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Les vrais fascistes ne sont peut être pas ceux que l’on croit


Les vrais fascistes ne sont peut être pas ceux que l’on croit

Fascisme dur, fascisme mou

Les noms d’oiseaux volent bas depuis quelques jours. Voter MLP, ce serait donc voter fasciste. Ou mieux : nazi. À point Godwin, point Godwin et demi. Et voter blanc c’est tout pareil — un demi-point de mieux !
Claude Rochet, qui a fait une brillante carrière dans le privé et dans le public, professeur des universités et vieux spécialiste du fascisme français, a beau expliquer dans une tribune rigoureuse ce qu’est le fascisme, et comment le vrai fascisme a toujours été du côté des puissances économiques, c’est sur Marine Le Pen que l’on s’acharne. Et mieux que cela : sur tous ceux qui n’appellent pas à voter pour son adversaire. Mélenchon, tu n’as pas honte d’être fasciste ?

Ni 1933, ni 2002

Pourtant, comme le souligne mon ami Jacques Sapir analysant le programme de MLP, « la décence devrait obliger cette même meute de reconnaître qu’il n’y a rien de « fasciste » ni dans son programme ni dans le comportement de son mouvement. Où sont donc les milices armées qui tiendraient les rues ? Depuis des années, elles viennent d’une toute autre mouvance que le FN. A prétendre que le FN est « antirépublicain » on s’expose de plus à une contradiction évidente : si ce mouvement fait courir un danger à la République, il devrait être interdit et ses responsables emprisonnés. Si tel n’est pas le cas, c’est que ce parti n’est pas un danger pour la République. A vouloir se draper dans l’Histoire, cette meute journalistique et écrivassière se prend les pieds dans le tapis. Le programme défendu par Mme Marine le Pen est un programme populiste, avec ses bons mais aussi ses mauvais côtés. C’est un programme souverainiste, même s’il n’est pas exempt de dérapages, comme sur la question du droit du sol et de la protection sociale. On peut le contester, on peut même le réprouver. Mais, en faire un épouvantail est d’un ridicule achevé. Non, nous ne sommes pas dans l’Allemagne de 1933. Nous ne sommes même plus dans la France de 2002. Les choses ont profondément changé, sauf peut-être l’inconscience crasse de cette meute bavante qui nous rejoue la même partition qu’elle nous avait jouée lors du référendum de 2005. Et, il faut le souligner, elle avait été battue à l’époque ! »

Les vrais “fascistes” ne sont peut-être pas ceux qu’on croit

Je suis loin d’approuver moi-même tout le programme de Marine Le Pen. Par exemple, ne pas vouloir scolariser aux frais de la République les enfants de migrants est une grosse bourde : il faut les sur-scolariser, et deux fois plutôt qu’une, et leur apprendre la langue française qui sera leur vraie patrie, et à travers eux scolariser leurs parents. Mais ce sera facile, dans les classes dédoublées que nous promet Macron.

Que je sache, ce ne sont pas les fascistes qui, le 1er mai, tentent de faire brûler les policiers — et s’en réjouissent. C’est une section CGT — désavouée par Martinez, légèrement débordé par ses troupes. À noter que Hollande ne s’est pas rendu au chevet du policier le plus gravement atteint — il a trop à faire à exhorter ses troupes à voter Macron. Le marionnettiste est sorti de son cagibi élyséen.

Oui, le vrai fascisme a toujours été du côté des puissants — il n’est populiste que dans ses moyens. Aude Lancelin a dressé un état enfin lucide de la presse française, sidérée, chère âme, de ce que la quasi-totalité des médias soutienne Toufriquet. Ce qui met la France, au palmarès de Reporters sans frontières, au 45ème rang, « quelque part entre le Botswana et la Roumanie », ajoute la journaliste. Et de préciser: « Le tout à cause, contentons-nous de citer l’organisme international sur ce point, « d’une poignée d’hommes d’affaires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias qui ont fini par posséder la grande majorité des médias privés à vocation nationale. » Jamais une situation pareille de mainmise quasi totale sur la presse ne s’était vue en France depuis 1945. »
Oui, le vrai fascisme n’est pas dans une résurgence d’Auschwitz — il faut toute la rhétorique échevelée d’Arno Klarsfeld pour oser le dire —, mais un enfant inavoué, quoique vigoureux, du néo-libéralisme qui a fait des médias son bac à sable préféré. Ceux qui ont célébré le mieux la première place de Macron au soir du 1er tour, ce sont les boursiers qui se sont rués dès le lendemain sur les actions des banques — entre + 8 et + 10% en moyenne.
Alors, si vous êtes banquier, ou grand industriel, ou gros propriétaire terrien ; si vous participez peu ou prou au dernier cercle du pouvoir — particulièrement du pouvoir bruxellois ; si vous êtes dans les petits papiers de Jacques Attali ou de Jean-Pierre Jouyet ; si vous complotez gaîment avec l’Institut Montaigne ou prenez vos ordres à l’Union des Organisations Islamiques de France — alors oui, votez Macron. Il est votre homme. Il est, comme le résume très bien Onfray, le paquet de lessive qui lavera plus blanc vos petits et vos grands bénéfices.
Mais dans tous les autres cas…
Et cela fait du monde.

Jean-Paul Brighelli







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  • 3 thoughts on “Les vrais fascistes ne sont peut être pas ceux que l’on croit

    1. Yehudah

      Dans la théorie politique, la «presse » est souvent appelée le «quatrième pouvoir» car un «pouvoir» est considere comme etant un élément essentiel de la structure politique. Aux États-Unis, par exemple, la structure politique est formellement divisée en trois branches:

      1) l’exécutif: le président et le «cabinet» (un terme designant les employés du président, qu’il recrute et renvoie);

      2) le législatif: les deux maisons du Congrès; et

      3) le pouvoir judiciaire: les tribunaux.

      Bien qu’il ne fasse pas officiellement partie du «gouvernement», une presse agira en tant que «quatrième pouvoir» car, en enquêtant sur le gouvernement et en signalant ce qu’il fait, il vérifiera efficacement ce gouvernement. Tant qu’il y aura une presse libre, il sera difficile pour le gouvernement de trahir le peuple, car un gouvernement traitre présente de bonnes chances d’être exposé.

      Bien sûr, si la même élite de pouvoir dans un pays qui gère le gouvernement dirige la presse, il n’y a pas de contrôle du gouvernement, et la presse devient plutôt un organe de pouvoir, qui ne diffuse pas de nouvelles, mais une propagande qui aidera les patrons à utiliser le gouvernement comme le moyen de faire avancer leurs propres intérêts sur tous les autres. Puisque le contrôle sur la presse donnerait aux patrons un pouvoir énorme, il est évident qu’ils ont un motif pour corrompre la presse.

      Mais ont-ils l’opportunité? En d’autres termes, peuvent-ils, en pratique, le faire ?

      Ça dépend. Si le gouvernement n’est pas autorisé à garder des secrets et si chaque shekel dépensé par le gouvernement doit être comptabilisé publiquement, l’élite du pouvoir dans un quelconque pays qui dirige le gouvernement ne trouvera pas si facile de corrompre la presse. Si, au contraire, au moins quelques branches du gouvernement reçoivent un budget relativement important ( le buget de la defense est le prfait exemple en Israel)pour opérer dans un secret complet, sans tenir compte de la façon dont les fonds sont dépensés, il y aura de nombreuses occasions de corrompre la presse .

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