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Le professeur Matthias Henze, expert de la Bible : « Jésus était plus juif que vous ne le pensez »


Le professeur Matthias Henze, expert de la Bible : « Jésus était plus juif que vous ne le pensez »

L’origine de la foi du Messie chrétien se comprend mieux après une plongée dans l’ère du Second Temple, où judaïsme et christianisme se mêlaient.

Lorsque Matthias Henze, professeur de religion à Rice University, se rend dans des églises et des synagogues locales de Houston pour promouvoir la compréhension interconfessionnelle entre le christianisme et le judaïsme, il aborde une période particulière : le fossé de quatre à cinq siècles qui existe entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

« Cela a été négligé pour un certain nombre de raisons », analyse Henze, érudit de la Bible hébraïque et du judaïsme, en mettant l’accent sur le Second Temple. « Les juifs et les chrétiens ne prêtent pas beaucoup attention à cette période. »

Selon Henze, le « fossé de plusieurs siècles » entre le quatrième siècle avant notre ère et le premier siècle de notre ère est crucial pour comprendre que l’abîme entre les deux religions pourrait être beaucoup, beaucoup moins important qu’on ne le pense. Il soutient que les textes religieux hébraïques de cette période, y compris les manuscrits de la mer Morte, ont contribué à influencer Jésus, qu’il décrit comme un juif qui pratiquait le judaïsme de son époque.

Cet argument est évoqué dans le sous-titre de son nouveau livre, « Attention à la différence : comment les écrits juifs entre l’Ancien et le Nouveau Testament nous aident à comprendre Jésus. »

Ayant connaissance des textes religieux hébraïques de ces années d’intervalle, « Jésus a maintenant un contexte », se félicite Henze. « Nous l’avons mis là où il doit être. Il n’est plus un personnage tout seul, il n’est plus ponctuel. »

Et, ajoute-t-il, « une fois que nous comprenons Jésus comme faisant partie d’un monde juif plus large, je pense que nous rendons beaucoup plus justice au Nouveau Testament. »

Le côté face de la pièce

Henze est un fervent partisan de la sensibilisation interconfessionnelle. Luthérien originaire de Hanovre, en Allemagne, il est le directeur du département des études juives de Rice University, qu’il a fondé en 2009.

« J’ai un profond intérêt pour le judaïsme et l’histoire de Jésus, et aussi pour l’hébreu », déclare Henze.

Des centres d’intérêt qui l’ont bien préparé pour ses séminaires sur le judaïsme et le christianisme dans les institutions religieuses locales.

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« Je suis très à l’aise lorsque je fais des conférences dans les églises sur les questions juives et la construction de la communauté », s’est réjoui Henze. « Les gens veulent parler du christianisme, en particulier de Jésus. Ils ont un grand désir d’en apprendre plus sur les origines du christianisme, le mouvement du début de Jésus. »

Cela a été essentiel pour comprendre les années d’intervalle — en gros, « la dernière partie de la période du Second Temple », écrit Henze dans un courriel.

Ces années d’intervalle ont commencé après que les derniers livres de l’Ancien Testament ont été écrits au quatrième siècle avant l’ère commune (la seule exception étant le Livre de Daniel, qui a été rédigé à partir du deuxième siècle avant l’ère commune) et prennent fin avec le Nouveau Testament, écrit dans la seconde moitié du premier siècle de l’ère commune.

« Ma thèse est que pendant cet intervalle », analyse Henze, « les juifs se sont sentis libres d’écrire de nouveaux textes, de penser de nouvelles choses, de développer de nouvelles formes d’expression littéraire. »

C’était une époque où les royaumes d’Israël et de Judas étaient gouvernés, successivement, par les Perses, les Grecs, les Hasmonéens et les Romains. Seuls les Hasmonéens, de la dynastie des Maccabées, étaient une lignée locale.

À la fin de cette période, déclare Henze, les juifs se sont courageusement essayés à de nouvelles idées, et « le christianisme émerge … Jésus arrive, l’héritier de ces idées. »

Mais cette pensée nouvelle a été suivie par des actes punitifs — la crucifixion de Jésus et la destruction du Second Temple. La date généralement acceptée de la crucifixion de Jésus se situe entre 30 et 33 de l’ère commune. Le Second Temple est tombé en 70 de notre ère.

Les manuscrits de la mer Morte, compilés par la communauté essénienne à Qumrân, font partie des textes religieux hébreux les plus connus de cette période de vide liturgique. Henze en cite d’autres également.

Le parchemin de guerre, trouvé dans la grotte Qumran 1 (Crédit : Domaine public)

La Septante, ou la traduction grecque du Tanakh, inclut les Apocryphes, que Henze a qualifiés de « liste bien définie de certains anciens livres juifs » non retrouvés dans la Bible hébraïque, tels que les livres de Tobith et Judith, et le livre 1 et 2 des Maccabées.

D’autres textes juifs plus anciens datant de la même époque, ou d’un peu avant, ne faisaient pas partie d’une liste fixe et ont été désignés comme des pseudépigraphes, un terme grec signifiant « écrit sous un pseudonyme », déclare Henze. Dans ce cas, « ils ont été écrits sous le nom d’une ancienne figure biblique ».

Il mentionne le livre d’Énoch, qui évoque « un personnage mentionné dans le 5e chapitre de la Genèse, une figure très importante pour les juifs aux troisième et deuxième siècles avant notre ère », ainsi que le Livre des Jubilés, « un livre juif du deuxième siècle avant notre ère qui racontait [les faits décrits dans] le Livre de la Genèse et de l’Exode. »

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Un produit de son temps

Collectivement, explique Henze, ces œuvres éclairent sur le judaïsme de Jésus.

« Nous ouvrons le Nouveau Testament et nous trouvons un Jésus qui faisait partie du judaïsme de son époque », déclare Henze. « Il était Juif, né en Israël de parents juifs, élevé [là], présenté au Temple, et qui est mort juif. »

Mais le judaïsme de l’époque de Jésus diffère de celui de l’Ancien Testament.

« Dans le Nouveau Testament, Jésus se rend à la synagogue dans le chapitre 4 de l’évangile de saint Luc, ‘suivant sa coutume’, le jour du Shabbat. Il n’y a pas de synagogue dans l’Ancien Testament et la Bible hébraïque », déclare Henze.

« Jésus est appelé ‘rabbi’ par ses disciples. Il n’y a pas de rabbins dans le Tanakh. Jésus passe beaucoup de temps à discuter de la Torah et des Pharisiens, comme tout chrétien le sait. Il n’y a pas de Pharisiens dans le Tanakh. On dit que la résurrection est la fin de la vie. Ce n’est pas le cas dans la Bible hébraïque, sauf le Livre de Daniel, le dernier livre dans la Bible. »

Un employé de l’Israel Antiquities Authority montre une image spectrale des fragments des manuscrits des rouleaux de la mer Morte, au Musée d’Israël à Jérusalem le mercredi 18 décembre 2012

Henze ajoute que « lorsque les chrétiens lisent ceci et se tournent vers l’Ancien Testament, et qu’il n’y a pas de textes qui l’expliquent, ils supposent que Jésus rompait vraiment avec tout. … L’argument du livre est que oui, c’est extraordinaire, mais seulement si tout ce que vous lisez est l’Ancien Testament. Nous négligeons le fait que Jésus faisait partie d’un judaïsme dérivé qui s’est écarté de la Bible hébraïque. »

Pour faire valoir son point de vue, Henze se concentre sur ce qu’il décrit comme les quatre grands thèmes du christianisme primitif : « le messianisme, les démons et esprits impurs — un monde vivant densément peuplé d’anges et de démons — la Torah, sa signification et son interprétation correcte, et la croyance en la résurrection ou la vie sur la mort, la vie avec les anges. »

« Oui, tout cela vient de l’Ancien Testament », opine-t-il. « Mais ils ne sont pas vraiment évoqués dans l’Ancien Testament. Ils étaient plus tirés de la littérature très riche qui suivait l’Ancien Testament et qui précède le Nouveau Testament, où ces thèmes étaient plus systématiques. »

L’idée que Jésus était le Messie d’Israël est née de « l’attente d’un messie [qui viendrait] à la fin des temps, l’histoire telle que nous la connaissons, un agent de Dieu, moshiach [le Messie] », a-t-il expliqué. « C’est le genre de choses que l’on ne trouve pas dans le Tanakh en tant que tel. »

L'Edicule du Tombeau de Jésus-Christ, où son corps aurait reposé, dans l'église du Saint-Sépulcre de la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 mars 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

L’Edicule du Tombeau de Jésus-Christ, où son corps aurait reposé, dans l’église du Saint-Sépulcre de la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 mars 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

Mais, nuance-t-il, « il existe un certain nombre de textes, principalement tirés des manuscrits de la mer Morte, sur les premières attentes messianiques juives comparables à la description de Jésus dans les Evangiles. Il est évident que l’écrivain évangélique essayait de prouver que Jésus était le messie qu’Israël attendait, en utilisant des termes que la population juive connaissait [à l’époque]. »

Et, poursuit-il, bien que « la résurrection, était [un thème] si central au début du christianisme à l’époque, il n’y avait aucune croyance en la résurrection des morts dans le Tanakh », sauf dans le Livre de Daniel, qui date de la fin de la période du Second Temple.

« Entre l’Ancien et le Nouveau Testament, un certain nombre de textes juifs parlent de la résurrection, de la vie en compagnie des anges. Nous devons l’étudier dans le contexte d’autres textes juifs », a déclaré Henze.

Une chronologie fascinante

Les autres collègues de Henze trouvent ses arguments intrigants — mais mettent toutefois en garde.

Le tombeau du roi David et le cénacle, qui est supposé être le site de la Cène, sont situés dans le même bâtiment sur le mont Sion (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le tombeau du roi David et le cénacle, qui est supposé être le site de la Cène, sont situés dans le même bâtiment sur le mont Sion (Crédit : Shmuel Bar-Am)

« Les sources de notre compréhension de Jésus sont complexes », déclare David Lincicum, professeur associé à l’université américaine Notre-Dame, qui s’intéresse aux études bibliques, au christianisme et au judaïsme dans l’Antiquité et qui collabore avec Henze sur un autre projet. « On ne sait pas quel genre d’éducation [Jésus] recevait. »

« Je pense qu’il est juste de dire que beaucoup de textes [hébraïques pendant cet intervalle] reflètent les discussions dans l’air au premier siècle. Les Apocryphes semblent avoir été répandus au début du judaïsme. Il y avait une connaissance en dehors des textes », déclare Lincicum.

Et « si la Bible hébraïque est relativement silencieuse sur le messie, [le sujet devient un thème familier plus tard], soudain tout le monde parle du messie. Il y a des fossés qui se creusent dans le judaïsme. Dans certaines branches, il y a une figure consacrée pour sauver Israël. Il se peut que Jésus ne connaisse pas de texte particulier, mais cela pourrait attester d’un courant dominant auquel il n’avait peut-être pas accès », estime-t-il.

Cependant, Darrell L. Bock, professeur de recherche des études sur le Nouveau Testament au Dallas Theological Seminary, met en garde contre la surestimation de la signification de l’écart entre ces siècles.

Le cénacle, ou chambre haute, sur le mont Sion juste à l’extérieur de la Vieille Ville, où les chrétiens croient que Jésus a organisé la dernière Cène, et qui est vénéré par les Juifs comme l’emplacement de la tombe du roi David (Crédit : AFP / Constance Decorde)

Le cénacle, ou chambre haute, sur le mont Sion juste à l’extérieur de la Vieille Ville, où les chrétiens croient que Jésus a organisé la dernière Cène, et qui est vénéré par les Juifs comme l’emplacement de la tombe du roi David (Crédit : AFP / Constance Decorde)

Par exemple, Bock disait que, ce n’est pas parce que les rabbins « n’émergent pas d’une manière significative jusqu’à ce que la centralité du Temple soit perdue, que la destruction du Temple signifie pour autant qu’il n’y avait pas de rabbins. »

Une piscine naturelle le long des falaises anciennes de Qumran (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une piscine naturelle le long des falaises anciennes de Qumran (Crédit : Shmuel Bar-Am)

« Faites attention lorsque vous [qualifiez les rabbins] d’anachronisme », met-il en garde. La connaissance de Bock sur Jésus est peut-être mieux résumée dans son best-seller de 2004 Briser le code Da Vinci: réponses aux questions que tout le monde se pose.

Il a également noté que l’évolution pendant la période d’intervalle pourrait ne pas avoir été causée exclusivement par des facteurs religieux, mais aussi par des facteurs politiques et sociaux.

L’Israël biblique « contrôlait la situation politique et sociale sur le territoire », explique Bock. « Ce n’était pas le cas du temps de Jésus. L’influence gréco-romaine était omnipotente, omniprésente. Ces différences sont importantes. Des concepts sont développés — le Messie, un espoir, un retour à la règle dynastique effective de l’Ancien Testament. »

« Dans le texte inter-testamentaire, on met l’accent sur le culte messianique, qui suscitera l’espoir et la justification. Jésus se présente comme le messie pas seulement pour Israël. Il se concentre également sur la façon dont les autres sont traités. C’est similaire d’un côté et distinct de l’autre », a déclaré Bock.

Bock précise pour le Times of Israëlque Jésus finit par se différer de tous les groupes de son époque : les Sadducéens, les Pharisiens, les Esséniens et les Zélotes.

« Je pense que Jésus espérait qu’il se distinguerait quelque peu de la variété de ces approches », déclare Bock. « Il a développé une tradition qui réagissait dans une certaine mesure contre tous ces groupes. »

Bock convient que « Jésus n’a pas rempli un vide. Il ne l’a pas fait en tant que juif qui s’est éloigné de tout ce qui était juif. Clairement, Jésus pensait indépendamment les choses : la tradition juive, ce genre de chose. »

Qu’en penserait Jésus ?

Que l’on soit d’accord ou non avec Henze, l’auteur espère encourager la pensée indépendante avec son livre — y compris dans sa section finale.

Matthias Henze, professeur de religion à l’université de Rice et auteur de ‘Mind the Gap’ (Crédit : Autorisation)

Matthias Henze, professeur de religion à l’université de Rice et auteur de ‘Mind the Gap’ (Crédit : Autorisation)

« Je lance quelques défis aux lecteurs chrétiens », explique-t-il. « Comment notre compréhension de Jésus et du Nouveau Testament change-t-elle si nous prenons au sérieux le fait que Jésus était un juif ? ».

« Beaucoup de chrétiens croient que Jésus était exactement comme eux, qu’il avait la même théologie, il vous ressemblait, il était de la même confession et vivait dans l’Israël du premier siècle », a déclaré Henze.

Henze appelle les chrétiens à se familiariser avec le judaïsme — celui de leur voisin d’aujourd’hui, mais aussi avec la version vieille de 2 000 ans pratiquée par Jésus et d’autres juifs de son époque.

Henze espère que tous les lecteurs, de toutes religions, « s’ouvriront à la possibilité d’un contexte historique et religieux » et « liront le Nouveau Testament d’une manière plus responsable et mieux informée ».

« Mon espoir pour le livre est qu’il va trouver un large public et les gens vont commencer à repenser ce qu’ils croyaient connaître », a-t-il conclu.

Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem Théophile III à la procession des rameaux de Pâques à l’église du Saint sépulcre, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 9 avril 2017 (Crédit : Gali Tibbon/AFP PHOTO)

Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem Théophile III à la procession des rameaux de Pâques à l’église du Saint sépulcre, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 9 avril 2017 (Crédit : Gali Tibbon/AFP PHOTO)

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  • 13 thoughts on “Le professeur Matthias Henze, expert de la Bible : « Jésus était plus juif que vous ne le pensez »

    1. esther

      Avant 325 après JC, les chrétiens des Eglises d’Orient, donc y compris ceux vivant en Palestine (ce nom est romain et nullement arabe et encore moins musulman) fêtaient la Pâque chrétienne le même jour que Pessah, la « Pâque » juive. Comment cela aurait-il été possible si les seconds, les juifs donc, avaient tué le Dieu des premiers, les chrétiens ? Non, cela aurait été impossible. L’infamie de peuple déicide est donc introduite par Constantin 1er, un des plus grands empereurs romains, en 325 au Concile de Nicée (petite ville située dans la Turquie actuelle, donc chrétienne au IV siècle puisque l’Islam naît en 622, année de l’Hégire); voulant unir toutes les Eglises de son immense empire, il prend le contrôle de la religion chrétienne et probablement de bien d’autres cultes,pour asseoir sa domination, politise cette religion et interdit aux chrétiens d’Orient de célébrer Pâque en même temps que les juifs en mettant bien l’accent sur le fait que ces juifs ne sont pas des gens acceptables.
      Pour comprendre le rapport de Jésus au judaïsme et au christianisme, il ne faut pas seulement mettre l’accent sur sa judaïté qui est indéniable mais il est impératif de comprendre les falsifications (les fake news d’alors) du pouvoir romain des cinq premiers siècles par rapport au christianisme. Expurgée de ses fake news, la religion chrétienne n’aurait pas du tout le même visage de celui qu’elle a aujourd’hui : cette religion serait probablement qu’un courant du judaïsme.

