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Quand les habitants des villes du Sud appellent au secours, leur cri est-il entendu ?


Quand les habitants des villes du Sud appellent au secours, leur cri est-il entendu ?

CHRONIQUE

Ô habitants d’Aschkelon, de Sderot, de Netivot et de tous les villages et kibboutz à portée de roquettes du Hamas, que puis-je vous offrir sinon mes larmes et mes prières pour qu’il vous soit enfin permis de vivre en paix, de vaquer à vos occupations quotidiennes en toute sécurité, pour que vos shabbats se déroulent dans la joie, la bonne humeur et la paix de l’esprit, pour que jamais plus un seul shabbat ne soit interrompu par les sirènes, pour que vos enfants puissent guérir de l’état de stress post-traumatique (ESPT) dont ils souffrent et qu’ils puissent retrouver la joie de vivre ?

D’ailleurs, comment ne pas penser à vos enfants- à nos enfants- que vous devez souvent, disons trop souvent- tirer de leur sommeil en pleine nuit pour les conduire à l’abri dans les trente secondes qui suivent le retentissement de la sirène. 30 secondes ! Je tremble pour vous, je tremble pour eux juste à penser au temps dont vous disposez.

Ces enfants qui resteront à jamais marqués par tous les évènements qui ont bouleversé leur vie, qui n’ont pas pu vivre une enfance et une adolescence normales, ces enfants dont toute la vie sera peut-être difficile, comment pourront-ils pardonner à leurs voisins de leur avoir volé ce qui aurait dû être les plus belles années de leur vie ?

6000 lycéens des villes frontalières ont même décidé d’organiser une marche de protestation de Sderot jusqu’à Jérusalem pour protester contre les tirs de roquettes et pour manifester leur ras-le-bol. Et on ne peut que les y encourager. Au  journal Haaretz l’un des organisateurs de la marche, Alon Levy, âgé de 17 ans a déclaré « Nous voulons faire entendre nos voix parce que nous voulons que les choses changent. Nous voulons que nos petits frères et que nos petites soeurs puissent enfin dormir tranquillement la nuit ». Sur leur maillot on pouvait lire « Laissez-nous grandir en paix ».

Ils ont raison ! Ils ont le droit de grandir en paix !

Le président Rivlin les a rejoints dans leur marche et a déclaré: « Nous entendons votre appel et il nous brise le cœur. Je vous le promets : nous ne laisserons pas, et nous ne devons pas laisser les sirènes « Alerte Rouge » devenir une routine. Le rouge restera la couleur des fleurs sauvages qui poussent dans la région. »

Et moi, quand je communie avec vous, j’avoue me révolter contre ceux qui se veulent politiquement corrects, contre les familiers de la langue de bois : les politiques, les gauchistes, Juifs et non-juifs, dont c’est devenu une seconde peau, les organisations soi-disant humanitaires, bref contre tous ceux qui soutiennent et confortent ainsi les « Palestiniens » dans leur haine d’Israël.

Si je devais choisir un slogan à l’adresse des « Palestiniens », je ne me contenterais pas de leur dire comme les rescapés du Bataclan « Vous n’aurez pas ma haine », je leur dirais: « Israël, vous ne l’aurez JAMAIS ! Et je dirais à tous ceux qui s’acharnent contre nous que,  loin de nous diviser, ils ne font que nous rendre plus solidaires de nos coreligionnaires. Ils auront réussi à rapprocher encore plus qu’ils ne l’étaient déjà ,les Juifs de la diaspora des Juifs israéliens – exception faite peut-être des Juifs démocrates américains- ils auront aussi réussi à détruire tout sentiment de compassion, d’empathie que nos cœurs pouvaient éprouver pour les « Palestiniens ».

Quant à la communauté internationale, il lui serait difficile de prétexter l’ignorance. Elle sait tout. Elle sait que depuis près de 20 ans vous êtes la cible privilégiée des Gazaouis, que les roquettes envoyées par le Hamas se comptent maintenant par dizaines de milliers, que vous avez été victimes de nombreux attentats sans parler de ceux qui ont été déjoués. Et elle sait que depuis mars 2018, avec ce que les  « Palestiniens » appellent « La Marche du retour », il ne vous est pas donné de vivre un shabbat dans la joie et la paix de l’esprit. C’est inacceptable !

