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L’ancien directeur de la DGSE dresse un bilan désastreux de l’immigration en France « il y a 10 millions d’immigrés au minimum, 65% ne s’intègreront pas, c’est secret défense »


L’ancien directeur de la DGSE dresse un bilan désastreux de l’immigration en France « il y a 10 millions d’immigrés au minimum, 65% ne s’intègreront pas, c’est secret défense »

Pierre Brochand, ambassadeur de France, ancien directeur général de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) de 2002 à 2008, intervenait il y a quelques mois lors du séminaire « Immigration et intégration » de la fondation ResPublica.

Extraits choisis de son intervention, disponible dans son intégralité (60 pages) : Fondation-res-publica.org

Merci à Calligramme pour ce précieux document

Sur l’accélération spontanée de l’immigration : 

Le mouvement de l’immigration par le droit, dans la mesure où il est auto-entretenu – l’effet devenant la cause qu’il renforce –, s’accélère spontanément sans crier gare, selon une loi mise en évidence par Paul Collier, éminent économiste d’Oxford. En vertu de ses recherches, 10 immigrés installés en font venir 7 autres par le jeu du droit (regroupement familial, mariages, études, naturalisations) et ces 17 en appellent 12 autres, et ainsi de suite à l’infini, comme dans une pyramide de Ponzi, dont il faut bien payer un jour la note.

Sur l’effet « goutte d’eau » de l’immigration :

Les flux, même s’ils sont considérables (400 000 personnes en 2018 pour les seuls légaux et semi-légaux, mineurs non compris), ne provoquent pas de choc immédiat : pour reprendre un autre anglicisme, ils sont incrémentaux, c.-à-d. s’additionnent, au jour le jour et d’année en année, pour produire des effets de «stock» progressifs, auxquels les esprits ont le temps de s’habituer. Illusion d’optique bien naturelle, puisque les courants annuels ne représentent « que » 3 à 4 % du «stock». Ce processus de la (grosse) goutte d’eau est néanmoins néfaste en ce qu’il fournit un alibi à la passivité de la classe politique, qui (…) ne demande que ça, quoiqu’elle puisse en penser par ailleurs.

Ainsi, dès lors qu’il n’en résulte pas de catastrophe immédiate et spectaculaire, tout peut continuer comme si de rien n’était. Et même, si des événements dramatiques, liés de près ou de loin à l’immigration (émeutes de 2005, attentats de 2015), viennent occuper le devant de la scène, ils sont peu à peu normalisés et banalisés, voire oubliés, par une sorte d’effet de cliquet propre à encourager l’aveuglement volontaire.

Le paradigme de la terrasse de café :

Les terrasses des deux ou trois cafés, autrefois fréquentées par des familles remuantes et joyeuses, souvent d’origine italienne, sont aujourd’hui occupées, du matin au soir, et depuis maintenant des décennies, uniquement par des hommes oisifs, aux regards indifférents ou inamicaux, que l’on préfère ne pas croiser. D’autres tiennent les murs. La plupart poursuivent d’interminables conversations en langue étrangère, aux heures habituelles de travail. La seule véritable activité se concentre autour du vaste supermarché d’alimentation halal, comme l’indique une enseigne au néon bien en vue. Moins visibles, d’autres offrent de la drogue, en quantités, il faut le reconnaître, artisanales, même si les autorités ont dû temporairement fermer le café où le trafic se concentrait de la manière la plus voyante.

Au sujet de l’exception de l’immigration asiatique : 

Pour l’immigration asiatique, sino-vietnamienne en particulier, ni le décalage culturel, ni le passé colonial (pour les Indochinois) ne semblent avoir été un obstacle sur la voie d’une intégration, sinon d’une assimilation, réussie. Il s’agit là d’une exception embarrassante à l’axiome selon lequel, sous le règne de la diversité, il n’est pas d’inégalité sans discrimination.

Les issues possibles d’une reproduction de la crise des cités en 2005 : 

Ce n’est pas livrer un secret d’État que d’imaginer que, si une situation d’anarchie ouverte s’étendait et se prolongeait au-delà de ce que furent son extension et sa durée en 2005, il n’y aurait plus d’autres recours pour la contenir que l’appel aux forces armées, sous des formes d’ailleurs peu évidentes à définir, sauf à abandonner des pans entiers du territoire, ainsi que leurs habitants, à une résurgence de l’état de nature au sens hobbesien du terme.

La situation actuelle de la société multi-ethnique française : 

Après 50 ans de renoncements ou de bricolages, nous en sommes venus à vivre, dans une société multiculturelle, multinationale et tacitement multi-ethnique, où, pour la première fois en mille ans d’histoire de France, le « multi » se réfère à une composante non européenne, comportant en outre une forte minorité, motivée par le primat de la religion sur tout autre considération.

Sur les renoncements du quotidien, le clientélisme des élus et l’auto-censure des médias :

– Les élus locaux ne sont pas en reste, qui n’ont pas tardé à percevoir les possibilités infinies qu’ouvrait le clientélisme dans un milieu fortement communautarisé. Ils sont ainsi devenus, dans beaucoup de cas, les acteurs zélés du statu quo, voire de son aggravation, en négociant avec les imams, les notables islamistes, les « grands frères » ou parfois mêmes les caïds de la délinquance, le maintien de la paix et la livraison des votes, en échange d’avantages sonnants et trébuchants (subventions à des associations, locations de terrains pour la construction de mosquées, confusion entretenue entre le cultuel et le culturel, etc.).

– Les médias jettent de leur côté un regard pudique et/ou enjolivant sur ces situations, que l’on peut qualifier d’auto-censure, d’abord pour tenter d’occulter les faits les plus gênants, en espérant que les réseaux sociaux ne les révéleront pas (les précautions de sioux prises pour dissimuler les noms et prénoms des fauteurs de troubles seraient comiques si le sujet n’était aussi grave), mais surtout pour formater les événements ou les situations, afin que leur interprétation ne contredise pas les dogmes en vigueur. J’y reviendrai dans un instant.

– Enfin, il y a les petits soldats du quotidien – enseignants, soignants, policiers, pompiers… – plus ou moins contraints de « mettre les pouces », s’ils veulent pouvoir continuer à remplir, au moins partiellement, leurs missions, voire préserver leur intégrité physique. Ce dont on ne saurait évidemment les blâmer. Mais ils sont autant de témoins silencieux de ce Réel, qui prévaut à l’extérieur des boulevards périphériques et parfois à l’intérieur.

L’incompatibilité du « vivre ensemble » :

Ce qui – là aussi, il convient de le redire inlassablement – souligne la folie d’avoir laissé entrer dans notre pays des flux d’immigration en provenance d’ex-colonies, au moment même où l’indépendance consacrait l’incompatibilité du «vivre ensemble» avec l’ancienne métropole et la volonté des affranchis d’affirmer leur différence, sur une base qui, à l’époque, ne pouvait être qu’ethnique et religieuse. En Algérie, exemple toujours emblématique car extrême, l’embarquement précipité des « pieds noirs », puis celui, plus discret et différé, des « pieds rouges », a bien montré la nature et la profondeur de cette rupture.

Devant cette évidence, comment a-t-on pu raisonnablement faire en sorte qu’un couple divorcé, dont le mariage venait de mal se terminer, poursuive son face à face dans le même appartement ? C’est pourtant ce à quoi nous avons cédé en transférant sur le territoire métropolitain le jeu de rôle de la colonisation, qui continue de nous placer en position structurelle d’accusé, près de 60 ans après les indépendances.

[Ce dont F. Braudel, ancien professeur à Alger et Constantine, a fait lui-même le constat : « pour la première fois, l’immigration pose à la France un problème colonial, mais cette fois planté à l’intérieur d’elle-même », tout en évoquant « le rôle angoissant de l’immigration étrangère dans l’équilibre, présent et à venir, de la population française ».]

Extensions du traitement médiatique des tests de la drépanocytose : 

Le premier est relatif aux tests de la drépanocytose, pratiqués sur certains nouveau-nés à risque : maniées avec précaution (elles incluent les Antillais), ces statistiques permettaient de se faire une idée de la proportion des naissances issues de familles d’immigration extra-européenne (39 % en 2016, 75 % en Île-de-France). Il a, tout simplement, été décidé de mettre fin à ce dénombrement, en fermant les portes de l’agence qui en était chargée, pour d’obscures raisons administratives.

Un autre thermomètre qu’on a préféré casser est celui de l’Indicateur national des violences urbaines (donc centré sur les « quartiers sensibles »), qui, après en avoir dénombré 11 000 en 2005, a vu sa publication aussitôt interrompue. Comme si un chirurgien avait précipitamment recousu l’abdomen de son patient après avoir découvert ce qu’il contenait… Grâce aux compagnies d’assurance, on peut néanmoins se rabattre sur la plus innocente des « incivilités », à savoir le nombre de voitures brûlées chaque année (45 000), en grande majorité dans les mêmes « quartiers populaires ».

Sur les manipulations et la propagande autour du sujet de l’immigration :

Il me semble, pourtant, que ce discours de l’évitement passe les bornes de l’indécence démocratique, lorsqu’il devient sciemment manipulation ou mensonge, à l’abri de l’interdiction des statistiques ethniques, qu’à mon sens, on peut qualifier de préférence concertée pour l’ignorance.

Manipulation, quand aucune ressource de la rhétorique n’est négligée pour minimiser ce qui pourrait dévaloriser l’immigration et exalter ce qui peut la valoriser. Dans le premier cas, fleurissent les figures de l’atténuation : euphémismes (« jeunes »« quartiers sensibles, difficiles, populaires, défavorisés »), métonymie (« camion fou »), antiphrases (« vivre ensemble »), litotes (« sans-papiers », « incivilités »), oxymores (« jihadiste strasbourgeois », « islamiste toulousain »). Dans le second cas, les figures de l’amplification prennent le relais : hyperboles laudatives (« Mamadou, héros national ») ou explicatives (exclusion, misère sociale, désespoir, ghetto, relégation, contrôle au faciès, apartheid).

Manipulation, aussi, quand nous sommes sommés d’acquérir, sinon un nouveau lexique, du moins des éléments de langage, hiérarchisant clairement mélioratifs et péjoratifs. Dans la catégorie des mots à applaudir : ouverture, partage, diversité, mixité, métissage, brassage, nomadisme, accueil, accompagnement, inclusion, régularisation, tolérance, hospitalité, générosité, solidarité, etc. Dans la catégorie des vocables à conspuer : fermeture, distance, exclusion, rejet, repli, allergie, égoïsme, entre soi, crispation, dérapage, race, intolérance, xénophobie, etc. Avec en prime, des mots, jusque-là entièrement neutres, tels que « seuil » ou « remplacement », devenus du jour au lendemain imprononçables, car «sulfureux» et « nauséabonds », lorsque utilisés dans le contexte de l’immigration.

Manipulation, aussi, quand on cherche à bloquer le jugement par l’élargissement indéfini du périmètre du racisme (étendu à la critique d’une religion, par exemple), ou le redoutable vecteur de la fausse analogie : à partir d’une ressemblance très partielle (des bateaux en Méditerranée, transportant des immigrants et dont les noms se terminent en ‘us’), on fait un rapprochement avec le pire (Aquarius = Exodus). De manière plus générale, toute approche un tant soit peu critique de l’immigration est aussitôt renvoyée aux années 30, en vertu de ce même parallèle entre Juifs cherchant à quitter l’Allemagne nazie et migrants économiques africains en 2019.

L’immigration, seul domaine non militaire où se pratique un « secret défense » officieux : 

Au final, l’immigration est le seul domaine non militaire où se pratique une sorte de « secret défense » officieux, avec l’intention éminemment louable de ne pas «mettre de l’huile sur le feu»« attiser la braise » ou « faire le jeu de l’extrême droite ». Observons, néanmoins, que cette triple mise en garde reconnaît implicitement la gravité du problème, puisque, dans un cas, on admet qu’il y a le « feu » ou, à tout le moins de la « braise », et, dans l’autre, on ne fait que choisir entre deux maux, ceux résultant d’une éventuelle montée de l’extrême-droite étant jugés pires que ceux provoqués par la poursuite d’une immigration incontrôlée. En somme, le langage que nous tiendraient des autruches si elles avaient la possibilité de parler.

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  • 9 thoughts on “L’ancien directeur de la DGSE dresse un bilan désastreux de l’immigration en France « il y a 10 millions d’immigrés au minimum, 65% ne s’intègreront pas, c’est secret défense »

    1. robert davis

      Tout ceci correspond parfaitement à ce que nous pensons tous sur ce site, la situation est catastrophique en France, la situation va de mal en pis, la guerre civile inévitable pour rétablir l’ordre et ce depuis des années mais cela CULMINE AVEC MICRON, un égoiste qui ne pense qu’à se faire réélire grâce aux mus et à n’importe quel prix. Sa devise doit être « après moi le déluge », l’essentiel pour lui et les élus étant de profiter au max et aussi longtemps que possible!

    2. Jg

      Il faut visiter les préfectures ,pour réaliser qu il y a beaucoup plus de 10 millions d immigrés ,un petit calcul arithmétique suffit ,une journée multipliée par 4 jours au moins et multipliée par le nombre de préfectures !
      Il y a quelques années ,j ai connu les AME ,a la sécu ,et les urgences dans les hôpitaux .
      On n est loin des chiffres officiels .
      Tout cela avec la complicité des médias ,petits soldats des politiciens dont l incompétence saute aux yeux pour de plus en plus de français !

    3. Ratfucker

      Pierre Brochand a été ambassadeur en Israël, et son discours contraste avec les mignardises et les platitudes du Quai d’Orsay. Un véritable coup de pied aux fesses de l’habituel choeur de la « Politique Arabe de la France »

    4. Raggio

      Que de lâcheté de nos dirigeants….non seulement ils pillent le pays, mais ils bradent la France en échange de bulletins de votes…… alors que leur devoir aurait dû être la vision du pays à long terme…. mais garder le pouvoir à tout prix c’est maintenant, et avec n’importe qui….c’est juste de la haute trahison légalisée par les deux chambres, et garder le pouvoir le plus longtemps possible et par tous les moyens…….c’est les vendus de la politique que nous ne pourrons jamais traduire en justice…..

    5. robert davis

      micron se prend pour le roi soleil sinon…jules césar, il veut être le maitre de l’europe à « l’intérieur » et le roi du monde en politique étrangère. Il a la même mentalité de stupide enfant gâté que son ami mahmoud abbas qui à partir du territoire d’ISRAEL en Judée/Samarie se prend pour le roi de toute la Palestine et à partir de la du M.O. tout entier dans une prochaine étape qu’il visualise déjà…ils font vraiment la paire l’un à partir d’une France qui ne contrôle ni ses banlieues ni même le centre de Paris l’autre à partir de son palais de Ramallah qui ne contrôle rien……

    6. robert davis

      P.S. Et encore Paul Collier ne semble pas avoir pris en compte la natalité de ces machines à faire des enfants arabes grâce au financement du contribuable français et européen. S’ils devaient travailler pour nourrir tout leurs enfants ils n’y arriveraient pas mais là la natalité finance leur démographie. Si on se plaint de cet état de fait on nous répond….démooooocratie!!! Mais la « démocratie » c e n’est PAS ça, ceci st une forme de communisme que même karl marx ne reconnaitrait pas. C’est de l’islamisation.

    7. robert davis

      J’ajoute que Marine Le Pen n’est PAS l’extrême mais la vraie droite vu que l’extrême droites veut 1. la conquête de territoires et 2. le massacre des gens dont il ne veut pas la présence. Ces 2 éléments n’existent pas chez Marine qui ne veut aucun territoire et simplement renvoyer chez eu les migrants mus. MARINE PRESIDENTE.

