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Gaza : changer de disquette


Gaza : changer de disquette

Et voilà. Un énième cessez-le-feu a été conclu avec le Hamas. Le Premier ministre Netanyahou l’a imposé non seulement au cabinet restreint mais également à tout le gouvernement, à la différence près que cette fois-ci, le ministre de la Défense a démissionné.

Va-t-en guerre ou pacifiste

Sur les réseaux sociaux, les semeurs de zizanie n’ont pas raté le coche. Et d’accuser les mécontents de va-t-en guerre, se flattant quant à eux d’être les inconditionnels partisans de la paix, les seuls citoyens qui ne considèreraient pas les soldats de Tsahal comme de la chair à canon, les seuls soucieux de la personne de ces derniers et du bonheur auquel ont droit leurs familles. Curieusement, ces moralisateurs champions de l’autosatisfaction se retrouvent géographiquement plus volontiers entre Guédéra et Hédéra, ou plus ponctuellement Tel-Aviv et Netanya, qu’entre Zikim et Ashkelon. Sciemment ou non, ils savent que du moment que le premier missile atteindra Tel-Aviv, la machine de guerre se mettra en marche et investira Gaza provisoirement pour donner une bonne raclée et du fil à retordre aux terroristes pour rebâtir leurs ruines, histoire que le calme se fasse sentir pendant environ trois ans, jusqu’à la prochaine vague. Si Tel-Aviv et Netanya devaient subir des salves de roquettes en tous genres, il est à parier que les donneurs de leçons mettraient en veilleuse leur dégoût de la guerre, soutenant que là, ce n’est plus possible. Et c’est en attendant ce qu’ils reprochent aux habitants d’Ashkelon qui disent la même chose en anticipant.

Nous verrons en ces lignes tout d’abord que les partisans d’une opération de grande envergure à Gaza et ceux du cessez-le-feu ne forment pas deux camps distincts qui s’affrontent mais les mêmes citoyens responsables tiraillés entre ces deux nécessités conjointes, puis qu’opter pour l’une ou l’autre de ces possibilités résulte d’un conditionnement sans issue des cerveaux et des mentalités.

Une réalité irritante

Le premier élément qui irrite notre entendement, quand nous apprenons qu’un cessez-le-feu a été convenu, c’est la tromperie portée par cette terminologie. Les terroristes bombardent l’Etat des Juifs en augmentant progressivement ou brutalement la dose et la pression, alors que ledit Etat ne les bombarde pas en retour, ou alors laisse tomber quelques bombes dans des champs ou des immeubles vides, tout en faisant croire à ses propres citoyens qu’il aurait anéanti des infrastructures pour la réorganisation desquelles il faudrait du temps et de l’argent aux agresseurs, puis, quand ils sentent que les Juifs pourraient se fâcher, ils se disent prêts à se montrer conciliants.

Les citoyens d’Israël sont d’autant plus mécontents, à l’heure où de plus en plus de pays réduisent voire annulent leur aide à une organisation terroriste tentaculaire qui menace le monde libre, à l’heure où les Usa ont coupé les vivres pour l’Unrwa, que leur gouvernement vient de céder au chantage et aux menaces de coups redoublés en permettant au sponsor du terrorisme mondial, le Qatar, de renflouer les caisses du mal. Le citoyen israélien se demande même, à raison, si ce n’est pas l’argent du contribuable qui va être ponctionné quand le vaste monde ne versera plus son obole.

Ou alors, le sens courant donné à la notion de cessez-le-feu a changé. On ne parle plus de belligérants qui s’affrontent les uns les autres et parviennent pour finir à une entente, mais à une seule entité hostile qui frappe à sens unique un voisin nourrisseur mais qui daigne prendre de temps en temps des pauses, dès que ledit voisin risque de sortir de sa torpeur.

Un autre élément révoltant est le droit de dévaster et de tuer accordé aux enfants et aux handicapés de chez l’ennemi. Après trois guerres lourdes de conséquences pour Israël sur le front créé artificiellement par ses propres dirigeants, une méthode intermédiaire entre l’engagement terrestre et rester les bras croisés avait pourtant fait ses preuves. En mai dernier, l’occupant de Gaza avait feint d’organiser des manifestations pacifiques le long de la clôture. Israël avait géré la crise d’une main de maître en mettant hors d’état de nuire plus de cinquante miliciens armés dont l’organisation a reconnu qu’il ne s’agissait pas de civils inoffensifs.

En quelques mois, ne faisant pas le poids, ils ont changé de tactique : prendre des handicapés et des mineurs pour faire le travail. Les réactions immorales ne se sont pas fait attendre: au lieu de condamner un mouvement terroriste qui pousse et expose ses civils sur les premières lignes, et qui maltraite ses infirmes en les prenant en photo avec une fronde volontairement dérisoire, les exposant aux nuées de mouches et les laissant macérer tels des civets dans leur crasse semi-liquide en plein soleil, ne voilà-t-il pas que le Hamas se retrouve félicité et encouragé dans sa victimisation, obtenant douze points non pas à l’Eurovision mais dans cette Gazavision outrancière.

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A première vue, les manipulateurs d’opinion ne devraient pas faire peur aux gens qui sont dans leur bon droit, et Israël, Etat souverain, ne devrait pas craindre les propagandistes antijuifs. Le problème, c’est que les chefs politiques et militaires foncent tête baissée dans le panneau. Le pays peut brûler, le désert avancer, les espèces animales et végétales endémiques disparaître des réserves naturelles, les nourrissons humains potentiellement griller dans leur crèche (cf. le ballon incendiaire qui n’a pas fonctionné), les valeurs d’un Azenkot chef d’état major lui dictent que l’on ne tire pas sur des enfants qui préparent des cerfs-volants incendiaires, quitte à ce que nous soyons ramenés à l’épopée glorieuse de la guerre du feu à la différence près que ce n’est plus celui qui sait en allumer en frottant deux bouts de bois qui mène la danse mais celui qui sait piéger un aéronef de fortune.

L’argument logique de Netanyahou et sa faille

Quoi qu’il en soit, Netanyahou présente des arguments logiques. L’Iran est un serpent venimeux qui reste très dangereux quoique moribond. S’introduire à Gaza pour la quatrième fois en treize ans serait céder à une précipitation pulsionnelle et irréfléchie. Il ne faut pas se laisser enliser dans Gaza alors que l’Iran menace via le Hezbollah. C’est du Nord que le danger risque de frapper. D’ailleurs le Hamas a reconnu que son missile téléguidé ayant touché le car de soldats avait été fourni par l’Iran. Heureusement qu’il ne dort ni ne sommeil, le Gardien d’Israël, quand on sait que des quatre cents missiles ayant eu un impact, il n’y a eu qu’une victime directe, un occupant de Hébron qui passait par là. Permettons-nous de rappeler en apposition cette controverse entre inconditionnels : les étudiants de la Torah ou du service militaire. Bien entendu, on peut être étudiant et militaire, ça existe, mais sur l’indécision qui peut une fois encore toucher tout un chacun quant au choix entre ces deux options, nous sommes dans une situation où toute l’armée compte sur le miracle. Il n’est bien entendu pas question ici de minimiser l’abnégation et les risques pris par les meilleures de nos unités, sur le pied de guerre jours et nuits – et il faut toujours prier pour notre soldat D. B. blessé il y a huit jours (dimanche 11 nov. 18) – mais quand on sait qu’Israël pourrait militairement reprendre Gaza et en chasser l’occupant haineux en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, on peut sensément se dire que l’on s’appuie a priori sur le miracle.

Or on sait que le judaïsme ne préconise pas l’inaction confiante, mais l’action en mettant le maximum de chances de son côté non sans prier pour l’aide du Ciel.

Donc, l’acceptation du «cessez-le-feu» ne relèverait non pas de ce qui précède – escompter le miracle – mais d’une fine stratégie. Néanmoins, il y a une faille dans le raisonnement. Si le Hamas cherche à entraîner Tsahal à Gaza en avouant cette intention car il reconnaît qui est son fournisseur, pourquoi a-t-il limité les bombardements au Sud du pays sans toucher Tel-Aviv?

Conditionnement des esprits

En fermant les yeux sur cette faille, il reste néanmoins possible de juger la position de Netanyahou raisonnable. Or, comme évoqué plus haut, l’acceptation comme le refus de sa décision s’inscrivent dans les sentiers battus du conditionnement des esprits. Il repose sur un système d’idées reçues qui canalisent la pensée. Le premier axiome veut que tout retour de Tsahal dans la bande de Gaza ne doit être que momentané. La pensée dictée dit : «Personne ne veut reprendre l’administration de ce territoire infesté». La litanie est bien rodée : pas question d’imposer notre pouvoir à cette population étrangère, encore moins de la faire déguerpir.

