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La police a-t-elle réellement demandé à Google la suppression d’un photomontage de Macron sans base légale ?


La police a-t-elle réellement demandé à Google la suppression d’un photomontage de Macron sans base légale ?

L’office central de lutte contre la cybercriminalité a exigé le retrait d’un photomontage comparant Emmanuel Macron et Édouard Philippe à Pinochet et l’un de ses généraux du réseau social Google+. Contacté par CheckNews, il refuse d’expliquer pourquoi.

L’office central de la lutte contre la criminalité informatique a réclamé le retrait sur Google+ d’un photomontage visant le président de la République à la place de Pinochet avec, derrière lui, Édouard Philippe, Premier ministre et Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Contacté, l’organisme s’est refusé à nous livrer la moindre explication.

La photo initiale fut prise en 1973 par Chas Gerretsen, un photographe néerlandais de l’agence Gamma. « La posture, l’expression stricte et ferme du général Pinochet sur cette image sera réutilisée et largement détournée pour illustrer les excès de violence de sa dictature militaire » relate le site Phototrend, au fil de sa série Les dessous des images sur l’histoire de certains clichés emblématiques. Pour le cas présent, un contexte historique dramatique : « plus de 3 200 morts et disparus, plus de 38 000 torturés, des dizaines de milliers d’arrestations de dissidents ».

C’est cette photo qui a inspiré un internaute dans un détournement hébergé sur Google+. Et c’est exactement cette « caricature » qui a été ciblée par l’OCLCTIC, comme on peut le constater sur Lumen DataBase. Ce site répertorie l’ensemble des demandes de retraits, qu’elles proviennent d’ayants droit, de personnes physiques ou d’institutions gouvernementales, notamment.

Chas Gerretsen Détournement Internet

À gauche, la photo de Chas Gerretsen, à droite son détournement visé par l’OCLCTIC

Comme l’a révélé le site d’information spécialisé Next Inpact, l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information (OCLCTIC) a bien demandé le retrait de ce contenu le 14 janvier 2019. Comment ? Cet organisme de la police dédié à la lutte contre la cybercriminalité a adressé à la plateforme qui l’héberge, en l’occurrence Google, une demande de suppression. Et comment le sait-on ? Les plateformes comme Google, Twitter ou Facebook, communiquent toutes les demandes de suppression de contenus qu’elles reçoivent au site Lumen Database, qui est un projet de recherche de l’université américaine Harvardnotamment financé par Google. Le projet a pour vocation d’analyser ces demandes et les rendre publiques sur son site via un moteur de recherche.

Cette demande semble pour le moins étonnante quand on sait que l’OCLCTIC a pour mission principale de lutter contre les infractions liées «au terrorisme et à la pédopornographie» ou aux contenus illicites signalés par les internautes via la plateforme Pharos par exemple. Elle pose notamment la question de la base légale de cette requête de suppression de contenu (à laquelle Google n’a pas encore accédé). En effet, si certaines demandes sont justifiées, celle du 14 janvier 2019 ne comporte absolument aucun détail. Et contacté par CheckNews, le service d’information et de communication de la police nationale (SICOP) indique simplement que l’Office central de lutte contre la cybercriminalité ne fait «pas de commentaire» sur ce sujet.

Les dernières demandes de l’office de lutte contre la cybercriminalité en date remontent à décembre 2018. Deux tweets et un compte Twitter étaient visés. Le compte a été supprimé tandis que les deux tweets ont été «restreints» par le réseau social, c’est-à-dire qu’il reste en ligne mais qu’ils ne sont plus accessibles depuis la France. Consultés par CheckNews, les deux tweets en question comportent des propos injurieux dans un cas et racistes dans l’autre.

Si l’on remonte un peu plus loin, on trouve des exemples de demandes de suppression effectuées directement par les autorités françaises concernant des cas d’atteinte à la dignité des personnes par exemple (comme dans cette demande de suppression des photos de l’intérieur du Bataclan après l’attentat de 2015) ou d’apologie du terrorisme.

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