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60ème anniversaire de la capture d’Adolf Eichmann par le Mossad au nord de Buenos Aires, en Argentine.


60ème anniversaire de la capture d’Adolf Eichmann par le Mossad au nord de Buenos Aires, en Argentine.

Le 11 mai 1960, le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, réfugié en Argentine sous une fausse identité, est enlevé par un commando des services secrets israéliens après une traque de plusieurs années. En 1962, il est jugé et pendu pour sa responsabilité dans l’extermination de six millions de juifs lors de la Seconde guerre mondiale.

 

Le Mossad capture d’Adolf Eichmann, un des principaux responsables de la « Solution finale », à Bancalari, au nord de Buenos Aires, en Argentine. Dix jours plus tard, dogué et revêtu d’un uniforme de la compagnie aérienne israélienne El Al il est exfiltré clandestinement vers Israël par les agents du Mossad. 

Principal responsable de la mise en œuvre de ce plan d’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, Eichmann sera jugé, puis pendu en 1962 à l’âge de 56 ans.

C’est à l’occasion du procès de Nuremberg (1945-1946) que sont apparus le nom d’Eichmann et son effarant rôle dans la déportation des Juifs vers les camps d’extermination d’Europe de l’Est. «Un Allemand tuant un Juif six millions de fois», selon l’expression de l’écrivain et prix Nobel Elie Wiesel, rescapé d’Auschwitz. 

L’ex-chef de la section IV B.4 de la Gestapo chargée de la question juive s’est volatilisé après la chute du Troisième Reich, non sans avoir pris soin de détruire les rapports sur ses sinistres activités ainsi que les photos permettant son identification. 

Une traque s’engage dès 1945, menée par des membres de la communauté juive notamment Simon Wiesenthal, le célèbre «chasseur de nazis», lui-même rescapé d’un camp de concentration. 

Mais c’est en 1957, grâce au procureur de l’État allemand de Hesse, Fritz Bauer, que les services israéliens apprennent qu’Eichmann se cache en Argentine sous le nom de Ricardo Klement. 

Il faudra plus de deux ans d’enquête pour que son domicile, sans eau courante ni électricité, soit localisé dans le quartier San Fernando, dans les faubourgs de Buenos Aires. 

La carte d’identité délivrée à Adolf Eichmann, sous sa nouvelle identité argentine, Ricardo Klemen.

Lors d’une mission en mars 1960, des agents israéliens en possession de photos d’Eichmann établissent avec certitude que Ricardo Klement est bien leur homme. L’ayant pris en filature, Tzvi Aharoni, un agent du Mossad, se retrouve assis dans un bus juste derrière lui.

Avec le feu vert de Ben Gourion, l’opération est minutieusement orchestrée par le chef du Mossad Isser Harel et mise en œuvre par Rafi Eitan. «Quand on m’a confié cette mission, je savais que si nous réussissions, nous entrerions dans l’Histoire d’Israël et celle de l’humanité». Avec son déroulé digne d’un roman à suspens, l’enlèvement d’Eichmann a contribué à la gloire des services secrets israéliens.

L’enlèvement est fixé au 11 mai. L’ex-colonel nazi rentre chaque soir à son domicile de la rue Garibaldi par le même chemin et à la même heure. Peu après 20 h 05, Eichmann est intercepté à sa descente du bus. Il se débat, appelle à l’aide avant d’être tiré dans une voiture et caché sous une couverture.  Dans le véhicule, Eichmann lance en allemand à ses ravisseurs: «j’ai déjà accepté mon sort». 

Il est ensuite emmené dans une villa louée pour l’occasion, enchaîné à un lit, les yeux bandés. 

«Je lui ai découvert les yeux et j’ai vérifié ses cicatrices. Quand j’ai été certain que c’était lui, j’ai serré la main de mon camarade et lui ai dit que nous avions accompli notre mission», racontera Rafi Eitan qui a supervisé la capture du criminel de guerre. 

Le 20 mai, l’équipe du Mossad le transporte avec un faux passeport israélien à bord d’un avion spécial de la délégation israélienne venue assister au 150e anniversaire de l’indépendance de l’Argentine. 