La proto-victimisation

De victime, on établit le concept de victimisation. Que construit-on à partir d’innocent?

La victimisation possède un phénomène jumeau, ou une sorte de grande sœur, pour laquelle il faudrait un terme de construction similaire, où le radical «victime» soit remplacé par «innocent». Cette approche, bien avant de faire de l’agresseur violent une victime, fait tout d’abord de lui un innocent. Des sondages d’opinions, des constats plus ou moins représentatifs, sont diffusés dans la presse pour faire de l’occupant civil de Gaza une victime de ce même Hamas élu par lui. Qu’elle est la conséquence logique de ce travail? C’est qu’à la limite, il ressort de ces démarches qu’un Netanyahou qui parviendrait à débarrasser du Hamas cette population de Gaza pourtant allergique à la diversité, deviendrait un héros planétaire. (N’oublions pas que toute la planète est très inquiète du sort des obèses de Gaza qu’elle craint de voir mourir de faim à l’heure où le Yémen souffre d’une famine réelle). Dans le prolongement de cette inquiétude pour l’innocent qui ne saurait devenir victime, Netanyahou fait en sorte que l’innocent ne manque de rien. La file infinie des camions de ravitaillement des denrées ou produits les plus inattendus, au passage de Kerem Chalom, ou encore l’eau et l’électricité, ne sauraient être interrompus. Et si l’Amérique et l’Europe se réveillent enfin pour couper les vivres à la plus grosse organisation terroriste jouissant de l’impunité totale, alors on laissera le Qatar l’inonder d’argent, ou sinon, ce sera le contribuable bombardé qui règlera l’addition. Toujours dans le même ordre d’idée, il ne faudra pas faire peur à cette population de Gaza. Et si elle manifeste derrière la clôture parce qu’il faut bien qu’elle gagne sa vie, non sans polluer au passage l’air pur de toute la région, qu’elle sache qu’elle bénéficiera de la compréhension et de l’indulgence d’Israël, dont le message porté par son dirigeant est limpide : «Nous sommes les gentils, le Hamas les méchants, et patientez, on va vous en débarrasser.»

De la distinction arbitraire entre une population et son pouvoir

Le problème, c’est que le message n’est pas perçu seulement par les «innocents». Le pouvoir peut dormir tranquille. Il peut tirer des centaines de missiles sur Israël puisqu’au maximum, ils seront personnellement en danger. Mais ça fait belle lurette que les têtes de l’hydre n’ont plus été sélectivement éliminées. Or, que feraient ces dirigeants terroristes sur une île déserte où ils ne se retrouveraient qu’entre eux? Ils perdraient tout pouvoir de nuire. C’est une stratégie de base que les Américains ont comprise il y a plus de soixante-dix ans, et que l’Europe avait également comprise il y a quelques siècles, avant de prendre le contrôle des territoires d’où sortaient les pirates des mers.

Est-ce que l’Amérique a fourni des vivres, de l’électricité, de l’eau potable à l’Allemagne nazie? La réponse est tellement claire qu’elle devient inutile. L’Amérique a-t-elle innocenté le civil allemand de Berlin ou de Dresde, ou au contraire a-t-elle fait de ces villes des champs de ruines, et ce sans se demander si les habitants avaient eu ou non le temps de descendre aux abris, ou s’ils soutenaient ou non le régime de leur pays? Ils ne se sont pas contenter du débarquement en Normandie, entre autres opérations militaires. Ils ont écrasé les arrières quand la menace armée se trouvait sur les différents fronts et le commandement du Reich dans ses bunkers, qui voyait son empire se décomposer autour de lui. Analogiquement, la stratégie de guerre qui nous intéresse aujourd’hui devrait trouver la situation moins alambiquées: puisque les terroristes se terrent derrière et sous leurs civils, les frapper directement ferait d’une pierre deux coups.

