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Procès des amazigh au Maroc: 20 ans de prison ferme pour avoir réclamé une vie digne


Procès des amazigh au Maroc: 20 ans de prison ferme pour avoir réclamé une vie digne

Des acteurs associatifs, artistes et militants ont exprimé leur colère après les peines prononcées mardi 26 juin 2018 par la justice marocaine, à l’encontre des détenus amazigh jugées très sévères. Après huit mois de procès, la Cour d’appel de Casablanca a distribué quelques 260 années de prison à l’encontre des 54 détenus amazigh du mouvement des protestations sociales connu sous le nom de Hirak. 

Quatre meneurs amazigh du mouvement du Hirak, Nasser Zefzafi, Nabil Ahmjiq, Ouassim Boustati et Samir Ighid, ont été condamnés à 20 ans de prison ferme pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’État« .   20 ans de prison ferme pour avoir manifesté leur désespoir

Les cinquante autres accusés amazigh ont quant à eux été condamnés à des peines allant de 15 à 1 an de prison. Aussitôt annoncées, ces peines ont provoqué la colère d’internautes et de militants.

Ahmed Zefzafi, le père du leader amazigh du Hirak du Rif, a réagi aux sentences prononcées contre son fils et les détenus du Hirak. «Je suis très heureux car je vis dans un pays de joie», a réagi ironiquement le père de Nasser Zefzafi après la condamnation de son fils et leader du Hirak à vingt ans de prison. Dans une déclaration au quotidien espagnol, El Pais,  Zefzafi père s’est dit surpris des peines d’autant que les revendications du Hirak n’étaient pas exagérées et compare les jugements à ceux de l’époque franquiste en Espagne.

«Quand quelqu’un demande une école, une université, un emploi et que tu passes 20 ans en prison, on se demande dans quel pays ont vit?» avant d’ajouter: «Même sous Franco, il n’y avait pas de telles condamnations». «Je ne sais pas … Je vais me taire, c’est mieux» a-t-il conclu sa déclaration.

Plusieurs détenus du Hirak du Rif, dont Nasser Zefzafi, ont décidé de boycotter les séances du procès car, selon eux, la Cour ne serait pas indépendante du Parquet. Ils ont demandé à leur défense de garder le silence. Zefzafi a accusé la Cour d’être impartiale car ses décisions sont globalement en faveur du parquet. Le leader du Hirak a aussi dénoncé l’utilisation des déclarations des témoins pour «concocter» des accusations inexistantes contre les détenus. Il a conclu son allocution en demandant à sa défense de garder le silence.

La justice marocaine a eu la main lourde, très lourde dans l’affaire du Rif, au risque  d’abîmer davantage une image déjà bien entachée … Singulier paradoxe s’il en est, aux allures de cas de conscience : à l’écoute du verdict on se surprendrait presque à réclamer une justice expressément dépendante afin qu’elle puisse rendre des comptes sur la manière de dire le droit.

La situation s’est de nouveau tendue dans la ville d’Al-Hoceïma, épicentre d’un mouvement de contestation dans la région marocaine du Rif (nord), où les appels à manifester se multiplient après ces peines jugées très sévères.

La crise du Rif revient à zéro et on fait état de nouveaux heurts entre manifestants et forces de l’ordre, alors que la situation s’était relativement apaisée ces dernières semaines. Des membres du « Hirak » ont appelé à une manifestation vendredi soir à Al-Hoceima.

Le Maroc reste empêtré dans des dérives autoritaires.

Le procès des amazigh du mouvement de protestation dans le Rif (nord du Maroc) qui a secoué le pays entre fin 2016 et mi-2017 a commencé  mi-septembre2017 devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca.

Environ 450 personnes, selon des associations, ont été arrêtées pendant les événements déclenchés par la mort d’un vendeur de poisson, broyé dans une benne à ordures en tentant de s’opposer à la saisie de sa marchandise, de l’espadon interdit à la pêche, en octobre 2016.

Les détenus amazigh  ont milité avec ferveur pour un Maroc meilleur, pour plus d’égalité.

Le régime  monarchique, rétrograde et despotique de Rabat détient aussi  l’épouse du prisonnier politique marocain Naâma Asfari, privé de sa liberté par le Makhzen.

L’épouse de l’opposant marocain, Claude Mangin, observe une grève de la faim  sans que les autorités françaises réagissent pour venir en aide à leur concitoyenne. Le président français, Emmanuel Macron, préfère faire le sourd face aux appels de sa compatriote que de provoquer la colère de celui que la France maintient sur le trône pour défendre les intérêts des lobbies et des puissances de l’argent.

Naâma Asfari est un militant qui se bat pour l’indépendance du Sahara Occidental et qui a subi le même sort que les opposants politiques marocains jetés en prison par le père de l’actuel souverain dans les geôles de Tazmamart où Abraham Serfaty et d’autres prisonniers ont passé près de vingt années de réclusion.

Claude Mangin a non seulement été interdite de voir son mari, mais a été expulsée du Maroc manu militari quatre fois de suite. Son état de santé s’est dégradé, affirment des médias régionaux français, mais cela ne semble pas inquiéter les autorités politiques française outre-mesure.

«Je veux obtenir mon droit de visite», a insisté cette courageuse dame devant Pierre Richard, un grand artiste qui mène un combat pour l’autodétermination du peuple sahraoui et qui s’est rendu plusieurs fois au Sahara Occidental, rappellent les médias régionaux français.

«Je connais depuis plusieurs années la cause de ce peuple qui ne veut absolument pas se coucher malgré toutes les horreurs qu’on lui fait subir», a affirmé Pierre Richard, qui a fustigé le «mauvais» comportement de Rabat.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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  • 2 thoughts on “Procès des amazigh au Maroc: 20 ans de prison ferme pour avoir réclamé une vie digne

    1. EMMANUEL

      UNE JUSTICE QUI PREND PARTI EST PLUTOT  » PARTIALE  » ET NON

      IMPARTIALE COMME CITE DANS CE TEXTE.

      AM ISRAEL HAI

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