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Au Québec, la gauche radicale, les libéraux et les intégristes font alliance contre la laïcité


Au Québec, la gauche radicale, les libéraux et les intégristes font alliance contre la laïcité

Le gouvernement du Québec a décidé d’adopter une loi imposant la neutralité des fonctionnaires. Au pays du multiculturalisme, cette initiative majeure a donné naissance à une drôle de coalition, qui ne recule devant rien pour faire capoter le projet. Ce qui souligne en creux la fracture entre le Canada multiculturaliste et le Québec francophone.

Mais qu’a donc décidé le gouvernement du Québec pour déclencher de telles réactions ? Quelle volonté poursuit François Legault, le Premier ministre, pour se voir accusé de préparer un « nettoyage ethnique« , de s’inspirer de Mein Kampf, voire de paver la voie à un attentat au Canada ? En réalité, l’homme politique de centre-droit et son parti au pouvoir, la Coalition avenir Québec (CAQ) entendent simplement appliquer leurs promesses de campagne et faire adopter un projet de loi établissant une laïcité plutôt mesurée dans la Belle Province. Une initiative, soutenue par une large majorité de Québécois (autour de 65% dans les études d’opinion), qui vaut pourtant à Legault un torrent d’injures et de diffamations, révélant la sensibilité de la question du rapport aux religions au Québec, mais également celle de la place qu’occupe la province francophone au Canada. Depuis plusieurs semaines, « les actions des opposants à la loi 21 sont amplifiées alors que la voix des défenseurs de la laïcité rarement entendue, déplore Djemila Benhabib, militante laïque établie au Québec. Il y a un sérieux problème avec la couverture médiatique.« 

SIGNES RELIGIEUX ET CRUCIFIX

Revenons quelques mois en arrière. En octobre 2018, la CAQ remporte les élections générales au Québec à une large majorité (74 sièges sur 125 à l’Assemblée nationale), chassant le Parti libéral québécois (PLQ) du pouvoir. François Legault, le nouveau chef du gouvernement de la province, a été élu sur deux promesses : une réduction des flux migratoires, et l’instauration de la laïcité au Québec. C’est donc fort logiquement que le Premier ministre annonce le vote de la « loi 21 ». Le projet est plutôt modéré, mais au pays du multiculturalisme, il représente un tournant considérable : il s’agit d’inscrire le principe de la laïcité de l’Etat dans la constitution du Québec, et de contraindre les employés de l’Etat « en position d’autorité » à ne pas arborer de signes religieux. La mesure s’appliquera aux policiers, aux enseignants, aux directeurs d’école ou aux juges, ainsi qu’au président et au vice-président de l’Assemblée nationale. Elle concerne évidemment les accoutrements et bijoux de toutes religions, le gouvernement ayant décidé de s’en tenir au « sens commun » pour décider de ce qui serait interdit.

Par ailleurs, la neutralité comporte une nuance de taille : elle ne s’appliquera qu’aux nouveaux employés des services publics. Ceux qui sont déjà en poste conserveront le droit d’arborer un signe religieux s’ils conservent « la même fonction » au sein de leur administration. Autres mesures prévues par la loi 21, qui devrait être adoptée d’ici au mois de juin : l’obligation pour les fonctionnaires en position d’autorité d’exercer « à visage découvert » ; ainsi que le décrochage symbolique du crucifix de l’Assemblée nationale du Québec.

INQUIÉTANT DÉFILÉ D’INTÉGRISTES

Même modéré et décevant pour certains qui souhaitaient par exemple que la neutralité des agents s’étende aux écoles privées, le projet a suscité la fureur de plusieurs groupes, prêts à tout pour que la laïcité ne voie pas le jour au Québec. Premier pilier de cette entente foutraque, le plus naturellement « menacé » par la loi 21 : celui des religieux. Bien décidés à conserver la possibilité de rendre visible leur culte dans tous les interstices de l’espace public, ceux-là n’hésitent pas à utiliser la rhétorique du libéralisme culturel pour promouvoir des visées conservatrices. L’exemple le plus marquant a été donné par la manifestation du dimanche 7 avril, dans les rues de Montréal. A l’appel du Collectif canadien anti-islamophobie, 5 à 6.000 personnes ont défilé, arborant hijabs, turbans, étoiles de David, ou parfois rien du tout. Sur les pancartes, des slogans à l’anglo-saxonne, comme « Bikini, leggings, voile ou burqa, c’est mon choix« . Fait beaucoup plus timidement commenté par la presse canadienne : la manifestation était organisée par des intégristes. L’initiateur, l’imam Adil Charkaoui, a déjà été incarcéré 21 mois, soupçonné de collusions avec Al-Qaïda. Il est accusé par plusieurs familles musulmanes d’avoir endoctriné des jeunes dans son centre et sa mosquée, les poussant à partir faire le djihad en Syrie. Sur sa page Facebook, l’homme ne cache pas sa volonté d’islamiser les Québécois : « Plus on parle de l’islam, plus il se propage. Et moins on en parle, plus il se propage. La solution : qu’ils se convertissent et qu’on en finisse! Ils vivront heureux !« , écrivait-il en octobre dernier. Autre figure de la manifestation : le prédicateur islamiste Salem Elmenyawi, qui avait fait pression sur le gouvernement canadien en 2004 pour que celui-ci institue des tribunaux islamiques appliquant la charia aux familles musulmanes vivant dans le pays.

De quoi dresser un drôle de tableau du défilé montréalais : dans le cortège, où l’on critiquait une « loi fasciste » en dressant un parallèle explicite entre François Legault (accusé de « favoriser les Québécois de souche« ) et Adolf Hitler, les cris « Allahu akbar ! » ont ponctué les interventions des leaders, pendant que des hijabs étaient distribués. « Au Québec comme ailleurs, l’ennemie à abattre de ces collectifs anti-islamophobie c’est la laïcité, a commenté Fatima Houda-Pépin, femme politique canadienne de confession musulmane, dans le Journal de MontréalIls s’y opposent fondamentalement parce qu’elle va à l’encontre de leur agenda politique, qui consiste à imposer un islam politique basé sur leur vision du monde. » La défiance est explicitement affichée. Un témoignage a notamment marqué les esprits : celui de Chahira Battou, une étudiante voilée invitée par la télévision québécoise. Elle y a expliqué son opposition à la loi 21, et son intention de ne pas l’appliquer. « Je n’enlèverai jamais mon voile pour enseigner, a-t-elle prévenu. J’ai étudié un an en France en médecine, et la raison pour laquelle je suis revenue au Québec, c’est parce que [pendant] les stages, [il] fallait que j’enlève mon voile, parce que c’est un pays laïque. Mais on n’est pas dans un pays laïque ici. » Pour ces futures enseignantes, la perspective de ne pas afficher ostensiblement leur identité religieuse aux élèves est tout simplement inconcevable. Il est toutefois notable que cette position n’est pas partagée par toutes les femmes musulmanes, loin de là : Ici Radio a ainsi consacré un reportage à des professeures féministes pratiquant l’islam, farouchement opposées au port du hijab.

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  • 5 thoughts on “Au Québec, la gauche radicale, les libéraux et les intégristes font alliance contre la laïcité

    1. Malcolm Ode

      Quel culot tout de même! Ils débarquent partout comme des Thénardier, obtiennent tout à l’œil, puis finissent par exiger qu’on leur cède la place, tout naturellement! Ils s’imaginent qu’on les accueille comme des conquérants de leur satané dieu païen.

      Ce ne sont pas nos lois qui les empêchent de pratiquer leur religion, c’est leur religion qui leur dit… de nous emmerder!

    2. Robert Davis

      Voila où mène le multiculturalisme, à l’islam et à l’épuration ethnique des autres religions. Les portes ouvertes du Canada à l’immigration mus est en train de détruire le Canada à toute vitesse car la population est peu nompbreuse mais en France ce sera la même chose si micron se maintient au pouvoir. Il faut voter Marine pour empêcher micron de détruire la France.

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