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Retour de la France sur la scène moyen-orientale : des forces militaires françaises déployées en Syrie


Retour de la France sur la scène moyen-orientale : des forces militaires françaises déployées en Syrie

Des troupes françaises sont arrivés à Deir ez-Zor, en compagnie de quelques éléments des Forces démocratiques syriennes (FDS). Le 18 avril dernier, devant le Parlement européen, le président français, Emmanuel Macron a fait un plaidoyer sur l’implication militaire de la France dans le conflit syrien.

Le gouvernement français est sur le pied de guerre pour défendre son opération conjointe avec les États-Unis et le Royaume-Uni en Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril. Lors de son intervention télévisée au micro de Jean-Pierre Pernaut, le 12 avril, Emmanuel Macron assurait détenir des “preuves” de l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien. Selon le document officiel du 14 avril, les services français ont procédé à l’analyse des témoignages, photos et vidéos apparus spontanément sur les sites spécialisés, dans la presse et les réseaux sociaux dans les heures et jours qui ont suivi l’attaque chimique.

Au seuil de sa visite à Washington à partir de ce lundi 23 avril, le président français a demandé le départ d’Assad et mis en garde contre un retrait US qui « balisera le terrain à la domination iranienne sur la Syrie et à une nouvelle guerre et à l’émergence d’un type nouveau de terrorisme ».

Juste avant son départ le président français a affirmé le 20 avril, depuis l’Elysée, dans un entretien sur Fox News que les Américains « devraient rester en Syrie pour bâtir un pays nouveau, sinon « l’Iran et le régime de Bachar al-Assad » prendront tout le terrain et y créeront un « nouveau terrorisme ».

L’entretien du président français avec Fox News lui a d’ailleurs servi d’occasion pour évoquer le président russe comme  « déstabilisateur des démocraties », l’homme qui s’ingérère en Europe et aux Etats-Unis.

Le président français Emmanuel Macron va en outre offrir à son homologue américain Donald Trump un jeune plant de chêne symbolisant la force des relations entre les deux pays, selon Fox News. Il s’agit d’une « bouture d’un chêne du Nord de la France qui, espère-t-il, sera planté sur le terrain de la Maison Blanche pour symboliser la ténacité de cette amitié« , selon le journaliste Chris Wallace.

Paris et Washington affirment que l’attaque du 7 avril 2018 de la ville rebelle sunnite de la Ghouta orientale était chimique. Des documents français et américains évoquent plusieurs attaques chimiques létales sur les civils.

Des forces terrestres françaises en Syrie

Le site Internet syrien Arabi 21 a annoncé que les troupes françaises étaient arrivées à Deir ez-Zor, en compagnie de quelques éléments des Forces démocratiques syriennes (FDS).

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Selon la même source, les forces françaises sont passées par la région pétrolifère d’al-Jafra située dans le désert d’Aqeedat pour arriver jusqu’au village de Kamol-Atallah situé au nord-est de la ville de Deir ez-Zor.

Hussein al-Bassi, un ancien membre de la Coalition des négociations syriennes (CNS) a déclaré dans son entretien avec Arabi 21 que l’objectif poursuivi par les Français était de pérenniser la présence de leurs forces en Syrie et de montrer qu’ils sont des acteurs influents pour ce pays et pour son avenir.

Al-Bassi a indiqué aussi que l’arrivée des troupes françaises à Deir ez-Zor s’était faite avec l’aval de la prétendue coalition internationale de « lutte contre le terrorisme » et aussi après que plusieurs dirigeants kurdes se soient rendus en France. Il ajoute que la France jouera un rôle majeur dans la solution politique finale à la question syrienne.

Al-Bassis a ajouté que la France était à la recherche d’une région pour exercer son influence et son rôle international d’antan. Et que les miliciens kurdes, eux, cherchaient un nouveau garant après l’effacement du bon parrain, l’Amérique.

Les forces françaises sont actuellement présentes dans cinq régions du nord de la Syrie : dans les hauteurs de Kobané, Aïn al-Arab, la région de Sarin, la cimenterie Lafarge, le village de Kharab-e-Eshq et la région d’Aïn-Issa en banlieue de Raqqa.

Des témoins oculaires ont vu ces forces françaises entrer au champ pétrolier d’al-Jafra puis s’installer dans le désert d’Aqeedat et enfin dans la localité d’al-Thour.

Certaines critiques  en France se font bien pressantes contre la présidence française  qui décide en lieu et place du Parlement de partir sans mandat onusien pour la guerre contre le régime syrien, quitte à engager le pays dans une aventure fort complexe et à inconnues multiples. D’autres voix au sein de l’armée française s’interrogent aussi sur le pourquoi des « ratés » lors des derniers tirs de missiles français.

Des dysfonctionnements  durant la frappe lancée le 14 avril

En mauvais termes avec le président depuis la démission de l’ancien chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, les militaires français ne peuvent être indifférents à ce qui s’est passé dans la nuit du 13 au 14 avril en Méditerranée orientale, bien que la ministre des Armées le soit. En effet, l’opération de la marine nationale, qui a agi sous le commandement de l’OTAN, a connu plusieurs loupés.

La marine française aurait fait part de problèmes rencontrés pour lancer des missiles de croisière depuis ses frégates multi-missions. Seulement trois des six missiles prévus auraient ainsi pu être tirés. Le dispositif n’aurait donc pas été un total succès, contrairement à ce qu’indiquaient les ministres français des Armées et des Affaires étrangères au lendemain des frappes, puisque seuls 12 des 16 missiles prévus ont fonctionné.

La marine française avait prévu de tirer un nombre supérieur de missiles de croisière navals (MdCN) que les trois missiles qu’elle a finalement lancés. Ces trois missiles ont d’ailleurs été tirés depuis l’une des trois frégates multimissions (FREMM) déployées en Méditerranée orientale. Mais pourquoi ?

Selon RTL, à l’heure exacte prévue pour le premier tir, « un gros bug » serait survenu, empêchant le départ des missiles de croisière sur le premier bâtiment désigné pour ouvrir le feu, avant que le second navire ne connaisse la même défaillance. Les journalistes français ont d’ailleurs interrogé la ministre des Armées Florence Parly sur le sujet sans que l’intéressée se risque à leur fournir une réponse : « Je n’ai pas l’intention de commenter les performances de tel ou tel système d’armes, ces informations, qu’elles soient vraies ou fausses, sont classifiées, je ne les commenterai pas ».

La marine française étant l’une des plus performantes en Europe, il est peu probable que le dysfonctionnement dont elle a fait preuve le 14 avril soit d’origine purement française. Placée sous commandement de l’OTAN, serait-elle victime d’un « bug ami » ? « On ne peut plus faire de sous-marin atomique en France sans autorisation américaine », déclarait le 27 mars 2018 devant une commission de l’Assemblée nationale Alain Juillet, ancien membre du service Action (SA) et directeur du renseignement de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Citant l’exemple des avions de combat Rafale que la France ne pourrait plus livrer à l’Égypte à cause de la législation ITAR qui interdit l’exportation de composants technologiques américains sans autorisation du gouvernement américain, Alain Juillet rappelle que la vente d’Alstom à General Electric (GE) pour laquelle l’actuel président de la République Emmanuel Macron fut décisif a transféré aux États-Unis la production des turbines indispensables aux sous-marins français à propulsion nucléaire, clef de voûte de la dissuasion nucléaire française.

Les couacs de la marine nationale au cours des frappes au missile du 14 avril contre la Syrie ont largement nui à la crédibilité de la France en tant que puissance militaire, dépositaire d’une industrie d’armement.

Un Rafale français n’a pas réussi à larguer son missile Scalp le 14 avril en Syrie.

Le ministère français des Armées a affirmé que les avions de combat français Rafale n’avaient pas réussi à tirer la totalité des missiles qu’ils transportaient en vue de frapper des cibles syriennes dans la nuit du 13 au 14 avril 2018.

En effet, selon  le journal français Le Point, un des deux missiles que transportait un avion de combat français Rafale n’a pas réussi à partir au moment venu. « Sur les dix missiles Scalp-EG [acronyme de Système de croisière conventionnel autonome à longue portée et d’Emploi général] prévus, seuls neuf sont partis », a indiqué l’armée de l’air française dans un entretien donné aux journalistes du Point en ajoutant qu’elle ne connaissait pas encore l’origine de la faille.

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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