Et pourtant, les Américains ont contribué largement à la reconstruction de l’Allemagne, sans pour autant avoir mis la charrue avant les bœufs ; ce qui veut dire que l’hésitation entre l’opinion visant à rejudaïser Gaza et celle de la maintenir en l’état de judenrein n’entre pas à ce stade en considération. Faire le beau devant les innocents, c’est avant tout faire le beau devant les pires terroristes qui ne se cachent même plus de leurs rires.

Innocent ou erreur sur la personne

A présent, est-ce que le civil innocent abusé par le Hamas en aime pour autant les Israéliens? Les études et autres sondages d’opinions ne vont pas jusque là. Il ne faut  pas trop leur en demander, tout de même. Au maximum, le colon de Gaza préfèrerait travailler pour Israël, sans oublier de cacher un long couteau sous ses vêtements.

Cette interrogation rend cette vision dichotomique (entre méchant Hamas et gentille population) brimbalante à la racine. Si Sharon, avant l’interversion de la polarisation de son cerveau qui l’a fait passer de l’étiquette de faucon à celle de destructeur de Goush Katif, dénonçait un jeu politique dangereux consistant à distinguer entre les bons terroristes – l’Olp soi-disant repenti – et les mauvais terroristes, il est tout aussi périlleux de vouloir faire une distinction entre les dictatures sanguinaires et leurs sujets. L’Europe accueille à bras ouvert, au grand dam de ses populations non consultées, des millions de migrants qu’elle prend en pitié sous prétexte qu’ils fuient des régimes dictatoriaux. Le résultat est celui que nous révèle la dure actualité de l’insécurité et de la terreur semée sur le passage de populations non préparées aux systèmes et à la clémence des régimes démocratiques. Elles se sentent soudain pousser les ailes de l’impunité et de la victimisation collective, ce qui profite à leur masse en mouvement. L’environnement où tout semble permis, car les peines capitales ou d’amputation leur font défaut, ne parvient pas à les faire prendre conscience de la réflexion civilisationnelle et humaine qui s’impose, forgée par des générations d’évolution sociale.

A titre illustratif, nous citions la mésaventure du rabbin Malka de l’école talmudique du Machon Meir de Jérusalem, précisant que la publication de son cas par la presse en Israël nous permettait de le citer nommément. Alors qu’il n’était pas encore religieux et encore moins rabbin, il parcourait le monde à l’instar de nombre de ses compatriotes ayant fraîchement achevé leur service militaire. Il avait économisé un petit pécule pour se déplacer et marquer des pauses dans des auberges ou autres solutions de logement provisoire à bas prix. Un jour, il fait la connaissance d’un autre jeune en vadrouille, avec qui il se découvre des atomes crochus spontanés. Il est fort sympathique, lui aussi se trouvant loin de son pays. Et il est agréablement surpris quand l’autre lui révèle être de nationalité syrienne, et qu’il s’avère porter en lui bien des qualités humaines. M. Malka lui propose le gîte pour la nuit, ayant pour sa part une petite chambre à bas prix. Il se réveille au petit matin. Dans la chambre, plus de ressortissant syrien, plus de pécule. Juste quelques vêtements. Impossible de remettre la main sur le voleur. Ayant de la famille sur Paris, il se fait prêter l’argent du retour. Adieu l’escapade! Pour finir, il s’estime heureux de s’en être sorti vivant.

Nous venons d’effleurer trois jeux dangereux : s’estimer au-dessus des conventions admises en cas de conflit, et se considérer comme dispensé de frapper en retour un belligérant qui bombarde par prédilection tout particulièrement vos populations civiles, s’imaginer faire partie du même camp que la population de l’ennemi que l’on veut aider à se débarrasser du fardeau de son régime, et plus généralement le dissocier coûte que coûte des forces qui le gouvernent, comme nous l’avons vu par ailleurs quand Netanyahou s’est mis à proposer selon le même schéma au peuple iranien des solutions à leurs problèmes économiques en général et d’eau en particulier.

«Paix, paix, et il n’y a pas de paix»

Depuis le désengagement, pour reprendre cette désignation édulcorée d’un décret d’expulsion des Juifs de toute une région, nous tournons en rond, ou en rounds. Tous les trois à quatre ans, Tsahal rentre à Gaza, administre une correction aux terroristes et se retire sur la ligne de ce funeste départ du 9 av 5765 du calendrier que nous suivons.

 Mais qu’est-ce qui a pu mettre dans la tête des gens que le retrait de Tsahal comme des civils juifs serait l’avènement d’une paix sans précédent? Comment a-t-on pu être autant coupé de la réalité? Certes, il y avait un raisonnement. A-t-on voulu prendre une réflexion virtuelle pour tangible et réelle? Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas.

Considérons ce raisonnement de l’école de la gauche à cheval sur les deux derniers siècles succinctement : «Gaza est occupée par Israël. Ses habitants souffrent d’une occupation étrangère. Les civils israéliens ne font qu’exacerber par la provocation de leur présence la rancœur des opprimés. Ce sont eux les coupables de notre mauvaise image.» Le docteur Meir Gross de l’école Lifschitz se rappelle avec amertume l’attitude de certains habitants du pourtour de Gaza, à l’heure où leurs frères avaient été entassés dans des cars, encore fraîchement arrachés à la quiétude de leur foyer. «Enfin, vous voilà mis au pas ; enfin vous avez ce que vous méritez», disaient-ils ou semblaient-ils dire. Il déplore qu’il ne se soit pas trouvé de public compatissant pour leur apporter un peu de vivres ou de boissons.

Parviendra-t-on aujourd’hui à une prise de conscience qui tarde à se faire entendre ? «Tous ces malheurs nous frappent aujourd’hui parce que nous avons vu la détresse de son âme quand il était suppliant et que nous n’avons pas prêté attention.» Certes, si les marches de protestation avaient démarré non pas à Kfar Maïmon mais à Erez ou à Ziquim, si les participants n’avaient pas été principalement identifiés au sionisme religieux, la situation en eût été changée.

Quant à la «grandeur d’âme» de Netanyahou ou d’Azenkot, émane-t-elle réellement d’une noblesse para humaine ou doit-elle bien au contraire être appréhendée comme le symptôme d’une mentalité dépressive d’anciens exilés ayant touché le fond? Comme s’ils se demandaient si on a le droit d’en vouloir à des antisémites d’avoir l’attitude qu’ils ont? Ils voudraient détruire nos kibboutzim et nos villes, nous égorger et faire de nos femmes et de nos filles leurs captives ; selon le dicton israélien à moitié cynique seulement, qui est entré dans le langage après la guerre des Six jours : «Excusez-nous d’avoir gagné la guerre», et de ne pas vous avoir laissé perpétrer votre génocide. «Peut-on tirer sur un mineur rien que parce qu’il envoie un cerf-volant piégé pour brûler vifs des Juifs prisonniers de flammes à l’intérieur de leur maison ou de leur école?» se demandent des gens placés aux commandes de l’armée de défense.

Similitude et cause commune aux principaux dangers

La menace qui pèse aujourd’hui sur Israël se focalise à Gaza et au Liban. Ils sont le bras long de l’Iran. Mais ces deux problèmes dérivent d’une même démarche dangereuse d’Israël : tous deux se sont implantés dans des sites lâchés par Israël : le Sud-Liban et la bande de Gaza. A-t-on pensé qu’une hypothétique communauté internationale viendrait à la rescousse d’Israël si, après leur avoir obéi en se retirant jusqu’au dernier centimètre carré, la situation tournait mal? Allait-on, en se cantonnant dans son rôle de petit garçon obéissant, se mettre sous la protection de ces nations paternantes et maternantes?

Le peuple multimillénaire rentre chez lui suite à la destruction du Deuxième Temple. Sa légitimité en sa Palestine a été reconnue officiellement entre 1917 et 20 par les Nations, dont les Britanniques ont porté le mandat. Cette aspiration à son rétablissement n’est pas née il y a soixante-dix ans dans les fours crématoires. La place de la terre d’Israël dans la religion de ce peuple n’est pas à subordonner à la mort d’un homme ou d’un peuple, ce serait confondre le judaïsme avec un autre culte. Et ce n’est pas accessoirement que ce lieu a été désigné pour cette souveraineté, sur la base du vœu pieux de «l’an prochain à Jérusalem», juste pour le folklore.

Le retour d’Israël s’inscrit dans le projet d’une religion très ancienne et non pas d’une religion nouvelle qui se fonderait sur la foi dans des accords de paix, ou l’aspiration à une paix déconnectée de son support biblique. Et ce même Livre qui nous dit «et je vous rassemblerai des quatre coins de la terre», nous dit aussi que Gaza comme le Sud-Liban font partie de la terre d’Israël, ce dernier territoire étant celui d’Acher.

