensongère qui a mis en danger la vie de ces soldats envoyés au front sans armes que sont les professionnels de santé et dont un certain nombre sont morts faute de matériel de protection. Le livre écrit par un professionnel de terrain apporte un regard sans concession sur les nombreux dysfonctionnements de notre système de santé que le militant syndical Jérôme Marty n’a jamais cessé de dénoncer. Il relate aussi avec subtilité le sentiment d’isolement des professionnels de santé livrés à eux-mêmes face à un ennemi nouveau et inconnu. Un livre à lire sans modération en mémoire de ceux qui sont tombés sur ce drôle de théâtre de guerre.


Le Scandale des soignants contaminés, de Jérôme Marty, Flammarion, septembre 2020, 336 pages, 19 euros.

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