toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Signes de panique, Riyad s’est empressé de procéder à un large remaniement ministériel


Signes de panique, Riyad s’est empressé de procéder à un large remaniement ministériel

Devant la montée de la contestation populaire et face à la crainte de subir le même sort que Hosni Moubarak, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud d’Arabie Saoudite ( en photo) s’est empressé, ce samedi 22 avril 2017, de procéder à un large remaniement de son cabinet royal.

Les ministères de la Fonction publique, de l’Information et des Communications ont changé de main. De nombreux hauts fonctionnaires et des gouverneurs régionaux ont également été envoyés à la retraite. On leur reproche d’avoir mal mal géré la crise actuelle du mouvement d’opposition se dénommant «Mouvement du 21 avril».

Des opposants saoudiens accusent la monarchie de dilapider les richesses du pays  et ils ont invité ce vendredi  la population à «rejeter les restrictions économiques» décidées récemment par le gouvernement et à «dénoncer énergiquement l’absence de libertés» dans le royaume, l’emprisonnement d’activistes pro-démocratie et les violations massives des droits de l’homme.

Loading...

 

Pour tenter d’absorber le mécontentement de la population, qui se montre de plus en plus critique concernant le manque de libertés, les violations systématiques des droits de l’Homme, la spoliation par la famille régnante des ressources du royaume et la politique d’austérité mise en place après l’effondrement des prix du pétrole, le souverain saoudien a décidé, en outre, de dégeler les salaires des fonctionnaires.

L’Arabie Saoudite subit actuellement une vraie panne de son système financier, qui atteint désormais un seuil critique (l’indice boursier au plus bas, les injections de capitaux ne produisent plus leurs effets, et les déposants retirent leur argent.)

 

La forte baisse du prix du pétrole, depuis le milieu de l’année dernière, a créé une paralysie de croissance d’un pays qui dépend précisément à 60% pour son PIB des industries pétrolières. Le pétrole moins cher a engendré une forte baisse des rentrées d’argent pour le royaume, ce qui a provoqué d’importantes coupes budgétaires ces derniers mois. Tout cela a mis à terre le secteur public, très gros contributeur du PIB saoudien, et réduit la croissance à quasiment zéro. Et, pour assainir ses finances, l’Arabie Saoudite retire des masses d’argent considérables des banques dans lesquelles il possède des comptes. Ce qui du coup provoque aussi une forte baisse des dépôts des particuliers, et au final une vraie panne sèche de liquidités.

Alors que la grogne qui gagne les Saoudiens inquiète la famille régnante au plus haut point, le roi Salmane a justifié sa décision par son vœu «d’apporter du réconfort aux citoyens saoudiens». En dépit des difficultés financières de l’Arabie Saoudite, les personnels engagés dans l’opération au Yémen recevront aussi un bonus équivalant à deux mois de solde.

Au-delà de chercher à couper l’herbe sous le pied des leaders du Mouvement du 21 avril, dont l’appel vendredi à la grève générale a fait trembler les fondements du royaume wahhabite, Salmane a saisi l’occasion de ce remaniement pour consolider un peu plus prééminence du clan des Al Saoud dans le dispositif politique de Riyad.

Il a nommé un de ses fils ambassadeur aux États-Unis. Le prince Khaled Ben Salmane Ben Abdelaziz, pilote de l’armée de l’air, remplace le prince Abdallah ben Faisal ben Turki.

Learn Hebrew online

Le chef de l’armée de terre, le lieutenant-général Eid Al-Shalwi, a été remplacé par Fahad Ben Turki. Cette annonce a été faite quelques jours après une visite du Secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, à Riyad. Beaucoup d’observateurs voient aussi un rapport de cause à effet entre ces derniers remaniements et la visite du patron du nouveau Pentagone.

Il est à rappeler qu’à la faveur de la guerre au Yémen, le roi Salmane avait déjà procédé à plusieurs nominations qui accroissent la centralisation du pouvoir dans le royaume. Omniprésents dans les médias depuis le début de la campagne contre le Yémen, les deux ministres les plus puissants du pays, Mohamed Ben Nayef à l’Intérieur et Mohamed Ben Salman à la Défense, ont grimpé une marche supplémentaire dans l’Exécutif saoudien.

Le premier, âgé de 55 ans, qui avait été nommé vice-prince héritier lors du couronnement de Salmane, à la fin du mois de janvier, est promu prince héritier, en remplacement du prince Muqrin, le plus jeune des fils encore en vie d’Abdelaziz, le roi fondateur. Le second, âgé d’environ 30 ans (sa date de naissance fluctue selon les sources), qui est le fils préféré du roi, récupère la charge occupée par Mohamed Ben Nayef et devient ainsi second dans l’ordre de succession, tout en conservant son portefeuille de ministre.

Loading...

Salmane avait également remplacé Saoud Al-Fayçal, à la tête de la diplomatie saoudienne depuis quarante ans, par l’ambassadeur du royaume aux États-Unis, Adel Al-Jubeir, très en vue lui aussi depuis le début de l’intervention militaire au Yémen. Ce nouveau round de nominations royales confirme la régulière et semble-t-il inexorable avancée de Mohamed Ben Nayef vers le pouvoir suprême.


Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *