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Jérusalem -Tokyo: renforcement des relations économiques et des nouvelles opportunités commerciales


Jérusalem -Tokyo: renforcement des relations économiques et des nouvelles opportunités commerciales

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a reçu, le mercredi 2 mai 2018,  au siège de son département ministériel à Jérusalem le Premier ministre japonais Shinzo Abe, avec qui il s’est entretenu sur les relations économiques et financières entre les deux pays. Lors de cette entrevue, il a été procédé à un large examen de l’état de la coopération et des relations économiques et financières entre Israël et le Japon. Les initiatives à entreprendre en vue du renforcement et de la consolidation de ces relations ont été particulièrement abordées.

Les Premiers ministres japonais et israélien ont affirmé vouloir intensifier les investissements bilatéraux.

« J’espère que nous allons poursuivre le développement des investissements entre nos deux pays« , a déclaré M. Abe, qui était venu accompagné d’une délégation d’homme d’affaires japonais.

Evoquant « la formidable croissance des investissements japonais en Israël et les investissements israéliens au Japon« , M. Netanyahu a estimé que le partenariat était « excellent mais ce n’est qu’un début ».

 « J’ai eu une super réunion aujourd’hui avec le premier ministre du Japon, mon ami Shinzo Ebba. Les investissements japonais en Israël, au Japon et au Japon ont considérablement augmenté depuis notre partenariat, et nous les renforcer de plus en plus » a ajouté le Premier ministre israélien.

 

 

Les échanges commerciaux entre les deux pays s’élevaient en 2017 à 2,8 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros), selon l’Institut israélien de l’export et de la coopération internationale.

Les exportations israéliennes au Japon ont atteint une valeur de 780 millions de dollars en 2017, et comportaient notamment du matériel médical et électronique, selon cet institut.

Les deux hommes ont convenu de progresser sur la mise en place de vols directs du Japon vers Israël, ce qui augmenterait le tourisme, les investissements et les affaires, selon un communiqué du bureau de M.Netanyahu.

Malgré l’augmentation spectaculaire des échanges entre les deux pays, ils restent quelque 30 % inférieurs au commerce d’Israël avec la Corée du Sud, l’un des principaux concurrents du Japon. Cette concurrence est un  facteur favorisant l’attrait que représente Israël pour le Japon, selon le chef de mission de l’ambassade d’Israël à Tokyo.

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« Il n’a pas échappé aux industriels et responsables japonais qu’Israël entretient toujours des liens commerciaux beaucoup plus forts avec certains des principaux concurrents du Japon », pointe t-il.

« A l’heure où des géants comme Samsung, Intel et Google implantent des centres de recherche en Israël, le Japon commence à vouloir investir davantage en Israël. »

Une présence plus accrue des entreprises japonaises en Israël 

L’intensification de l’activité et la coopération accrue avec le Japon au cours des prochaines années pourraient conduire à une présence accrue des sociétés japonaises en Israël, a déclaré Avi Luvton, directeur exécutif de la région Asie-Pacifique de l’autorité de l’Innovation d’Israël.

Selon Ben-Ami Shillony, historien et conférencier sur l’Extrême-Orient à l’Université hébraïque de Jérusalem le gouvernement japonais – soutenu par une population généralement favorable aux Juifs – souhaite établir des liens économiques plus étroits avec Israël. C’est particulièrement vrai, à présent que la vieille dépendance japonaise vis-à-vis du pétrole arabe est en déclin.

Le réchauffement des relations est entre autres le résultat de plusieurs mémorandums conjoints récents sur le renforcement de la coopération sur la recherche, le commerce, le tourisme et même la sécurité – un domaine que les administrations japonaises successives considéraient comme tabou, de crainte de soulever la colère des nations arabes riches en pétrole.

Et au Japon, la politique gouvernementale a un impact beaucoup plus important sur les entreprises privées qu’en Occident, dit Shillony.

Fait perceptible dans les décisions de presque tous les grands constructeurs automobiles japonais de ne pas pénétrer sur le marché israélien jusqu’aux années 1990, lorsque le boycott pétrolier arabe – un ensemble de sanctions appliquées contre les pays commerçant avec Israël – a commencé à se desserrer, ajoute-t-il.

Autre preuve des liens plus étroits entre Israël et le Japon : la visite officielle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Tokyo en mai 2014, au cours de laquelle lui et sa femme, Sara, ont dîné avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe et son épouse, Akie, à la résidence de M. Abe. Leur rencontre a duré plus longtemps que prévu – événement inhabituel pour une visite d’Etat au Japon.

Abe, un homme politique de centre-droit dont la carrière et les opinions ressemblent à bien des égards à celles de Netanyahu, est venu déjà se rendre en Israël en janvier 2015 , pour la première visite d’Etat de ce type, depuis neuf ans, d’un leader japonais. Le prédécesseur de Netanyahu, Ehud Olmert, a visité le Japon en 2008.

« Je suis déterminé, avec le Premier ministre Netanyahu, à redoubler d’efforts pour renforcer les relations entre le Japon et Israël, afin que les potentiels soient entièrement exploités », a déclaré Abe aux médias à Jérusalem  lors de sa rencontre avec Netanyahu.

Ces sentiments semblent être partagés.

Israël a approuvé une série de mesures visant à stimuler le commerce à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars. Israël a ouvert un bureau au ministère de l’Economie à Osaka, et a augmenté de 50 % les subventions gouvernementales à des projets de recherche communs israélo-japonais.

 

Pour Abe, le renforcement des liens avec Israël fait partie d’une vision plus large dont l’objectif est de promouvoir l’innovation et la diversification des industries et des marchés fortement centralisés par le Japon, afin de freiner son déclin économique et son inflation rampante, selon Ben-Ami Shillony, conférencier sur l’Extrême-Orient à l’Université hébraïque.

Dans le Japon d’Abe, ajoute l’historien, Israël est un partenaire particulièrement précieux, car son expertise unique en matière de défense et de technologies militaires convient parfaitement à son plan de développement des capacités militaires japonaises face aux chinois.

Le printemps arabe de 2011 a également modifié la vision japonaise de la région en faveur d’Israël, selon Naoki Maruyama, professeur d’histoire à l’Université Meiji Gakuin au Japon.

« Dans une région sombrant dans le chaos et les troubles internes, Israël se distingue comme l’exception – et l’endroit où investir », confie-t-il au JTA.

Avec les pays du Golfe qui lèvent certaines restrictions commerciales, ouvrent des communications directes, et permettent aux avions israéliens de survoler leurs pays, les relations du Japon avec Israel vont se renforcer.

La doctrine économique d’ouverture d’Abe, que les analystes appellent souvent « Abenomics », modifie déjà la réalité d’un étranger commerçant avec le Japon, selon Yoav Keidar, homme d’affaires israélien qui travaille au Japon depuis 28 ans.

« Autrefois principal goulot d’étranglement pour les entreprises étrangères, le gouvernement aide désormais activement les entreprises à surmonter d’autres obstacles, dit-il. En termes japonais, ce n’est rien de moins qu’une révolution. »

 

La fintech israélienne veut  générer des opportunités commerciales au Japon

En s’appuyant sur l’intelligence artificielle, des centaines d’entreprises  israéliennes  pourraient transformer l’industrie des services financiers dans le futur. Toutes domiciliées à en Israël, elles sont aussi le symbole d’un État Juif à la pointe de l’innovation en matière de technologie financière. Israël veut augmenter  les opportunités d’investissement ainsi que la coopération de fintech israélienne au Japon.

L’autorité de l’Innovation d’Israël et le ministère israélien de l’Economie et de l’Industrie font la promotion des technologies israéliennes aux entreprises japonaises qui investissent activement dans les solutions fintech avancées et les algorithmes.

Plusieurs entreprises israéliennes, développant des technologies fintech, sont en contact avec des représentants des plus grandes banques japonaises et des sociétés fintech japonaises ainsi que des fournisseurs de services informatiques.

L’industrie financière au Japon est composée de plusieurs grands acteurs dont trois grandes institutions financières, Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), Mizuho Bank et Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG), qui gèrent collectivement quelque 6 billions de dollars, et qui sont actives dans plus de 50 pays. Ils emploient quelque 250 000 personnes et comprend des banques commerciales, des sociétés de valeurs mobilières et des sociétés de capital-risque.

En août denier, NTT Data, un fournisseur de technologie clé pour les institutions financières au Japon, a annoncé la création d’un consortium pour développer les technologies blockchain, tandis que Fujitsu Company, qui propose également des solutions complètes dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, a établi un consortium en 2015, pour le développement de technologies innovantes pour les systèmes financiers japonais.

En outre, au cours des dernières années, le gouvernement japonais a entamé un processus de déréglementation pour faciliter l’intégration de l’innovation dans le secteur bancaire du pays, tout en apportant des changements législatifs qui faciliteront l’entrée des entreprises fintech sur le marché japonais.

« Ce sont des changements de grande envergure qui ont lieu au Japon, y compris l’intégration de technologies avancées de différents domaines par les banques japonaises, la création d’accélérateurs sur le terrain, une déréglementation importante du gouvernement japonais et plus encore », s’est réjouie Noa Asher, représentante commercial d’Israël au Japon.

L’objectif, a-t-elle déclaré, est que le ministère israélien de l’Economie aide les entreprises israéliennes à pénétrer le marché et à développer leur activité.

Il y a environ 543 entreprises fintech opérant en Israël dans des domaines aussi variés que les paiements en ligne, la détection antifraude, les technologies blockchain et d’assurance (Insurtech), selon Start-Up Nation Central, une organisation à but non lucratif qui suit l’industrie.

L’intensification de l’activité et la coopération accrue avec le Japon au cours des prochaines années pourraient conduire à une présence accrue des sociétés japonaises en Israël, a déclaré Avi Luvton, directeur exécutif de la région Asie-Pacifique de l’autorité de l’Innovation d’Israël. La coopération dans les technologies innovantes renforcera ce potentiel, a-t-il déclaré.

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 

 

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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