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Commémoration de la rafle du Vel d’Hiv : l’historien Simon Epstein revient sur les antiracistes de gauche qui choisirent de collaborer avec les nazis…


Commémoration de la rafle du Vel d’Hiv : l’historien Simon Epstein revient sur les antiracistes de gauche qui choisirent de collaborer avec les nazis…

A l’occasion de le Commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, la Licra a rencontré l’historien Simon Epstein, auteur du livre « Un paradoxe français« 

Votre livre Un paradoxe français, paru il y a 12 ans, a connu un certain succès et suscité de nombreux débats en France. Pourriez-vous nous rappeler la nature de ce « paradoxe » ?

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De nombreuses personnalités françaises ayant exprimé leur compassion et leur amitié pour les Juifs dans les années 1930 verseront dans l’antisémitisme et la Collaboration. Réciproquement, de multip­les trajectoires qui, dans l’avant-guerre, furent empreintes d’hostilité antijuive aboutiront, sous l’Occu­pation, à la Résistance. Ma recher­che visait à décrire et à classer ces itinéraires contrastés, puis à tenter d’expliquer le chassé-croisé qui s’est ainsi révélé puis, enfin, à analyser les mécanismes de mémoire et d’occultation – surtout d’occul­tation – dont il a fait l’objet.

Ces « antiracistes », qui sont-ils exactement et comment ont-ils fini dans les rangs de la Collaboration?

Ces antiracistes étaient vraiment antiracistes, sans guillemets, au stade initial de leur évolution. Ils provenaient de tous les secteurs politiques mais plus particulièrement de la gauche, car la sensibi­lisation contre le racisme y était nettement plus intense qu’ailleurs. C’est en effet dans la gauche humani­taire française de la fin des années 1920 que la conjonction de l’antiracisme et du pacifisme atteint son zénith : on est contre les pogro­mes comme on est con­tre la guerre, on est contre l’antisémitisme car on croit au progrès humain.

Or l’ennui avec Hitler, si je puis dire, c’est que son accession au pouvoir confronte les pacifistes français à un douloureux dilemme : d’un côté, ils abhorrent le racisme et le fascisme mais, de l’autre, ils s’obstinent à prôner la paix avec l’Allemagne, même nazie. Nombre d’entre eux finiront par prendre position, souvent après avoir hésité, et suivant des voies multiples, certaines li­néaires et d’autres com­plexes, toutes passionnantes à retracer. Ils choisiront de privilégier l’idéal de réconciliation franco-allemande au détriment des principes antiracistes qui, auparavant, leur semb­laient primordiaux. Ils pous­seront même leur volonté de paix jusqu’à adopter le point de vue d’Outre-Rhin sur toutes les grandes questions d’actualité, y compris sur la question juive. Les premières fissures s’observent dès 1933, le flux enfle significativement en 1938 et le tsunami des compromissions, des mutations et des trahisons défer­lera, tout naturellement, en 1940. Le pacifisme fut le vecteur principal de la dérive des antiracistes vers la Collaboration.

Les militants de la LICA, c’est-à-dire les individus véritablement engagés dans cette association, ont-ils suivi le même chemin ?

La LICA n’était pas la seule organisation française à combattre l’antisémitisme avant 1939. Il y eut d’autres mouvements et d’autres initiatives. Mais la LICA fut, de beaucoup, la plus active, la plus puissante et – rendons-lui hommage  – la plus combative de toutes ces structures. Elle fut aussi la plus engagée à gauche. Il est donc naturel que les conversions se soient ma­nifestées, chez elle, avec plus de vigueur et plus d’ampleur que dans les groupes numériquement plus petits et idéologiquement moins marqués. La lec­ture du Droit de vivre, le journal deBernard Lecache, fournit de multiples informations sur les «traît­res», c’est-à-dire sur les amis et adhérents de la LICA qui, chacun à son heure et chacun à sa manière, vont franchir les lignes et changer de camp. Ces mutants sont saisis «à chaud» dans les années 1930. Après la guerre, ils seront stigmatisés ex post dans la «rubrique des traîtres» du journal de la LICA.

Je précise toutefois que le phénomène a surtout frappé les personnalités politiques, syn­dicales et intellec­tuelles qui se pressaient aux périphéries sympathi­santes de la LICA. Son équipe fondatrice et son noyau activiste, pour des raisons que je ne déve­lopperai pas ici, ont mieux résisté aux dérives. On retrouvera des membres de la LICA dans le combat clandestin contre Vichy ou contre l’occupant, en France même, à Londres ou en Afrique du Nord.

Vous pressentiez dans votre avant-propos que votre livre plairait aux « racistes d’extrême droite ». L’avez-vous effectivement constaté ? Faut-il le regretter ?

Oui, je parlais des racistes d’extrême droite mais aussi des prétendus «antiracistes» d’extrême gauche. Les premiers me haïssent parce que je suis Juif, les seconds parce que je suis Israélien : il n’y a rien de surprenant à ce que je sois indifférent aux uns comme aux autres. La France compte assez d’honnêtes gens, à droite, au centre et à gauche, qui auront compris le sens de ce livre.

Source Licra

Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance

Spécialiste de l’antisémitisme, Simon Epstein a constitué au fil des ans un socle informatif considérable sur les itinéraires contrastés de deux catégories de Français : ceux qui protestèrent contre le racisme et l’antisémitisme dans les années 1920 et 1930, avant de s’engager dans la Collaboration ; et ceux qui exprimèrent une hostilité ou un préjugé à l’égard des juifs, puis qui se retrouvèrent, l’heure venue, dans la Résistance. Ce livre ne retrace ni l’histoire de l’antiracisme ni celle de l’antisémitisme ; il est l’histoire du passage de l’un à l’autre.

Les principaux chefs de la Collaboration ont traversé, chacun à sa manière, une phase de dénonciation de la haine antijuive ; beaucoup furent même militants de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA). Réciproquement, de nombreux résistants, et non des moindres, sont originaires d’une extrême droite nationaliste qui, dans les années 1930, fut fertile en prises de positions hostiles aux juifs. C’est ce phénomène paradoxal que Simon Epstein décrit puis analyse, en s’appliquant aussi à démonter l’occultation dont ces chassés-croisés, déroutants certes mais significatifs, ont fait l’objet dans les mémoires françaises.

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  • 12 thoughts on “Commémoration de la rafle du Vel d’Hiv : l’historien Simon Epstein revient sur les antiracistes de gauche qui choisirent de collaborer avec les nazis…

    1. Jean-Francois Morf

      Grande attaque en préparation:
      14 tonnes (14 millions de grammes) de captagon allaient être distribués à 14 millions de mahométans entièrement soumis à leurs imams chéris.
      Des imams turcs directement sous les ordres du nazislamiste Erdogan.
      Cela aurait enlevé toute humanité à 14 millions de djihadistes mahométans.
      De quoi être « courageux » pour égorger des millions de non mahométans, et promener leurs têtes sur des piques…

    2. Robert Davis

      Le pacifisme c’est l’excuse des lâches aujourd’hui comme hier et partout dans le monde Israel compris. On est soi disant antiraciste, anti ceci ou cela tant qu’il n’y a pas de risque mais sitôt que le risque apparait, le couard change de cap… En tous cas pour les juifs la france n’est pas sûre pas plus que l’allemagne ou un autre pays, il n’y a qu’Israel qui peut protéger les juifs le jour où les uns ou les autres voient un avantage à être antisémite à tort ou à raison!

    3. c.i.a.

      J-F Morf, le problème c`est qu`ils n`ont pas besoins de ce captagon, ils ont déjà leur drogue«  divine« … le coran!

      Mr Davis, avec tous les danger que représente l`Europe et même l`occident ,(À certaines périodes.),pour les juifs, je ne comprend toujours pas pourquoi t`en de juifs ne vont pas en Israel ou du moins avoir une sorte de pieds t`à terre par sécurité pour eux, Comme ont dis il vaut mieux prévenir que guérir!, surtout avec ces musulmans qui envahissent partout en ce moment!

    4. Robert Davis

      C.I.A. Pour la simple raison qu’Israel est un petit pays de…environ 20.000 km2 et il y a 20 millions de juifs! C’est la même raison pour laquelle Monaco n’a que 8.000 habitants je crois! En outre le risque actuel est NUL car les salauds savent que les juifs peuvent se réfugier en Israel, aux USA etc. et n’osent RIEN faire ou presque sinon des c; et…hit and run! Toutes les époques ne se ressemblent pas, à l’époque des voitures à chevaux le carburant c’etait de l’herbe pour les chevaux pas de l’essence! On est plus utiles ici qu’en Israel sauf pour certains mais pas tous.

    5. Titi

      Ce sont toujours les mêmes nazis depuis l’aube des temps qui répètent le même scénario et c’est chaque fois qu’ils touchent le fond de connerie qu’ils se défoulent sur les juifs, c’est leur signe de ralliement, dès que leur idéologie de m…. atteint ses limites, le défouloir, c’est déclencher une guerre et massacrer des juifs, c’est un rituel ancestral !

      La civilisation chrétienne est une civilisation sacrificielle, ça veut dire, comme beaucoup d’autre civilisation de l’antiquité, qui se base sur la catharsis sacrificielle, comme les incas, les mayas, les grecs, les romains et tout le reste, rien n’a changer dans les nations (goyim) et ils ne changeront jamais, ils s’agenouillent face à leur idoles et leur offre des sacrifices humains et ensuite ils traitent les aborigènes de sauvages, si ils ne peuvent pas tuer au nom de leurs idoles, ils se suicident, pas d’alternative !

    6. Titi

      C’est ce qu’il se passe dès que l’humain cherche à matérialiser des divinités ou des objets incarnés !

      C’est la grande leçon du judaïsme sur les autres pratiques, spécialement dès qu’une communauté d’humains dépassent le nombre 400 individus, ce que Claude Levy-Strauss explique magnifiquement, dès ce chiffre dépassé, des codes de hiérarchies s’imposent automatiquement et ensuite si le rituel s’attache à une image ou un statue, c’est mal parti et là nous avons des exemples, par exemple les hindouistes, eux ont tellement d’idoles qu’ils retombent dans une forme de monothéisme induit, trop d’idoles tuent les idoles si on peut dire, autrement c’est l’absence de concret qui maintient l’humain à sa place, ensuite avec le christianisme et l’islam, il y a un autre problème très grave, ce sont les conversions forcées et le prosélytisme à grande échelle, pour y arriver, il faut passer par le politique et les compromis, ce qui amène ces civilisations à des disparitions programmées, pas d’exception !

    7. Titi

      Y a pas à mettre en doute J-FMorf, y a plus de captagon dans les pays arabes que d’eau en bouteilles, les arabes raffolent de cette saloperie, ils se pètent au captagon pendant tout le ramadan pour atténuer la faim, c’est une amphétamine semblable aux bifétamines utilisée pour perdre du poids, le problème c’est que ça leur démontent les quelques neurones qui leurs restent après avoir lus leurs corans !

    8. Titi

      c.i.a., effectivement, captagon plus coran, c’est du lours !

      Si on ajoute les 72 vierges qui attendent et séances de fouet, on peut dire que rien ne manque, ou presque !

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