toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

L’Iran autorise près 7700 unités de peuplement supplémentaires sur des terres arabes d’al Ahwaz


L’Iran autorise près 7700 unités de peuplement supplémentaires sur des terres arabes d’al Ahwaz

Le régime iranien continue la promotion des activités de peuplement dans sa vaste colonie d’al-Ahwaz, une province du Khuzestan, située au sud-ouest de l’Iran et grande comme la superficie de l’Italie. Sa particularité est qu’elle est majoritairement composée d’Arabes et non de Perses, dont une partie est d’obédience sunnite. Elle fut occupée par l’Iran depuis 1925.

Les autorités d’occupation iraniennes annoncent, cette semaine, le lancement de 7 700 unités de peuplement dans le cadre d’un projet de logements sur des terres des Arabes Ahwazis.

Le gouverneur militaire d’Ahwaz du Nord, Ghulam Reza Shariati, a révélé lors d’une conférence de presse que les autorités d’occupation iraniennes établiront sept mille sept cents unités de peuplement perses dans vingt villes dans le cadre du projet de «  Mehr Housing Project  » dans le nord d’Ahwaz.

Shariati, a indiqué que la construction de cinq mille unités de logement dans ce projet a été déjà  achevée au cours de la dernière année 2019. Les colons avaient déjà investi cette zone.L’armée iranienne participe à ce hold-up. 

Dans le même contexte, Reda Rezaei, directrice du Département des routes et du logement dans le nord d’Ahwaz, a annoncé la mise à disposition de deux cents logements aux colons perses dans la ville de Quneitra.

Le mois dernier déjà le gouvernement iranien donne son autorisation  aux colons perses de construire sur l’île arabe d’Ormuz en violation du droit international et des droits légitimes du peuple d’Al-Ahwaz.\

Synonyme de vol de terres, La République islamique décide en avril 2019 de construire 3000 nouvelles unités de peuplement sur l’île d’Ormuz. L’île d’Ormuz est une île arabe d’une superficie de 42 km² située dans le golfe arabe à environ huit kilomètres de la ville de Bandar Abbas. Ces plans révèlent les intentions de Téhéran, qui sont basées sur le déni des droits légitimes de la population arabe autochtone, la consécration des politiques d’apartheid et le pillage de plusieurs terres d’Al-Ahwaz.

Le coronavirus Covid-19 n’arrête pas la colonisation iranienne. L’État colonisateur continue de raser toujours plus de terres ahwazi pour l’expansion des colonies. Le gouvernement iranien prévoyait de réduire à un tiers la population arabe dans la province pétrolière en élargissant son plan de confiscation des terres, obligeant ainsi les Arabes à quitter leurs foyers pour rejoindre de nouvelles provinces à caractère plus persique.

 

Racisme et « persianisation » ne passent jamais sur les bulletins des médias, incapables de couvrir les véritables enjeux coloniaux du régime iranien qui vise à effacer l’identité arabe et à dépeindre l’occupation comme un conflit sociale interne.

Rares sont  les organisations de défense des droits de l’homme qui pointent du doigt les injustices et violences diverses que subissent les populations autochtones.

La région regorge d’eau, de minéraux, de pétrole (plus de 80% du pétrole “iranien”) et de gaz naturel (2ème plus gros gisement après la Russie). Malgré ces ressources, la pauvreté y est manifeste et le chômage exponentiel (37%), pour cause, les Arabes y sont tout simplement évincés du marché de l’emploi.

À titre d’exemple, on observait il y a peu que la plus grande compagnie pétrolière locale n’emploie que 11 Arabes sur les quelque 5000 salariés présents sur site. La malnutrition infantile y est encore de l’ordre de 57%, ce qui équivaut à certains des pays africains les plus pauvres, quand près de 46% de la population locale n’a toujours pas accès à l’eau potable. L’eau, abondante, y est en fait drainée en direction des provinces  perses voisines, asséchant d’entiers fleuves, contribuant largement au bouleversement de l’écosystème, et empêchant par là tant la pêche que l’agriculture de se faire.

