toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Le paradoxe de l’antijudaïsme juif


Le paradoxe de l’antijudaïsme juif

Le paradoxe de l’antijudaïsme juif

Pourquoi l’antisémitisme cesse-t-il d’être défini comme tel si ses motifs sont repris par des Juifs?

Si vous traitez votre voisin d’abruti, vous étalez au grand jour les aspects négatifs de votre personnalité. Mais si vous vous traitez vous-mêmes d’abruti, ou de tout autre qualificatif peu flatteur, vous serez apprécié pour votre honnêteté, la haute exigence vis-à-vis de vous-mêmes et votre impartialité. Vous serez admiré pour votre autocritique, et pour l’idée modérée et humble que vous vous faites de votre propre personne. Qu’est-ce qui fait que ce «deux poids deux mesures» soit reconnu comme juste quasi universellement?

C’est que nous démarrons plus ou moins consciemment du principe de l’estime de soi et de la haine de l’autre. Le verset ne nous ordonne-t-il pas d’aimer notre prochain comme nous serions censés nous aimer nous-mêmes? Donc, si vous êtes dans l’autocritique, puisque vous ne pouvez que vous adorer, c’est que vous cherchez forcément à vous améliorer, en commençant par bien définir ce qui ne va pas chez vous. Par contre, puisque tout autre que soi-même est au départ détesté, on comprendra que vous ne cherchez qu’à l’enfoncer ou le détruire en le rendant convenablement détestable et surtout que vous évitez à tout pris de corriger vos tendances égocentriques.

Par analogie, critiquer les Juifs de l’extérieur révèle l’antisémitisme de l’auteur de la critique, tandis que l’accablement sera bien venu si ce sont des Juifs qui critiquent. Pourtant, l’implacabilité du présent raisonnement aurait pu être juste, mais ce serait alors sans compter avec un principe connu mais trop souvent laissé à l’écart des articulations de nos raisonnements et qui devrait en principe montrer qu’un antisémitisme imputable à des Juifs existe: «la haine de soi».

Il est clair que les antijuifs qui soutiennent qu’il serait faux de les considérer comme tels se confortent lorsqu’ils arguent que des Juifs sont d’accord avec eux. Ils se garderaient bien d’admettre que certains Juifs aient pu se laisser berner par leur cause. Le principe est solidement échafaudé : en partant  du principe que si même des Juifs le pensent, alors eux-mêmes ne peuvent être accusés d’antisémitisme.

L’antijuif arguera : «Mais de quelle haine de soi parlez-vous? Qu’est-ce qui vous fait dire que si un Juif est d’accord avec ceux qui s’énervent contre les Juifs deviendrait antijuif par haine de soi? Ce Juif n’aurait-il pas, à l’instar de tout un chacun, ne serait-ce qu’un soupçon d’amour-propre ?»

Bien dit. En fait, il faut nuancer, car, effectivement, comment pourrait-on considérer comme victimes d’une quelconque haine de soi des gens hautement imbus de leur personne, très sûrs d’eux et de l’ascendant qu’exercent sur eux les idéaux qui voient dans les Juifs un fléau?

La nuance qui s’impose doit introduire un qualificatif : la haine de soi, c’est la haine du premier ou de l’ancien soi, ou de l’autre soi, donc de l’autre.  Le premier ou l’ancien soi, c’est l’identité judaïque première, classique : l’héritage religieux et national multimillénaire, la pratique des commandements et l’aspiration au renouveau de la souveraineté d’Israël sur sa terre, véhiculée par ces simples mots : «l’an prochain à Jérusalem», tant que «aujourd’hui et pour toujours à Jérusalem» n’est ou ne semble pas réalisable. Par projection, ou dédoublement, dans ce prolongement de cette tendance à vouloir briser un miroir renvoyant une image détestée, la haine de soi sera renvoyée à ma tête de ce Juif qui refuse de renier son identité première.

Learn Hebrew online

Il suffit pour bien comprendre ce principe de haine, chaque fois qu’on assistera à des élucubrations et autres dérives de certains Israélites ou Israéliens (ou les deux), d’extrapoler et de se demander comment serait prise la chose si au lieu d’un Doudou Topaz qui met en scène les orthodoxes sous la forme plus que plaisante de Dardossim, d’un Sternhell, partisan du rasage à coup de bulldozer de localités juives en Judée-Samarie, ou encore d’un Gédéon Lévy, célèbre journaliste qui veut ligaturer les trompes des mères juives de Judée-Samarie pour les empêcher de proliférer, les mêmes dessins ou desseins émanaient de personnalités politiques ou médiatiques françaises ou allemandes, et que dans ces derniers cas les Juifs visés vivaient non pas en terre d’Israël mais à Paris ou Berlin.

Pareillement, comment réagirait tout quidam contemporain civilisé si un tribunal avait statué dans la banlieue de Londres que les maisons juives seraient illégales au point d’être anéanties? Pour ne reprendre qu’un cas parmi tant d’autres, la Cour suprême – mais c’est en Israël – a refusé l’argument de la bonne foi des acheteurs d’un quartier résidentiel à Ofra, dont l’affaire aurait pu être réglée à l’amiable même en donnant raison aux accusateurs qui voyaient dans le vaste terrain en question la propriété d’un individu rendu propriétaire par l’occupant provisoire Hussein de Jordanie dont l’illégalité de la mainmise a été reconnue internationalement.

Donc, nous avons aujourd’hui au sein du peuple juif des gens qui renient le lien entre le peuple et la terre. Remarquons qu’en général ils renient la religion en bloc, aussi bien le repos du Chabbat ou les lois de la cacherout que l’aspiration au retour d’Israël en ses frontières bibliques, même si d’autres se contentent d’une observance sélective confinée aux prescriptions qui les engagent à titre individuel ou communautaire uniquement (pureté familiale et prière en quorum par exemple).

C’est dans l’air du temps. Ceux qui tournent le dos à leur peuple originel seront selon le cas contre la présence juive en Judée-Samarie (pour un judenrein) et/ou contre la souveraineté officielle d’Israël sur cette partie des régions libérées où prospèrent d’importantes communautés israéliennes.

En tant que personnalités qui restent juives dans la conscience collective, bien que fortement imprégnées des mœurs de la pensée où ils baignent pour ne pas dire macèrent, certaines célébrités intellectuelles portent un grand coup à leur «ancien moi», ou à l’«autre moi», puisqu’ils s’expriment a priori en tant que Juifs et qu’il ne pourrait donc être question d’un quelconque antisémitisme.

Mais justement. D’où vient leur opinion? Cette opinion qui refuse au Juif de repeupler sa terre restée déserte pendant des siècles? Elle est tout simplement calquée sur les motifs de la haine contre le judaïsme et contre ses vecteurs qui traversent les époques et les civilisations. La haine, selon chaque temps t et les circonstances, s’acharne sur un motif sélectif.

Aujourd’hui, avec l’Etat d’Israël, c’est sur le Juif de Judée ou Samarie, ou, même topo, sur la terrible gravité de tout acte de prévention voire de défense d’Israël contre la coalition de pays arabo-musulmans limitrophes assoiffés de son sang. Certain chef d’Etat dont l’appel radio est célébré depuis le 18 juin, a poussé la fourberie jusqu’à garder la marchandise et refuser de la livrer alors que les Juifs l’avaient dûment et chèrement payée. Mais que faire? Les Juifs ne sont pas sanguinaires ni belliqueux, donc il ne coûte rien de les léser au profit d’autres.

En dépit du bourrage de crâne permanent que nous connaissons aujourd’hui, le prétexte antijuif n’a pas toujours été focalisé sur les collines et les vallées du cœur de la Palestine juive.

Déplaçons-nous de quelque huit siècles dans le passé. A l’époque, les antijuifs les plus virulents ne portaient aucun intérêt au lien entre le peuple et le sol. Ce qui les mettait hors d’eux, c’était au sens large l’attachement irrévocable des Juifs à la continuité de leur héritage – ils n’avaient jamais été déchus par D. de leur élection – et au sens plus limité le Talmud. La Loi orale sans laquelle l’approche de la Loi écrite reste incomplète.

Dans leur sillage, les membres du peuple juif qui tournaient le dos à leur propre cause reprenaient les chefs d’accusation fallacieux de l’Eglise. A l’époque, le débat n’était pas de savoir si la terre d’Israël appartient à Israël ou aurait été spoliée par eux. Ce qui dérangeait les antijuifs, c’était le Talmud. L’ancêtre du débat télévisé joué d’avance consistait dans la disputation. Pour la forme, avant de promulguer des décrets ignominieux, on organisait des débats autour de la pertinence du Talmud et de l’indéfectibilité de l’élection d’Israël. Les grands maîtres du peuple juif étaient convoqués chez des souverains à la solde de l’idéologie dominante à la mode.

