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La «Charte de l’imam» provoque une crise au sein de l’islam de France


La «Charte de l’imam» provoque une crise au sein de l’islam de France

La publication, mercredi, par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) d’une «Charte de l’imam» a provoqué, jeudi, une motion de défiance de la part de deux très importantes fédérations, l’UOIF et la Mosquée de Paris, qui mettent en cause le président du CFCM.

Moins de 24 heures après la promulgation, ce mercredi, de la «Charte de l’imam» par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), le torchon brûle déjà entre les fédérations musulmanes. Cinq d’entre elles – et pas les moindres puisqu’il y a la Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) – accusent jeudi le président du CFCM, Anouar Kbibech, d’être allé trop vite en besogne en publiant «deux documents de travail, pourtant encore en cours d’élaboration».

Par communiqué cosigné par la Confédération islamique Milli-Görüs (CIMG) , le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP), l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et l’organisation Foi et Pratique, on reproche au CFCM d’avoir procédé à une «officialisation de documents de travail non encore adoptés» et «en l’absence des représentants de nos fédérations.»

Ces organisations ont ensuite fustigé Anouar Kbibech, le président du CFCM qui fut décoré le 28 février dernier de la légion d’honneur, à Matignon, par le Premier ministre, Bernard Cazeneuve. «Nous, fédérations musulmanes signataires du présent communiqué, rejetons avec force les méthodes employées par le président du CFCM qui, dans sa volonté de publier coûte que coûte sa charte de l’imam, s’est autorisé à nous citer comme signataires de ladite charte sans nous consulter ni se soucier de notre avis.», se sont-elles écriées.

«Nous avons considéré que le texte convenait à tous»

Les auteurs de cette charge virulente assurent qu’ils ont «toujours cherché à éviter toute précipitation sur ce sujet et toute injonction à vocation politique» et demandent que «la gestion des affaires du culte musulman en France se fasse dans le respect des règles statutaires du CFCM et reste toujours animée par l’esprit de collégialité et de concertation, loin de toute influence partisane et politique».

Joint par le Figaro, le président du CFCM, Anouar Kbibech, d’origine marocaine, dont le mandat se termine à la fin du mois de juin prochain, «trouve étonnante cette démarche commune» à son encontre. Il rappelle que des représentants de la l’UOIF et de la Grande Mosquée de Paris étaient «présents lors d’une réunion de concertation» le 22 février, où leur a été notamment présenté le projet de Charte de l’imam. «Nous avons intégré leurs remarques dans le document final, assure-t-il, et nous étions ouverts pour recevoir d’autres modifications jusqu’au 9 mars, date de la réunion du bureau du CFCM. Or, à cette date, nous n’avons reçu aucune autre demande de modifications. Nous avons donc considéré que le texte convenait à tous».

Le président du CFCM ajoute qu’il a «personnellement rencontré la semaine dernière le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, pour lui présenter le projet» et que ce dernier «était d’accord».

Le CFCM n’a aucun pouvoir réel sur les fédérations dont il dépend

En attendant, le projet de «charte de l’imam» du CFCM, très innovant et inédit, est compromis puisque le Conseil Français du Culte Musulman qui rassemble plusieurs fédérations de sensibilités et d’origines nationales opposées, n’a aucun pouvoir réel sur les fédérations dont il dépend.

L’un des articles phare de cette Charte devait marquer «l’attachement profond» de l’imam «aux valeurs universelles qui fondent notre République ainsi que l’attachement au principe de laïcité, garant de la liberté de conscience et du respect de la diversité des convictions et des pratiques religieuses». «L’imam exerce sa mission dans le respect des valeurs et des lois de la République», insistait le texte.

Cette nouvelle crise des instances musulmanes illustre au moins deux évidences. Il est clair, d’un côté, que le président du CFCM, Anouar Kbibech, en fin d’un mandat marqué par la crise des attentats mais aussi par une forte volonté de faire avancer la cohésion et l’organisation des instances musulmanes, a voulu accélérer le processus avant son départ mais aussi avant les élections présidentielles. Mais il est tout aussi clair que la Mosquée de Paris – et Dalil Boubakeur, qui a présidé à plusieurs reprises le CFCM – a décidé de jouer la montre en attendant le résultat de l’élection présidentielle. Ainsi, la Mosquée de Paris, très proche de l’Algérie, avait déjà fait notoirement obstruction, le 22 février dernier, au projet de «Fondation pour l’islam de France», voulu par l’actuel gouvernement et présidé par Jean-Pierre Chevènement.

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La Mosquée de Paris est suivie en cela par l’UOIF, proche des Frères Musulmans, et actuellement isolée. Elle est aussi dans la ligne de mire de plusieurs candidats à la présidentielle. Ces deux organisations reprochent implicitement à l’actuel président du CFCM d’avoir laissé le gouvernement reprendre en main la gestion de l’islam de France. Notamment par la création d’une «instance de dialogue» qui a effectivement conduit à l’édification de «la Fondation pour l’islam de France», laquelle entend mieux gérer cette religion grâce à un nouvel équilibre entre l’État et les fédérations musulmanes. Mais ce qui est dénoncé comme un «interventionnisme» étatique n’est pas du goût de tous les musulmans, surtout à la base et parmi les jeunes générations.

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Journaliste canadien indépendant. Spécialiste des questions sur l'islamisme, le terrorisme, la géopolitique, et sur le conflit Israélo-arabe.



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  • One thought on “La «Charte de l’imam» provoque une crise au sein de l’islam de France

    1. Pinhas

      ALLEZ ! tous en cœur , PROUTTTTTTTTTTTTTTTT !
      et des coups de pied au cul pour leur remettre le cerveau en place .

      ça doit pas sentir la rose dans ces lieux de perdition .

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