toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Tunis : la Gauche antisemite menace la vie d’un universitaire judéophile membre de la LICRA


Tunis : la Gauche antisemite menace la vie d’un universitaire judéophile membre de la LICRA

Des laïques de la Gauche en Tunisie s’en prennent à l’intellectuel Habib  Kazdaghli,  président d’honneur de la branche  tunisienne de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), qui  est à present menacé, non pas par les islamistes, mais par les mouvements laïques antisémites de la Gauche tunisienne.   

Cela était malheureusement prévisible. Le professeur Habib Kazdaghli, qui a été désigné la semaine dernière comme  responsable de la commission histoire et mémoire de la LICRA en Tunisie, est menacé sur les réseaux sociaux par des groupes laïques extrémistes pour « des liens avec des sionistes», selon les médias locaux.

Contrairement de chez nous, le mot «sioniste» a une connotation négative dans les milieux antijuifs en Tunisie et les judéophiles sont considérés comme des traites.

Loading...

Les activistes de la Gauche tunisienne s’étaient déjà manifestés ce week-end  à la capitale Tunis en s’en prenant à Kazdaghli, ancien doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’Université de Tunis La Manouba.

Le parti politique tunisien centriste Al Massar, a annoncé ce dimanche, 11 novembre 2018, le gel de l’adhésion de Habib Kazdaghli après la polémique  provoquée par la Gauche tunisienne  suite au lancement d’une branche de LICRA-Tunisie.

Le bureau politique de ce parti, qui jusqu’ici était modéré, a pris cette décision suite à une réunion tenue ce dimanche 11 novembre 2018. Ce parti a ajouté que les agissements, les appartenances et les positions de Habib Kazdaghli ne représentent pas l’opinion d’Al Massar, et a appelé toutes les structures du parti à se conformer à cette décision.

Notons que la page web sur laquelle LICRA qui avait annoncé le lancement de ses activités en Tunisie, sous le titre « La LICRA s’engage en Tunisie » n’est plus visible. L’annonce de la LICRA a été supprimée sur instruction du président du bureau tunisien de la LICRA, Achref Sallami, suites aux menaces de la Gauche tunisienne et de L’Instance nationale de soutien à la résistance arabe, à la lutte contre la nominalisation et le sionisme (INSRA).

Nous savons tous que les mouvements de gauche sont souvent excessifs. Nous en avons une nouvelle fois la preuve. Plusieurs fois menacé et agressé physiquement dans son université par les groupes salafistes, Habib Kazdaghli se voit maintenant menacé par les laïques de la Gauche.

Qui est Habib Kazdaghli ?

Learn Hebrew online

Le professeur Habib Kazdaghli, qui cherche actuellement la protection de son pays, est un spécialiste d’histoire contemporaine depuis 25 ans, spécialiste des Juifs de Tunisie.

Son doctorat, il l’a consacré à l’histoire du Parti communiste tunisien, en étudiant les groupes ethniques, et en particulier les minorités au sein du parti, dans une société coloniale de 1919 à 1943. « Une approche anthropologique, en lien avec la mémoire ».

Kazdaghli qui est judéophile estime que la minorité juive, bien qu’absente des manuels d’histoire, est une partie intégrante de l’identité tunisienne. Il anime aussi un laboratoire de recherche « Régions et ressources patrimoniales de Tunisie » qui tente d’identifier et de reconstituer les ressources du patrimoine juif. Pour lui  la vraie identité se définit par sa pluralité et non des traits réducteurs qui  entrainent la non-reconnaissance.

Loading...

Toutes  les recherches de Habib Kazdaghli sur les Juifs de Tunisie lui vaudront d’être considéré comme un partisan de « la colonisation israélienne…».

Les groupes de la Gauche tunisienne tentent maintenant de pousser Habib Kazdaghli à renoncer à sa nouvelle mission scientifique au sein de la LICRA. Les militants de la Gauche ont commis déjà des violences physiques ou des dommages matériels contre des personnes qui ont des opinions non conformistes. Ils sont hostiles à liberté académique dans les universités, ils  font preuve d’hostilité à l’encontre des penseurs libres et ils ont une propension à la violence envers les personnalités proches des juifs ou d’Israël.

Dans toutes les formes d’extrémismes en Tunisie, on parle moins des violences de la Gauche laïque radicale par rapport aux islamistes radicaux. Pourtant les militants  de la Gauche  sont nettement plus enclins à la violence et ils adhèrent de façon plus importante aux dimensions idéologiques lorsqu’il s’agit des juifs ou d’Israël.

Devenu bien malgré lui le symbole de la lutte pour les libertés académiques, Habib Kazdaghli est rendu célèbre en 2012 par sa résistance aux salafistes en Tunisie. Il ne sort jamais de chez lui avant l’arrivée d’un garde du corps qui ne le quitte pas d’une semelle, du matin au soir.

Le Congrès mondial des libertés académiques avait consacré Kazdaghli « Doyen Courage », en 2014  en lui attribuant le « Prix mondial des libertés académiques » à Amsterdam. Il convient de souligner que ce Congrès réunit un réseau d’environ 370 institutions d’enseignement supérieur à travers la planète.

Habib Kazdaghli vit constamment sous la menace de mort, proférée par appels téléphoniques, piratage de ses comptes internet et sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui  c’est le camp laïc en Tunisie qui menace Kazdaghli, militant de gauche démocratique au sein du parti communiste tunisien depuis 1975 (il a été durant 13 ans membre de son comité central), devenu successivement mouvement « Ettajdid » et actuellement « Al Massar ». Cet ancien recteur a une position contre l’antisémitisme de la Gauche tunisienne.

Au sein de la communauté juive de Tunisie, on sait le vrai motif  de cette escalade dangereuse contre le professeur Habib Kazdaghli. En  réalité  les arabo-antisémites de la Gauche tunisienne ne veulent pas d’un musée consacré au patrimoine  juif et qui resume les modes d’expression artistiques, culturels, politiques, associatifs et scientifiques de cette communauté. Très attaché aux aspects culturels de la vie juive tunisienne, Kazdaghli avait lancé la conception d’un premier musée des Juifs de Tunisie.

Les antisémites de la Gauche tunisienne ne veulent pas d’un musée consacré à histoire juive

Les militants de la Gauche tunisienne refusent de reconnaitre la réalité et la richesse de l’histoire des Juifs de Tunisie. Ils  veulent empêcher le professeur Kazdaghli d’avancer  dans le projet  de musée des Juifs de Tunisie qui pourra  remplir pleinement cette fonction mémorielle et pédagogique avec la LICRA.

Ayant constaté l’accumulation de connaissances académiques sur les Juifs de Tunisie, l’historien tunisien Habib Kazdaghli avait lancé l’idée d’un musée consacré à leur histoire il y a quelques années. Il avait  organisé un séminaire sur la faisabilité d’un musée des Juifs de Tunisie, un lieu de mémoire et d’histoire permettant aux visiteurs de saisir la réalité et la richesse de l’histoire des Juifs de Tunisie.

L’historien Habib Kazdaghli a toujours insisté sur la nécessité pour la Tunisie de « redécouvrir sa diversité culturelle et religieuse » avant d’occuper le poste de responsable de la commission histoire et mémoire de la LICRA en Tunisie.

Une idée qui bénéficie  du soutien de Rene Trablesi, le nouveau ministre juif tunisien du Tourisme, qui lui  aussi fait l’objet de réactions en chaine par ces mêmes forces laïques de Gauche  en scandant des slogans antisémites et en hurlant « Mort à Israël ». Rene Trablesi est lui aussi taxé d’agent sioniste comme le professeur Kazdaghli.

L’Instance nationale de soutien à la résistance arabe, à la lutte contre la nominalisation et le sionisme (INSRA) a annoncé un  «Jour de colère» au lendemain de l’ouverture de  LICRA Tunis, avec un assemblement hétéroclite d’intégristes laïques anti-juifs.

Les Juifs de Tunisie ont une longue histoire depuis la haute Antiquité. Une si longue histoire qui mérite d’être conservée, connue, étudiée et transmise aux générations futures. Mais les mouvements laïques antisémites  de la Gauche tunisienne refuse cette idée de musée juif qui  préservera la jeunesse des dangers du repli sur soi dont on a vu les conséquences néfastes en Tunisie.

La Gauche tunisienne, qui est arabo-antisémite, veut une Tunisie vidée de ses Juifs et refuse l’idée d’inscrire l’histoire de la présence juive en Tunisie dans les manuels scolaires tunisiens. Beaucoup de Tunisiens associent encore les Juifs au début de la colonisation française en 1881, alors que leur présence en Tunisie remonte à plus de 2.000 ans.

Pourtant l’historien Habib Kazdaghli, qui est président d’honneur de la branche tunisienne de la LICRA, insiste sur la nécessité de montrer la contribution juive à la société tunisienne, dans la culture, les arts, la politique, la gastronomie, etc.

Le professeur Kazdaghli  veut réconcilier les Tunisiens avec leur propre histoire. Bien que ce patrimoine se présente sous un étendard judéo-tunisien, il est tunisien avant tout.

La population juive de Tunisie se réduit aujourd’hui à quelque 1.238 personnes alors qu’après 1945, elle en comptait plus de 110.000. Si un intellectuel tunisien comme Habib Kazdaghli accorde tant d’importance à l’histoire des Juifs de Tunisie, c’est précisément parce qu’elle permet de montrer les différentes facettes d’une histoire plurielle dans laquelle l’identité tunisienne s’est forgée. Cette identité ne se réduit ni à l’islam ni au monde arabe. Son histoire n’a pas commencé avec les conquêtes arabes et musulmanes du 7e siècle. Les Tunisiens ont des racines berbères, andalouses, turques, romaines, juives et méditerranéennes.

