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Réunion de jeunes à Paris : déjà taxée de télé macronienne, pour le déconfinement BFM devient auxiliaire de police


Réunion de jeunes à Paris : déjà taxée de télé macronienne, pour le déconfinement BFM devient auxiliaire de police

Pour les premiers jours de déconfinement, BFMTV s’est transformée en auxiliaire des forces de l’ordre, traquant les participants aux apéritifs sur les bords du Canal Saint-Martin ou les marches du Sacré-Cœur.

Ils écoutent BFM.” Tandis que la présentatrice Ruth Elkrief commente en direct l’évacuation des rives du Canal Saint-Martin par des policiers ce lundi 11 mai, l’un des intervenants en plateau glisse mezzo voce ce commentaire malicieux. Pour les premiers jours de déconfinement, la chaîne d’information en continu s’est en effet changée en auxiliaire des forces de l’ordre, traquant et conspuant ceux qui ne respectent pas les règles établies par le gouvernement.

C’est vrai : lundi soir au Canal Saint-Martin, et mardi soir sur les marches du Sacré-Coeur, de nombreux “jeunes” se sont retrouvés pour boire un verre – sans masque, donc – en petits groupes dangereusement proches, formant des rassemblement de plus de dix personnes. Si bien que le préfet de police, Didier Lallement, a décrété dans la foulée l’interdiction de la consommation d’alcool aux abords du Canal Saint-Martin et sur les voies sur berges de la capitale, comme les quais de Seine, le canal de l’Ourcq et le bassin de la Villette.

Il n’y a ni distanciation, ni masque, les bras m’en tombent. Ils se punissent eux-mêmes”, regrette lundi l’infectiologue Robert Sebbag sur le plateau de BFMTV, tandis que le bandeau de la chaîne annonce vers 19 heures un Canal Saint-Martin “pris d’assaut”. Consternation du présentateur Alain Marschall, qui s’agace : “Là on est en droit de se demander, au sein même de la capitale, sans vouloir jouer les excès d’autoritarisme, où est la maréchaussée.”

“SI NOUS ON LE VOIT, LA POLICE LE VOIT »

Vous avez tout à fait raison, ce qui se passe est tout à fait anormal”, s’indigne à son tour l’éditorialiste Alain Duhamel. “Si nous on le voit, la police le voit, ce n’est pas logique qu’il n’y ait pas d’intervention”, poursuit le vénérable commentateur. Décidément, que fait la police ? Qu’on se rassure, Alain Duhamel se refuse à la violence : “Je ne suis pas en train de vous dire qu’il faut une charge de CRS, ce n’est pas la question.” Il faudrait bien pourtant que des policiers “arrivent et les fassent se disperser, c’est vraiment la moindre des choses”.

Pas d’excès d’autoritarisme, mais l’éditorialiste appelle tout de même de ses voeux un petit tour de vis : “On est souvent énervé parce que le ministre de la Santé, le ministre de l’Intérieur, passent leur temps à des mises en garde ou à des menaces, mais il y a des moments où on se dit qu’il n’y en a peut-être pas eu assez”, lâche-t-il. On pensait pourtant qu’une bonne guerre – sanitaire, en l’occurrence – ferait marcher droit ces insolents. “La jeunesse est insouciante et invincible”, soupire Alain Marschall. “On n’arrête pas de lui dire : ‘ce n’est pas vous qui êtes porteurs.’” “Pas vulnérables plutôt”, rectifie le professeur Duhamel. Et de conclure : “Ils sont dangereux.

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Sur place, une journaliste de BFMTV apporte ses lumières au téléspectateur. “Ce sont des scènes qu’on n’avait pas vu pendant le confinement, explique-t-elle. Et qui là visiblement sont un petit peu plus nombreuses avec le début du déconfinement.” Cela signifierait que les Parisiens sortent parce qu’ils en ont désormais le droit ? Sur le terrain, la reporter confirme qu’aucun pandore n’est en vue : “Pour le moment, les forces de l’ordre ne sont pas venues faire des rappels à l’ordre”, relate-t-elle. Et c’est en toute impudence que l’on trinque au bord de l’eau, malgré les regards réprobateurs de la caméra de BFMTV. “Les jeunes ne semblent pas se poser de question”, constate la journaliste. “On est là avec la caméra, personne ne nous regarde en se demandant un petit peu s’ils ont raison d’être ici, s’ils ne devraient pas être ici.

Une demi heure plus tard, les policiers se décident enfin à sévir. “Ils sont arrivés et délogent les jeunes qui sont au Canal Saint-Martin, se félicite Ruth Elkrief, puisqu’ils ne respectaient ni les distances barrières, ni le principe de la réunion de moins de dix personnes. Sans masque, sans geste barrière, ça représentait un risque de contamination, (…) on s’en est inquiété.” “Dans les zones rouges, on ferme les parcs pour éviter ce type de rassemblement, mais ça veut dire aussi qu’il faut fermer les quais, fermer les bords de Seine, du Canal Saint-Martin”, poursuit la présentatrice et éditorialiste.

« RÉAGIR SUR LE CHAMP »

Intervention de son collègue Alain Duhamel : “Il faut surtout que la police soit plus réactive dans ces cas-là. Quand on montre des images où visiblement, tout ce qu’on a demandé n’a pas été respecté, ben il faut réagir sur le champ.” Peut-être devrait on organiser des patrouilles communes entre BFM et la maréchaussée ? “Dans cette histoire, on le voit en réalité, à tout moment, la rapidité, la réactivité, c’est très souvent la clef. Et ça c’est la clef élémentaire je dirais, dans un cas comme ça”, ajoute l’expert en maintien de l’ordre.

Ce sont plutôt des jeunes, bon certains portent un masque”, reconnaît quant à elle Ruth Elkrief dans le rôle de “good cop”. Mais les méchants flics ne s’en laissent pas compter : “Sur le menton, ou devant la bouche”, raille le shérif Marschall. “Ou bien le porte depuis que la police est venue”, grince Alain Duhamel. “Aussi peut-être oui, il est sorti au moment opportun”, renchérit Alain Marschall. A l’image, les renégats se dispersent de bonne grâce. “Comme si dans le fond, ils n’avaient pas tout à fait conscience de l’enjeu, et que ça n’était pas délibéré. C’est une compréhension du déconfinement qui va trop loin”, commente Ruth Elkrief dans un nouvel accès d’indulgence.

Mais ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace. “Ils ont apparemment une vingtaine d’années, ils ne sont pas plus bêtes que les autres, ils entendent aussi ce qu’on dit et ce qu’on montre partout, donc ils ne peuvent pas l’ignorer hein”, tranche Alain Duhamel. “Moi je crois qu’il y a un phénomène de décompensation, parce que c’est le premier jour, qu’il fait beau, qu’ils sont jeunes, et qu’ils sont… ben disons persuadés que pour eux ce n’est pas trop dangereux, et c’est dangereux pour les autres.” Salauds de jeunes !

« TOUT LE MONDE EST PARTI »

Rebelote mardi, à Montmartre, où l’on retrouve peu avant 20 heures la journaliste de BFM Charlotte Onfroy, déjà sur la piste de la jeunesse inconsciente la veille au Canal Saint-Martin. “De nombreux jeunes sont encore présents et rassemblés ce soir. Des adolescents et de jeunes adultes, par petits groupes, souvent trois, quatre personnes. (…) Avec des personnes qui ne respectent pas la distanciation physique. Les groupes sont assez nombreux, donc il n’y a pas toujours un mètre de distance entre eux”, constate-t-elle. La reporter voit même des infractions là où il n’y en a pas : “Malgré ce décret prononcé par le préfet de police, Didier Lallement, interdisant la consommation de boissons alcoolisées dans les lieux publics, dans les rues, eh bien vous le voyez en ce moment même, de jeunes adultes sont en train de consommer des boissons”, assure-t-elle.

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Un léger excès de zèle, puisque les boissons alcoolisés ne sont interdites que “sur les berges du Canal Saint-Martin et sur l’ensemble du linéaire des voies sur berges dans la capitale à compter du 12 mai”, selon le communiqué de la préfecture de police. “Alors les forces de l’ordre ne sont pas intervenues ici à la basilique Montmartre. (…) Elles pourraient peut-être arriver dans la soirée”, espère encore l’envoyée spéciale de BFM.

Côté plateau, tout le monde ne partage pas ce bel enthousiasme répressif. Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, fait part de ses réserves quant à la vendetta lancée contre les jeunes réunis. “Moi très honnêtement, je pense qu’il y a une espèce de psychose collective autour de la façon dont on peut attraper ce virus”, déclare-t-elle. “Quand on regarde actuellement où sont les foyers épidémiques qui ont émergé, (…), à chaque fois, ces regroupements de cas sont arrivés dans des espaces fermés, qui ont passé du temps ensemble, une heure, deux heures, parce que c’était une réunion, parce qu’ils habitent ensemble (…). Ce n’est pas dans les parcs et jardins, ce n’est pas sur la plage. Je parle de la situation actuelle, pas de la situation au plus fort de l’épidémie. (…) Je comprends d’un côté que le gouvernement soit extrêmement anxieux d’être rendu responsable en déconfinant beaucoup trop vite. Mais d’un autre côté, il y a la réalité épidémiologique.

Mais quand même, quand on voit ces images…”, l’interrompt Ruth Elkrief. “Sauf que les gens se connaissent”, reprend Karine Lacombe. “Les Français ne sont pas des idiots. Les étudiants ont été confinés seuls 60 jours dans leurs appartements. Ils n’ont pas eu de symptômes. Ils savent qu’ils n’ont pas été contaminés, et qu’ils ne sont pas actuellement malades, ils sortent de chez eux et se retrouvent pour un verre. Il faut mettre de la logique derrière tout ça.” Alain Duhamel n’est pas convaincu, et s’en remet à la police pour disperser ces attroupements : “Hier elle l’a bien fait parce qu’elle ne l’a pas fait de manière autoritaire. Ça s’est très bien passé”, félicite l’éditorialiste. Mais les croyances hérétiques semblent contaminer le plateau de BFM : “Vous misez sur l’intelligence de la police. On peut miser sur l’intelligence et le sens pratique des citoyens”, remarque Alain Marschall.

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Le débat n’a pas le temps de s’envenimer. A 20h29, le direct du Sacré-Coeur reprend. “Tout le monde est parti, raconte Charlotte Onfroy, et pour cause : les forces de l’ordre viennent d’intervenir il y a quelques instants, les marches devant la basilique étaient remplies. Les forces de l’ordre viennent d’intervenir pour leur demander de se disperser.” Plus rien à signaler. Encore une mission accomplie pour la police… et pour BFMTV.

Marianne

 

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  • 4 thoughts on “Réunion de jeunes à Paris : déjà taxée de télé macronienne, pour le déconfinement BFM devient auxiliaire de police

    1. Danibert

      Elkrief, Duhamel, Onfroy, Marschall aidés par les « experts » médicaux Lacombe et Sebbag, tout ce beau monde ne veulent que le bien des citoyens.
      Avec eux Lallement a de précieux soutiens, comme en 40 où d’autres Allemands pouvaient compter sur radio Paris pour aider les Français à trouver la bonne voie de la collaboration.

    2. Cyrano

      Comme je disais l’autre jour je ne fais plus confiance aux infos collabos.
      Une valeur sure les dessins animés ou Zorro au moins là pas de menteurs.

    3. Disraeli

      Et les reporters de BFM n’iront pas dans le 93 ou à Trappes pour dénoncer les manquements au confinement et demander où sont les forces de police.
      Difficile de faire plus Macroncollabo que BFM.

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