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Une première en Tunisie: rétablissement des noms de rues « juifs » de Sousse


Une première en Tunisie:  rétablissement des noms de rues « juifs » de Sousse

Tout un symbole. En Tunisie le Conseil municipal de Sousse, une ville touristique portuaire de l’est de la Tunisie, vient de donner des instructions pour baptiser des noms juifs  sur des ruelles de cette ville parfois surnommée la « perle du Sahel ». Les Juifs du Sahel  forment un groupe de 6000 personnes en 1946.

Pour rendre hommage à des figures juives locales, à l’initiative d’un membre musulman -Slahddine Ben Ahmed- de la municipalité de Sousse, des juifs de la ville y ayant rendu des services citoyens, sont honorés dans un nouveau quartier de villas du nord de la ville par l’apposition de plaques portant leurs noms.

Les noms du Docteur Daniel Uzan, de l’avocat Claude Sitbon et même de la sage-femme Yvonne Bessis figurent sur trois ruelles.

Cette initiative émane du souci de la ville de sauvegarder le patrimoine civilisationnel de la ville ainsi que le patrimoine culturel de l’ensemble des composantes de la société tunisienne.

« J’ai appris la nouvelle avec beaucoup d’émotion et de reconnaissance », s’est félicité l’architecte tunisien Mourad Fendri.

Cette mesure va contribuer à la sauvegarde de l’identité de la ville, dans laquelle ont vécu à un moment près de  6000 membres en 1946, dont il ne reste plus que 23 juifs tunisiens en 2017.

« La préservation de ce quartier est un grand geste de réappropriation de l’histoire et du passé de la Tunisie», s’est réjoui Maitre Badis Koubakji, un avocat tunisien résident au Canada dans les colonnes du site d’information  Europe-Israel.

« C ’est un geste de préservation du patrimoine de la Tunisie» ajoute Maitre Koubakji.

Le noms de Ichoua Ghouila Houri et le docteur Henri Boujenah pourraient aussi être ajouté en 2019.

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Ce premier  juif tunisien a offert à la municipalité de Sousse le jardin Charles Nicole ( Boujaafar) ainsi qu’ un immeuble pour les sourds et malentendants. Le second, le docteur Henri Boujenah, a soigné la plupart des soussiens pauvres gratuitement.

Les juifs de Sousse, qui leurs enfants vivent majoritairement aujourd’hui à Ashkelon, ont participé à l’enrichissement des  vecteurs sociaux, économiques et culturels de Sousse.  D’autres municipalités de Tunisie devraient suivre ce bel exemple. Cette rare initiative devrait être dupliquée à Tunis , Sfax , Nabeul …

Depuis l’établissement du Protectorat français (1881), les juifs de Sousse ont évolués vers l’occidentalisation. Dans le même temps, ils étaient influencés par le sionisme, nationalisme juif laïc d’Europe centrale, qui réclamait avec Théodore Herzl, (1860-1904), le retour du peuple juif en Israël. Ce courant eut une influence constante sur les Juifs de Sousse.

La communauté juive de Sousse jusqu’au  1857 était soumise au statut de la Dhimma, protection  accordée par les Musulmans aux Gens du Livre, (Ahl el kittab), Juifs et Chrétiens.

Le 10 septembre 1857, Mohamed Pacha Bey promulgua une constitution réformiste, le Pacte fondamental, une Charte juridique qui introduisit l’égalité entre tous les groupes confessionnels.

De novembre 1942 à avril 1943, la communauté juive de Sousse a souffert du poids des mesures infligées pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de l’instauration du Statut des Juifs en Tunisie, de l’occupation de Sousse par les troupes italo-allemandes, et des conséquences de la politique raciale nazie appliquée en Tunisie.

Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement d’occidentalisation continue  dans la communauté juive de Sousse.

Les départs pour Israël ont commencé avec la montée des sentiments antijuifs en Tunisie en 1948.  Le conflit israélo-palestinien en 1948 éveille les inquiétudes.

Les Juifs de Sousse devront, comme l’ensemble des juifs de Tunisie, faire face à la montée de la haine. La nouvelle République tunisienne dirigée par Habib Bourguiba a échouée à protéger les juifs en 1967.

Jusqu’à la fin des années 1956, le Tunisie comptait une importante communauté juive, d’environ 110 000 personnes. Mais ce nombre n’a cessé de diminuer, avec des vagues de départs vers Israël et la France, et ils ne seraient plus que 1125 Juifs tunisiens à vivre encore dans le pays en 2018. Des centaines de pèlerins juifs d’origine tunisienne reviennent régulièrement visiter le pays.

Sous les pressions des organisations  Arabo-antisémites pro-palestiniennes,  la Tunisie a commencé, après le départ  du président Ben Ali, de restreindre parfois le droit d’entrer pour les Tunisiens qui vivent en Israël.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

Source: Claire Rbinstein-Cohen





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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  • 4 thoughts on “Une première en Tunisie: rétablissement des noms de rues « juifs » de Sousse

    1. Emmanuell

      RESSASSER LE PASSÉ EST INUTILE.

      A L HEURE OU IL FAUT QUITTER L EUROPE

      GRÂCE AUX HÉRITIERS DE CES TUNISIENS.

      QUI ENVAHISSENT NOTRE NOUVEAU CONTINENT.

      INFOS BISOUNOURS À METTRE À LA POUBELLE.

      PAROLE DE JUIF TUNISIEN.

    2. LeClairvoyant

      Il faut savoir, que la Tunisie manque de touristes, depuis sa révolution « islamiste », alors, avoir des touristes israéliens lui arrangerait plus, que d’avoir une industrie touristique sinistrée.

    3. Asher Cohen

      Les Juifs de Tunisie, comme d’ailleurs tous les Juifs du Maghreb, avaient le choix d’émigrer en Palestine, même avant 1880, seulement dans le Yishuv de l’époque il fallait beaucoup travailler dans l’agriculture, l’industrie, le commerce, etc.. et vivre dans une culture socialiste majoritaire. Pendant plus de 50 ans ils ont craché sur le Yishuv, la langue hébreu, la littérature hébraïque, et toute la culture juive, Ils préféraient renier leur identité juive, vivre sans organisation politique, et se faire écraser au Maghreb tout en léchant le c… des impérialistes français et des arabes. C’est un code de valeurs plus que honteux et l’expression de la haine de soi juive. Certains Juifs du Maghreb ont fini par rentrer en Israël seulement à partir des années 1950 de décolonisation et qu’ont-ils trouvé en face d’eux durant les guerres de 1967 et 1973? des troupes marocaines, algériennes et tunisiennes venues les écraser à nouveau. Pauvres Juifs maghrébins qui ont perdu leur identité Juive au point de ressasser encore leur mémoire en terre d’islam!

    4. Claire Rubinstein

      Monsieur,
      Votre article utilise mot pour mot la thèse de Madame Claire Rbinstein-Cohen :
      « La Communauté juive de Sousse de 1857 à 1957, orientalité et occidentalisation ».
      Je vous y autorise mais vous devez donner vos sources au lieu de plagier.
      Pour le reste, l’initiative du Conseil municipal est appréciable.
      Il faut surtout préserver le patrimoine tunisien juif local :cimetière et synagogues.
      Claire Rubinstein-Cohen

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