    2. esther

      Pâques était l’unique fête pour les chrétiens des quatre premiers siècles. Noël n’était pas célébré en 325 après JC, année du Premier Concile de Nicée : cette fête ne fait son apparition qu’une dizaine d’années plus tard, vers 335 toujours sous Constantin 1er (il meurt en 337) pour réunir certainement tous les cultes païens qui célébraient le solstice d’hiver et même les non-païens qui ne le fêtaient pas comme les chrétiens et cet Empereur passablement despote impose alors même si c’est indirectement et, une date de naissance au Christ et un anniversaire (ce n’était nullement commandé dans le Nouveau Testament de marquer la naissance de Jésus contrairement à sa mort symbolisée par la célébration de son dernier repas); Constantin « contraint  » donc tous à fêter en même temps les rites liés à ce solstice toujours dans le souci d’unifier l’Empire Romain et de mettre tout sous sa gouverne, voire sous sa férule. Jusque vers 335 après JC, la seule fête chrétienne était donc Pâques et les chrétiens de l’Empire Romain d’Orient (qui deviendra vers 450 l’empire byzantin quand il se séparera de l’Empire Romain d’Occident) la fêtaient en même temps que Pessah, c’est dire les liens plus que profonds qui liaient judaïsme et christianisme.

      PS : …cette religion Ne serait qu’un courant du judaïsme…
      La photo d’illustration montre d’ailleurs le dernier repas de Jésus, la Sainte-Cène pour les chrétiens.

    3. Martine

      Pour notre part dans le courant évangélique il est évident que Jésus est juif, descendant de David, faisant partie de la tribu de Juda. L’ancien et le nouveau testament sont intimement liés. Regardons toutes les prophéties d’Esaïe, Michée, Osée qui annonce la naissance du Christ, regardons toute la part du Christ messianique dans les psaumes, toutes les prophéties liées à sa mort sur la croix Esaïe encore une fois. Je ne vois pas le scoop de ce monsieur!!! Mme Esther a entièrement raison dans ce qu’elle écrit, car dans la Bible on ne demande pas de fêter la naissance du Christ par contre il y a des fêtes de l’ancien testament qui se retrouvent chez nous ne serais ce que la Pâques. C’est pour nous une très grande richesse d’étudier l’ancien qui éclaire le nouveau testament. Il est évident que notre héritage est bien juif, pour nous chrétiens.

    4. Shemuel

      Erreur: Le livre de Yehezkel parle aussi de la résurrection des morts , et pas seulement le livre de Daniel. Notamment dans le chapitre 37, la fameuse résurrection des « os desséchés ».
      Le Tanah (la bible) est très clair: la résurrection des morts (ou des os desséchés) , est le retour du peuple d’ Israël sur sa terre. Ainsi, Israël hors de sa terre, est reconsidérée comme  » mort » … car sans lien avec Dieu… une mort spirituelle… comme une vigne en dehors de sa terre…

      Voici le texte en francais
      Ezéchiel, 37

      1 La main du Seigneur se posa sur moi et le Seigneur me transporta en esprit et me déposa au milieu de la vallée, laquelle était pleine d’ossements. 2 Il me fit avancer près d’eux, tout autour; or, il y en avait un très grand nombre à la surface de la vallée, et ils étaient tout desséchés. 3 Il me dit: « Fils de l’homme, ces ossements peuvent-ils revivre?  » Je répondis « Seigneur Dieu, tu le sais. » 4 Et il me dit: « Prophétise sur ces ossements et dis-leur: Ossements desséchés, écoutez la parole de l’Eternel! 5 Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements: Voici que je vais faire passer en vous un souffle, et vous revivrez. 6 Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai croître autour de vous de la chair, je vous envelopperai d’une peau; puis je mettrai en vous l’esprit, et vous vivrez; et vous reconnaîtrez que je suis l’Eternel. » 7 Je prophétisai comme j’en avais reçu l’ordre. Il se fit une rumeur, comme je prophétisais, puis un frémissement, et les os se rapprochèrent en s’ajustant l’un à l’autre. 8 Je vis qu’il y avait sur eux des nerfs, qu’une chair s’était développée et qu’une peau s’étendait par-dessus, mais de souffle, il n’y en avait point encore. 9 Il me dit fais appel à l’esprit, fais appel, fils de l’homme, et dis à l’esprit: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu’ils revivent. 10 Et je prophétisai, comme il me l’avait ordonné; et l’esprit les pénétra, ils vécurent et ils se dressèrent sur leurs pieds, en une multitude extrêmement nombreuse. 11 Alors il me dit: « Fils de l’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! » 12 Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israël. 13 Et vous reconnaîtrez que je suis l’Eternel, quand j’aurai ouvert vos tombeaux et quand je vous aurai fait remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! 14 Je mettrai mon esprit en vous et vous serez vivifiés, et je vous asseoirai sur votre sol, et vous reconnaîtrez que je suis l’Eternel, -qui ai parlé et qui exécute, dit l’Eternel. » 15 La parole de l’Eternel me fut adressée en ces termes 16 « Or toi, fils de l’homme, prends une pièce de bois et écris dessus: « Pour Juda et pour les enfants d’Israël, ses associés. Puis, prends une autre pièce de bois et écris dessus: Pour Joseph, souche d’Ephraïm, et toute la maison d’Israël, ses associés. 17 Rapproche ces pièces l’une de l’autre, pour n’avoir qu’une pièce unique; et elles seront réunies dans ta main. 18 Et lorsque les enfants de ton peuple te parleront ainsi: « Ne nous révéleras-tu pas ce que tu entends par là?  » 19 Réponds-leur Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici, je vais prendre l’arbre de Joseph qui est dans la main d’Ephraïm, et les tiges d’Israël, ses associées; je les lui adjoindrai avec l’arbre de Juda, et j’en ferai un arbre unique, et ils ne feront qu’un dans ma main. 20 Or, les pièces de bois sur lesquelles tu auras écrit seront dans ta main, [visibles] à leurs yeux, 21 puis dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici, je vais prendre les enfants d’Israël d’entre les nations où ils sont allés, je les rassemblerai de toutes parts et je les conduirai sur leur territoire. 22 Je les constituerai en nation unie dans le pays, sur les montagnes d’Israël; un seul roi sera le roi d’eux tous: ils ne formeront plus une nation double et ils ne seront plus, plus jamais, fractionnés en deux royaumes. 23 Ils ne se souilleront plus par leurs idoles abjectes, par leurs turpitudes, par tous leurs forfaits; je les tirerai de toutes les demeures où ils ont péché, et je les purifierai: alors ils seront pour moi un peuple et moi, je serai pour eux un Dieu. 24 Mon serviteur David régnera sur eux, il n’y aura qu’un pasteur pour eux tous; ils suivront mes lois, ils garderont mes statuts et s’y conformeront. 25 Ils habiteront le pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob, qu’ont habité vos pères; ils y demeureront, eux et leurs enfants et leurs petits-enfants pour toujours, et David, mon serviteur, sera leur prince pour toujours. 26 Je contracterai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle leur sera accordée, je les rétablirai. Je les rendrai grands, et je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. 27 Ma résidence sera près d’eux; je serai leur Dieu, et eux seront mon peuple. 28 Et les nations sauront que moi, l’Eternel, je sanctifie Israël, puisque mon Sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours. »

    5. esther

      A théologien, je préfère historien des religions car le second terme ne fait pas intervenir la foi de la personne qui étudie, soit qu’elle n’en a pas, soit qu’elle sait la mettre totalement à distance de ces recherches, tandis que le premier, presque toujours; or, la foi subjective l’étude.

      Shemuel, c’est totalement vrai ce que vous dites mais du point de vue du judaïsme car du point de vue du christianisme, la résurrection de Jésus aboutit à un corps physique nouveau éternel, ce qui la rend supérieure et différente de toutes les autres formes de résurrection auxquelles les théologiens chrétiens préfèrent le terme de « revenir à la vie » ou de « réanimation » : le problème s’est d’ailleurs très vite posé pour les chrétiens eux-mêmes quand certains d’entre eux se sont demandés pourquoi les résurrections de Lazare et de la fille de Jaïre dans le Nouveau Testament n’avaient pas la même importance que celle de Jésus; les exégètes des Evangiles leur ont alors répliqué que Lazare et la fillette continuaient leurs vies dans des corps mortels et non dans des corps renouvelés. Je parlerai ici de transformation d’une vérité, d’un fait (la même norme ou mesure, ici, la résurrection, appliquée à tous de façon égalitaire), non de falsifications, mot que je réserve aux empereurs, aux rois et aux chefs d’Etat. Et pour l’infirmière que j’ai été, je corrobore plus la thèse soutenue par certains auteurs de l’hypoglycémie pour l’adolescente, peut-être un jour de Kippour, jour de jeûne, puisque Jésus ordonne de lui donner à manger en disant qu’elle n’est pas morte mais qu’elle dort et pour la fidèle amie que je suis, je corrobore celle soutenue par d’autres auteurs, de l’hypothèse de faire plaisir intensément à un précieux ami et de le secourir même au prix d’un pieux mensonge pour Lazare (Lazare et ses soeurs Marie et Marthe étaient de grands amis de Jésus qui était de plus en plus isolé); la mort de ce dernier n’est d’ailleurs pas du tout relatée dans les Evangiles et Jésus le pleure amèrement quand il comprend que Lazare est très malade et va mourir. Pourquoi s’il savait qu’il allait le ressusciter ? Mais là, c’est une juive non pratiquante qui écrit, pas une chrétienne pleine de foi. Je répète qu’il faut étudier aussi les cinq siècles après JC et non pas seulement les cinq siècles avant JC pour comprendre le christianisme.
      Après, je respecte la foi des chrétiens et des juifs, foi pour laquelle j’ai de l’admiration car c’est elle qui permet aux hommes et aux femmes d’espérer et de tenir face aux malheurs qui jalonnent leurs vies et il est là, le miracle et le merveilleux. Ce n’est pas pour rien que ce soit l’espérance qui s’échappe en dernier de la boîte de Pandore car c’est elle qui console tout.

      A martine, je dirai que j’ai totalement conscience que dans le protestantisme, et particulièrement chez les Evangéliques, les liens avec le judaïsme et le peuple juif sont beaucoup plus forts que dans le catholicisme qui ne s’est pas complètement défait de cette horreur de peuple déicide et c’est dommage.

    6. Yannouch

      Jésus était dans ses enseignements, et dans l’Etre qu’il était, bien plus Védantique que Juif; d’ailleurs le clergé juif l’a condamné à mort …
      Et le clergé chrétien l’a « assassiné » , lui et ses enseignements, cette fois symboliquement,une seconde fois.

    7. esther

      Ce qui fait de nous des Juifs avant tout, c’est notre naissance car être Juif est bien plus qu’une religion or Jésus est né juif et a grandi en tant que juif. Peu importe nos opinions, nos idées, nos enseignements, notre foi ou notre absence de foi car comme dit JK Rowling et d’autres, les athées juifs n’ont pas été dispensés de porter l’étoile jaune. Je ne suis pas une juive religieuse mais si un jour, seuls les juifs religieux devaient aller à la mort, je les défendrais et j’irais avec eux.

      Il est vrai qu’Elizabeth Clare Prophet, dans le livre qu’elle a écrit « Les années perdues de Jésus » émet comme hypothèse qu’entre 17 et 30 ans, Jésus serait parti jusqu’en Inde et se serait intéressé aux doctrines hindouistes dont celle du Vedanta mais il n’en reste pas moins juif; je rappelle qu’il suffisait d’avoir UN seul grand-parent juif pour finir dans les camps d’extermination.

      Le motif de mise à mort de Jésus est écrit sur le haut de sa croix et il est politique : INRI ou Iesus Nazareus Rex Iudarum ou Jesus le Nazaréen Roi des Juifs. S’il est vrai que pour un motif religieux, il gênait le Sanhedrin, il gênait bien plus Rome pour un motif politique car il ne pouvait pas avoir deux César sur l’Empire : un Romain et un Juif autoproclamé Roi. C’est donc bien pour un motif politique que Jésus est crucifié par le pouvoir romain.

    8. Shemuel

      Esther
      1. relisez donc le texte et vous comprendrez le sens du message que Dieu transmet a Yehezkel, et donc a nous. Le sens simple, ce que Dieu dit et écrit… lire sans apriori partisan. Car le but (ou notre devoir) est de comprendre ce que Dieu veut dire (versets 11 et 12 … entre autres…).

      2. Et la preuve de ce message, et bien vous le voyez de vos propres yeux . Depuis 150 ans le peuple d’Israël, le peuple juif, est de retour sur sa terre, promise par Dieu… avec tous les miracles qui l’accompagnent. Nous sommes témoins de la réalisation de la plus grande prophétie de tous les temps : Dieu ramène Israel sur sa terre, tel que cela a été prophétisé par, au moins, 6 prophètes du Tanah (Bible). Dieu a promis , Dieu a réalisé.

      3. Et si vous voulez bien lire ce chapitre jusqu’au bout alors vous saurez aussi la suite des prochains évènements : verset 26, 27 et 28… bien sur je vous conseille de lire tout le livre de Yehezkel… ce serai dommage de ne pas vouloir comprendre ce que Dieu adresse a l’humanité…

      Voici , entre autre, ce que vous devez relire de ce fameux chapitre 37:

      …11 Alors il me dit: « Fils de l’homme (Yehezkel) , ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! » 12 Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israël…

    9. LeClairvoyant

      Jésus était bien juif, puis chrétien par adoption. Ce qui n’était pas, c’est musulman. Car cette religion persécute les juifs et les chrétiens, depuis que Mahomet se détourne de prier vers Jérusalem, pour prier en direction de la Mecque.

    10. Gédéon

      L’étude évoquée ici semble incomplète et imprécise; Si on lit attentivement les évangiles , Jésus ne fête pas exactement la fête de Pâque en même temps que ses contemporains. Il suit en fait un calendrier solaire et non luni-solaire, Il suit le calendrier décrit dans le livre d’ Enosh et des Jubilés. L’auteur oublie de mentionner que le judaïsme était fortement empreint des pratiques et traditions babyloniènes et que les lois pharisiennes se voulaient au-dessus du Tanahk’, ce que Jésus reprocha à ces mêmes pharisiens, que les livres d’Enosh et des Jubilés étaient dans la Bible hébraïque et n’en furent retirés qu’après le « concile » de Yavnéh.
      Les 1er chrétiens étaient pratiquement tous juifs. ils fêtaient les fêtes juives de Pessakh’, Yom kippour,..etc.. et faisaient le shabbat. Le livre des Jubilés , retiré à tort selon moi de la Bible, explique par ailleurs très bien la date et l’origine de Yom Kippour.
      voir : https://actubible.wordpress.com/2018/09/15/yom-kippour-pourquoi-cette-celebration-meme-nos-amis-juifs-nen-connaissent-pas-lorigine/

    11. LeClairvoyant

      Jésus était bien juif, puis chrétien par adoption. Ce qui n’était pas, c’est musulman. Car cette religion persécute les juifs et les chrétiens, depuis que Mahomet se détourne de prier vers Jérusalem, pour prier en direction de la Mecque les massacres des juifs et des chrétiens par les musulmans pour faire un grand empire a commencé..

    12. Gédéon

      @shemuel

      oui pour la vision d’Ezékiel , j’adhérais à votre interprétation mais il y a une autre interprétation possible et à mon avis plus vraisemblable. Il s’agit d’une réelle résurrection des saints qui formeront l’armée du Messie lors de son retour an gloire pour libérer le « grand Israël » , d’un fleuve à l’autre.
      Ces ossements sont TOUT ISRAEL, c-a-d , Ephraïm et les tribus qui lui sont associées ,et Juda et les tribus qui lui sont associées.

      Ez 37:11Alors il me dit : fils d’homme, ces os sont toute la maison d’Israël
      Ez 37:15Puis la parole de l’Eternel me fut [adressée], en disant : 16Et toi, fils d’homme, prends un bois, et écris dessus : pour Juda, et pour les enfants d’Israël ses compagnons; prends encore un autre bois, et écris dessus : le bois d’Ephraïm et de toute la maison d’Israël ses compagnons, pour Joseph. 17Puis tu les joindras l’un à l’autre pour ne former qu’un même bois, et ils seront unis dans ta main.

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