toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Internement des musulmans en Chine: Pourquoi aucun pays islamique n’est capable de critiquer Pékin ?


Internement des musulmans en Chine: Pourquoi aucun pays islamique n’est capable de critiquer Pékin ?

La Chine pratique un programme très secret d’internement de citoyens musulmans dans le nord-ouest du pays, dans le but de combattre le terrorisme par des centres de « formation professionnelle ». Des témoignages font état de conditions de détentions pénibles et de morts. Jusqu’à un million de personnes y seraient internées, ou l’ont été dans les camps de rééducation que la Chine utilise pour laver le cerveau des musulmans. 

Des Ouïgours et d’autres membres d’ethnies chinoises de langue turque sont ou auraient été détenus dans ces établissements de la région du Xinjiang, selon des estimations citées par un groupe d’experts de l’ONU. Ce programme est de plus en plus critiqué dans le monde, notamment par les États-Unis et le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale.

Les déportés sont acheminés de toute la région du Territoire autonome du nord-ouest de la Chine. Les conditions de transport jusqu’aux centres de détentions sont épouvantables pour ces  minorités ethniques dont des Ouïghours turcs.

Loading...

La suspension des ventes de billets de train dans l’extrême ouest de la Chine a alimenté les rumeurs selon lesquelles le gouvernement aurait réquisitionné les compagnies de chemin de fer pour transférer dans d’autres régions du pays un grand nombre de musulmans détenus.

Les personnes musulmanes sont considérées comme appartenant à une race inférieure par les chinois.Ils sont  entassées dans des trains, sans nourriture, sans eau et sans hygiène. Le voyage est long (plusieurs jours) et pénible.

Les musulmans Ouïghours sont triés selon leur âge, leur sexe et leur condition physique : Certains sont forcés de travailler dans des mines de charbon, ou encore d’autres secteurs.

L’internement de nombreux enfants dans ces établissements fait que des jeunes se retrouvent désormais sans leurs parents. Certains sont élevés par leur famille proche, d’autres sont remis à des orphelinats publics. Des personnes anciennement internées disent avoir été détenues, car elles portaient une longue barbe, un voile ou avaient envoyé des vœux sur Internet lors de fêtes musulmanes.

Des attentats attribués à des Ouïgours ont fait des centaines de morts ces dernières années dans le pays. Pékin dit s’inquiéter d’une poussée de l’islamisme radical au Xinjiang, où environ la moitié des quelque 24 millions d’habitants est de confession musulmane.

Au nom de la lutte contre le terrorisme, les autorités y imposent des mesures de sécurité draconiennes : caméras de surveillance omniprésentes, prélèvements d’ADN ou puces GPS obligatoires dans les voitures.

Learn Hebrew online

« En Chine, ils appellent cela un camp politique, mais en réalité, c’était une prison dans les montagnes », avait déclaré en juillet une ex-enseignante dans un de ces centres, une Chinoise d’ethnie kazakhe, devant un tribunal au Kazakhstan.

Des Ouïgours de l’étranger ont par ailleurs confié être sans nouvelles de proches, ne pas pouvoir renouveler leur passeport, être surveillés ou encore subir des pressions de la police chinoise pour rentrer en Chine.

La Chine a d’abord nié l’existence de centres d’internement. Elle avait longtemps résisté, nié, malgré les preuves de répression envers les Ouïgours, une minorité musulmane d’environ 11 millions de membres. Des preuves recueillies notamment par des ONG et des médias.

Loading...

Mais la publication d’images satellites et la présence sur Internet de documents officiels mentionnant leur existence l’ont poussée à revoir sa position. Le Xinjiang a ainsi publié la semaine dernière des règles codifiant explicitement ces établissements.

C’est sous la pression internationale, notamment du Congrès américain et du Canada, que la Chine a finalement reconnu l’existence de ces camps de rééducation dans le nord-ouest du pays.

Les camps de rééducation sont entourés de secret et fonctionnent en dehors du système juridique. Les prisonniers sont physiquement et mentalement torturés dans le but de briser leurs croyances religieuses et tout mouvement séparatiste potentiel.

Des établissements de « formation professionnelle », selon les autorités

Dans un entretien publié cette semaine par l’agence de presse officielle Chine nouvelle, Shohrat Zakir, le président du Xinjiang, lui-même d’ethnie ouïgoure, a défendu ces lieux d’internement, assurant que la région était désormais « en sécurité et stable » grâce à eux.

Ces établissements de « formation professionnelle  gratuit» visent selon lui à améliorer les aptitudes techniques et le niveau de langue chinoise des membres de minorités ethniques. Il n’a pas précisé combien de personnes y étaient accueillies ni si elles sont autorisées à en sortir comme elles le veulent.

« Elles ont souvent des difficultés à trouver un emploi en raison de compétences professionnelles limitées. Cela entraîne des conditions de vie et de travail difficiles dans la région. Elles sont ainsi plus facilement attirées ou forcées de s’engager dans le terrorisme et l’extrémisme », a-t-il estimé.

Grâce à la formation professionnelle, la plupart de ces stagiaires peuvent réfléchir à leurs erreurs et voir la véritable nature et le préjudice entraîné par le terrorisme et l’extrémisme religieux estime Shohrat Zakir, président du Xinjiang.

Le journal anglophone Global Times, proche du pouvoir et au ton souvent nationaliste, a fustigé dans un éditorial les critiques, assurant qu’elles visaient à « créer le désordre et à provoquer un discours antichinois ».

Des diplomates chinois ont fait publier ces dernières semaines des tribunes dans de nombreux journaux étrangers afin de donner une vision positive de ces centres.