    8. politzer

      A QUOI SERT L IMMIGRATION ?
      Parce que l’immigration permet de payer les salariés toujours moins. C’est ce que dit un rapport* du très sérieux et très officiel Conseil d’analyse économique, intitulé « Immigration, qualifications et marché du travail ». Les blogueurs du Vrai débat l’ont décrypté. Instructif.
      On se souvient du président Pompidou avouant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les vannes de l’immigration en France à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d’une main d’oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d’une réserve quasi inépuisable à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs français souvent organisés.
      Quarante ans plus tard, rien ne semble avoir changé. Au contraire, les appels à l’immigration viennent toujours du même côté, et toujours pour les mêmes raisons. Seule différence : les secteurs économiques concernés sont désormais plus nombreux, dépassant le cercle du BTP ou de la restauration pour atteindre des professions autrefois épargnées telles que les ingénieurs ou les informaticiens.
      Ainsi, les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n’ont eu de cesse depuis plusieurs décennies d’en appeler à toujours plus d’immigration. En 2008, le célèbre rapport Attali, commandé par Nicolas Sarkozy, dressait un tableau de plus de 300 mesures d’inspiration très libérale, parmi lesquelles une accélération de l’immigration. C’est d’ailleurs cette pente que suit le président de la République depuis son élection, à travers ce qu’il a nommé « l’immigration choisie ».
      L’immigration souhaitée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, voilà en résumé l’explication souvent avancée. Pour la première fois, un rapport « officiel », que nous avons décortiqué, confirme cette intuition.
      Il date de 2009, et émane du Conseil d’Analyse Economique (CAE). Le CAE est un organe placé auprès du Premier ministre, peu réputé pour son caractère subversif dans la mesure où il regroupe tout le gratin des économistes français « officiels », ceux que les télévisions et les journaux acceptent de recevoir.
      Vous allez le constater, la démonstration est sans appel.
      « Du point de vue de la science économique, la notion de pénurie n’est pas évidente » nous dit ce rapport, ajoutant que le « fait que certains natifs rejettent certains types d’emplois peut simplement signifier que les travailleurs ont de meilleures opportunités que d’occuper ces emplois, et donc que les salaires correspondants devraient augmenter pour qu’ils soient pourvus » (page 45).
      Autrement dit, une pénurie de main d’oeuvre se forme lorsqu’un secteur n’offre pas les salaires jugés suffisants pour devenir attractif. Poursuivons le raisonnement, et alors on comprend qu’au lieu d’augmenter les salaires, le patronat a tout intérêt à créer une pénurie, qu’il comblera en allant chercher ailleurs une main d’oeuvre prête à accepter des salaires plus faibles.
      C’est la conclusion à laquelle le rapport parvient sans ambiguïté : « Dans le cas du marché du travail, cela signifie qu’à la place de l’immigration des années soixante on aurait pu envisager une hausse du salaire des moins qualifiés » (page 46).
      Le rapport du Conseil d’Analyse Economique recense également une série d’études françaises et étrangères qui ont tenté de chiffrer l’impact de l’immigration sur les salaires : « Atlonji et Card [deux économistes] trouvent qu’une hausse de la proportion d’immigrés d’un point de pourcentage réduit le salaire de 1,2% » (page 37)
      « Hunt [une autre économiste] trouve qu’une hausse de la proportion de rapatriés d’un point de pourcentage a réduit le salaire d’environ 0,8% » (page 37).
      Concernant les Etats-Unis, « Borjas [un économiste] conclut son étude en affirmant qu’entre 1980 et 2000, l’immigration aurait accueilli l’offre de travail d’environ 11%, ce qui aurait réduit le salaire des natifs d’environ 3,2%, et que cette réduction frappe la plupart des catégories d’expérience et d’éducation, mais de manière inégale » (page 38).
      Voilà des éléments qui devraient éclairer le débat public sur l’immigration. Il est regrettable que dans notre pays une chape de plomb irrationnelle rende toute discussion sur ce sujet quasiment impossible, ce qui a le précieux avantage de permettre aux gouvernements de gauche comme de droite de continuer à mener la même politique favorable aux desiderata du grand patronat.
      *http://www.levraidebat.com/ext/http…

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