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La prise de contrôle du gouvernement libanais par le Hezbollah renforce l’Iran en Syrie contre les Etats-Unis et Israël


La prise de contrôle du gouvernement libanais par le Hezbollah renforce l’Iran en Syrie contre les Etats-Unis et Israël

Le cabinet que Saïd Hariri a formé à Beyrouth après une impasse de neuf mois constitue une façade. Les portefeuilles les plus puissants ont été confiés au Hezbollah pro-iranien et à ses alliés.

En présentant sa programmation le jeudi 31 janvier, le Premier ministre sunnite a présenté ses excuses à la population libanaise pour le long retard pris dans la formation d’un gouvernement. Il a omis de mentionner que la Banque mondiale avait menacé de transférer en Jordanie le prêt de 4 milliards de dollars alloué l’année dernière au Liban, à moins qu’un gouvernement ne soit mis en place à Beyrouth. Il a seulement déclaré: « Tous les problèmes sont connus et la cause de la corruption, du gaspillage et des déficiences administratives sont également connus », et il a promis des « réformes audacieuses » qui ne sont pas précisées. Il n’a pas non plus évoqué la répartition des services publics dans l’ensemble du pays, notamment les soins médicaux, les sources d’approvisionnement en eau et en électricité et le ramassage des ordures dans les rues. Mais le plus frappant est que le message adressé par le Premier ministre Hariri à la nation n’a pas permis de préciser qui gouvernait réellement le pays et aux mains de qui il était tombé.

À la suite de violentes guerres civiles, les chiites, les sunnites et les chrétiens maronites du Liban ont gouverné le pays dans un équilibre précaire. Cependant, au cours des deux dernières années, quatre hommes ont pu s’emparer des centres du pouvoir, dominés par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Ses partenaires sont le président Michel Aoun, un chrétien fidèle à Téhéran, Damas et Nasrallah; Le ministre des Affaires étrangères Gebrane Bassile, le gendre du président, qui est le pion obéissant de Nasrallah, en particulier sur la scène internationale; et le commandant de l’armée nationale libanaise, le général Joseph Aoun, dont chaque décision est régie par le président et le chef du Hezbollah. Le Premier ministre n’a pas admis qu’il est dans le même bateau.

L’opération du Bouclier du Nord menée par Israël pour la destruction des tunnels transfrontaliers du Hezbollah entre le Liban et Israël était l’un des éléments d’un plan directeur élaboré par le Premier ministre Binyamin Netanyahu avec Washington pour démanteler ce formidable quatuor. Il a présenté le plan au secrétaire d’État américain Mike Pompeo lors de leur rencontre à Bruxelles le 3 novembre. Il a expliqué que le fait de saisir le Hezbollah en flagrant délit pour avoir planifié une invasion d’Israël devait avoir mis le président libanais et le chef de l’armée sous la pression internationale et, combinés avec l’opération militaire israélienne, les ont forcés à rompre les rangs avec le Hezbollah et à gérer son projet de tunnel dangereux. Netanyahu a ensuite expliqué à Pompeo:

Pompeo était convaincu et a dit au Premier ministre israélien de poursuivre l’opération Northern Shield avec le soutien de Washington. Il a été lancé le lendemain, le 3 novembre.
Mais le 19 décembre, alors que l’opération était bien engagée, le président Donald Trump a renversé tout le monde le 19 décembre en décidant de retirer les forces américaines de la Syrie. En conséquence, la Maison Blanche, avec l’appui du secrétaire à la Défense de l’époque, Jim Mattis, a ordonné à Pompeo de suspendre les mesures économiques et diplomatiques prévues pour contraindre le président et le chef de l’armée libanais à prendre des mesures contre le Hezbollah et ses tunnels. Trump a décidé de ne pas contrarier l’armée libanaise au motif qu’elle pourrait être utile pour détruire les restes de l’État islamique encore présents dans les régions syriennes limitrophes du Liban.
Le résultat de cet épisode est qu’Israël a emprunté les tunnels sans le soutien des États-Unis, tandis que Washington a perdu un levier majeur contre l’Iran et le Hezbollah en Syrie et au Liban.

Après cet épisode, il ne restait plus à Washington que le maréchal Billingslea, secrétaire adjoint américain en charge du financement du terrorisme, à avertir le Hezbollah le 31 janvier, après une visite de deux jours à Beyrouth, de ne pas utiliser le nouveau gouvernement comme une bête de somme pour des opérations terroristes. Cet avertissement, cependant, ne fera que rendre Hassan Nasrallah un peu plus prudent. Il veillera à mettre en place un écran de fumée dense pour camoufler les sommes provenant des portefeuilles ministériels, dont les deux tiers sont sous le contrôle de ses alliés, à l’appui de ses activités néfastes.

Lorsqu’il a dicté la formation, Nasrallah a saisi les portefeuilles suivants: Trésor pour Ali Hassan Khalil, membre du mouvement chiite Amal et ami de confiance en Iran; Défense d’Elias Bou Saab, proche du président Aoun et du dirigeant du Hezbollah; La santé, qui commande des sommes importantes et des subventions de sources étrangères, au Dr Jamil Jabak; et Intérieur de Raya al-Hassan, la première femme à siéger dans un gouvernement libanais. Bien que membre du parti du Premier ministre Hariri, elle est proche du Hezbollah.

L’influence de l’Iran à Beyrouth étant assurée par Nasrallah au Liban, elle est assurée et fournit à Téhéran une base solide pour l’approfondissement de ses racines en Syrie face aux efforts israéliens et américains en vue de son éloignement.

Source Debka

© Traduction Europe Israël News

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