toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Allemagne : « si les Juifs sont pauvres, ils sapent la prospérité du pays. S’ils sont riches, ils sont suspects »


Allemagne : « si les Juifs sont pauvres, ils sapent la prospérité du pays. S’ils sont riches, ils sont suspects »

Cela fait 2000 ans que les Juifs sont persécutés. En Allemagne, les attaques et meurtres sont en recrudescence depuis un certain temps. Et il n’y a pas d’explications rationnelles à cela.

«Tous ces actes sont gratuits», telle fut l’amère conclusion tirée par Theodor Mommsen, l’un des fondateurs de l’association de lutte contre l’antisémitisme, en 1894. Cet historien mondialement célèbre avait bien conscience que, vu la «terrible ignominie» que constituait la haine allemande des Juifs, il avait là affaire à des esprits étroits: «Aucun antisémite n’obéit à des arguments logiques et moraux. Ils n’obéissent qu’à leur haine, leur jalousie et leurs instincts les plus ignobles.»

126 ans plus tard — entre-temps, les Allemands ont tué des millions de Juifs -, l’analyse de Mommsen est toujours d’actualité. Malgré plusieurs décennies de démocratie et une Constitution exemplaire, l’augmentation des menaces, des actes terroristes et des meurtres à l’égard des Juifs en Allemagne laisse peu de place à l’espoir.

Ronen Steinke, journaliste pour le «Süddeutsche Zeitung», oscille lui aussi entre résignation et rébellion dans son livre «Terror gegen Juden: Wie antisemitische Gewalt erstarkt und der Staat versagt», qui vient tout juste de paraître. Son ouvrage parle de la peur avec laquelle doivent vivre les Juifs d’Allemagne. Quand on entend que la surveillance des 140 synagogues encore ouvertes à la prière engloutit souvent la moitié du budget de la communauté, que cette surveillance n’est pas toujours un gage de protection et que les coûts associés ne sont bien évidemment pas pris en charge par l’État allemand, on prend conscience qu’il s’agit d’une lecture incontournable, dont la concision est inversement proportionnelle à la stupeur qu’elle provoque chez le lecteur.

D’où vient cette haine? Telle est la question qu’on se pose face aux crimes commis par le meurtrier de Halle en 2019. L’individu avait pour intention de pénétrer dans la synagogue locale pour y commettre un massacre, mais ne parvenant pas à faire céder la porte (dont la réparation a été payée grâce à des dons de la Jewish Agency, car personne et certainement pas le gouvernement du Land n’a pris les coûts en charge), il a abattu deux passants à la place. Il faut être incohérent pour faire une chose pareille. Si l’on suit le raisonnement de Mommsen, l’auteur de ce qui est actuellement le dernier attentat commis contre une synagogue allemande n’a lui aussi obéi qu’à son propre sentiment de haine et de jalousie.

Ainsi, même s’il s’y essaie en passant, l’objectif premier de Ronen Steinke n’est pas de poser un diagnostic de l’antisémitisme en tant que maladie mentale — ce qui ne l’empêche pas de taper dans le mille. L’impulsion viendrait simplement d’une «douce tentation» de réduire la complexité sociale, car l’antisémite, qui a pris non seulement le citoyen juif, mais également les institutions juives pour cible, s’élève «contre un groupe qui possède des moyens et des privilèges mystérieux».

Le fait qu’en tant qu’émigrants de l’Union soviétique, de nombreux Juifs allemands se sont vu refuser le droit à des allocations en Allemagne (contrairement aux Allemands russes) et vivent donc de l’aide sociale n’y change rien pour leurs ennemis, tout comme la pauvreté des Juifs en Pologne n’a pas permis aux nazis de se défaire de leur image des Rothschild tout-puissants.

Aux yeux de leurs persécuteurs, si les Juifs sont pauvres, ils sapent la prospérité du pays. S’ils sont riches, ils sont suspects. S’ils cultivent des manières différentes des leurs, ils se comportent comme une «race étrangère». S’ils s’intègrent, comme au temps de l’empire germanique et de la république de Weimar, leur assimilation devient prétexte à plusieurs millions de meurtres. Le moteur de ces crimes, ce ne sont pas les Juifs, mais les antisémites. «Et pourquoi», s’interroge Steinke de manière rhétorique, «un antisémite devrait-il laisser les autres détruire son bien-être?» Le fait qu’aujourd’hui, de plus en plus de Juifs allemands fassent leurs valises ou envisagent d’émigrer en Israël, au Canada ou aux États-Unis — la France est un triste précurseur en la matière — représente déjà une victoire des antisémites. Les arguments, formations, débats et connaissances scientifiques développés depuis plus de 150 ans, si l’on date le début de l’antisémitisme militant et organisé à la période à laquelle est né le terme, n’ont servi à rien.

L’antisémitisme islamique, un phénomène plutôt récent

Au contraire. Aujourd’hui, alors que le monde politique affiche publiquement son soutien aux Juifs allemands, il est inconcevable que des fanfares jouent des hymnes antisémites pour célébrer la libération de Norderney ou de Borkum du fléau juif — comme ce fut le cas à l’époque du redoutable empereur Guillaume II.

Ce «Bäder Antisemitismus» (antisémitisme de station balnéaire) a des allures de rituel barbare et semble presque aussi lointain que le massacre de masse dont ont été victimes les Juifs allemands après l’épidémie de peste de 1348. Cependant, même en cette période troublée, marquée par une autre pandémie, fleurissent à nouveau des théories du complot selon lesquelles le monde serait dominé par des cerveaux issus de la haute finance juive. Le magazine «Bild» a d’ailleurs mené une triste expérience. Le quotidien souhaitait savoir combien de temps un drapeau orné de l’étoile de David pourrait tenir dans le quartier berlinois de Neukölln sans être profané. Il n’a pas fallu attendre des heures.

Source

Puisque vous êtes là…

… on aimerait vous dire un dernier mot. Vous êtes de plus en plus nombreux à lire Europe Israël sur le web, et nous nous en réjouissons. Nous souhaitons qu’une grande partie des articles de notre site soit accessible à tous, gratuitement, mais l’information de qualité a un coût.

En n’étant rattaché à aucun groupe industriel, aucun lobby, aucun politique, Europe Israël prouve chaque jour son indépendance éditoriale. Pour nous aider à garder notre liberté de ton et notre exigence journalistique, votre soutien est précieux.

En donnant 100 € grâce à la déduction fiscale de 66% votre don ne vous coûte que 33 €.

Vous recevrez un reçu CERFA pour tous dons supérieurs à 50 Euros qui vous permettra de déduire 66 % des sommes versées.

Nous soutenir







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • 6 thoughts on “Allemagne : « si les Juifs sont pauvres, ils sapent la prospérité du pays. S’ils sont riches, ils sont suspects »

    1. zanaroff

      Les rotchild représentent 0,05% des juifs. Les juifs ne sont pas tous riches et prospères. Et ceux qui le sont, le sont grâce à leur travail et leur mérite. C’est un leurre de les accuser de tous les maux. Mais c’est un fait étrange d’être antisémite. Moi les juifs, je les trouve beaux, intelligents, gentils et justes. Je dirais que les juifs que j’ai rencontré ont suscité en moi admiration et respect. Je n’arrive toujours pas à comprendre cette haine irrationnelle. Cela doit être spirituel. Mon Dieu, que je partage avec joie avec les juifs, les aime tellement… comment ne pas les aimer… Celui qui aime Dieu, s’il il n’aime pas son peuple alors il est un menteur. Que vive éternellement Israël, et que prospère son peuple, lumière des nations.

    2. Cyrano

      Pour avoir vécu dans bon nombre de collectivités je peux vous certifier que tous les antisémites que j’ai côtoyé sont génétiquement cons.
      — Vous coupez les oreilles en pointe à un âne vous n’aurez jamais un cheval de course —

    3. Robert Davis

      La haine antisémite a pour origine la COUAARDISE, LA LACHETE, rien d’autre. Que les juifs s’organisent militairement avec des groupes armés capables de semer la panique, tuant les antisémites en masse et l’antisémitisme cessera. C’est aussi simple que cela pas besoin de chercher des raisons…philosophiques inexistentes.

    4. Robert Davis

      Ce que je dis c’est que les juifs ont PEUR de s’impliquer physiquement et l’antisémitisme est la rançon de leur couardise. En somme entre les juifs couards et les chrétiens couards c’est une course à la couardise que les plus couards, les juifs perdent à tous les coups.

    5. moi de france

      LES JUIFS EUX N ONT PAS VOLES TUER AGRESSER DILER ET J EN PASSE
      LE PRETEXTE DES MAUVAISE BOUCHE QUI NE TRAVAILLE PAS ET VIVENT AUX CROCHET DE LA FRANCE ALORS LEURS BINIEMENTS ONT S EN TAPE
      CE QUI EST SUR LE JOUR OU IL N Y EN AURA PLUS IL NE RESTERA QUE
      LES VOYOUX DE QUOI FAIRE UN GRAND PAYS

    6. léopold

      Le plus curieux est que les antisémites ne savent même pas pourquoi ils le sont.
      Si on leur demande quel maux ils ont subi de la part des juifs, ils ne savent pas répondre, et ce sera tjrs les mêmes clichés: ils sont riches comme Rothschild, les pôvs palestiniens, comparant les israéliens à des nazis, et tutti quanti…
      Bref, ils révèleront leur immense vide intellectuel.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    557 Shares
    Copy link
    Powered by Social Snap