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Nicolas Kirkitadze « Pourquoi ai-je cessé d’être antisioniste ? Parce qu’on ne peut pas être antisioniste et patriote »


Nicolas Kirkitadze « Pourquoi ai-je cessé d’être antisioniste ? Parce qu’on ne peut pas être antisioniste et patriote »

Bienvenue à Cuckworld, le monde magique des antisionistes. On y accuse Israël et son « lobby » de tous les maux ; on s’y pense entouré de marranes et de sayanim à démasquer : Riposte Laïque y est d’ailleurs surnommé Riposte Sioniste; on y dépense des fortunes à acheter sur Kontre-Kulture des livres qui sont déjà dans le domaine public ; on y visionne avec l’extase d’une groupie les vidéos de Dieudonné M’Pïcsou et les conférences d’Alain Bonnet. Ces deux là étant considérés comme des sommités de la dissidence, des 10ème dans de rebellitude, et tant pis s’ils s’en mettent plein les fouilles sur le dos de leurs fans crédules.

Dans un article publié en septembre sur le site Suavelos, Abdel François appelait à une « désoralisation » des esprits patriotes. Une impérieuse nécessité. J’ai assez barboté dans les méandres de ce « milieu » antisioniste pour en observer le fonctionnement et pour en comprendre la vacuité voire la contre-productivité.

Il ne s’agit pas uniquement du mouvement et des groupies d’Alain Bonnet, dont l’étoile a largement pâli ces dernières années. Ceux-là, qu’ils aillent donc vivre à Pyongyang, puisque « le programme du parti Juche » (sic) leur semble si agréable. Au-delà de ces personnes, c’est tout un système de pensée qu’il est vital de déconstruire, une pensée faussement patriote qui dévoie le patriotisme de sa raison d’être : la défense de la France et de l’Europe.

Tout antisioniste n’est pas un antisémite maladif, il faut le souligner. Certains sont eux-mêmes d’origine ou de confession juive, ils sont d’ailleurs particulièrement appréciés dans le milieu dont ils constituent un précieux alibi aux accusations d’antisémitisme. L’antisionisme n’est pas une idéologie monolithique et structurée mais plutôt une galaxie diverse : certains sont antisionistes par palestinophilie, d’autres le sont par anticapitalisme, quand d’autres ont embrassé cette voie par un véritable élan patriote, voyant dans l’immigration et l’islamisation la main d’Israël.

Quels que soient les mobiles ou les justifications de ces personnes et les cheminements qui les ont amené vers cette idéologie, il n’est pas présomptueux d’affirmer qu’ils se fourvoient et se trompent (ou feignent de se tromper) de combat. Démontons point par point leurs arguments :

La Palestine ? On s’en moque comme d’une guigne ! En quoi le problème israélo-palestinien est-il celui de la France ? Notre positionnement géopolitique devrait se faire exclusivement sur la base de nos intérêts. Or, la France a tout intérêt à être dans les meilleurs termes avec Israël, cet avant-poste de l’Occident, entouré d’ennemis prêts à en découdre. N’en doutons pas : si Israël tombe demain, ce sera notre tour après-demain.

Parlons aussi de ceux qui justifient leur antisionisme par le rejet du capitalisme auquel – selon eux – la religion juive serait intimement liée. Premièrement, le pourcentage de Juifs parmi les personnalités les plus riches et les plus influentes est bien moindre par rapport aux Chinois ou aux Russes. D’autre part, même si les Juifs formaient effectivement une caste de dirigeants ultra-puissants et richissimes comme le croient certains, ne devrions-nous pas les imiter au lieu de les haïr ? La haine des puissants est le propre des ratés. Lorsque de Gaulle parle d’un « peuple sûr de lui et dominateur » en évoquant les Juifs, c’est un éloge qu’il fait de ce peuple et invite les Français à imiter cette communauté soudée qui a su garder intacte son identité durant trois millénaires.

