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Les civils d’Afrin fuient les hordes de jihadistes que la Turquie a lâchées contre eux.


Les civils d’Afrin fuient les hordes de jihadistes que la Turquie a lâchées contre eux.

Recep Tayip Erdogan, le «Sultan de Daesh» de facto, a déchaîné des milliers de djihadistes salafistes sur la ville kurde d’Afrin au Rojava (nord de la Syrie). Immédiatement après l’avoir prise suite à deux mois d’artillerie et de raids aériens de l’armée de l’air turque, ces militants de l’EI, d’Al-Qaïda et d’Al-Nusra ont été rebaptisés par la Turquie sous le nom de  l' »Armée syrienne libre » qui commençait à piller des magasins, faire des raids dans des maisons et détruire des statues dans toute la ville.

Les images provenant d’Afrin sont difficiles à regarder. C’est une pilule difficile à avaler, à savoir que cette ville du nord de la Syrie qui a été un bastion de stabilité et de paix durant la guerre la plus apocalyptique de ce siècle est tombée aux mains des miliciens islamistes pro-Turquie.

Le nouveau nom de l’État islamique, d’Al-Qaïda et d’autres groupes salafistes sous le label «plus acceptable» de l’Armée syrienne libre (ASL) était une opération de relations publiques bien menée par l’État turc. Maintenant, ces drapeaux «rebelles» flottent dans le ciel d’Afrin, une ville qui semble pratiquement vide. Ses habitants – dont beaucoup étaient déplacés des autres villes syriennes au cours des sept dernières années – ont été contraints de fuir la barbarie des frappes aériennes et des promesses de massacres.

Ces derniers jours, les rapports de pillages par les soi-disant forces de l’Armée syrienne libre à Afrin, et comme l’ampleur de la catastrophe humanitaire est devenue évidente, de fausses larmes ont commencé à couler dans des pays occidentaux qui ont regardé passivement le cauchemar d’Afrin au durant les deux derniers mois.

D’après les Nations unies, rien que pendant cette semaine  environ 150 000 kurdes ont fui leur ville , et ce n’est pas prêt de s’arrêter.Les personnes qui arrivent sont blessées, affamées et traumatisées, et ont un besoin urgent d’assistance humanitaire, notamment de nourriture, d’abris et de soins

Qui a facilité ce nettoyage ethnique ? représentatifs de la soi-disant ASL qui flottent aujourd’hui à Afrin. Les bannières de l’État occupant turc qui fournissaient l’épine dorsale militaire de l’Opération Rameau d’olivier, sont suspendues à des bâtiments qui abritaient autrefois l’autogestion du canton kurde d’Afrin. C’est une occupation coloniale sous le couvert de la lutte contre le «terrorisme», un état de choses qui peut être qualifié de nettoyage ethnique.

 

Le sort de ce peuple kurde est inconnue ,alors que sa persécution est cautionnée par l’État turc et les conséquences humanitaires de grande ampleur de cette crise.

L’incursion de la Turquie en Syrie aurait été impossible sans le soutien – explicite ou implicite – de la soi-disant communauté internationale. Il est indubitable que, sans l’ouverture par la Russie de l’espace aérien sur Afrin pour la Turquie, cette série odieuse de crimes contre l’humanité qui s’est matérialisée n’aurait jamais été possible. L’intervention militaire de la Russie en Syrie en 2015 au nom de l’État syrien a été lancée sous prétexte de combattre les mêmes groupes rebelles idéologiquement enclins que la Turquie a soutenus à Afrin.

Les affirmations de Moscou selon lesquelles les intérêts du peuple syrien sont dans l’âme semblent totalement creuses à la lumière de l’occupation salafiste, non seulement elle a fermé les yeux, mais elle a été activement facilitée.

Tout ce qu’il faut savoir sur les motivations de l’État turc et de leurs forces de procuration à Afrin a été résumée dans le premier acte de ces fascistes dans le centre-ville – la destruction de la statue de Kawa, la légende derrière l’histoire du nouvel an kurde, Newroz. Cet acte d’humiliation culturelle a montré la nature explicitement anti-kurde de l’occupation. Si ces forces s’étaient contentées de retirer les photos du leader du PKK Abdullah Ocalan à Afrin, leurs affirmations sur la simple lutte contre le « PKK-PYD » auraient été un peu plus convaincantes.

Le footballeur kurde Deniz Naki, ainsi que plusieurs élus et d’activistes kurdes, sont en grève de la faim depuis sept jours devant le siège des Nations Unies pour protester contre l’invasion d’Afrin par l’armée turque et ses jihadistes alliés.

La lâcheté européenne 

Après le silence complice de l’Occident sur l’occupation d’Afrin, et à une époque où les droits de l’homme, la liberté de la presse et la primauté du droit sont plus que jamais violés en Turquie, l’Union européenne apparaît comme un allié de la Turquie. Au cours de ces dernières années, l’Union européenne a semblé être un promoteur des visées dictatoriales et expansionnistes d’Erdogan, un sujet obéissant qui se comporte comme une réminiscence de la pire époque de l’Europe. Elle a dépoussiéré les pires pages de l’histoire européenne et, sans honte, continue d’être partie aux crimes des despotes.

Il est dégoûtant aujourd’hui de voir que l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne continuent de collaborer avec des despotes. Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a soutenu l’attaque de la Turquie contre l’Afrin sous le nom de « sécurité frontalière » et de « contre-terrorisme ».

Le président français Macron s’est contenté d’avertir M. Erdogan qu’il devait arrêter une « invasion », pour revenir en arrière moins d’un jour plus tard.

Et qu’en est-il de l’Allemagne? Fabriqués en Allemagne, les chars et les armes ont été mis dans l’arsenal de l’armée turque à mesure qu’elle progressait dans son assaut sur Afrin. L’Europe a été partie au meurtre d’Afrin et n’a pas réfléchi profondément à ce que cela signifie.

L’alignement de l’Europe avec Erdogan est un symbole récurrent de lâcheté et de soumission à un dictateur nouveau-né. Les Kurdes, qui étaient en Irak comme en Syrie, la principale force qui a vaincu l’EIIL, l’ennemi contre lequel l’Europe combattait également en principe, ont été abandonnés par les pays européens, tout comme le peuple de Tchécoslovaquie à Munich.

Le 15 mars, dans la déclaration du Parlement européen suite à la session plénière sur la situation en Syrie, il n’y avait absolument aucune mention de l’attaque contre l’armée turque et les djihadistes contre Afrin.

La Commission européenne est toujours heureuse que la Turquie prévienne un afflux potentiel de réfugiés. C’est probablement pourquoi, la veille de l’enquête sur les crimes de la Turquie, la Commission européenne a annoncé qu’elle verserait encore 3 milliards d’euros à la Turquie, la deuxième tranche d’aide financière qu’elle a apportée à Amkara.

La Commission européenne, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe, toutes les institutions censées représenter les valeurs européennes, ont eu le temps de laisser libre cours à Erdogan pour faire ce qu’il voulait.

L’une des images les plus dégoûtantes d’Afrin est la vue de chars allemands défilant dans les rues de la ville fantôme couverts de drapeaux turcs. Ces chars Leopard ont joué un rôle clé dans l’invasion d’Erdogan et ont montré à quel point la coopération militaire entre la Turquie et l’Allemagne et les ventes d’armes du gouvernement de la chancelière Angela Merkel ont été essentielles pour Ankara.

Maintenant que les dégâts ont été faits pour les habitants d’Afrin, le gouvernement allemand émet une alerte tardive sur la situation humanitaire. Merkel a déclaré la semaine dernière au Parlement que « ce qui se passe à Afrin, où des milliers et des milliers de civils sont persécutés, meurent ou doivent fuir, est inacceptable, peu importe les intérêts de sécurité de la Turquie. Nous condamnons également cela dans les termes les plus forts. »

Alors que l’armée turque a envahi Afrin, de plus en plus de voix s’élèvent pour qu’on boycotte le tourisme et les produits turcs afin de ne pas financer la guerre génocidaire que la Turquie mène contre les Kurdes.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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