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Une politologue syrienne : « Le problème palestinien s’est épuisé. Les jeunes Palestiniens n’ont pas les mêmes préoccupations que leurs leaders corrompus qui jouissent de milliards de dollars » (Vidéo)


Une politologue syrienne : « Le problème palestinien s’est épuisé. Les jeunes Palestiniens n’ont pas les mêmes préoccupations que leurs leaders corrompus qui jouissent de milliards de dollars » (Vidéo)

La politologue syrienne Ruwan Al-Rejoleh, basée à Washington, a déclaré dans une interview diffusée le 28 janvier 2020 sur France 24 en arabe que le fossé séparant la jeunesse des dirigeants palestiniens était la raison pour laquelle Donald Trump jugeait son plan de paix réaliste. Précisant que les taux de chômage dans la bande de Gaza et en Cisjordanie étaient respectivement de 45 % et 13 %, elle a estimé que la question palestinienne s’était épuisée et avait adopté un caractère dorénavant plus économique que politique.

Selon elle, la jeunesse palestinienne devrait s’inspirer des récents soulèvements en Irak, au Liban et en Syrie et destituer ses dirigeants corrompus. Elle a considéré que le Hamas, le Fatah et la direction palestinienne avaient une part de responsabilité dans la situation actuelle.

Extraits :

Ruwan Al-Rejoleh : J’aimerais réagir à certaines des expressions emotionnelles si courantes dans la société arabe quand on aborde la cause palestinienne. Permettez-moi de donner aux deux autres invités quelques chiffres révélateurs de la condition de la jeunesse palestinienne, à laquelle Trump a fait référence dans son discours. Trump n’est pas un « novice » [comme vous l’avez dit], Madame. Le taux de chômage dans la bande de Gaza est trois fois plus élevé qu’en Cisjordanie. Nous parlons d’un taux de chômage de 45 % chez jeunes Gazaouis, et de [seulement] 13 % en Cisjordanie… 42 % des femmes et 20 % des hommes sont sans emploi. Parlons du travail des enfants en Cisjordanie et dans la bande de Gaza : il est de 4 % dans la bande de Gaza et de 2 % en Cisjordanie. Excusez-moi, Madame, mais il est très facile et aisé de parler de la résistance et de dire que nous voulons libérer la terre, à une heure où les jeunes Palestiniens ne trouvent pas d’emploi et où les dirigeants – que ce soit ceux de l’Autorité palestinienne ou du Hamas – jouissent de milliards de dollars. […] Seuls les dirigeants et les personnes d’influence profitent de tout cela…

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Wafa Kafani (journaliste) : Le peuple palestinien veut la dignité, pas quelques centimes.

Ruwan Al-Rejoleh : Comment savez-vous que c’est la dignité qu’ils veulent ? Ils n’ont ni nourriture ni gagne-pain…

Wafa Kafani : Les Palestiniens expriment chaque jour leur désir de vivre, leur attachement à leurs terres, au droit au retour et à l’Etat palestinien avec Jérusalem pour capitale.

Ruwan Al-Rejoleh : La cause palestinienne a 70 ans et elle s’est épuisée, ou plutôt, elle est passé de problème politique relatif aux droits à une affaire purement économique liée au fait de pouvoir gagner sa vie. Quiconque s’intéresse au problème sait qu’il existe un immense fossé sur le terrain entre les dirigeants et les jeunes. Certes, c’est une question politique, mais la réalité est autre. C’est pourquoi [Trump] a dit que sa proposition pour deux Etats était réaliste. […] Je pense que la jeunesse palestinienne devrait mener aujourd’hui une révolution, s’inspirer des révolutions en Irak, au Liban et en Syrie…

Wafa Kafani : Une révolution contre qui ?

Ruwan Al-Rejoleh : … pour renverser les dirigeants palestiniens corrompus. Ces dirigeants nous ont conduits là où nous en sommes. La situation actuelle n’est pas seulement l’œuvre d’Israël mais également des dirigeants palestiniens. Tant le Fatah que le Hamas ont joué un rôle majeur dans la mise en place de cette réalité qui profite aux dirigeants palestiniens. […]

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De ce que j’ai entendu de vos invités, il est manifeste qu’il n’y a aucun désir de s’impliquer dans une quelconque mesure politique ou négociation avec la partie israélienne. Il en est ainsi depuis l’époque d’Oslo. En tant que Syrienne, j’ai vu le conflit israélo-palestinien contrôler une grande partie de ma vie – concernant le Plateau du Golan et le conflit palestinien en général. Mais cela ne signifie pas que tout se résume à ce que les Palestiniens exigent sans qu’ils aient à faire aucune concession.

MEMRI

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