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Téhéran tente de séduire la Jordanie pour rejoindre “l’axe de la résistance »


Téhéran tente de séduire la Jordanie pour rejoindre “l’axe de la résistance »

L’ambassadeur iranien à Amman, Mujtaba Ferdowsipour, fait actuellement des pressions  pour  tenter de séduire la Jordanie pour rejoindre  ce qui est communément appelé  dans certains medias arabes “l’axe de la résistance » contre Israel.

Le ralliement de la Jordanie  à l’axe du mal est bien venu pour les Iraniens qui  veulent rendre l’axe des modères          ( Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn ) de plus en plus isolé dans la région. Les perses veulent glisser le tapis doucement sous leurs pieds!

À la suite du déclenchement d’une crise dans les relations irano-saoudiennes et après la rupture de leurs relations, la Jordanie a rappelé son ambassadeur à Téhéran alors que l’Iran n’a pas pris de mesures de réciprocité.

L’ambassadeur d’Iran à Amman, qui encourage les responsables jordaniens à reprendre leur relations avec Téhéran a dit que « L’Iran ne frappe à la porte d’aucun pays. Mais une normalisation des liens avec l’Iran profitera plus à la Jordanie qu’à l’Iran. Le marché iranien compte 80 millions de consommateurs tandis que celui en Jordanie en compte 9 millions. Certains pays interdisent à Amman de normaliser avec l’Iran, mais c’est à Amman d’agir en fonction de ses intérêts. »

L’ambassadeur a même souligné un point dangereux et névralgique :

« La Jordanie devra-t-elle s’inquiéter de la présence de l’Iran et du Hezbollah près de ses frontières ? Je ne crois sincèrement pas qu’il y ait une quelconque raison pour s’en inquiéter. L’Iran reste en contact avec Amman sur le dossier syrien. Il a soutenu la présence de la Jordanie à titre d’observateur aux pourparlers d’Astana. Amman y a pris part à sept reprises et l’accord sur les zones de désescalade est sorti d’une réunion Russie-Jordanie-USA. L’Iran en a d’ailleurs soutenu l’idée et l’une de ces zones se trouve dans le sud de la Syrie. Sur cette base, je ne comprends vraiment pas pourquoi de quoi la Jordanie s’inquiète. Je plaide pour des pourparlers à huis clos entre les deux parties et déconseille vivement tout suivisme. »

Pour le moment, le roi Abdallah a fait la sourde oreille à cet appel à l’ouverture, sans doute par crainte du tollé que provoquerait une reprise de ses liens avec Téhéran au sein de ses alliés. Il n’empêche qu’à mesure que le temps passe, cette alliance tend à perdre tout intérêt.

La Jordanie pourrait être tentée par une normalisation avec l’Iran.

C’est une hypothèse de plus en plus sérieuse qu’évoquent les jordaniens à la lumière de la nette détérioration des relations entre Amman et ses alliés traditionnels.

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L’économie ne va pas très fort dans le royaume jordanien, où les économistes mettent en garde contre une baisse des aides étrangères pour 2018. Mais l’économie n’est pas le seul défi auquel fait face Abdallah II.

Le royaume reçoit en pleine figure les contrecoups des grandes secousses géopolitiques qui ont traversé le Moyen-Orient en 2017. Avec Riyad, les liens s’affaiblissent de plus en plus tandis que rien ne va plus entre Jérusalem  et Amman après un incident intervenu avec un agent sécurité israélien qui a causé la mort de deux Jordaniens.

Le sentiment de « marginalisation » gagne du terrain en Jordanie, qui voit une « nouvelle donne géopolitique » émerger dans la région. Conseillers et experts jordaniens appellent le roi Abdallah II à tenir compte de ces changements et à se rapprocher de l’Iran.

Un article signé Oraib Al-Rantawi, du journal jordanien Ad-Dustour, a demandé  à ce que les autorités d’Amman normalisent avec Téhéran.

« Entre les Jordaniens et les iraniens il n’y a aucune guerre. Pourquoi se hisser à la tête du front anti-iranien pour plaire aux autres ? La Jordanie ferait mieux d’envoyer rapidement son ambassadeur à Téhéran et de reprendre ses relations avec les Iraniens» se demande le chroniqueur.

Muhammad Abu Roman, l’analyste du quotidien jordanien Al-Ghad, conseille de son côté au roi Abdallah de se rapprocher de l’Iran.

Selon lui  l’Iran « qui a déjà ouvert son marché à Irak et qui est prêt à vendre du pétrole bon marché à la Jordanie. Certes Amman n’ira pas jusqu’à rompre avec ses alliés, mais il est temps que nous pensions un peu à nos propres intérêts nationaux. Qu’une chose soit claire : la Jordanie se trouve politiquement isolée et ses convictions politiques sont à des années de lumière de celles de ses alliés sunnites ».

Cet appel à une reprise des liens avec l’Iran est aussi repris par l’éditorialiste d’Al-Ghad, qui demande à ce que le roi « saisisse l’occasion et réponde positivement aux signaux envoyés depuis Téhéran ».

« Il est nécessaire que la Jordanie ouvre la porte aux nouveaux acteurs qui sont prêts à se tenir à ses côtés. Téhéran propose un partenariat économique à Amman. C’est dans notre intérêt d’accepter cette précieuse offre » poursuit le journal.

Les divergences ne cessent de s’approfondir entre Amman et Riyad.

La Jordanie ne porte pas le même regard que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et Bahreïn en ce qui  concerne la crise qui a éclaté entre ces pays et le Qatar.

Le président du Parlement jordanien, Atef Tarawneh, a annoncé  qu’Amman n’accepterait pas le jugement des quatre pays arabes que sont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et Bahreïn concernant le Hamas et les Frères musulmans, qui ont été placés par ces pays sur la liste des organisations terroristes.

La Jordanie s’est adressée à Doha pour dire qu’elle n’emboîterait pas le pas aux Saoudiens, Émiratis, Égyptiens et Bahreïnis dans leur position vis-à-vis du Hamas et des Frères musulmans, et qu’elle n’avait pas l’intention d’adopter des positions hostiles à l’égard de ces deux groupes terroristes.

Alors que de très fortes tensions opposent la Jordanie à l’Arabie saoudite, Amman semble se rapprocher de Damas. La rencontre la semaine dernière entre le président du Parlement jordanien et les hauts diplomates syriens va d’ailleurs dans ce sens. Sur le terrain, les terroristes sunnites  que la Jordanie soutenait depuis le début de la guerre semblent avoir été lâchés. Ils s’entre-tuent.

Les deux composantes de l’Armée syrienne libre (ASL), Liwa Houran et Liwa Enkhal, se sont livrées à de très lourds combats comme pour accélérer leur fin. Menés à coups d’armes lourdes, de chars et de mortiers, les combats se poursuivent depuis trois jours dans le nord de la province de Deraa, dans le sud de la Syrie, et ils ont coûté la vie à des dizaines de terroristes et des miliciens sunnites.

La Jordanie va-t-elle finir par se rallier avec l’Iran ?

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© Souhail Ftouh pour Europe Israël





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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