1240 : c’est le procès du Talmud. Une question devrait immédiatement nous sauter au cerveau. Comment un dogme obscur dont la plus authentique approche lexicale et alphabétique se résumait au latin – normal puisque c’est l’Empire romain qui l’a imposé dans ses contrées – était-il à même de comprendre un texte où se côtoient hébreu  et araméen en caractères hébraïques pour en relever des éléments supposés dérangeants ? La réponse est simple : le phénomène dépeint plus haut est loin d’être le fruit pourri des mass-médias des temps modernes. Si un Sand a pu galvaniser l’antijudaïsme en lançant la question du comment et du quand de l’invention du peuple juif, terrain sur lequel les extrinsèques les plus virulents hésitent à s’aventurer, un Nicolas Donin a pu au même titre pousser au brûlement du Talmud à Paris, sur la place de Grève.

En 1235, Donin, dont le premier exploit a consisté dix ans plus tôt à renier la Torah orale jusqu’à l’excommunication, est fasciné par les exactions des Croisés à Anjou et dans le Poitou, contre les Juifs[1]. Il se fait officiellement renégat et veut se venger de Rabbi Yéhiel de Paris, qu’il contraint donc en 40 à prendre part à la tristement célèbre disputation. Inutile de préciser que l’issue du débat n’avait aucune importance, tout comme aujourd’hui, même si vous établissez noir sur blanc la légitimité du lien entre Israël et sa patrie et l’évidence de l’imposture, vous verrez que la «conclusion» de tout débat sera invariablement la haine du Juif de Judée. Que vous l’établissiez religieusement, historiquement, ou sur le plan du droit international – comme l’a fait le juge de la Cour suprême Edmond Lévy dans son rapport – la conclusion exigera selon l’époque le brûlement du Talmud ou l’expulsion des Juifs.

Le paradoxe de la non-émancipation

Mais comment fonctionnent donc les mécanismes de la haine de soi? Pour le comprendre, il faut d’abord remettre certaines pendules à l’heure. On a trop souvent l’impression, à tort, que le Juif qui s’éloigne des siens est de son temps, qu’il est ouvert, tolérant, etc. etc. On s’imagine que tel individu est digne d’éloges s’il a accepté de prendre part à telle réunion un vendredi soir, ou à tel repas (non casher). Or c’est le contraire qui se vérifie. Le Juif qui se respecte est respecté et en devient respectable. Ne dites pas que la chair du cochon ne vous inspire pas à cause de la fièvre porcine. Dites : sa chair m’est interdite pour raison religieuse. Si on vous demande péremptoirement si vous avez oublié le code qui ouvre la porte de l’immeuble, répondez à votre questionneur s’il n’a jamais entendu parler des Juifs et du Chabbat. C’est en étant authentique sans pour autant opter pour l’agressivité que l’on suscite le respect.

Ce Juif moderne, qui contredit le Talmud, la cacherout, le Chabbat, le lien entre son peuple et sa terre, souffre du syndrome d’un genre très spécial de manque de confiance en soi. Comme tout le monde, il constate l’irrationalité de la réticence ressentie à l’égard du Juif. Il est perdu par son attachement à un esprit trop cartésien. La haine antijuive ne saurait en aucun cas être irrationnelle. Donc : si le Juif est détesté, c’est qu’il y a nécessairement une raison logique. Elle est toute trouvée : c’est tout ce qui fait du Juif le Juif : le Talmud, le casher, le Chabbat, l’idée que le Juif vivra sa rédemption de son ultime exil, l’exil d’Edom, et qu’il pourra répondre à la question sur l’étendue totale ou partielle de la souveraineté juive sur le sol du même nom : «Toute la terre d’Israël, toute.»

Le problème de cet élément moderne (partisan selon l’époque du brûlement ou de l’expulsion), c’est qu’il ne supporte pas la vue de ses frères qui ne sont pas ouverts et tolérants comme lui. Il ne les tolère pas, ça devient viscéral. L’homme tolérant voit rouge et il est prêt à toute accusation contre ce qu’il était avant de se renier. «C’est à cause de vous qu’ils nous détestent et que tous les efforts que je fais sont réduits à néant», lui souffle son entendement. A cause de nous tous qui refusons de renier le Talmud et le lien d’appartenance qui nous relie à D., à la Torah et à notre Palestine.

Les âmes tourmentées dans leur naïveté béate se figurent qu’il suffirait au Juif en général de se renier sans que ne subsiste la moindre exception pour régler le problème de la haine contre les Juifs. Même Herzl y a pensé avant d’y renoncer. Le cas pourrait être risible, mais il ne fait pas même rire jaune, car il touche jusqu’aux décideurs de l’Etat d’Israël, qui dispose pourtant d’une force surhumaine, surnaturelle et transcendantale, comme il s’en est lui-même étonné à l’occasion de cette fameuse guerre des Six jours qui a inversé la donne, ou encore de la guerre de Kippour où Israël a mis en déroute l’ennemi bien qu’il eût refusé au départ de se battre. Quelle est la motivation profonde de l’épuration ethnique de Gaza, où vivaient environ huit mille membres de communautés israéliennes florissantes, qui avaient depuis trois générations fait reverdir la région, sinon cette obsession de vouloir prouver aux Goïm qu’ils n’ont aucune raison de nous haïr?

Nous conclurons ces lignes avec un petit mot pour les haïsseurs. Œil pour œil, dent pour dent, mesure pour mesure, ou en termes plus triviaux : tel est pris qui croyait prendre ou l’arroseur arrosé. Comment pouvez-vous revendiquer votre droit inéluctable de propriété sur les zones perdues de vos pays d’Europe, avec lesquelles vous entretenez un lien confus qui remonte au plus profond de votre mémoire aux étrusques ou aux Gaulois, en arguant haut et fort que vos banlieues ou vos villes n’appartiennent pas à l’islam, d’une part ; et nier à Israël le droit à la souveraineté sur sa terre d’autre part? Où est votre bon sens? Ce n’est pas logique. Si Israël doit céder aux islamistes de l’Olp et du Hamas une terre à laquelle il est lié depuis l’an 2000 de son ère, soit depuis près de 4000 ans, alors vous devriez a fortiori céder à vos islamistes et autres trafiquants un sol où l’attestation de votre présence remonte à moins de 2000 ans.

Et pareillement, comment se fait-il que vous pleurez en constatant avec amertume que certains descendants – en grand nombre il est vrai – de ressortissants de pays nord-africains ne se soient toujours pas adaptés à la mentalité et à la culture française après trois voire quatre générations nées sur votre sol, quand vous continuez à abonder dans le sens de certaines confréries arabes ou musulmanes qui voient dans les lointains descendants de belligérants déplacés de gré ou non vers d’autres pays arabes non pas des citoyens de ces derniers pays mais des réfugiés de quatrième ou cinquième générations? Le descendant du réfugié tchétchène sera français quand l’arrière-petit-fils du descendant de l’Arabe qui vécut voici un siècle et demi à Haïfa sera pour vous saoudien ou koweitien.

Alors, Juifs qui tournez aux vôtres le dos, sachez que votre attitude non seulement ne vous mettra pas à l’abri de l’antisémitisme, mais qu’elle ne parvient au contraire qu’à empêcher les vieilles haines de s’éteindre. Et vous, non-Juifs qui souffrez de l’effritement de votre sol et de vos nationalités, approuvez et bénissez Israël, et vous serez bénis.

© Yéochoua Sultan pour Europe Israël News

[1]  Les tueurs firent périr environ 3000 Juifs innocents au cours de leurs exactions. http://jewishencyclopedia.com/articles/5277-donin-nicholas-of-la-rochelle

 

Puisque vous êtes là…

… on aimerait vous dire un dernier mot. Vous êtes de plus en plus nombreux à lire Europe Israël sur le web, et nous nous en réjouissons. Nous souhaitons qu’une grande partie des articles de notre site soit accessible à tous, gratuitement, mais l’information de qualité a un coût.

En n’étant rattaché à aucun groupe industriel, aucun lobby, aucun politique, Europe Israël prouve chaque jour son indépendance éditoriale. Pour nous aider à garder notre liberté de ton et notre exigence journalistique, votre soutien est précieux.

En donnant 100 € grâce à la déduction fiscale de 66% votre don ne vous coûte que 33 €.

Vous recevrez un reçu CERFA pour tous dons supérieurs à 50 Euros qui vous permettra de déduire 66 % des sommes versées.

Nous soutenir







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • One thought on “Le paradoxe de l’antijudaïsme juif

    1. Robert Davis

      Pour moi le juif anti juif a un grand besoin de se faire remarquer et n’a rien trouvé d’autre pour ce faire.Il est aussi un grand opportuniste qui pense que c’est le bon moyen de gagner « gloire » et argent… c’est tout simplement un être abject recherché par d’autres êtres abjects comme lui. Inutile de chercher plus loin. Comment un être aussi abject ,ringuard et minable qu’un sand, belami ou d’autres auraient ils pu se faire remarquer? Même soros car des financiers ayant 3 sous vu qu’il n’est pas si riche que ça, il en a 13 à la douzaine aurait-il pu se faire remarquer? ce type est remarquable seulement par sa sottise et son abjection.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *