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Canada et Israël : Avec Trudeau, une déception n’attend pas l’autre. Par Dora Marrache


Canada et Israël : Avec Trudeau, une déception n’attend pas l’autre. Par Dora Marrache

CHRONIQUE

C’est la constatation qui s’impose après le vote du 19 novembre à l’ONU au cours duquel le Canada a fait parler de lui. Mais commençons par revoir le fil des évènements

Évènement 1 : Arrêt de la (CJCE), Cour de Justice européenne pour que les étiquettes des aliments israéliens produits dans les colonies informent le consommateur de l’origine des produits, à savoir « territoires occupés ».

L’occasion pour l’UE de rappeler qu’Israël se comporte en colonisateur dans des territoires « occupés », tout en sachant pertinemment qu’ils font partie de l’État juif.

Évènement 2 : Les colonies ne sont pas illégales – En réponse à cette décision de l’UE, l’administration Trump  décrète le 19 novembre, au grand dam de la communauté internationale, que les territoires disputés baptisés « colonies » par les médias occidentaux NE SONT PAS CONTRAIRES AU DROIT INTERNATIONAL.

Si cette annonce, il va sans dire, a réjoui les Israéliens et la quasi-totalité des Juifs de la diaspora, en revanche elle a suscité l’ire d’un grand nombre de pays

Évènement 3 : Réaction de l’ONU – Comme de coutume, elle ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, l’Assemblée générale des Nations-Unies qui doit, pour justifier son existence, voter chaque année, en septembre, une résolution qui condamne Israël, a trouvé un motif. Parrainée par la Corée du Nord, le Zimbabwe, et la « Palestine » et intitulée « Le droit du peuple palestinien à l’autodétermination », la résolution appelle à « un règlement de paix juste, durable et global » au conflit israélo-palestinien. Il est clairement indiqué qu’Israël occupe des « territoires palestiniens ».

Comme à l’accoutumée, l’UE a voté pour, ce qui n’a surpris personne.  Federica Mogherini, chef de l’UE a demandé « à Israël de mettre fin à toute activité de colonisation, conformément à ses obligations en tant que puissance occupante ».

En revanche, un vote auquel personne ne se serait attendu a semé l’émoi dans les communautés juives et en Israël : le vote du Canada. Alors que ce pays avait refusé à 14 reprises d’appuyer la même résolution, ce 19 novembre Trudeau a décidé de se démarquer de ses prédécesseurs et a voté pour.

Israël s’est dit déçu, et deux organisations juives, le B’nai Brith et le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), ont condamné avec fermeté ce vote qui témoigne d’une nouvelle approche du conflit. Elles l’ont perçue comme une trahison, un coup de poignard dans le dos.

Alors, le gouvernement Trudeau : « Un des plus pro-Israël du monde » !?

C’est là ce qu’avait dit de lui Antony Housefather, député de Mont-Royal, libéral depuis toujours.IL est vrai qu’en juillet 2014, en parlant de la situation à Gaza, Trudeau avait condamné avec fermeté le Hamas et « félicité Israël pour avoir accepté la proposition de cessez-le-feu et pour avoir démontré son attachement à la paix. (…). Après une telle déclaration, il le savait, les voix de la communauté juive lui étaient acquises.

Puis lors de sa campagne en 2015, Trudeau ne tarissait pas d’éloges sur l’État juif et il avait promis qu’il continuerait à considérer Israël comme un ami.

Une fois élu, Trudeau ne s’est nullement senti lié par ses déclarations et a changé son fusil d’épaule. Mais tout au long des 4 années du règne de Trudeau, les Juifs canadiens, qui l’avaient soutenu et avaient voté pour lu,i ont vécu dans le déni.

Il a fallu ce vote du 19 novembre pour les ramener à la réalité et pour qu’ils réalisent que Trudeau a, comme Abbas, un double discours ou, pour reprendre les termes de Donald Trump, « une double face » : il promet à ses admirateurs de rompre avec l’approche de Harper, et aux Juifs qu’il continuera à soutenir Israël comme le faisait Harper.

Évidemment, ce changement a profondément choqué ses « amis juifs », on comprend que la pilule soit dure à avaler.

Un bref rappel des coups bas de Trudeau pourrait-il rafraîchir la mémoire de tous ceux qui, comme Housefather, ont cru en lui?

7 MARS 2016   Première déceptionEn fait, le changement de cap à 180 degrés ne date pas du 19 novembre 2019, Trudeau a déjà opéré ce changement en mars 2016 dans l’indifférence générale.

Ce jour-là, en bon manipulateur, il a réitéré l’amitié du Canada pour Israël, « (…) en premier lieu, avait-il dit, nous reconnaissons qu’Israël est un ami, un allié (…).  En fait, c’était pour mieux pouvoir le poignarder ensuite. Invoquant la promesse qu’il avait faite de défendre le droit international, il a alors ajouté « nous n’hésiterons pas à parler des mesures improductives, comme la poursuite des colonies illégales de peuplement ».

« Des colonies illégales »! – L’emploi de l’adjectif « illégales » à lui seul est révélateur de la position du destinateur Trudeau dans le conflit israélo-palestinien. À ses yeux, Israël viole le droit international!

Mais le 21 avril 2016, Anthony Housefather, député libéral, avait assuré les Juifs que le PM « Justin Trudeau est un grand ami d’Israël ».

Hélas, les Juifs semblent oublier que le « beau » Justin tire profit de sa formation en théâtre et qu’il les berne. Ils ne retiendront que les mots « Israël, un ami, un allié ».

Personne pour percer l’hypocrisie du locuteur!

2017 Des tentatives de mémoricide de la part de Trudeau?

27 janvier 2017   Deuxième déception – Quel chef d’État, sinon Justin Trudeau aurait osé, le jour de la commémoration de l’Holocauste évoquer la Shoah sans prononcer une seule fois le mot « Juif »?

La communauté juive a été extrêmement surprise. On le serait à moins! Mais que ne pardonnerait-on pas au charismatique PM? D’ailleurs, elle s’est portée rapidement à son secours et a tenté de le blanchir. Après deux jours de brainstorming, une organisation juive–dont on n’a pas révélé le nom– a annoncé que l’omission du mot JUIF  dans le communiqué du Premier ministre n’était pas un choix délibéré, que c’était  «involontaire ».

Et le Toronto Sun d’ajouter que notre PM avait lu « un brouillon que l’on a publié par erreur ». Bien naïf/naïve celui ou celle qui a donné foi à cette explication.

De toute façon, Trudeau  est inexcusable car,

Premièrement« le Premier ministre est toujours ultimement imputable pour le gouvernement », comme l’avait souligné Stephen Harper en 2015;

Deuxièmement, le PM n’a pas droit à l’erreur et, s’il commet une bévue, il a « l’obligation de s’expliquer ».

Or, Justin a préféré laisser à d’autres le soin d’expliquer son erreur!

Difficile de lui pardonner cette erreur quand on sait que, le lendemain même, il a su trouver les mots pour souligner le 100e anniversaire du jour où le Manitoba est devenu la première province canadienne à accorder le droit de vote aux femmes. Et que le 1er février, à l’occasion du « Mois de l’histoire des Noirs », notre PM, Justin Trudeau, a su rappeler, à plusieurs reprises, le rôle important joué par les Noirs.

Par conséquent, l’omission du mot « Juif » est IMPARDONNABLE ! Prononcer le mot « Juif » lui en coûte certainement, il est las d’entendre les Juifs parler de l’Holocauste, il refuse inconsciemment de considérer la Shoah comme un évènement unique, il éprouve le besoin de mettre toutes les victimes sur le même plan.

D’ailleurs, il n’a employé que le mot ‘Holocauste’, lequel a pris pour beaucoup un sens général pour désigner toutes les victimes du nazisme. Il serait bon de lui rappeler ce qu’avait dit le grand philosophe Vladimir Jankelevitch à propos de la Shoah : « Ce qui est arrivé à propos du génocide des Juifs est unique dans l’Histoire et sans doute ne se reproduira jamais, car il n’en est pas d’autres exemples depuis que le monde est monde (…). « Comparer serait alors purement du négationnisme et aurait uniquement pour but, en banalisant le génocide des Juifs, de s’en « débarrasser », avait-il ajouté.

Alors que les fans de Trudeau me pardonnent si je veux interpréter ces oublis du mot « Juif » comme une façon de réviser l’Histoire, et donc si je me permets de parler de mémoricide, pour ne pas dire de révisionnisme.

Et pourquoi ne le ferais-je pas?

Octobre 2017   Troisième déception Le jour de l’inauguration du Mémorial national de l’Holocauste, Trudeau, a soulevé l’ire des Juifs canadiens en omettant le mot « JUIF » sur la plaque commémorative.  Et la plaque a été remplacée.

Encore une fois, d’autres se sont portés à son secours et ont assuré les Juifs qu’il n’y avait aucune mauvaise intention derrière tout cela, que ce n’était « qu’un oubli! »

« UN OUBLI! » Le second à 9 mois d’intervalle! Pauvre Trudeau! Il aurait simplement été victime d’un oubli!  Qu’on nous permette d’en douter surtout quand on sait que ce serait au nom de l’inclusion que la ministre du patrimoine, Mélanie Joly, a ignoré les 6 millions de Juifs.

Qui plus est, ce genre d’oubli n’est pas dû au hasard, il faut en chercher la cause. Et si cet oubli avait une signification sociale… S’il traduisait le refus inconscient, de s’adresser aux Juifs…

Encore une faute impardonnable! Justin oublie, mais les Juifs n’oublieront pas!

Décembre 2017 Quatrième déception – Pas de transfert de l’ambassade du Canada à Jérusalem. La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, s’est empressée de faire la déclaration suivante : « Notre position à nous est claire, c’est qu’on n’a aucune intention de déménager la nôtre ». Et le ministre des Affaires étrangères a tenu à affirmer que le statut de Jérusalem doit être résolu par des négociations.

MAI 2018   Cinquième déception – Demande d’enquête

Une déception de taille attendait la communauté juive en ce mois de mai. Ayant appris qu’un citoyen canadien, le Dr Tarek Loubani, avait été blessé par les soldats des FDI,  Trudeau a prononcé un discours dans lequel il a blanchi le Hamas et condamné avec fermeté l’État juif. « L’emploi présumé d’une force excessive et de munitions réelles est inexcusable. Il est impératif d’éclaircir les faits concernant la situation à Gaza. Le Canada réclame qu’une enquête indépendante soit réalisée immédiatement afin d’évaluer la situation sur le terrain, notamment la violence, l’incitation à la violence, et l’emploi de force excessive ».

Et il a ajouté : « Le Canada est prêt à contribuer à cette enquête. Nous travaillerons de près avec nos partenaires internationaux et au sein d’organismes internationaux afin de répondre à cette grave situation. »

Alors, après tous ces évènements, il nous est difficile de comprendre comment la communauté juive a pu tomber des nues à la suite du vote du 19 novembre, un vote qui était prévisible.

Mais pourquoi cette dernière attaque le 19 novembre?

Première explication, celle de François-Philippe Champagne, le ministre des Affaires étrangères : « Je pense que les membres de la communauté juive du Canada et du monde entier voient le Canada comme un allié, mais il y a des moments où nous devons exprimer notre opinion et notre position comme nous l’avons fait hier à l’ONU ».

Deuxième explication, celle de Trudeau destinée   à rassurer ses électeurs juifs : « Mais permettez-moi d’être très clair. Notre amitié durable avec Israël demeure. Nous continuerons de nous opposer fermement à cibler Israël à l’ONU. Le Canada demeure un fervent défenseur d’Israël et le Canada défendra toujours le droit d’Israël à vivre en sécurité. Et nous allons toujours, toujours, nous prononcer contre l’antisémitisme au pays et à l’étranger. Vous avez ma parole ».

Encore des mots, toujours des mots comme le fait tout bon manipulateur!

Troisième explication, celle de tout Juif réaliste. Essayons donc de comprendre notre PM.

Certes, le pauvre homme est pris entre le marteau et l’enclume. On ne peut pas lui demander d’être à la fois judéophile et islamophile! Impossible de concilier des prises de position si divergentes. À vouloir s’asseoir sur deux chaises, on n’est assis nulle part. Alors il a été contraint de faire un choix qui éviterait de choquer ses amis musulmans! Et ce d’autant plus qu’il doit une fière chandelle à la communauté musulmane dont les associations et les mosquées ont travaillé à convaincre les musulmans (1) d’aller voter –ce qui n’était pas gagné d’avance- et (2) de choisir Trudeau.

Mais la vraie raison est ailleurs. On se souviendra qu’on a attribué à Harper et à son soutien à Israël la perte du siège du Canada au Conseil de sécurité de l’ONU.

Durant la campagne de 2015, Trudeau s’était engagé à récupérer le siège. Certes, il n’a pas réussi à réaliser sa promesse au cours de son premier mandat car il lui a sans doute été conseillé de mettre en veilleuse sa position anti-israélienne pour conserver les voix juives.

Maintenant qu’il a obtenu un second mandat, je suis prête à parier qu’il votera de nouveau pour des résolutions anti-israéliennes et que le Canada, grâce à Trudeau, obtiendra en 2020 ce siège qu’il convoite depuis si longtemps. Au pire, il n’hésitera pas si besoin est de s’allier aux pires dictateurs de ce monde et à tous les ennemis d’Israël.

Conclusion : Notre PM, Justin Trudeau, a pris une décision grave ce 19 novembre, une décision désastreuse pour son image, mais surtout pour l’image qu’ont les Juifs du Canada. Espérons seulement qu’ils retiendront ce vote et qu’ils le lui rappelleront le cas échéant.

Et le mot de la fin, laissons-le à Nikki Haley, cette femme admirable qui s’est toujours tenue aux côtés d’Israël : « À leur grande honte, a-t-elle déclaré, les Nations Unies sont devenues depuis longtemps un endroit hostile à l’État d’Israël.  C’est un tort qui compromet la crédibilité de cette institution, c’est un tort qui fait du mal au monde entier ». « Je me suis souvent demandé pourquoi, a-t-elle ajouté, pourquoi devant tant d’hostilités, Israël choisit de rester membre de cet organe.  Je me souviens alors qu’Israël l’a choisi parce qu’il est important de se défendre.  Israël doit se défendre pour sa propre survie, en tant que nation mais aussi pour ses idéaux de liberté et de dignité humaine que les Nations Unies sont censées défendre ».

On ne peut pas dire mieux! Merci, Madame Haley, les Juifs ne vous oublieront jamais!

© Dora Marrache pour Europe-Israël

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  • 11 thoughts on “Canada et Israël : Avec Trudeau, une déception n’attend pas l’autre. Par Dora Marrache

    1. Levasseur

      Les canadiens français type Trudeau sont tous de fils de pute soumis aux arabes
      Trudeau tu es aussi pourri que ton pére alors dégage sale islamiste et laisse ta place à un canadien anglais

    2. Esther

      N’empêche qu’il y a quand même eu un juif bibliophile qui a légué l’intégralité de son trésor d’incunables au Canada…

    3. c.i.a.

      Trudeau père avait un admiration pour Castro et le communisme , comme tout bons gauchistes et avait une haine des« enfants de putes «  québéquois, LA CLASSE!
      Son clown de fils,(Que les idiots canadiens, ont encore voté pour lui!???), est allez se prosterner devant la tombe de castro, pas étonnant comme tout bons gogo à genoux devant les ordures communistes et les macaque musulmans….LA HONTE!!!!

    4. Patrick Wahle

      C’est surtout Maggie (la femme de Pierre Trudeau) qui avait plus qu’une grande admiration pour Fidel Castro, comme elle avait une grande admiration pour Ron Wood et Mick Jagger des Rolling Stones. Tout cela a mené au divorce du couple Trudeau en 1984.
      Le sentiment anti-Israel n’est pas seulement le privilège des anti-sémites mais aussi des Juifs Canadiens qui ont voté Trudeau (à l’image des Juifs démocrates américains qui sont anti-Trump).
      Ne pas oublier que les Juifs Canadiens ont été obligés de créer leur propre hôpital et leur propre country-club entre les deux guerres car auparavant ils n’avaient pas accès aux hôpitaux et clubs locaux.
      La politique de cet abruti de Justin Trudeau va mener le pays à l’autonomie du Québec et des provinces de l’Ouest (à l’exception de la Colombie Britannique).

    5. robert davis

      trudeau n’est qu’un arriviste type micron qui se fout de tout sauf de lui-même. La seule chose qui l’interesse est d’être un PM et de côtoyer les « grands » de ce monde çàd les pitres qui croient diriger le monde mais ne font que lui enfoncer la tête dans l’eau!

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