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La pierre d’achoppement de l’avenir de l’Etat d’Israël. Par Shmuel Trigano


La pierre d’achoppement de l’avenir de l’Etat d’Israël. Par Shmuel Trigano

LA PIERRE D’ACHOPPEMENT

Quand on cherche à s’expliquer l’origine de la violence (verbale) qui marque la vie  politique israélienne, on est conduit à une tout autre vision que celle de l’opinion dominante, celle des « Bobos », les »Bourgeois-Bohèmes », c’est à dire d’une classe qui non seulement détient le pouvoir et l’influence (« bourgeois ») mais encore a la faiblesse de se croire « révolutionnaire » et « libertaire » (d’où « bohème »), ce qui autorise ses membres à pontifier en grands moralistes face au « populisme » supposé de ceux qui ne partagent pas leurs idées.

Dans leur vision, les choses sont claires: d’un côté, l’élite éclairée qu’ils représentent, de l’autre la masse tribale et amorale. Cette description pourrait convenir au paysage de toutes les sociétés « démocratiques » d’aujourd’hui. Cependant, il y a en Israël une généalogie intrinsèque à cet état de faits qui a à voir avec les origines de l’Etat et son caractère juif. Dans le Yishouv, il y avait déjà un »Etat avant l’Etat » ou plutôt plusieurs sociétés parallèles, (droite, gauche, religieux, etc), organisées avec leurs propres institutions .

Au terme d’une concurrence violente, la gauche travailliste l’emporta sous la houlette de Ben Gourion, au point que l’Etat, une fois proclamé, se confondit avec le Parti Travailliste. La droite, la personne de Begin furent rejetées, sous le quolibet de « fascisme ». Ben Gourion eut l’ambition de forger une nouvelle identité « israélienne », qualifiée de « melting pot ». De cette entité, furent écartés les sépharades, identifiés à des « ethnies de l’Orient » comme pour laisser entendre qu’ils ne faisaient pas partie de la nation, sauf à se fondre dans une nouvelle entité en rupture avec leur judéïté.  Cette opération de créer une identité collective qui remisait au placard sépharades, religion et droite échoua et cet échec devint probant avec le « renversement » (Mahapakh), soit la montée au pouvoir  de Begin en 1977 qui fut l’expression puissante de l’Israël exclu, le  » Second Israël ».

L’intelligentsia israélienne entreprit alors en Europe et aux USA une croisade pour alerter l’opinion occidentale contre le « fascisme » montant en Israël. Cet état de faits se transforma de façon inattendue, car la droite qui avait été reléguée durant des décennies n’avait pas d’élite de rechange et en tout cas, ne se livra pas à une chasse aux sorcières, de sorte que l’élite travailliste resta au pouvoir sur le plan de la culture, de l’intelligentsia, de la représentation, etc. Il se produisit ainsi une coupure dramatique entre la scène et le public. La droite était au pouvoir, mais c’est la gauche qui tenait le micro, commençait à produire une culture allant dans le sens du postsionisme, voire de l’antisionisme, alors que la potentialité de la création d’une élite à droite butait sur le cercle vicieux d’une auto-reproduction de l’élite-hyper minoritaire mais dominante, détentrice encore à ce jour du pouvoir symbolique et de la domination idéologique.

Cet état de faits se cristallisa dans une nouvelle structure de pouvoir dans laquelle l’exécutif se retrouva encadré entre la Cour suprême, l’appareil judiciaire, les médias et toute la sphère culturelle. Je dépeins là le décor d’une vraie guerre (in)civile, qui se déroule aujourd’hui même. Et toujours dans l’alerte au « fascisme », y compris dans la bouche d’un général! Ces enjeux se sont retrouvés amplifiés à l’extrême avec la guerre des 6 jours quand il a fallu qu’Israël fasse un choix sur le devenir de territoires qui sont depuis toujours au cœur de la terre d’Israël. S’en séparer revient à prononcer un jugement sur soi-même, pas seulement sur Jerusalem mais aussi Tel Aviv, Beeersheva, Tibériade. Y renoncer c’est détruire définitivement la légitimité de l’Etat d’Israël sur cette terre, dissocier objectivement et symboliquement le destin juif du destin « israélien ».

Cette décision est devenue la pierre d’achoppement de l’avenir de l’Etat mais pas dans le sens que l’intelligentsia israélienne veut lui donner.

Shmuel Trigano – Europe Israël News

*A partir d’une chronique sur Actualité juive, le 28 mars 2019

 

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  • 5 thoughts on “La pierre d’achoppement de l’avenir de l’Etat d’Israël. Par Shmuel Trigano

    1. Asher Cohen

      Après la Déclaration Balfour, les Marxistes de la seconde Alyah ont pris le pouvoir, sur le Yishuv certes, mais dès les années 1930 à l’international sur l’Organisation Sioniste Mondiale et l’Agence Juive, et ils ont appliqué une politique communiste tant en matière de visas d’entrée en Palestine, de recrutements de la Haganah, que pour les affiliés à la Histadrut, etc..Le Yishuv n’a jamais crée d’ « état en marche » et il y a eu plusieurs sociétés avec leurs propres institutions et même leurs propres armées de défense. En 1946-48, le Yishuv est au bord de la guerre civile, et je doute que la Droite ait été présente pour la lecture de la Déclaration d’Indépendance le 14 mai 1948. Depuis 1946, les gens de la Haganah dénonçaient les Juifs de l’ETZEL et du LEHI aux impérialistes Anglais. Dois-je rappeler que ce n’est que 15 jours plus tard que Ben Gourion a crée la Force de défense Israélienne, et qu’en Juin 1948 il a fait tuer des Juifs de l’Altalena, peut-être parce qu’après en avoir laissé mourir 6 millions en europe, il en avait encore trop pour mener la guerre de 48. Surtout en décembre 1961, Ben Gourion a donné 120.000 Juifs d’Algérie à De Gaulle pour en faire les larbins des pétainistes et ex-alliés de l’allemagne nazie. Cette opposition entre Juifs existe au moins depuis les années 1920 et je ne développe pas car il y aurait tant à dire.

    2. Salmon

      Ben Gourion a fait une erreur en différenciant askenaz et Séfarade en Israël
      Pour moi les séfarades ou askenaz sont des israéliens avec dans leur bagage la culture des pays qu ils ont traversés depuis l exode

    3. LeClairvoyant

      Selon l’histoire, « les guerres des juifs par Flabius Joseph », on est obligé de constater que la destruction du 2ème Temple pas Titus, fut a cause de la désunion des juifs qui se sont battus entre-eux, avant que les romains rentrent à Jérusalem. De nos jours encore cette désunion fais le talon d’Achille d’Israël

    4. Asher Cohen

      @LeClairvoyant
      Votre remarque est pertinente et certains vont même jusqu’à soutenir que si les Juifs n’avaient été divisés, les Romains n’auraient pas pu les écraser. Une question est de savoir si cette désunion vient des Juifs eux-mêmes ou d’éléments extérieurs à la Nation Juive. L’Histoire montre que nous n’avons pas manqué de traîtres parmi-nous, mais qu’aussi nos ennemis ont toujours cherché à nous diviser. Qui a la réponse?

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