Quant à ceux qui croient en la responsabilité d’un lobby sioniste dans l’immigration, que leur répondre ? Des milliers de familles juives quittent la France chaque année car elles ne se sentent plus en sécurité à cause de l’islamisme galopant et des actes antisémites qui en sont le corollaire. Puis, soyons sérieux, quel intérêt pour Israël d’islamiser la France ?

Enfin, le principal défaut de l’antisionisme est d’appréhender toutes les problématiques politiques, sociales ou économiques à travers le prisme d’Israël et de ses supposés lobbys. Cette hémiplégie mentale conduit le sectateur soralo-dieudonniste à mettre sur le dos des sionistes l’immigration, la crise économique, la Révolution, le mariage pour tous, son échec au BEPC, la mort de son poisson rouge et le rhume qu’il attrape chaque hiver.

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Plus haut, nous avons évoqué les antisionistes d’origine ou de confession juive et l’admiration qu’ils suscitent dans le milieu. Ces antisionistes juifs ne sont-ils pas l’équivalent de nos gauchistes repentants et ethnomasochistes ? Un type comme Gilad Atzmon qui renie sa nationalité israélienne et qui fricote avec le Hamas n’a rien à envier aux antifas immigrationnistes. Or, les mêmes qui considèrent (à juste titre) ces antifas comme des traîtres et des dhimmis applaudissent à tout rompre lorsqu’un Shlomo Sand ou un Gilad Atzmon crache sur son pays et sa communauté.

La dernière polémique en date dans le « milieu » est révélatrice de cette incohérence. Il s’agit d’une déclaration d’Ayelet Shaked, la sémillante ministre de la Justice israélienne qui a affirmé que son pays « doit rester majoritairement juif« . Horreur et consternation pour nos antisionistes qui en ont fait leurs choux gras, dénonçant le « racisme » de la ministre ! Qu’aurait-elle dû dire ? Qu’Israël est arabe ? On ne peut défendre une France française si l’on dénie aux Israéliens le droit de plaider pour un état à majorité hébreu.

Cette « incohérence » s’explique dans la mesure où l’antisionisme est très populaire dans les quartiers dits « sensibles », notamment chez les jeunes dont une grande partie a été lobotomisée par les délires de Bonnet et de M’Bala auxquels il faut reconnaître ce coup de génie d’avoir réussi, par un habile numéro de contorsionniste, à fédérer islamistes, communistes et royalistes autour du rejet des Juifs. Mais, à long terme, un tel mouvement ne peut qu’être un château de cartes prêt à s’effondrer puisque, comme nous l’avons expliqué, ce rejet est motivé par des raisons différentes et parfois inconciliables. Les tenants de l’antisionisme marchent dès lors sur un terrain miné. On le voit bien sur le site d’E&R, dans les commentaires. Quand le mouvement adopte une position jugée favorable à l’islam ou à l’immigration, les nationalistes montent au créneau pour dénoncer à raison leur dhimmitude ; quand la prise de position est au contraire proche du nationalisme, c’est au tour des musulmans d’être dans l’incompréhension, certains en viennent alors à se demander si les sionistes n’ont pas finalement infiltré E&R. Cela explique la focalisation du mouvement soralien sur les questions sociétales, l’anti-américanisme et la franc-maçonnerie : des sujets qui créent un consensus entre réacs et islam, permettant de maintenir tant bien que mal l’unité du mouvement.

Pourquoi ai-je cessé d’être antisioniste ? Parce qu’on ne peut pas être antisioniste et patriote. L’antisioniste rejette l’existence même de l’Occident auquel il préfère une « union méditerranéenne » ou au pire des cas une « union des non-alignés ». Or, historiquement, politiquement et culturellement, la place de la France n’est pas dans cette marmite du tiers-monde mais aux côtés de ses frères, du côté du progrès et de la civilisation occidentale.

Nicolas Kirkitadze – Ripostelaique

Nicolas Kirkitadze

Étudiant en Histoire, Militant Patriote, Journaliste indépendant

 

 

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