Celui qui fut un haut fonctionnaire nazi, notamment en charge de la « solution finale », est emmené en Israël. Le 11 avril 1961, Adolf Eichmann, visé par 15 chefs d’accusation, paraît pour la première fois en public au tribunal de Jérusalem qui allait auditionner 111 témoins à charge. 

Pour l’écrivain Haïm Gouri, le procès donnera «pour la première fois aux rescapés du génocide la possibilité de se faire entendre». Quelque 450 journalistes étrangers et une centaine d’observateurs et de diplomates assistent aux audiences. 

Au côté d’Haïm Gouri, les écrivains Elie Wiesel, Joseph Kessel, Roger Vailland et Hannah Arendt couvrent le procès. La philosophe juive américaine publiera en 1963 le livre qui deviendra une référence: Eichmann à Jérusalem, essai sur «la banalité du mal».

L’affidé d’Hitler est condamné à mort le 15 décembre pour crimes contre le peuple juif, contre l’humanité et crimes de guerre. Le 29 mai 1962, son appel est rejeté par la Cour suprême. Il est pendu le 31 mai à minuit. Ses cendres sont dispersées dans la mer, au-delà des eaux territoriales.

L’ancien espion israélien Rafi Eitan, chef du commando ayant enlevé Eichmann , est décédé le 23 mars 2020  à l’âge de 92 ans à l’hôpital Ichilov de Tel-Aviv, ville côtière israélienne, selon la radio publique qui n’a pas donné plus de détails.

« Rafi était l’un des héros des services de renseignements de l’Etat d’Israël, avec d’innombrables actions en faveur de la sécurité d’Israël« , a déclaré dans un communiqué le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. « Nous pleurons sa mort. »

La mort de M. Eitan a également suscité un rare éloge funèbre du service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet.

« Rafi, qui était l’un des fondateurs de la branche opérationnelle du Shin Bet, a mené et a participé à une dizaine d’opérations historiques qui resteront secrètes encore pour de nombreuses années », a affirmé dans un communiqué Nadav Argaman, à la tête du Shin Bet.

M. Eitan était « un combattant-né qui s’en tenait à sa mission et à ce qu’il considérait comme juste », a aussi salué dans un communiqué le président israélien Reuven Rivlin.

La mort de l’ancien espion a également poussé les services secrets israéliens à sortir de leur habituel silence: Rafi Eitan « était de manière générale un pilier de la communauté des membres du renseignement et du Mossad en particulier », a déclaré le chef du Mossad, Yossi Cohen, dans un communiqué.

Né en novembre 1926 dans un kibboutz  alors sous mandat britannique, M. Eitan a participé à ses premières opérations militaires avant même la naissance de l’Etat d’Israël, en 1948.

Il rejoint ensuite le Palmach, branche d’élite de l’organisation paramalitaire juive Haganah, qui préfigure l’armée israélienne. Il intègre ensuite le Mossad dans les années 1950. Après avoir grimpé les échelons jusqu’à prendre la tête des opérations du Mossad, il participe à la capture à Buenos Aires d’Adolf Eichmann.

En 2017, interrogé par des médias israéliens, Rafi Eitan confie que le médecin nazi Josef Mengele a échappé à deux reprises et de justesse au Mossad avant de mourir accidentellement au Brésil en 1979.

Le chef du Mossad Isser Harel avait donné ordre à Rafi Eitan de profiter de la capture d’Eichmann pour arrêter également Mengele, qui vivait aussi à Buenos Aires, a relaté M. Eitan.

Mais celui-ci dit s’être opposé au plan proposé: « Je ne voulais pas mener deux opérations en même temps (…) Nous avions réussi la première et, d’après mon expérience, lorsque vous tentez d’en mener une deuxième, vous mettez en danger les deux opérations« .

Outre son rôle dans l’enlèvement d’Adolf Eichmann, Rafi Eitan est connu pour avoir été l’agent traitant de Jonathan Pollard, un analyste de la Marine américaine arrêté en 1985 et emprisonné aux Etats-Unis pendant 30 ans pour espionnage au profit d’Israël.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:

© Souhail Ftouh pour Europe Israël

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Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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  • One thought on “60ème anniversaire de la capture d’Adolf Eichmann par le Mossad au nord de Buenos Aires, en Argentine.

    1. jrl

      Une pensée pour le Dr Yonah Elian, le médecin de l’opération, décédé en juin 2011 à Ramat Aviv.

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