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Les Russes s’enlisent dans le sang des Syriens: plus de 250 civils en deux jours dans la Ghouta orientale


Les Russes s’enlisent dans le sang des Syriens: plus de 250 civils en deux jours dans la Ghouta orientale

Les Russes, qui s’enfouissent dans le bourbier de la guerre en Syrie, ont bloqué ce jeudi 22 février 2018 une résolution aux Nations Unis pour le cessez de feu.

Pourtant les bombardements du régime de Bachar Al-Assad et de son allié russe ont tué plus de 250 civils en deux jours cette semaine, dont près de 60 enfants, ont péri sous des tirs d’artillerie et des raids aériens, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

C’est le deuxième pic de bombardements depuis le début du mois, après une première vague, entre le 5 et le 10 février 2018, qui avait fait un nombre similaire de morts.

Le département d’Etat américain s’est dit « extrêmement préoccupé » et a appelé à un arrêt immédiat des violences. Même positionnement a minima pour Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, qui a fait part de sa « profonde inquiétude ». La Turquie, bien que partenaire de l’accord de désescalade, est restée muette, toute son attention étant concentrée sur l’offensive que mènent ses forces dans le secteur kurde d’Afrin, dans le coin nord-est de la Syrie.

La seule réaction véritablement forte est venue du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian. Celui-ci a mis en garde devant les députés contre un « cataclysme humanitaire » et a annoncé qu’il se rendrait dans les prochains jours en Russie et en Iran, les deux principaux soutiens du président Assad. Mais sans réengagement américain, la mobilisation de Paris a très peu de chances de déboucher sur des avancées.

Des milliers de familles luttent pour survivre dans la Ghouta orientale, assiégée.

Le Nettoyage ethnique dans la Ghouta orientale, en Syrie.

L’offensive aérienne menée par le pouvoir syrien et son allié russe contre l’enclave rebelle en périphérie de Damas, assiégée depuis cinq ans est une véritable tragédie humanitaire. Bombes, missiles sol-sol, barils explosifs : le régime utilise toutes ses armes contre les civils. Les gens sont terrés chez eux. Dans tous les quartiers, ça pue le sang. Même les animaux ont disparu des rues. Toutes les trente secondes environ, avec la régularité macabre d’un métronome, le fracas d’une explosion, plus ou moins lointaine, vient mette fin à des vies humaines.

Le régime ne frappe pas seulement les lignes de front, mais aussi il bombarde les infrastructures et les civils.

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Le scénario d’Alep est en train de se répéter. Dans cette grande ville du nord de la Syrie, un massacre de 1100 personne a eu lieu en décembre 2016, après des mois de siège et de bombardements, suivis d’une offensive terrestre éclair. C’est la même politique de destruction tous azimuts. Bachar Al-Assad veut expulser les sunnites de la Ghouta. Ce pilonnage est présenté par la presse pro régime comme le prélude à une opération de reconquête de la Ghouta, plaine agricole d’une centaine de km2, peuplée de 400 000 personnes, qui est l’ultime bastion rebelle aux portes de Damas.

 

 

Signe de la détermination du camp pro-Assad, l’aviation russe a repris du service dans cette région, dont elle était absente ces derniers mois. La banlieue orientale de Damas était intégrée dans l’accord de « désescalade », conclu en septembre par Moscou avec la Turquie et l’Iran, parrains respectifs des insurgés et du régime syrien.

L’arrangement, qui prévoyait une réduction des hostilités et une arrivée d’aide humanitaire dans quatre zones aux mains de l’opposition, est resté peu ou prou lettre morte. Selon l’OSDH, les chasseurs-bombardiers russes ont notamment touché l’hôpital d’Arbin, l’un des plus importants de la Ghouta, désormais « hors service ».

Six autres centres de soins ont été visés par des bombardements, dont la moitié ont dû suspendre leurs opérations, selon un communiqué de l’ONU, publié mardi en début de soirée. Quelques heures plus tard, l’association d’aide médicale Syrian American Medical Society, très investie dans les territoires tenus par la rébellion, rajoutait six sites à cette liste, portant à treize, selon elle, le nombre d’établissements de santé endommagés ou détruits en l’espace de quarante-huit heures.

Certains d’entre eux ont été touchés par des barils explosifs largués par hélicoptères. Une arme que l’armée syrienne s’abstenait d’utiliser dans la Ghouta ces dernières années, de peur que ses appareils ne soient touchés par des tirs venus du sol, et dont la réapparition signale le regain de confiance des autorités.

Cet acharnement sur les infrastructures civiles est un composant-clé de la stratégie contre-insurrectionnelle poursuivie par les autorités syriennes. Avant que les troupes progouvernementales ne pénètrent dans Alep-Est, place forte de la rébellion dans le Nord syrien, les hôpitaux de ces quartiers avaient été soumis à un déluge de feu similaire à celui qu’endurent aujourd’hui leurs homologues de la Ghouta.

Comme à Alep, Moscou impute son intervention à la présence, dans la Ghouta, des djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham, proche d’Al-Qaida. Des combattants certes exclus du protocole de désescalade.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a suggéré d’appliquer à la Ghouta « l’expérience de la libération d’Alep ». Incapables de résister à la poussée des forces loyalistes, les rebelles et leurs partisans dans cette ville avaient fini par être évacués par bus, sous la supervision de la Croix-Rouge, en direction d’Idlib, une province plus au sud, sous la coupe des djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham. Dans un rapport publié en mars 2017, l’ONU avait qualifié ce déplacement forcé de « crime de guerre ».

La population résidant encore dans la Ghouta orientale subit depuis trois ans  des privations de nourriture et de médicaments ; le prix des denrées y flambe. Cette situation touche, en particulier, les enfants, qui composent, selon l’Unicef, la moitié de la population de la zone. La situation est telle que l’ambassadeur français auprès de l’ONU, François Delattre, parlait début février d’un siège « digne du Moyen Age ».

Les Russes qui s’engloutissent dans le sang syrien ne veulent pas l’admettre 

La Russie a démenti toute implication dans les récents événements dans la Ghouta orientale, en Syrie. Le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov a réagi, le jeudi 22 février, aux accusations lancées par les États-Unis contre la Russie.

« Ce sont des accusations sans fondement. Ce n’est pas clair sur quoi elles sont fondées. Aucune information spécifique n’a été fournie à ce propos. Nous ne sommes pas d’accord avec eux », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

La porte-parole du département d’État américain, Heather Nauert, a  accusé cette l’aviation syrienne d’avoir bombardé des hôpitaux dans la Ghouta orientale, tuant une centaine de civils. Le département d’État américain a également demandé à la Russie de mettre fin à son soutien au président syrien Bachar al-Assad, accusé par Washington de « tentatives visant à attiser la violence dans la Ghouta orientale ».

Dans la foulée, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a fait part de la décision de Moscou d’élaborer une résolution concernant les questions humanitaires dans la Ghouta orientale, dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies.

« À New York, nous travaillons sur un projet de résolution concernant un cessez-le-feu humanitaire en Syrie », a déclaré Sergueï Riabkov en évoquant le double standard de Washington vis-à-vis des questions humanitaires.

« Les critiques de Washington au sujet des questions humanitaires sont de nature sélective et il met la Syrie sous pression pour finalement garantir ses propres intérêts », a ajouté M. Riabkov.

Les accusations contre l’armée syrienne interviennent alors que celle-ci est impliquée dans une opération militaire destinée à déloger les groupes terroristes de la Ghouta orientale. L’armée syrienne et ses forces coalisées ont libéré, en janvier 2018, la Ghouta occidentale, située à la périphérie sud-ouest de Damas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 

 

 

 

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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  • 3 thoughts on “Les Russes s’enlisent dans le sang des Syriens: plus de 250 civils en deux jours dans la Ghouta orientale

    1. Armand Maruani

      Au début cette guerre était claire .

      Aujourd’hui on se demande qui se bat contre qui .

      A la finale c’est peut être la République de San Marino qui va tous les écraser .

    2. michel boissonneault

      déjà les arabes s’entre tue ….. maintenant les russes sont dans la danse …. c’est une vrai situation de merde

    3. c.i.a.

      N`oublions pas, que Poutine est le « sauveur « de la Syrie et du monde, contre l`ei selon ses groupies pro-poutine.
      Assad est très heureux de l`avoir comme allié, qui se ressemble s`assemble comme ont dit,mais quoi qu`ìl en soit les musulmans s`entre tuent tout de même avec ou sans les russes ou les occidentaux, ALORS!

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