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La police de Mohammed VI arrête un enfant de 14 ans


La police de Mohammed VI arrête un enfant de 14 ans

Ce qui se passe au Rif, au nord du Maroc, nous interpelle. Le parquet général a refusé d’accorder la liberté provisoire à  Bilal al moukadem , 14 ans, le plus jeune détenu du mouvement de protestation amazigh « hirak ». Il sera privé de retourner chez sa famille. Un mouvement de solidarité a été initié appelant à sa libération et sa photo « envahit » Facebook.

Mardi, le parquet d’Al Hoceima a décidé de poursuivre l’arrestation  de l’enfant à la lumière des récentes manifestations rurales qui ont eu lieu en réponse aux condamnations prononcées contre des militants du mouvement la semaine dernière.

L’arrestation de l’enfant, avec cinq autres personnes, a été effectuée par un groupe de 20 membres de la police judiciaire le dimanche 1 juillet 2018 principalement pour avoir participé aux récentes manifestations et avoir jeté des pierres sur les forces de sécurité.

Les policiers marocains se comportent très mal avec les enfants. Leur but est simplement d’obtenir par le biais de la force et de la torture de faux aveux de la part des enfants.

Depuis le début de la l’Intifada du « hirak », les forces de la répression marocaine  ont arrêté plus de 33 enfants amazigh. Confronté au Hirak, mouvement populaire pacifique de la jeunesse Rifaine, le Makhzen a réagi par une brutale répression.

En aout 2017, suite à la marche contestataire à Al Hoceima la police de Mohammed VI arrête un autre enfant de 14 ans , Abderrahman A. Accusé d’avoir participé à une manifestation non autorisée et d’avoir caillassé les forces de l’ordre, Abderrahman A. se trouve aujourd’hui à la prison des mineurs à Nador (120 km d’Al Hoceima).

Au total, 798 manifestants, dont 502 détenus, ont fait l’objet de poursuites judiciaires. Des dizaines de protestataires, souvent mineurs, sont condamnés par une justice expéditive en 2017.

Bilal al moukadem , 14 ans, le plus jeune détenu du mouvement de protestation amazigh « hirak »

Enfance volée : la vie des mineurs marocains démolie en prison

Pour Bilal, Abderrahman et de nombreux autres jeunes Marocains qui ont été détenus par  la police de Mohammed VI , les difficultés ne s’arrêtent pas à la sortie de prison. Après une expérience aussi traumatisante, ils doivent réapprendre à être des enfants.  Le nombre d’enfants  détenus par les forces marocaines n’a cessé d’augmenter depuis le soulèvement de la jeunesse du Rif. La majorités sont  accusé d’avoir jeté des pierres, un chef d’accusation couramment porté contre les mineurs marocains.

L’écrasante majorité des mineurs emprisonnés sont des garçons qui étaient systématiquement jugés devant des avec un taux de condamnation proche de 100 %. Trois mineurs sur quatre sont soumis à des violences physiques lors de leur arrestation ou d’interrogatoires et ils affirment avoir été battu au cours de leur arrestation et de leur détention par les forces marocaines.

Les forces marocaines employaient une force excessive au cours de la détention d’enfants et les interrogeaient sans la présence d’un parent ou d’un avocat. Plusieurs mineurs ont déclaré avoir reçu des gifles, des coups de pied et d’autres sortes de coups et avoir eu les yeux bandés au cours de leur arrestation ou d’interrogatoires.

Les mineurs sont souvent obligés de signer des documents même s’ils ne comprennent pas le sujet. En outre, les enfants sont souvent détenus aux côtés d’adultes.

La police de Mohammed VI refuse de commenter les conditions de détention des mineurs marocains et des violations signalées à leur encontre, ainsi qu’au sujet de la disponibilité de services psychosociaux pour les enfants incarcérés.

Les difficultés ne s’arrêtent pas à leur sortie de prison. Après une expérience aussi traumatisante, ces enfants doivent apprendre à retrouver leur enfance. Les anciens prisonniers se retrouvent souvent seuls à gérer des pensées et émotions négatives – et ce processus complexe est beaucoup plus difficile à endurer pour les enfants.  Une expérience comme celle-ci peut briser le tissu social autour de l’enfant, sa relation avec sa famille et la société.

Les enfants sont souvent plus affectés par la prison que les adultes parce que leurs mécanismes de défense sont plus faibles, parce que leur cerveau est encore en train de se développer. une pléthore de symptômes psychologiques sont endurés par les enfants après leur sortie de prison, notamment la dépression, l’anxiété, des troubles de la concentration, un caractère introverti ou un comportement agressif.

Beaucoup de symptômes affichés par d’anciens enfants prisonniers pouvaient relever du trouble de stress post-traumatique (TSPT), la brutalité de la police  marocaine  fait que le traumatisme continue et peut difficilement être relégué au passé.

Dès leur arrestation – qui a souvent lieu à leur domicile, au milieu de la nuit –, les enfants marocains  anciennement incarcérés sont marqués par  des images pétrifiantes d’impuissance, de faiblesse et de désarroi des parents, incapables de protéger leur enfant.

La situation est encore plus difficile pour les familles au Rif, au nord du Maroc, où de nombreux enfants sont envoyés en prison.

De nombreux enfants éprouvent également des difficultés à se réadapter à cause de troubles psychologiques et du retard accumulé dans les cours après avoir passé de longues périodes en prison avec un accès minimal à l’éducation. Par conséquent, les anciens enfants prisonniers abandonnent souvent l’école. Au Maroc aucune ONG  n’offre des services de réhabilitation aux enfants anciennement emprisonnés.

Le soulèvement de la jeunesse du Rif a résulté de privations et brimades qu’elle n’a cessé d’endurer depuis longtemps. La goutte qui fit déborder le vase fut la mort, l’assassinat abominable, de Mohcine Fikhri le 28 octobre 2016. Ce vendeur de poisson de 31 ans a été broyé dans une benne à ordures alors qu’il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par des officiels du Makhzen.

Un mouvement spontané d’indignation, le Hirak, en a résulté qui va s’emparer des cœurs et des esprits des Rifains. Au printemps 2017 l’Etat marocain projeta dans la région des milliers de militaires et policiers, parvenant ainsi à briser les manifestations et à en interpeller les animateurs.

Les revendications du Hirak sont des plus élémentaires : le droit à la scolarisation, à la santé, au travail et à un minimum de dignité. Il n’y a ni demande de changement de régime, ni d’indépendance pour le Rif, ni même de changement du mode de représentation politique de la région.

 Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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  • 5 thoughts on “La police de Mohammed VI arrête un enfant de 14 ans

    1. Cyrano

      Tout cela, tout le monde le sait, il suffit de s’intéresser au Maroc à son histoire et à son mode de vie. Ces pratiques ont toujours existé et on découvre maintenant que les enfants ont des problèmes psychologiques, qu’il n’existe pas d’ONG qui pourrait s’occuper de ces gosses. Peut-être que ces enfants sont moins intéressants que les petits palestiniens utilisés comme boucliers humains contre les méchants soldats Israéliens. Il serait temps de répartir les charges la bourrique commence à chanceler lourdement.

    2. Robert Davis

      Les enfants arabes sont pires que les adultes. Ne critiquons pas le roi du Maroc qui défend quand même une certaine démocratie toujours plus démocratique que celle des des djihadistes et autres frères mus. Lorsque cet idiot de carter a decidé de tirer sur le Shah on a eu…les ayatollahs. Le Maroc pas plus qu’ Israel n’a besoin des gens qui se mêlent de ses affaires.

    3. chérif Akrour

      les adolescents Arabo-Africo-Maghrébins sont la pire espèce après les hyènes, ils ne sont ni éduqués, ni bien élevés,ni respectueux bref ce sont des sauvages, qui pour un rien peuvent se transformés en monstres, on l’a constaté en Israël, en France et dans toute l’Europe, au Maghreb plus particulièrement en Algérie, ce jeune noir abattu par la police a Nantes est connu comme un délinquant notoire et agressif, si la police a ouvert le feu sur lui c’est n’avait pas d’autres choix et c’est comme ça et on ne peut rien changer, culpabiliser la police, c’est culpabiliser les lois, la justice, les honnêtes citoyens, et se culpabiliser soi-même

    4. Malcolm Ode

      Si c’était la Police israélienne qui se comportait ainsi, il y aurait un tollé international.

      Quant à accuser les enfants d’être invivables, je les crois simplement adapter naturellement à leur milieu de vie… invivable.

      Enfin, si Mohamed VI a du sang royal, je me réjouis d’être roturier!

    5. joseph

      Je vais lancer une collecte de fonds pour monter une opération « un bateau pour Al Hoceima ».
      J’ai déjà une liste de personnalités de gauche, du spectacle, la Licra, la LDH…

      Non, je rigole….

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