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« Mosquée Sainte-Sophie » : Nicolas Bay exhorte l’Europe à répondre à cette ultime provocation du sultan Erdogan


« Mosquée Sainte-Sophie » : Nicolas Bay exhorte l’Europe à répondre à cette ultime provocation du sultan Erdogan

Après la reconversion de Sainte-Sophie à Istanbul, l’eurodéputé RN Nicolas Bay exhorte l’Europe à répondre à cette ultime provocation du président turc Recep Tayyip Erdogan. Sans quoi la soumission s’ajouterait à l’humiliation.

Le symbole en politique est d’abord un discours. Il peut également être un crachat. La transformation de la basilique Sainte-Sophie en mosquée en est un à la face de l’Europe. En toute conscience, en parfaite adéquation avec sa politique intérieure comme extérieure, Recep Erdogan, président de la Turquie, s’est placé le 24 juillet au premier rang de la première prière musulmane depuis 86 ans dans ce lieu. Tout aussi symboliquement, l’imam officiant tenait un sabre à la main. A l’extérieur, des fidèles portaient, eux, des t-shirts rappelant la prise de la ville en 1453 par les Turcs.

À cet acte d’une violence inouïe pour ceux dont les yeux ne sont pas seulement rivés sur la courbe du PIB ou les évolutions des taux de change, quelle a été la réponse de l’Union européenne ? Une simple condamnation verbale, bien plus tiède dans le fond comme dans la forme de ce que, sur un sujet comme le Tibet, on a pu connaître.

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L’Union européenne a fait le choix de la soumission

Pourquoi l’Europe a-t-elle peur de la Turquie ? Pourquoi depuis vingt ans, l’UE déverse-t-elle des dizaines de milliards d’euros de subventions sur un pays dont le territoire est à 99 % situé hors d’Europe et où les droits de l’Homme sont une variable selon que l’on soit turc ou kurde (1) ? La réponse est tragique : l’Union européenne a fait le choix de la soumission. L’actualité de ces six derniers mois suffit à le confirmer.

Cet hiver, la Turquie a lancé sur la frontière grecque un véritable assaut migratoire. Puis, elle a attendu la réaction de Bruxelles. Celle-ci ne l’a pas déçue. Avec l’aval d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, plus d’un demi-milliard d’euros a été débloqué pour qu’Ankara bloque de nouveau la pression migratoire. En outre, 1 500 « mineurs » non accompagnés ont été autorisés à s’installer en Europe et notamment en France. Jadis, l’Europe payait les rançons des captifs des Barbaresques. Désormais, la rançon est payée et les Barbaresques suivent en prime.

Il suffit de lire les déclarations d’Erdogan pour savoir qu’il est en guerre contre l’Europe. Il ne cache même pas son rêve de restaurer l’empire ottoman ni d’islamiser notre continent. En 2017, il appelait les Turcs vivant en Europe à faire non pas « trois mais cinq enfants » car ils étaient « l’avenir de l’Europe ».

L’intervention récente turque en Libye répond à ces deux ressorts. Redevenir fort dans une zone ottomane durant quatre siècles, braquer un second revolver migratoire sur l’Europe. Après le contrôle de la voie de la Méditerranée orientale, c’est au tour de l’axe central. Deux verrous, un même chantage.

Il serait trop long ici de dresser la liste des provocations d’Erdogan ou de ses prédécesseurs comme les forages illégaux en Méditerranée ou l’occupation illégale de la moitié de Chypre. Parlons seulement du présent et de notre pays. Le 10 juin, un navire de guerre turc a pris pour cible par une manœuvre provocante une frégate française. La réaction de Paris a été digne de celle de Bruxelles. Macron a aussitôt donné l’ordre à notre marine de se retirer de la zone. Comment Erdogan pourrait-il ne pas mépriser les dirigeants européens et pourquoi cesserait-il son offensive contre l’Europe ?

Une ligne rouge doit être tracée, une contre-offensive menée

Diplomatiquement d’abord, en rétablissant un dialogue avec la Syrie. Quelles que soient les réserves que l’on peut avoir à l’égard du pouvoir de Damas, force est de constater que Bachar el Assad est parvenu, appuyé par la Russie, à vaincre sur son sol les djihadistes soutenus par Ankara. Préférons la Realpolitik à la moraline : la Syrie est aujourd’hui un allié indispensable dans la lutte contre le terrorisme et le jeu d’influence turc.
De même, il pourrait être fructueux d’appuyer la démarche égyptienne visant à créer une alliance de sécurité arabe pour contrer la Turquie en Libye et au Yémen. L’ambition d’Ankara de mettre la main sur le gaz de Méditerranée orientale se heurte à celle du Forum du gaz de la Méditerranée orientale qui rassemble, entre autres, l’Égypte, Israël, l’Autorité palestinienne, mais aussi la Grèce et l’Italie. Là encore, un avertissement européen de ne pas faire cavalier seul pourrait être envoyé à Erdogan, rejoignant le souhait des États-Unis de voir la Turquie intégrer le Forum.

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Ensuite, la question de l’OTAN se pose. Cette alliance a perdu son but d’origine. L’OTAN ne sert ni les intérêts de la France ni ceux de l’Europe. Erdogan utilise l’alliance à son seul bénéfice. Il n’est ni un allié, ni un ami. Il serait temps de lui rappeler qu’être l’ennemi de l’Europe n’est jamais une bonne idée. L’OTAN doit être repensée, redéfinie et recentrée autour de pays qui partagent des objectifs, des intérêts et des défis communs.

Il faut mettre un terme définitif au processus d’adhésion de la Turquie à l’UE

Des sanctions économiques sont également envisageables : gel des avoirs turcs dans l’UE, suspension de l’union douanière de 1996 qui permet à la Turquie de réaliser 40% de son commerce extérieur avec l’UE… La Turquie est économiquement dépendante de l’Europe. L’inverse n’est pas vrai. Nous avons les moyens de prendre des mesures de rétorsion pour la faire plier.

Enfin, la réponse doit être politique. Il faut mettre un terme définitif au processus d’adhésion de la Turquie à l’UE et faire cesser l’ensemble des programmes de financement en direction de ce pays. Il faut également envoyer des hommes et du matériel en Grèce afin de l’aider à sécuriser notre frontière extérieure commune.

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Les nations d’Europe doivent réagir. Elles en ont les moyens. La force n’est pas la guerre. La volonté n’est pas l’agressivité. Dans l’intérêt même de la Turquie et des forces démocratiques d’opposition de ce pays, il est grand temps de ramener Erdogan au sens des réalités : ensemble, les nations d’Europe sont un géant mondial, la Turquie est et restera une puissance de seconde zone.

Nicolas Bay
Député français au Parlement européen
Vice-président du groupe « Identité et démocratie »

(1) L’UE a versé en 20 ans près de 50 milliards d’euros en Turquie : environ 15 milliards de fonds de pré-adhésion, 6 milliards pour l’accord de 2016 sur l’immigration, et quelques 30 milliards d’aides de la Banque européenne d’investissement aboutissant au financement sur fonds européens d’infrastructures, d’équipements et d’entreprises en Turquie. Ce qui en fait le champion mondial des pays étrangers à l’Europe subventionnés par Bruxelles.

 

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  • 3 thoughts on “« Mosquée Sainte-Sophie » : Nicolas Bay exhorte l’Europe à répondre à cette ultime provocation du sultan Erdogan

    1. Robert Davis

      L’auteur a pafaitement rason les réactions du petit chaton de l’élysée et de la grand mère merkel sont sont honteuses et catastrophiques. Il faut que l’europe cesse de verser un sou à la turquie et si celle-ci lui envoit ses migrants les bateaux doivent être remorqués jusqu’au lieu de départ ou coulés. C’est le seul moyen de montrer à merdogan qu’on n’a pas peur de ses migrants de m. ni de lui et que ses menaces ne font peur à personne sinon son chantage peut durer indéfinimment et on n’aura jamais fini de lui verser des milliards pour RIEN.

    2. Alex E. MÉRALI

      Le sort d’une église chrétienne, temple du shaitan et du mal, de l’idolâtrie, du cannibalisme et du vampirisme pratiqués au cours de leurs offices, me laisse totalement indifférent. Ce que l’on peut dire dès sa transformation en mosquée, c’est qu’elle est tombée de Charybde en Scylla. Et là, ça m’amuse un peu. Et même beaucoup.

    3. Patrick Wahle

      Au fil des siècles, nombreuses sont les mosquées converties en églises pendant la “reconquête”. Les cathédrales de Cordoue et de Séville en sont des exemples mais beaucoup d’autres pays méditerranéens ont eu des mosquées converties. Pour moi la religion est personnelle et les symboles du culte pratiqué n’ont que peu d’importance et ne méritent pas une guerre et des martyrs. En ce qui concerne Sainte Sophie je regrette que la décision soit prise par un chef d’état au détriment du décision populaire. La mosquée risque de ne pas attirer autant de touristes que la cathédrale byzantine et les “marchands de souvenirs” risquent d’en faire les frais.

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