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Gilets jaunes et blouses blanches : Après la crise sanitaire, la colère sociale qui menace de faire chavirer l’exécutif


Gilets jaunes et blouses blanches : Après la crise sanitaire, la colère sociale qui menace de faire chavirer l’exécutif

Gilets jaunes, blouses blanches, robes noires, tenues kakis ou képis bleus, même réinventé, le président risque d’en voir de toutes les couleurs à la rentrée.

La pandémie avait offert un répit inespéré à un gouvernement chahuté pendant plus de deux ans. Meilleur allié des CRS, le Covid 19 a confiné la grogne sociale. Le déconfinement ne préfigure-t-il pas une deuxième vague de révolte sociale, après la crise des gilets jaunes, qui pourrait prendre des proportions de tsunami ?

Samedi 16 mai, le virus continuait de circuler mais les chasubles jaunes étaient déjà de retour. On peut prévoir un véritable effet de ressort et un violent retour de flammes à la rentrée. Une autre raison qui fait craindre une rentrée sociale bouillante, c’est l’extrême violence avec laquelle la pandémie a percuté les certitudes sur lesquelles s’appuyaient la stratégie euro-libérale d’Emmanuel Macron.

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D’un seul coup, les fumeurs de clopes roulant au diesel des couches populaires et les « geignards » et les « feignants » du service public, notamment hospitalier, sur qui l’on tirait au LBD sont devenus des héros.

Avant la crise sanitaire, le pouvoir se cachait à peine de défendre une vision de la société où des premiers de cordée étaient parfois contraints de sortir de leur salle d’attente VIP pour croiser des riens. Pendant le confinement, les premiers de cordée en télétravail ont été ravitaillés, soignés et parfois sauvés par les premiers de corvée. D’un seul coup, les fumeurs de clopes roulant au diesel des couches populaires et les « geignards » et les « feignants » du service public, notamment hospitalier, sur qui l’on tirait au LBD sont devenus des héros. Les « riens » sont devenus les premières et les secondes lignes célébrés par l’Élysée. Pour Emmanuel Macron, ce n’est plus un virage, c’est un tête à queue.

Le légitime besoin de reconnaissance exprimé par les gilets jaunes et par les coordinations hospitalières semble avoir été comblé. À tort. Pour le comprendre, il faut se rappeler du paradoxe de Tocqueville dans L’Ancien Régime et la Révolution : l’embellie précède toujours l’orage. L’auteur de La Démocratie en Amérique avait repéré que plus une situation s’améliore, plus l’écart avec la situation idéale est ressenti comme injuste voire intolérable par les bénéficiaires de cette amélioration. De manière contre-intuitive, les révolutions éclatent, note Tocqueville, lorsque le pouvoir commence à faire droit aux revendications des contestataires.

Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour

Facteur aggravant, ces témoignages de reconnaissance, cette passion subite de Macron pour les soignants n’a pas encore été suivie d’effets à la mesure des justes attentes. L’amour, c’est bien, les preuves d’amour, c’est mieux. L’exemple de la médaille aux soignants offre une mise en abîme de ce grand écart entre l’immensité d’un besoin et d’une attente et le caractère essentiellement symbolique de la réponse de l’exécutif. Emmanuel Macron, qui veut absolument s’inscrire dans l’Histoire de France (même si les autobus éponymes semblent être bien partis pour constituer son legs le plus mémorable), s’est souvenu qu’une récompense avait été inventée, en 1849, par la Seconde République lors de l’épidémie de Choléra. L’intention n’était pas mauvaise mais l’effet a été celui d’un lot de consolation, d’une médaille en chocolat pour reprendre la cruelle expression du docteur Marty. La déception s’est aussitôt vérifiée sur le terrain : le chef de l’État, de retour à la Salpêtrière, a fini par lâcher aux infirmiers goguenards : « Si vous n’en voulez pas, vous ne la prenez pas. » Paroles terribles d’un président qui exprime son dépit alors qu’il veut récompenser.

Il reste les primes, mais leur modularité en fonction des départements montre que le pouvoir est resté dans sa logique comptable, celle de ces économies de bouts de chandelle qui avaient poussé à déstocker les masque pour plaire à Bruxelles. Tout salarié sait que lorsqu’il reçoit une prime, c’est qu’en général, la direction ne veut ou ne peut augmenter. Au lendemain de l’accueil chamailleur reçu par notre “manager de la République”, le ministre de la Santé annonçait pourtant un plan d’augmentations des agents hospitaliers et surtout d’assouplissement du temps de travail, sans communiquer aucun chiffrage. Du point de vue d’Emmanuel Macron, prisonnier d’un logiciel dépassé (s’adapter au marché mondial grâce à l’UE), quelques primes, une médaille et la plus petite revalorisation possible, c’est ce qu’il peut faire de mieux pour ne pas creuser l’écart avec l’Allemagne.

Le pouvoir semble n’avoir rien appris, ni rien compris de la pandémie.

Cette rentrée risque d’être d’autant plus à risques que le contrecoup économique du confinement va se faire violemment ressentir. Pour nombre d’entreprises, le chômage partiel a joué le rôle d’une morphine qui a endormi la douleur. Celle-ci va se réveiller dans l’après confinement. Perte de plus de 8% du PIB, envolée inévitable du chômage, freinage des salaires, spirale déflationniste, le réveil économique sera brutal. Prenons l’exemple des restaurants : une fois autorisés à ré-ouvrir, ces derniers ne referont jamais leur chiffre d’affaires, sauf à faire le pari que leurs clients vont, pendant deux mois, manger deux fois plus. Les mesures de sécurité sanitaire ne vont pas aider. Il faudrait deux fois plus de couverts que d’habitude, il y en aura trois fois moins pour commencer.

Plus le pouvoir va faire semblant d’avoir compris les Français alors qu’il veut maintenir, sous réserve de quelques habillages communicationnels, un cap macro-économique seul compatible avec la fuite en avant européiste, plus il va creuser le fossé qui le sépare d’une majorité de Français. Le chef de l’État comprend les Français mais de son point de vue, aussi respectable que discutable, il ne peut les entendre. Cette reconnaissance impuissante et cette impuissance respectueuse risquent d’être interprétées comme une marque de démagogie, c’est-à-dire de mépris. Le service central du renseignement territorial a prévenu le Château : la rentrée sociale sera chaude.

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