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Et que fait-elle ? Que dit-elle ? Que fait l’ONU, elle si prompte à condamner Israël ?  L’une et l’autre brillent par leur silence, elles ont choisi de rester les bras  croisés comme  à l’époque d’Hitler, comme en 67 quand près de 200 millions d’Arabes s’étaient donné rendez-vous à Tel-Aviv  en se lançant à l’assaut d’Israël. Les Qassams, vous dira-t-on, ce n’est pas grave, ils ne tuent pas. Les cerfs-volants et les ballons incendiaires, ce n’est pas grave. Rien n’est grave quand ce sont les Palestiniens les auteurs, et les Juifs les victimes.

Certes, contrairement aux agressions précédentes du Hamas, et à notre grande surprise, nombreux sont les gouvernements occidentaux à condamner ouvertement le Hamas, même s’il faut bien admettre que, pour certains, c’est l’occasion de demander à Israël d « éviter l’escalade » et, partant, de protéger les Gazaouis.

Mais pendant toutes ces années, la communauté internationale n’a jamais condamné  ouvertement  le Hamas qui porte la responsabilité du millier de blessés à Aschkelon et  à Sderot? Les roquettes s’abattaient régulièrement  sur vous, habitants des villes du Sud, sans qu’aucun État ne s’en émeuve. En revanche, quand Israël décide de réagir et de recourir à l’action militaire puisque l’ONU se refuse à prendre une action concrète, quand l’État juif choisit l’autodéfense (art.51 de la Charte de l’ONU) pour mettre fin aux crimes perpétrés par le Hamas, les « Grands » de ce monde dénoncent tous en chœur l’action des Forces de Défense d’Israël (FDI) , parlent d’ « un usage disproportionné de la force »,  et l’ONU se dépêche de voter une énième résolution condamnant l’État d’Israël. Et parmi les membres du Conseil de sécurité, il arrive que seuls les Etats-Unis mettent leur veto à une résolution. Ce fut d’ailleurs le cas cette semaine. On se souviendra à ce propos que, si Justin Trudeau a condamné cette fois le Hamas, il y a tout juste 6 mois, il est allé jusqu’à demander une enquête internationale pour les crimes commis par Israël !

Puis, quand enfin une lueur d’espoir pour une paix à plus ou moins long terme semblait se  dessiner et que vous repreniez confiance, la tension est remontée en flèche pour atteindre son paroxysme le 12 novembre. Cette fois, en 24 heures, vous avez reçu pas moins de 460 roquettes,

Il faut dire que nous avions oublié- nous, mais pas vous-  que le mot « trêve » n’a guère de sens pour les terroristes palestiniens, qu’ils n’ont aucun scrupule à la rompre.

18 ans que cela dure, 18 ans sans que le gouvernement ait réussi à mettre un terme une bonne fois pour toutes aux agressions du Hamas! 18 ans, c’est inacceptable ! C’est inconcevable quand on sait qu’Israël dispose de la meilleure armée au monde!

Vous, habitants du sud d’Israël, que pouvez-vous faire, que pouvez-vous dire ? Pour savoir ce que vous vivez, il faudrait partager votre vie, ne fût-ce qu’une semaine, et s’imaginer ensuite devoir vivre avec la peur au ventre non pas un jour, ni un mois, mais des années, voire des décennies. Les Gazaouis ne vous préviennent pas quand ils vont lancer une roquette, contrairement à Tsahal qui téléphone aux habitants pour les inviter à évacuer les cibles qu’elle s’est fixées.