La redécouverte du patrimoine juif tunisien est indissociable du processus de démocratisation que connaît la Tunisie depuis 2011. « Raconter l’histoire des Juifs de Tunisie doit permettre aux Tunisiens de mieux redéfinir leur rapport à l’altérité », souligne Habib Kazdaghli.

« Si la présence juive a pu se maintenir pendant des siècles, c’est que l’Autre a toujours fait partie du paysage tunisien. Et celui qui proclame son bonheur de voir que les Juifs ont quitté en masse la Tunisie se trompe sur toute la ligne. Il s’agit de se réapproprier cette histoire et de montrer que dans une Tunisie démocratique, on peut accepter la différence et la pluralité, même si l’immense majorité des Juifs sont partis » ajoute ce professeur qui a les compétences pour évaluer et estimer tout le patrimoine juif.

Pour lutter contre toute volonté d’oubli et d’éradication de la mémoire juive tunisienne, ce musée qu’Habib Kazdaghli appelle de ses vœux doit s’insérer dans un partenariat public-privé. Un organisme public gère déjà une trentaine de musées. « L’implication des autorités tunisiennes est importante, mais l’étatisme a montré ses limites », met en garde Habib Kazdaghli.

« Si l’Etat prend seul en charge ce musée, cela risque d’éveiller les susceptibilités de la communauté juive qui peut se sentir dépossédée de son patrimoine. Mais si l’on se borne à un musée privé, cela peut être difficile financièrement. Je plaide donc pour la création d’une fondation où l’État et la communauté juive sont partenaires. Cette fondation doit être capable de garantir à tous ceux qui donnent ou prêtent des objets et des documents au musée que tout sera bien préservé » ajoute l’ancien doyen judéophile de la Faculté de Tunis La Manouba.

Quant à savoir où doit être installé ce musée, Habib Kazdaghli y a déjà réfléchi. « Il existe de nombreux lieux appartenant à la communauté juive qui méritent d’accueillir ce musée, mais il faut garder à l’esprit que la vocation de ce musée est nationale. C’est pourquoi il conviendrait de l’installer à Tunis », confie Habib Kazdaghli.

« Pour ma part, la grande synagogue de Tunis se prête bien à cette affectation, même si ce n’est qu’une suggestion. Son histoire témoigne de la grandeur du judaïsme tunisien et aussi des pages sombres de son histoire au 20e siècle ». Inaugurée en 1937, cette synagogue alliant modernité et ancrage dans la culture judéo-arabe a fait l’objet d’un saccage antisémite le 5 juin 1967.

Pour Georges Bensoussan, historien français ayant consacré une somme (Juifs en pays arabes, le grand déracinement, éd. Tallandier) à la disparition des Juifs du monde arabo-musulman, le projet d’un musée d’histoire des Juifs de Tunisie doit être soutenu.

« Tout ce qui peut rappeler qu’il y a eu une présence juive en Afrique du Nord et dans les pays arabes est nécessaire », insiste-t-il. « Qu’on le veuille ou non, cela implique nécessairement que la page noire de l’exode des Juifs soit évoquée. Si ce musée envisage honnêtement la présence juive et sa disparition en l’espace de quelques décennies, c’est une bonne chose, tout particulièrement dans le contexte actuel ».

Alors que les mouvements laïques antisémites de la Gauche tunisienne refusent de reconnaitre la nécessité d’un musée décrivant la richesse et la diversité de l’histoire des Juifs de Tunisie, ils accusent donc le président d’honneur de la branche tunisienne de la LICRA de liens avec les sionistes pour le discréditer.

La Gauche tunisienne refuse aussi d’aborder les circonstances douloureuses dans lesquelles la Tunisie s’est vidée de ses Juifs en l’espace d’une trentaine d’années, car cela implique nécessairement que la page noire de l’exode des Juifs soit évoquée. Or il faut que seuls les Palestiniens puissent bénéficier du seul statut  de victime  aux yeux du public pour justifier la haine contre l’État d’Israël.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

Puisque vous êtes là…

… on aimerait vous dire un dernier mot. Vous êtes de plus en plus nombreux à lire Europe Israël sur le web, et nous nous en réjouissons. Nous souhaitons qu’une grande partie des articles de notre site soit accessible à tous, gratuitement, mais l’information de qualité a un coût.

En n’étant rattaché à aucun groupe industriel, aucun lobby, aucun politique, Europe Israël prouve chaque jour son indépendance éditoriale. Pour nous aider à garder notre liberté de ton et notre exigence journalistique, votre soutien est précieux.

Vous recevrez un reçu CERFA pour tous dons supérieurs à 50 Euros qui vous permettra de déduire 66 % des sommes versées.

Nous soutenir





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • One thought on “Tunis : la Gauche antisemite menace la vie d’un universitaire judéophile membre de la LICRA

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *