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Affaire du meurtre de Sarah Halimi : Kobili Traoré et la « Bouffée délirante aiguë »


Affaire du meurtre de Sarah Halimi : Kobili Traoré et la « Bouffée délirante aiguë »

La Bouffée délirante aiguë semble un concept central dans la compréhension psychiatrique faussée du passage à l’acte criminel par les experts psychiatres. Le concept de Bouffée délirante aiguë est aujourd’hui une facilité en matière de psychiatrie criminelle pour définir l’irresponsabilité pénale des délinquants en dehors de toute compréhension des processus psychoaffectifs ou passionnels à l’origine du passage à l’acte criminel.

Malgré cela, l’importance du processus criminogène fait consensus dans la littérature criminologique internationale, même si sa définition reste source de confusion et de méprise, et cela exclusivement dans la terminologie psychiatrique française où elle ne figure pas dans les classifications diagnostiques actuelles.

Dans les conceptions modernes de la Bouffée délirante aiguë, les experts psychiatres doivent décrire les éléments symptomatiques permettant d’évaluer les phénomènes dissociatifs éventuels dans le temps de l’action, c’est-à-dire au moment précis du passage à l’acte criminel par un sujet en état psychique dissocié.

La Bouffée délirante aiguë peut être définie comme la rupture totale de l’unité psychique, c’est-à-dire la dissociation totale des fonctions normalement intégrées que sont la conscience, la mémoire, l’identité et la perception de l’environnement. Est-ce bien le cas de Kobili Traoré hurlant à la police en bas de l’immeuble ?

Les très nombreuses recherches qui y sont consacrées mettent en avant le rôle fondamental de la description très précise des symptômes, de la conduite et du comportement de la pathologie délirante aiguë.

Malgré cela, pour un concept d’origine exclusivement française, la psychiatrie hexagonale comprend parfois le terme de Bouffée délirante aiguë dans un sens bien éloigné de ses réalités dissociatives.

En effet, dans la terminologie psychiatrique française, le concept de Bouffée délirante aiguë renvoie à celui de dissociation typique de la schizophrénie aiguë comme un ensemble syndromique caractérisé par une incohérence observable dans le discours, les émotions et le comportement psychomoteur.

Ces concepts sont assez proches des notions de discordance et de clivage du Moi. Aussi, le terme Bouffée délirante aiguë sert donc à qualifier « un processus caractéristique de la psychose aiguë« .

Pour rappel, le terme de dissociation a été utilisé pour la première fois en 1845 par Jacques-Joseph Moreau de Tours pour décrire les phénomènes psychiques observés chez les consommateurs de haschich.

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Mais il sera ensuite repris par Pierre Janet pour décrire le mécanisme à l’œuvre dans l’hystérie ! Janet décrit, en dessous du niveau de conscience, une activité qualifiée d’automatisme psychologique. Pour Janet, la pensée normale synthétise les niveaux subconscient et conscient, ce qui permet l’unité du Moi et organise l’activité présente. Mais chez certains sujets, hystériques notamment, s’opère un rétrécissement du champ de la conscience dans lequel l’individu n’arrive plus à synthétiser les différents phénomènes psychologiques.

Certains phénomènes sont enregistrés par la conscience alors que les autres ne sont pris en compte que par le subconscient, ils en sont dissociés. La dissociation de Janet décrit une disjonction des fonctions psychiques restées intègres, alors que la psychose aiguë rend compte d’une fragmentation des fonctions psychiques elles-mêmes. C’est pourquoi Janet parle en 1889 de désagrégation mentale.

Selon Janet, le rétrécissement du champ de la conscience, et non pas son abolition, est provoqué par des émotions extrêmes ou par épuisement, et peut conduire à un état de dissociation qui survient donc quand divers éléments perturbent la capacité de synthèse. Cette perturbation provoque une scission psychique, dans laquelle les pensées, les émotions et les comportements peuvent fonctionner de manière dissociée.

Pour illustrer sa thèse, Janet décrit le cas célèbre de Marie. Cette jeune hystérique de 19 ans était considérée comme folle et on désespérait de sa guérison. Les troubles psychiques affaiblissaient la capacité de synthèse psychologique et provoquaient, à plus long terme, un état de faiblesse psychologique dans lequel les éléments dissociés pouvaient revenir à la conscience. C’est pourquoi ce cas de rétrécissement du champ de la conscience excluait l’abolition de la conscience. La dissociation psychique serait donc un mécanisme de défense qui protègerait la conscience, comme dans le cas d’une intoxication habituelle par le haschich.

© Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Europe Israël News

 

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  • 3 thoughts on “Affaire du meurtre de Sarah Halimi : Kobili Traoré et la « Bouffée délirante aiguë »

    1. Slam

      Ainsi, d’après les enfumeurs psychiapathes associés, le demeuré Kobili Traoré aurait été victime d’un ballonnement des boyaux de la tête, consécutif à une bouffée délirante qui aurait provoqué une diarrhée cervico-spinale aiguë.
      Jules César

    2. Yes

      Je pense que les psychiatres ont raison. Mais en conséquence, vu que les bouffées peuvent survenir à n’importe quel moment, l’assassin doit être enfermé à vie. Surtout pas condamné car ce serait injuste, vu sa maladie, mais enfermé avec une camisole pour empêcher qu’il agresse le personnel de surveillance.

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