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Laurent Bouvet, professeur de Science politique : «Toute une partie de la gauche n’accepte pas la liberté d’expression à l’encontre de l’islam»


Laurent Bouvet, professeur de Science politique : «Toute une partie de la gauche n’accepte pas la liberté d’expression à l’encontre de l’islam»

Ce samedi 6 janvier, le Printemps Républicain organise aux Folies Bergères une grande manifestation «Toujours Charlie», pour commémorer les attentats de janvier 2015. A cette occasion, Laurent Bouvet accorde au Figaro Vox un grand entretien.

LAURENT BOUVET. – Il s’agit à la fois de commémorer, en dehors des cérémonies officielles, le 3ème anniversaire des attentats de janvier 2015 qui ont commencé le 7 janvier par Charlie Hebdo, et de dire que trois ans après, malgré les menaces et les renoncements, nous sommes «toujours Charlie!», c’est-à-dire en faveur de la liberté d’expression et contre toutes les formes d’intimidation, en particulier celles venant de tous ceux qui refusent cette liberté d’expression dès lors qu’elle concerne leur foi religieuse.

Pour ce faire, le Printemps républicain s’est associé avec le Comité Laïcité République et la LICRA, et des membres de l’équipe de Charlie Hebdo nous ont apporté leur soutien. Le sens de cette démarche est de rassembler très largement, et de montrer ainsi, au-delà des différences et clivages politiques notamment, qu’une très large majorité de nos concitoyens reste, trois ans après, «toujours Charlie» et très attachée à la liberté d’expression.

Concrètement, il s’agira d’une grande journée de témoignages et de débats, d’acteurs de terrain, d’intellectuels, de journalistes, d’artistes… qui viendront nous dire pourquoi ils sont «toujours Charlie». La journée se conclura par un spectacle inédit, fait de moments musicaux et de lectures de textes, dont la «Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes», le texte posthume de Charb. Cette journée se déroulera dans la salle des Folies Bergère à Paris (9ème arrondissement) en deux parties: les témoignages et les débats de 15h à 19h puis le spectacle de 20h30 à 23h. A cette occasion, nous révélerons aussi les résultats d’un sondage exclusif fait avec l’IFOP sur «les Français et Charlie, 3 ans après». Le programme, les informations et l’inscription (indispensable) à cette journée sont disponibles sur le site.

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Trois ans après les attentats de janvier 2015, qu’est-ce qui a changé?

Toute une partie de la jeunesse de culture ou de confession musulmane se reconnaissait aisément dans une forme de radicalisation islamiste

A la fois beaucoup et peu! Beaucoup, parce que nous avons, collectivement, en tant que Français et plus largement en Europe d’ailleurs, pris conscience que la poussée de l’islamisme et du terrorisme qui lui est lié, telle qu’elle se déroulait dans le monde depuis des années, au moins depuis le 11 septembre 2001, et tout spécialement dans les pays musulmans, nous touchait directement à son tour. Les attentats de Toulouse et Montauban en 2012 étaient restés un événement isolé, perpétré par un seul homme, Mohammed Merah, et n’avaient pas soulevé la même prise de conscience que les actes des 7, 8 et 9 janvier 2015. On a découvert aussi que ces terroristes étaient des jeunes Français, élevés et éduqués en France. Et au-delà des attentats eux-mêmes que toute une partie de la jeunesse de culture ou de confession musulmane se reconnaissait aisément dans une forme de radicalisation islamiste même si bien évidemment, et heureusement, les passages à l’acte terroriste ou au djihadisme au Moyent-Orient restent des phénomènes limités.

Peu aussi, parce que malgré le choc terroriste et sa répétition en novembre 2015 à Paris puis en juillet 2016 à Nice notamment, malgré la prise de conscience collective, malgré les changements induits en termes de sécurité et de lutte contre le terrorisme ou la radicalisation, nous avons pu constater que les menaces contre Charlie Hebdo ou les propos antisémites, par exemple, n’avaient pas cessé, bien au contraire. Ces dernières semaines, la tension autour de quelques «unes» de Charlie a bien montré que toute une partie de cette jeunesse dont nous parlions à l’instant, et avec elle toute une partie de la gauche, n’accepte pas que la liberté d’expression, la liberté de caricature et finalement la liberté de la presse se fasse à l’encontre de la religion musulmane – tout en acceptant d’ailleurs très bien l’exercice de ces libertés à l’encontre des autres religions. Comme s’il existait une spécificité propre à l’islam, comme si cette religion et elle seule devait bénéficier d’un statut particulier en la matière. Que des croyants puissent penser ainsi, on peut le concevoir, mais qu’une partie de la gauche suive cette pente est proprement inconcevable.

Il y a tout juste un mois Edwy Plenel accusait Charlie Hebdo de faire la guerre aux musulmans…

C’est faire la courte échelle aux islamistes, dans les médias, sur des tribunes publiques, à l’université, dans les associations, dans les communes… qui revient à faire la guerre aux musulmans

Cette accusation, grave et irresponsable de la part du directeur de Mediapart(rappelons que les membres de la rédaction de Charlie Hebdo vivent en permanence sous protection policière depuis des années et qu’Edwy Plenel le sait parfaitement) a permis de mesurer combien toute une partie de la gauche s’est égarée depuis 2015.

Cette accusation de «faire la guerre aux musulmans» comme celle «d’islamophobie» à l’égard de ceux qui défendent la liberté d’expression sans préférence ni exception et qui se battent contre l’islamisme sous ses différentes formes est tout simplement indigne. Car c’est précisément aux côtés des musulmans qui refusent l’islamisme et ses diktats en matière religieuse comme en politique que se battent ceux qu’accuse Plenel. D’ailleurs, ses accusations ont été abondamment et complaisamment relayées par toute une «islamosphère», dont la proximité avec les thèses des Frères musulmans se manifeste désormais tous les jours. N’oublions pas que la hargne de Plenel s’est déployée quand on a pointé du doigt sa complaisance à l’égard de Tariq Ramadan et finalement de toute cette islamosphère, auxquels il identifie trop aisément les musulmans dans leur ensemble.

Bref, faire la guerre aux islamistes n’est pas faire la guerre aux musulmans. C’est faire la courte échelle aux islamistes, dans les médias, sur des tribunes publiques, à l’université, dans les associations, dans les communes… qui revient à faire la guerre aux musulmans.

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Quelle est la vocation du Printemps Républicain créé en 2016. S’agit-il d’une association, d’un mouvement politique?

Il s’agit d’un mouvement de citoyens constitué sous la forme d’une association de loi 1901. Le Printemps républicain est né en mars 2016 d’un double constat. Celui, d’abord, d’une volonté de «faire quelque chose» de’un ensemble de gens, après les attentats de novembre 2015 et différentes «affaires» qui ont suivi où l’on a constaté que toute une partie de la gauche politique, syndicale, associative, dans les médias ou à l’université refusait de voir la réalité de l’idéologie islamiste à l’oeuvre sous des formes différentes, du terrorisme et du djihadisme bien évidemment mais jusque et y compris dans les discours et les manipulations organisées pour faire avancer un certain nombre d’idées dans le débat public, en particulier contre l’égalité hommes-femmes ou contre la liberté d’expression.

Toute une partie de la gauche politique, syndicale, associative, dans les médias ou à l’université refusait de voir la réalité de l’idéologie islamiste à l’oeuvre sous des formes différentes.

Celui, ensuite, d’un vide politique, au sein de la gauche traditionnelle, et bien au-delà il faut le dire et le reconnaître, autour des enjeux dits culturels, à partir d’une position pleinement républicaine, c’est à dire à la fois démocratique (attachement à l’état de droit, aux libertés publiques, à l’action, l’éducation et la mobilisation des citoyens…) ; laïque (autour de la volonté de voir la laïcité restaurée dans son interprétation républicaine comme liberté de conscience, des cultes et de séparation entre l’Etat et les religions, et non plus dévoyée dans une interprétation libérale contraire à son esprit comme à sa lettre à coup de «liberté religieuse», de «coexistence des cultes et des croyances» ou de simple «neutralité de l’Etat») ; et sociale (il s’agit ici pour le Printemps républicain de réaffirmer l’indispensable dimension d’égalité entre les citoyens que ce soit dans l’exercice de leurs droits, dans l’accès aux services publics, sur tous les territoires de la République, à une école de qualité notamment et en termes de solidarité).

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Le Printemps républicain prend sa place dans un ensemble, parmi de nombreuses organisations qui existaient déjà et se battent autour de principes proches, dont la LICRA et le CLR font partie comme tout le milieu laïque traditionnel, tout en essayant d’insuffler de nouvelles pratiques, militantes notamment, avec des adhérents jeunes très mobilisés – ainsi, l’organisation d’un événement comme «Toujours Charlie» repose pleinement sur cette force militante, sur des bénévoles, qui ont souvent fait l’expérience d’engagements partisans ou associatifs préalables mais décevants – autour d’un corpus théorique retravaillé et réaffirmé.

En 2017, le Printemps républicain est resté dans son rôle de vigie et de mobilisation, sur les réseaux sociaux notamment, lorsque les principes que j’évoquais plus haut ont été mis en cause. Nous avons ainsi, par exemple, joué un rôle majeur dans le dévoilement public des propos antisémites, homophobes et sexistes de Mehdi Meklat, et des complicités dont il a si longtemps bénéficié dans les médias. Mais c’était une année électorale, et le pluralisme politique qui est aussi un des principes fondateurs du Printemps républicain – comme le refus de subventions publiques ou la collégialité des décisions par exemple – nous a conduit à ne pas prendre parti dans toute la séquence électorale, des primaires aux législatives, en passant bien sûr par la présidentielle. Cela a limité notre activité. Ce ne sera pas le cas évidemment en 2018 où nous allons pouvoir reprendre un rythme plus soutenu, dont Toujours Charlie marque le démarrage.

Vous réclamez-vous de la gauche ou accueillez-vous des républicains de toutes les rives?

Nous venons, pour ce qui est de l’essentiel des fondateurs et des animateurs, sans aucun doute aussi des adhérents, de la gauche mais nous accueillons bien évidemment, dès lors qu’il y a accord avec les principes énoncés plus hauts (ceux inscrits dans notre «manifeste» fondateur en mars 2016), tous ceux qui veulent nous rejoindre. Nous ne demandons de papiers ou de pedigree à personne! La République ne se divise ni ne se confisque d’aucun côté politique. On peut avoir des divergences sur tel ou tel sujet, et des conceptions différentes de l’action publique, mais dès lors qu’elles sont débattues dans un cadre commun, dès lors que la querelle politique est comprise dans le cadre républicain, il n’y a aucune raison ni de la refuser ni d’y renoncer. C’est une question de respect des règles communes et d’éthique de la discussion politique. Bien sûr, ceux qui refusent de respecter ces règles républicaines et ne se conforment pas à cette éthique de la discussion, qui ne veulent pas s’appuyer sur une forme de raison commune en quelque sorte, ceux-là ne sont pas les bienvenus au Printemps républicain, et d’ailleurs nous les combattons dans l’espace public – sur les réseaux sociaux en particulier où les dérives en la matière sont hélas très fréquentes.

Je ne suis pas en revanche très favorable au terme «républicains de toutes les rives» qui me rappelle le «républicains des deux rives» des années 1990-2000. Car si l’accord doit se faire sur le cadre républicain lui-même, son exigence et sa rigueur, cela ne fait pas un programme politique pour autant, tel qu’il était envisagé à l’époque autour du «souverainisme», en tentant de faire pivoter vers la question européenne l’axe de la politique française. Cela a été un échec, un lourd échec. Nous avons clairement dépassé aujourd’hui cette phase et cette époque. Les conditions nouvelles de la politique, en France comme au-delà de nos frontières, avec la montée de populismes de différentes natures et de «mouvements» très centrés autour de leur chef, réponses imparfaites, insatisfaisantes et précaires aux nouveaux enjeux qui bousculent nos conceptions et les frontières politiques (idéologie islamiste, défi environnemental, transhumanisme, privatisation généralisée des données, transformations profondes de l’économie productive et du travail…) nous conduisent à revoir en profondeur la manière même dont nous pensons la politique.

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  • 7 thoughts on “Laurent Bouvet, professeur de Science politique : «Toute une partie de la gauche n’accepte pas la liberté d’expression à l’encontre de l’islam»

    1. c.i.a.

      Une partie seulement?, au moins 98% sont des imbéciles pro-islam et anti-israel, tout cela à cause des « victimes palestiniennes«  , ces cons de gauchistes causent leur propre perte, à genoux devant tout ces dégénérés musulmans, sans parler des dictateurs en tout genres qu`ils affectionnent tant,ces gens sont dangereux par leur naiveter et leur stupidité!!

    2. Jean-Francois Morf

      Pour les islamo-gauchistes, prétendre que I-slam est une idéologie de guerre et de haine est une « fake news », qu’il faut interdire par tous les moyens légaux.
      lls n’ont jamais daigné lire la vie du terroriste criminel Mahomet, menteur, guerrier, voleur, violeur (femmes, gamines, gamins, cadavres, chamelles, etc), assassin, estropieur, égorgeur, esclavagiste, empoisonneur, polygame (il a empêché 72 musulmans de se trouver une femme), manipulateur, cinglé, etc.
      Les islamo-gauchistes ne savent même pas faire la différence entre une race, une religion, et une législation, (=la sharia): ils mélangent tout…

    3. LeClairvoyant

      L’islam est plus intolérant dans les pays musulmans contre les gauchistes que contre les chrétiens. c’est une alliance contre nature, islam et gauchisme athée.

    4. Robert Davis

      Les mus se fichent de la république ceux qui l’admettent et ceux qui ne le disent pas.Ils sont clairs dans leur ambition de s’approprier la France et l’Europe et plus encore. Les dégénérés ce sont les français et autres européens qui ne veulent pas le voir ni l’admettre de peur d’avoir à se battre ensuite pour expulser ces arabes qui dans quelques années se montreront beaucoup plus violents du fait de leur nombre toujours plus élevé. Le jour viendra où gauchiste de m. et autres devront se battre, l’ennui est que ce jour-là ils perdront la guerre alors qu’aujourd’hui on peut la gagner.

    5. Jacques B.

      Ce qui est drôle, si je puis dire, c’est que cet article a été publié sur le Figaro Vox, et que si un commentateur lambda s’exprime sur le sujet – donc sur l’islam – sous cet article, il est allègrement censuré par les modérateurs du Figaro !
      J’en ai fait l’expérience personnellement.

      Autrement dit, faites ce que je dis, pas ce que je fais.

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