Le chiffre d’un million de personnes  internées  est contesté par l’éditorialiste Hu Xijin du Global Times, un quotidien proche du Parti communiste chinois, dans une série de tweets en appui au gouvernement. Hu Xijin revient sur des attentats perpétrés au Xinjiang en 2013 et en 2014.

Il écrit : « Si ce n’était pas pour restaurer la paix et la stabilité au Xinjiang, quelle autre raison pousserait le gouvernement à y installer des centres de formation? […] Que les critiques en Occident nous disent s’il y a une meilleure manière de résoudre les problèmes au Xinjiang. »

Dans le même esprit, la télévision d’État CCTV avait diffusé un documentaire après que le gouverneur du Xinjiang Shohrat Zakir, un Ouïgour, eut justifié ces camps au nom de la lutte contre le terrorisme lors d’une entrevue à l’agence de presse Chine nouvelle.

Le documentaire montre des Ouïgours dans l’un de ces camps de rééducation. Certains récitent en chœur, en suivant les instructions d’une institutrice : « Je suis un citoyen qui respecte la loi. »

Vers la fin de ce film d’une quinzaine de minutes, le gouverneur Zakir apparaît à l’écran. Il parle de ces centres de formation comme d’un laboratoire. « Des recherches et des expériences favorables à la lutte contre le terrorisme et à l’élimination de l’extrémisme au niveau international », précise-t-il.

Les autorités se gardent de préciser clairement si les personnes peuvent entrer et sortir librement de ces centres.

En mettant de l’avant le combat antiterroriste et la lutte contre la radicalisation islamique, la Chine veut camper sa politique d’internement dans une démarche qui touche une corde sensible, cette de la question de la radicalisation.

Human Rights Watch dénonce un programme « pervers »

On estime qu’un million de membres du groupe ethnique ouïghour ont été enfermés dans des centres où ils sont obligés de se soumettre à des programmes de déradicalisation et de renoncer à leur religion. Le gouvernement a nié les accusations et rejeté les accusations de persécution à caractère ethnique ou religieux, insistant sur le fait qu’il dispensait une formation professionnelle et traitait ceux qui nourrissaient des idées radicales.

« Les autorités chinoises ont cruellement placé les enfants de certains détenus politiques du Xinjiang dans des institutions d’État », a déclaré Sophie Richardson, directrice, Chine, de l’ONG de défense des droits de la personne Human Rights Watch.

Cela fait partie d’un programme gouvernemental pervers qui consiste à soustraire des enfants de citoyens musulmans d’ethnie turque à leurs familles, au nom de leur bien-être matériel estime Sophie Richardson, directrice, Chine, de Human Rights Watch, dans un communiqué.

Les affirmations de M. Zakir « sont une insulte à la fois pour ceux qui souffrent dans les camps et les familles des disparus », a déclaré l’expert d’Amnistie internationale sur la Chine Patrick Poon.

« Aucune opération de communication ne peut cacher le fait que les autorités chinoises mènent une campagne de répression systématique », a-t-il ajouté.

« Pékin pense qu’il pourra s’en sortir avec sa propagande, mais ça n’arrivera pas tant que des observateurs indépendants n’iront pas là-bas pour faire une évaluation crédible », lance Sophie Richardson, la directrice de l’organisation de défense des droits HRW pour la Chine.

Les pays musulmans aux abonnés absents, étonnant non ?

Tandis que la Chine présente les camps de rééducation où se trouvent des centaines de milliers d’Ouïgours dans le Xinjiang comme étant des centres de formation professionnelle – nécessaires pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme- aucun pays musulman ne peut critiquer ces mesures excessives de  la Chine ou réclamer la fermeture des camps.

Beaucoup s’étonnent du silence de pays musulmans, comme la Turquie, sur le sort des Ouïgours.  Que fait Recep Tayyip Erdogan, qui se présente comme le nouveau sultan ottoman? Que font le Pakistan et l’Arabie saoudite qui se présentent comme des défenseurs des croyants? c’est la chose la plus étonnante dans cette affaire.

Si ces camps avaient été le fait d’un autre pays, il n’aurait pas fallu attendre longtemps avant que ne fusent les appels pour réclamer des comptes, une enquête, des poursuites, ou encore, une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

« C’est la puissance de la Chine qui complique les choses », dit Sophie Richardson, de Human Rights Watch.Son organisme mise sur la réunion prévue en novembre au Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la situation en Chine pour faire bouger le dossier.

L’enfermement d’une partie de la population musulmane chinoise rappelle le climat de  la répression sous la Révolution culturelle. Cette campagne de très grande ampleur pour éradiquer la culture des Ouïgours et des Kazakhs, c’est quelque chose qui va aussi loin que Mao Tsé-Toung dans les années 60.

Des passeports confisqués, une surveillance accrue, des arrestations arbitraires : ce qui se déroule depuis des années au Xinjiang s’inscrit dans une démarche politique bien précise du président chinois Xi Jinping.

Pour Xi Jinping, « si on laisse les diverses minorités pratiquer leur culture, des élites qui demanderont l’indépendance vont émerger », explique-t-il.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • 7 thoughts on “Internement des musulmans en Chine: Pourquoi aucun pays islamique n’est capable de critiquer Pékin ?

    1. Drwilly

      Après la victoire sur le Nazisme il a bien fallu denazifier l’Allemagne avec des procès et des camps.
      En quoi l’islamofascisme diffère du Nazisme ?
      Tant que les écrits de. Hassan El Banah Khomeini et Hitler nourrissent le monde Arabo-musulman l’avenir est sombre.

    2. Pinhas

      Les muzz rient jaune en Chine .

      Pas moyen pour eux de soumettre , de voler , de violer , etc ….

      La bas les muzz se comptent sur les doigts d’une main .

      Ils préfèrent l’Europe arabia bien plus ouverte et se laissant violenter sans moufter .

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *