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En position de force, les iraniens veulent diviser les kurdes dans toute la région


En position de force, les iraniens veulent diviser les kurdes dans toute la région

Diviser pour régner. Telle est la devise de Téhéran. Elle l’applique déjà avec les  pays arabes depuis 1979, et maintenant avec les populations kurdes dans cette même region. Le regime des mollahs tente actuellement d’encourager le Kurdistan irakien d’établir de solides relations avec la République islamique d’Iran.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a rencontré, ce dimanche 18 février 2018, le Premier ministre du Kurdistan irakien, en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich.

Lors de cette rencontre, le Premier ministre du Kurdistan irakien Netchirvan Barzani a fait part de l’élaboration d’un nouveau protocole, destiné à approfondir les relations entre Téhéran et Erbil.

Les deux hommes se sont également penchés sur un éventail de sujets, dont les relations bilatérales sur divers plans, notamment sur le plan économique.

Mohammad Javad Zarif a, pour sa part, demandé aux autorités kurdes de multiplier leurs efforts visant à ouvrir le  Kurdistan irakien aux sociétés iraniennes et à leur fournir de meilleures conditions.

Netchirvan Barzani a remercié l’Iran pour l’aide et l’assistance que Téhéran compte offrir au Kurdistan irakien, en disant qu’Erbil comptait élargir ses relations avec Téhéran via un nouveau protocole.

Une des justifications sur lesquelles s’appuie cette cooperation est donc l’économie. La tentative actuelle de  Téhéran fait partie d’un contexte  plus large de manœuvres iraniennes  visant à semer la division entre les différents groupes Kurdes.

Téhéran cherche à s’infiltrer dans les regions kurdes irakiennes pour poursuivre  le mouvement Komala, parti d’opposition kurde iranien installé depuis 1984 de ce côté de la frontière pour fuir la répression de Téhéran. Répartis entre la région frontalière avec l’Irak et la Turquie à l’Ouest et la frontière turkmène à l’Est, les Kurdes iraniens, soit 13 % de la population totale du pays, mènent un combat pour la reconnaissance de leurs droits politiques et culturels depuis les années 1920.

Leur lutte fut autrefois parmi les plus virulentes, allant notamment jusqu’à obtenir en 1946 le premier gouvernement kurde indépendant : la République de Mahabad, expérience qui ne dura finalement qu’un an. La répression, particulièrement sévère dans les années 1980, se poursuit aujourd’hui avec plusieurs exécutions d’opposants kurdes chaque année.

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Une opposition très divisée

Il ne reste que trois partis d’opposition – le PDKI, parti démocratique du Kurdistan iranien, le Komala, parti kurde communiste et le PJAK, parti pour une vie libre au Kurdistan, branche iranienne du PKK (Parti des travailleurs kurdes) –, tous réfugiés au Kurdistan irakien, et dont l’influence réelle dans les zones kurdes iraniennes est difficile à évaluer. L’opposition kurde iranienne est particulièrement divisée, car Téhéran veut s’assurer qu’aucun leader charismatique n’émerge.

De fait, les principaux chefs ont tous été assassinés, dont le plus célèbre reste Abdul Rahman Ghassemlou, leader historique du PDKI tué en 1988 sur la table des négociations à Vienne. Aujourd’hui, le peu d’avancées dans la reconnaissance des droits kurdes en Iran contraste avec les acquis et la reconnaissance internationale dont bénéficient les minorités kurdes des autres pays de la région.

Le soutien de l’Iran auprès des Kurdes irakiens veut rendre la présence des opposants iraniens en Irak particulièrement difficile. À tel point qu’en 2015, l’ancien président kurde Massoud Barzani s’est vu contraint d’accueillir en visite officielle Mohammad Jafari, l’un des supposés assassins de Ghassemlou, constituant un véritable affront pour la communauté kurde iranienne.

Oubliés de la communauté internationale

Les seuls kurdes oubliés de la communauté internationale sont aujourd’hui les Kurdes iraniens. Au Kurdistan iranien, le peuple est soumis à un siège permanent. L’État leur refuse une autonomie politique, administrative malgré l’existence de la province du Kurdistan. La répression de toute contestation kurde en Iran donne couramment lieu à des arrestations et à des condamnations, voire des cas de tortures et d’exécutions par le regime iranien. Plus de 75% des Kurdes iraniens sont des sunnites, le reste des chiites de rites variés.

Victime de discrimination nationale linguistique et religieuse, ce peuple qui ne se reconnait pas dans la représentation biaisée et dictatoriale de la République islamique revendique un Iran démocratique, laïc et fédéral.

En Iran, la persé­cu­tion est plus subtile. Même s’ils consti­tuent près de 13 % de la popu­la­tion, les  Kurdes d’Iran font face à la discri­mi­na­tion dans l’édu­ca­tion, le commerce et la poli­tique. Il y a des limites dans les endroits où ils peuvent travailler et vivre. Il y a des limites à leur parti­ci­pa­tion complète dans la société. L’état chiite ne protège ni leurs inté­rêts ni leur iden­tité. Ils ont un rôle margi­nal car tous les niveaux de pouvoir sont contrô­lés par la majo­rité reli­gieuse perse.

Des organismes internationaux, tels que l’ONU, Amnesty International et Human Rights Watch, dénoncent régulièrement depuis des années les persécutions qui frappent cette minorité : intimidations, arrestations arbitraires, emprisonnements et condamnations sous divers prétextes fallacieux, morts suspectes, confiscations de biens, destructions de lieux saints et profanations de cimetières, discriminations au travail et dans l’éducation.

Téhéran soutien le régime turc qui bombarde les kurdes syriens 

Alors que les régions kurdes du nord-ouest de la Syrie sont bombardées depuis quelques semaines par l’armée turque, le regime iranien renforce sa coordination sécuritaire avec Ankara. Le chef d’état-major des forces armées de la République islamique d’Iran conjugue ses efforts avec son homologue turc dans l’agression militaire de l’armée turque à Afrin.

Lors d’une conversation téléphonique, le 21 janvier dernier, le chef d’état-major des forces armées turques, le général Hulusi Akar, a fourni à son homologue iranien, le général-major Mohammad Baqeri, des explications au sujet de l’opération militaire lancée le 20 janvier contre la ville syrienne d’Afrin.

Le général Akar-a expliqué que la décision d’Ankara d’attaquer cette région était justifiée par le regroupement des groupes terroristes à Afrin et que la Turquie entendait neutraliser les menaces terroristes visant les villes et villages turcs. Il a dit que l’opération militaire de l’armée turque contre le territoire syrien s’inscrivait dans le cadre du droit de chaque pays à se défendre.

Le général Akar a assuré à son homologue iranien que la Turquie respectait l’intégrité territoriale de la Syrie et qu’elle honorait les engagements qu’elle a pris dans le cadre des accords d’Astana, signés avec l’Iran et la Russie.De son côté, le chef d’état-major des forces armées iraniennes  le général Baqeri, a souligné  qu’il ne fallait pas porter atteinte à l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté de la Syrie.

« Il ne faut pas laisser les ennemis de la nation syrienne et ceux du monde musulman, notamment les États-Unis et leurs alliés, profiter de tels événements et instrumentaliser cette crise pour concrétiser leurs objectifs maximalistes. De plus, ces actions militaires ne devront pas affaiblir le processus politique des négociations tripartites à Astana, qui a été jusqu’ici couronné de succès », a indiqué le major général Baqeri.

Le 19 février, c’est le président turc lui même qui s’est entretenu au téléphone avec son homologue iranien de la situation à l’extrême nord-ouest de la Syrie. Selon le quotidien turc Daily Sabah, la conversation entre les présidents Erdogan et Rohani a exclusivement porté sur la situation à Afrin.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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  • 2 thoughts on “En position de force, les iraniens veulent diviser les kurdes dans toute la région

    1. michel boissonneault

      l’iran ….positon de force…… comme la turquie …. c’est 2 pays très militarisé contre un petit peuple qui fait son possible pour survivre car les Kurdes sont attaquer de tout les cotés …. même les russes participe a ce massacre

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