Faire entendre votre voix, parler de votre vie au quotidien, de cette menace permanente, atténuerait peut-être votre souffrance. Mais, contrairement aux civils libanais ou palestiniens, vous, habitants d’Israël n’intéressez pas les médias, ils ne veulent pas savoir comment vous vivez. Ils ne veulent pas vous entendre dire que vous aimeriez vivre comme tous les peuples de la terre, vivre dans des villes où vous vous sentirez en sécurité et non avec un code de survie. Chacun considère sa ville comme son chez-soi, il s’y sent en sécurité plus que partout ailleurs, mais vous ne pouvez en dire autant. Quel pays accepterait de vivre sous la menace constante de ses voisins ? Quel gouvernement tolérerait que des roquettes s’abattent quotidiennement, de jour comme de nuit, sur ses villes ? Qui en Europe voudrait revivre la situation des années 39-45, et dormir d’un demi-sommeil pour rester à l’affût du son strident des sirènes qui déchire le silence de la nuit, annonçant la mort et le désespoir ? Qui jugerait normal de vivre dans une ville où l’on ne dispose que de quinze à trente  secondes pour gagner un abri quand la sirène annonce un tir de missile ?  Et cela peut se produire à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit !

Je vous vois, vous habitants du Sud d’Israël, isolés, menacés de toutes parts par les terroristes du Hamas, en danger de mort. Mes mots ne peuvent ni dresser un mur pour vous protéger ni désarmer l’ennemi. Vous le savez, vous, que les Palestiniens ne veulent pas de vous comme voisins, qu’ils ont refusé en 47 le plan onusien pour le partage en deux États, qu’ils n’ont jamais voulu de vous et qu’ils ne voudront jamais de vous !  D’autres que vous auraient déserté la ville et les terroristes auraient gagné. Vous, vous ne la quittez que le temps de souffler, de reprendre de l’énergie ou encore quand,  sous le feu des bombardements, on vous oblige à partir, mais vous revenez, déterminés à lutter de toutes vos forces contre ces terroristes. Les Palestiniens n’ont-ils pas encore compris que vous ne vous laisserez pas terroriser ? Que votre capacité de résilience est remarquable ? Que vous ne leur abandonnerez jamais les territoires qu’ils convoitent ? Votre sang-froid, votre détermination  et votre courage suscitent l’admiration de tous.

Quant au gouvernement, il n’a pas été à la hauteur de ce que vous attendez de lui. Conscient de l’impact de ce conflit sur les civils, il s’est contenté de déléguer une équipe de professionnels de la santé mentale pour vous aider, il envisage même d’indemniser les parents qui ont perdu des journées de travail.

Mais, pour des raisons qui nous échappent, il a choisi la voie la plus facile : un cessez-le-feu, le énième depuis qu’a commencé « La Marche du retour ».

Est-ce suffisant ? Non, vous l’avez dit, et vous avez raison. Vous ne demandez pas à l’État de vous indemniser, vous demandez de pouvoir mener une vie normale. Alors, devant son incapacité à vous venir en aide, vous jugez que c’en est trop et vous lui criez votre colère, vous manifestez haut et fort votre mécontentement. Vous êtes prêts à rester dans les abris le temps qu’il faudra pourvu qu’à la fin vous ayez une vie normale. Ce cessez-le-feu, vous le percevez comme une trahison du gouvernement, comme un abandon.  Et vous n’en voulez pas ! Vous ne voulez pas d’une solution à court terme. Qui pourrait vous le reprocher ? Si vous saviez combien je vous donne raison, je suis de tout cœur avec vous ! Et je ne suis pas la seule, je suis certaine que la quasi totalité des Juifs, où qu’ils vivent, partagent votre désarroi, mais je ne puis me permettre de parler en leur nom.

Qui plus est, des ministres du cabinet de Netanyahou refusent le recours au cessez-le-feu, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman,  est allé jusqu’à démissionner pour prouver son opposition à ce cessez-le-feu : « La ligne que nous avons suivie au cours des derniers mois est complètement fausse », a-t-il déclaré. Quelle meilleure preuve de son soutien aurait-il pu vous donner ? Il est vrai que le Hamas a de quoi pavoiser, et il ne s’en prive pas, et le Jihad islamique en a conclu que le gouvernement israélien a pavé la voie pour « le droit au retour » : « Nous avons obtenu la victoire qui favorise le droit de retour », a déclaré un de leur porte-parole.

Alors qu’attend le gouvernement israélien pour réagir? Une tragédie ? Mais ce que vous vivez au quotidien est une tragédie !

Conclusion Il faut se rendre à l’évidence : Les Juifs espéraient qu’en vivant dans leur pays ils ne seraient plus la cible des antisémites, qu’ils pourraient, après 2000 ans d’exil et d’errance,  vivre enfin paix. FAUX ! Ils sont Juifs, et cela suffit à vouloir les tuer. Point barre. Il y eut les pogroms, il y eut la Shoah. Et depuis la création de l’État d’Israël, les Palestiniens ont multiplié leurs attaques dans l’espoir complètement fou qu’ils réussiront à déloger les Juifs d’Israël comme ils ont délogé ceux des pays arabes.

Le problème pour tous les Palestiniens, pour tous les antisémites ou antisionistes – peu importe la terminologie- se résume à un mot : Israël. Israël dont ils refusent l’existence. Il faut reconnaître que le Hamas a au moins le mérite de ne pas cacher son objectif, de jouer cartes sur table : il veut chasser les Juifs de leur terre et l’occuper. C’est écrit noir sur blanc dans sa charte, il ne l’a pas amendée et ne l’amendera jamais.

La question à se poser est donc la suivante : Que dois-je faire face à des ennemis qui ont juré ma mort ?

Bien sûr, je peux m’en remettre à D.ieu et réciter la prière de David (Psaume 35) : « Éternel ! Défends-moi contre mes adversaires, Combats ceux qui me combattent !
2 Saisis le petit et le grand bouclier, Et lève-toi pour me secourir !
3 Brandis la lance et le javelot contre mes persécuteurs ! 

Mais il faut aussi se souvenir du dicton « Aide-toi, le Ciel t’aidera ».

Comme le Hamas ne comprend que le langage de la force, il faut y avoir recours. Il faut que le gouvernement se sente libre de recourir à tous les moyens pour protéger sa population, il ne faut pas qu’il cède aux pressions ou au chantage de certaines nations. Vous attendez de lui qu’il agisse et maintenant que vous lui avez crié haut et fort « « « Nous sommes abandonnés depuis 18 ans », j’ose espérer qu’il ne pourra rester sourd, j’ose espérer que le Président Rivlin réussira à tenir la promesse qu’il vous a faite

Mais pour réussir à imposer la paix sur la Terre d’Israël, il y a une autre condition,  et non des moindres : il faut que nous Juifs oubliions nos divergences d’opinion pour faire  front commun contre ceux qui veulent nous éliminer. Nous pouvons avoir des opinions contraires, mais pourquoi offrir à nos ennemis le spectacle de ce qui nous oppose et, ce faisant, de les conforter dans leur haine ?

Interrogeons nous sur le pourquoi du comment au lieu de nous focaliser sur les conséquences. Que la gauche réalise quels sont les desseins des Palestiniens ! Qu’elle cesse de défendre des assassins d’enfants ! Que les ONG se penchent sur le sort des enfants des villes du Sud au lieu de pleurer sur celui des enfants palestiniens !

Consciente qu’il s’agit là d’un vœu pieux, je persiste à croire que ces conditions seront un jour réunies afin que tous les Juifs du monde, à commencer par vous habitants des villes du Sud, puissent enfin vivre en sécurité et oublier jusqu’au mot « antisémitisme ». En attendant, nous espérons tous que le gouvernement a entendu votre appel et qu’il répondra enfin à vos attentes.

© Dora Marrache pour Europe-Israël

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  • 2 thoughts on “Quand les habitants des villes du Sud appellent au secours, leur cri est-il entendu ?

    1. Dora Marrache

      Merci, M.Richter de m’envoyer ce lien pour lire votre chronique.

      Contrairement à vous qui avez choisi comme destinataires les habitants de Gaza, les miens sont les habitants des villes du Sud d’Israël qui se sentent abandonnés et auxquels j’ai voulu répondre qu’ils ne sont pas seuls, que nous sommes nombreux à être de tout coeur avec eux.

      Vous me direz que ce ne sont que des mots, et vous aurez raison. Mais les mots ont un pouvoir auquel je crois, ils ont – je ne vous apprends rien- « un pouvoir de vie et de mort ».

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