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Mai 2008, lorsque la milice du Hezbollah a terrorisé la capitale Beyrouth et fait couler le sang des libanais


Mai 2008, lorsque la milice du Hezbollah a terrorisé la capitale Beyrouth et fait couler le sang des libanais

Entre le 7 et le 14 mai 2008 à Beyrouth, pour la première fois de son histoire, le Hezbollah a retourné ses armes contre les libanais faisant couler le sang dans la capitale, dans le nord sunnite et la montagne druze.

Le gouvernement du premier ministre libanais Fouad Siniora avait mis en cause très directement le Hezbollah, le parti chiite l’accusant de porter atteinte à la souveraineté nationale. Il lui reprochait aussi d’avoir installé des caméras de surveillance à l’aéroport, et de disposer d’un réseau de télécommunication autonome et non réglementaire.

Le gouvernement avait décidé d’enquêter sur ce réseau de télécommunication du Hezbollah. Ce dernier rétorque que c’est ce réseau qui a permis aux chiites de résister à Israël lors de la guerre de l’été 2006.

Après dix-sept mois de longue crise politique sans exécutif à la suite de la fin du mandat d’Émile Lahoud, les combats sont déclenchés par une décision du gouvernement de fermer le réseau de télécommunications du Hezbollah et de limoger le chef de la sécurité de l’aéroport international Rafic Hariri.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah déclare que la décision du gouvernement (émanation de la coalition du 14 mars) est illégale et qu’elle constitue une déclaration de guerre à l’encontre du Hezbollah et de ses alliés (regroupés dans la coalition du 8 mars).

Le 8 mai 2008, le secrétaire général du Hezbollah,convoque une conférence de presse et dénonce «une déclaration de guerre à la résistance». Parallèlement, sa milice, celle d’Amal (dirigé par M. Nabih Berri) et celle du Parti syrien national social (PSNS), une formation laïque, s’emparent de Beyrouth-Ouest, un espace majoritairement sunnite.

Les combattants de l’opposition, menés par le Hezbollah, prennent le contrôle de plusieurs quartiers de Beyrouth-Ouest et affrontent les militants du Courant du futur, fidèles au gouvernement. Un engin explosif a même été découvert ce matin à proximité des bureaux du chef de l’opposition chrétienne, Michel Aoun.

L’aéroport et le port sont bloqués. Après de brefs combats, les miliciens du Courant du futur, le parti sunnite de M. Saad Hariri et du premier ministre Fouad Siniora, se rendent. Des heurts éclatent dans d’autres régions : soixante-dix personnes sont tuées avant le retour à un calme fragile.

L’armée régulière reprend le contrôle sur les zones en conflit et décide de revenir sur les décisions du gouvernement, en autorisant le Hezbollah à préserver son réseau de télécommunications et à reprendre le contrôle de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth.

Les dirigeants libanais rivaux concluent un accord à Doha le 21 mai 2008, pour mettre fin aux confrontations et approuver l’élection rapide d’un nouveau président faisant consensus entre les deux camps, Michel Sleiman.  La majorité libanaise concède à l’opposition une minorité de blocage au sein du gouvernement (11 ministres sur 30).

Walid Joumblatt, grand pourfendeur des régimes de Damas, de Téhéran et de ses «féaux libanais», en est réduit à présenter ce qui ressemble fort à des excuses au Hezbollah. Dans les rues de Beyrouth, des Libanais, y compris des partisans de la majorité anti-syrienne, lui en veulent. «Pourquoi avoir provoqué l’opposition s’il n’avait pas les moyens de sa politique ?» demandent-ils. C’est lui qui pendant des jours, était monté en flèche contre le Parti de Dieu.

Le Hezbollah « coupera la main de quiconque touchera à ce réseau, dont chacun sait qu’il ne date pas d’hier et qui est l’arme capitale dans toute bataille » contre Israël, avait déclaré Nasrallah. Il avait accusé le gouvernement d’avoir soulevé cette question sur ordre de l’administration américaine. L’objectif, selon lui, est de « mettre la résistance [les combattants du Hezbollah] à découvert en vue de la détruire » et de « l’entraîner dans un face-à-face avec l’armée ».

Le Hezbollah sort vainqueur. Il est en position d’obtenir ce qu’il veut : le retrait officiel des deux décisions du gouvernement : le démantèlement partiel du réseau autonome de télécommunications du Hezbollah et le limogeage du chef de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth.

Pour les sunnites, dont le leader Saad Hariri est apparu comme la cible privilégiée du Parti de Dieu, l’humiliation est réelle.

Le 8 mai 2008, quelques minutes après les commentaires de Nasrallah se référant à des actions pro-gouvernementales comme « une déclaration de guerre ouverte », les batailles de rue ont commencé lourds. Les combats ont commencé le long de la Corniche Mazraa , une avenue qui sépare les zones chiites et sunnites, se propager à l’ouest, du sud et de l’ est de Beyrouth où les quartiers sunnites et chiites se chevauchaient.

Les mitrailleuses et des grenades propulsées par fusée ont été utilisés. Des dizaines de barricades ont été mis en place pour  fermer de grands axes routiers.

Tous les médias liés au gouvernement pro-Futur ( Future Television , Future Nouvelles , Al Mustaqbal journal et Radio Orient ) étaient occupées par des combattants de l’ opposition et contraints de fermer. L’occupation armée de Beyrouth par des miliciens pro-Hezbollah a continué jusqu’à la fin de la crise presque sans réaction de la part du gouvernement , ni l’ armée loyalistes.

Entre le 10 mai – 12 mai 2018, les combats se propagent au Nord. Au moins 14 personnes ont été tuées dans la ville de Halba , dans la Akkar région du nord du Liban. Dix des morts étaient des membres SSNP, trois étaient partisans du gouvernement et un était un australien citoyen d’origine libanaise en vacances au Liban, qui tente d’obtenir de l’ information dans les bureaux SSNP au sujet de   l’ évacuation de la ville. Le père australien de quatre, Fadi Cheikh, aurait eu ses mains et les pieds coupés.Pendant la nuit , entre 10 et 11 mai mai, de violents combats ont éclaté entre les sympathisants du Hezbollah alaouite et les partisans sunnites du gouvernement à Tripoli.

 

Aujourd’hui le Hezbollah est fière de ces éventements 

Les partisans de la milice libanaise du Hezbollah ont lancé cette semaine une campagne de soutien et de célébration sur les réseaux sociaux, pour rappeler le 7 mai 2008, lorsque les milices du Hezbollah ont envahi les quartiers et les zones de Beyrouth au Mont-Liban.

La campagne, qui portait la marque « 7 mai une journée glorieuse », a pris un caractère provocateur, par les partisans des milices chiites du « Hezbollah » et du « Mouvement Amal » à travers laquelle ils ont rappelé au Liban et aux Libanais cette Journée noire.

D’autres tweets libanais ont répondu à ce qu’ils ont appelé une campagne de provocation et ont décrit le 7 mai comme un jour de honte. « Nous sommes désolés de voir les fils de la même patrie lever les armes les uns sur les autres pour des agendas des pays extérieurs.« 

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante:

© Souhail Ftouh pour Europe Israël

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Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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