Le raisonnement mathématique par récurrence doit être remis dans le bon sens. Ce n’est pas la réalité historique de la décolonisation et de la propagation du phénomène des revendications nationalistes et des prises d’indépendances qui a fait qu’Israël a pris le train en marche pour avoir lui aussi son morceau. C’est parce qu’Israël devait rentrer chez lui que le monde s’est ébranlé, que les souverainetés et les empires se sont écroulés, car sans cela, même le pôle sud et l’Alaska ne pourraient être revendiqués par une ethnie polaire ou alaskienne sans levée de boucliers.

Le Rav Sabato, auteur notamment du Talmud expliqué en plus de mille heures d’enregistrement, avait à l’époque interrogé le grand rabbin kabbaliste, le Rav Guez, grand rabbin du Mur Occidental après la libération de Jérusalem de l’occupant jordanien. «C’est merveilleux, on va peut-être à ce rythme remettre la main sur l’Arche d’Alliance.» Dubitatif, il lui avait répondu : «En l’état des choses, qu’en ferait le gouvernement? Il la mettrait dans un musée?»

Les nations pressentent la restauration d’Israël alors que le miraculé ne voit pas son miracle. Le Psalmiste évoque la reconnaissance des prodiges réalisés par le Créateur pour Israël en premier lieu chez les nations et seulement après chez le peuple lui-même.

A l’époque où l’ordinateur se faisait une place grandissante dans la société, l’hébreu moderne avait adopté sans le changer le mot «disquette», pour en créer l’expression idiomatique : «changer la disquette». Quand un système de valeurs ou de pensée, quand une méthode invariablement conduit aux mêmes échecs, il faut changer de disquette. Céder des territoires, signer avec les ennemis les plus acharnés des accords de paix pompeux, les traiter avec des pincettes quand ils déçoivent, tout cela ne marche pas? Alors, il faut changer de disquette, et se replonger dans cet antique disque dur comme on n’en fait plus…

© Yéochoua Sultan – Europe Israël News

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  • 2 thoughts on “Gaza : changer de disquette

    1. Charles

      Un excellent article, plein de lucidité, merci. Exiger d’Israël des critères de moralité qui n’existe pour n’imoorte quelle nation au monde, et ne rien exiger des ennemis d’Israël sur le plan moral, est un des nombreux critères qui corrobore que l’Europe diplomatique et médiatique par procuration contre ce pays. Que l’état d’Israël accepte de placer la vie d’ennemis génocidaires au dessus de la vie de la protection de ses propres concitoyens, est suicidaire.
      Israel doit changer ses élites et ses institutions politques vers une démocratie plus directe, si ce pays et ses habitants souhaitent survivre.

    2. Charles

      Désolé, commentaire précédent parti trop tôt. Un excellent article, plein de lucidité, merci. Exiger d’Israël des critères de moralité qui n’existent pour aucune nation au monde, et ne rien exiger des ennemis d’Israël, est un des nombreux critères qui corrobore que l’Europe diplomatique et médiatique mène une guerre par procuration contre ce pays. Que l’état d’Israël s’y conforme et accepte de placer la vie d’ennemis génocidaires au dessus de la vie de la protection de ses propres concitoyens, est suicidaire.
      Si on sacrifie la vie de ces cioyens civils pour éviter de combattre, à quoi sert une armée ? A faire des vidéos de destructions de bâtiments vides ?
      Il faudrait déja qu’Israël prenne conscience que si l’UE ferme les yeux sur les intentions génocidaires du Hamas et de l’Iran, ce n’est pas sans raisons, cette attitude montre que ce n’est pas le génocide des juifs, qui dérange, fondalement cela a bien arrangé l’Europe (sinon ils ne l’auraient pas commis) mais d’y avoir participer directement.

      Israel doit changer sa mentalité, ses élites et ses institutions politques vers une démocratie plus directe, si ce pays et ses habitants souhaitent survivre. Il faut être capable de nommer les ennemis, pas uniquement ceux qui ont les armes mais ceux qui les encouragent continuer à persécuter des juifs, par des discours et des résolutions à l’ONU à sens unique.

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