Depuis la fin de ce qui était alors un Émirat et l’exécution de leur émir Khaazal al Kaabi, c’est une véritable éradication de l’arabité des habitants qui est mise en pratique. La langue arabe y est interdite tant dans l’éducation que les institutions, les villes et lieux ont d’ailleurs été dès lors persianisés, et tout activisme arabo-centré est passible de lourdes peines de prison. Les prisons y sont d’ailleurs bondées, et si l’Iran est mondialement le second pays exécutant le plus de prisonniers, la province d’al Ahwaz est elle la première du pays en ce sens. 

Régulièrement, des arrestations ont lieu, assorties de pendaisons publiques, la tendance semblant ces dernières années s’accélérer ; Human Right Watch avait ainsi alerté de l’arrestation de 78 personnes au cours d’une rafle en avril 2015, incluant même des enfants. À l’image de ce qu’il se fait en Palestine ou au Turkestan occupé par la Chine, les habitants sont régulièrement chassés de leurs terres pour y être remplacés par de colons iraniens et perses, instituant de fait une véritable politique d’apartheid racial. 

 

On ne compte ainsi plus les familles en ces cas exilées dans des provinces voisines ou dormant à même la rue contraintes de faire les poubelles et vendre plastiques et métaux pour survivre. Inutile de préciser que la pratique “publique” de l’islam sunnite y est tant réprouvée que parfois sévèrement condamnée.

Désireux d’obtenir l’indépendance, de nombreux mouvements politiques s’étaient avant la Révolution islamique de 1979 constitués. Tentant le dialogue, ils avaient fait nombre de demandes qui furent tout bonnement rejetées dès le renversement du Shah. Quelques mois après, la province tomba même sous le joug de miliciens armés, qui s’appuyant sur une fatwa de l’ayatollah Khomeney, tuèrent en un “Black Wednesday“, le 29 mai 1979, des centaines d’Arabes ahwazis.

 

Depuis, la situation n’a fait qu’empirer, divers groupes armés se sont d’ailleurs constitués. Inaudibles politiquement et invisibles aux yeux de la communauté internationale, les attentats visant les institutions et personnalités politiques iraniennes se sont depuis multipliées. Participant à l’intensification des tensions entre iraniens et arabo-saoudiens, le gouvernement chiite dit aussi avoir de lourds soupçons quant à l’implication de l’Arabie Saoudite dans le financement des groupes séparationistes sunnites locaux. 

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante:

© Souhail Ftouh pour Europe Israël





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • 5 thoughts on “L’Iran autorise près 7700 unités de peuplement supplémentaires sur des terres arabes d’al Ahwaz

    1. LeClairvoyant

      L’UE qui est contre Israël pour les implantations en Judée-Samarie, sur des terres depuis toujours juives, et á l’Iran le laisse faire.
      C’est là qui a commencé la guerre, Irak-Iran il y a près de 40 ans. Je pense qu’une nouvelle crise se prépare au proche Orient

    2. robert davis

      Contrairement à la Palestine qui appartient de plein droit aux Juifs aussient historiquement que par le Traité de Sèvres, le territoire de al-ahwaz n’a jamais appartenu à l’iran et là il s’agit bien d’une violation du Droit International que la france ne condamne pas pourtant ce qui montre bien que le droit est bafoué par l’onu et les dirigeants français et leur quai des brumes à la noix. Dans ces conditions on voit bien que les résolutions de l’onu sont non seulement non contraignantes mais n’ont aucune valeur morale non plus. NetanyaMOU est un fou d’en tenir compte et s’il avait agi en HOMME et déclaré la souveraineté sur la Judée/Samarie il n’en serait pas là à se défendre contre des vols de bout de ficelle et incapable de former un gouvernement. Je suis sûr que ce qu’on lui reproche en réalité est d’agir en lopette.

    3. robert davis

      Actuellement même les journalistes saoudiens considèrent que les falestiniens ne sont ni palestiniens ni même arabes mais une HORDE de turkmènes,gitans,arméniens rescapés du génocide turc,juifs etr chrétiens convertis de force etc. Il n’y a plus que micron et netanyamou pour les prendre en considération au lieu de les expulser. On a peeeuuur des gauchistes?

    4. Jean-Francois Morf

      Ces locatifs sont vides: pas de supermarché, pas d’industries, pas de routes, donc des milliards jetés par les fenêtres…
      Font-ils partie de la fortune de 200 milliards de Khamenei?

    5. Jan Favre

      Et où sont les protestations des progressistes arabes contre l’Iran. Les nombreuses protestations contre Israël leur coupent le soufle.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *