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Un pensionnaire du centre de déradicalisation de Pontourny interpellé en Alsace


Un pensionnaire du centre de déradicalisation de Pontourny interpellé en Alsace

Mustafa S., 24 ans, suivait le premier programme de déradicalisation lancé par le gouvernement en septembre. Arrêté mardi lors d’une permission de sortie, il aurait tenté de rejoindre la Syrie. Surtout, il était membre de l’une des cellules les plus actives du jihad français.

L’histoire est des plus embarrassantes. Mardi, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) interpellait trois hommes à Strasbourg, Schiltigheim et Wissembourg dans le cadre d’une opération antiterroriste. L’un est un ancien adjoint de sécurité de 30 ans, fiché S. Le deuxième, âgé de 21 ans, est suspecté de s’être rendu en Syrie fin 2014. Le troisième, enfin, n’est autre que Mustafa S., 24 ans, un proche, bien connu des services spécialisés, du kamikaze du Bataclan Foued Mohamed-Aggad. Mais là où le bât blesse, c’est que Mustafa S. suivait depuis mi-septembre un programme de déradicalisation dans le premier centre ouvert par le gouvernement à Pontourny (Indre-et-Loire). Selon le Monde, qui a révélé l’information, une perquisition a même été menée dans l’enceinte de l’internat. Drôle d’ambiance lorsqu’il s’agit de prendre ses distances avec la sphère jihadiste…

«Le bas du bas du spectre»

La présence de Mustafa S. parmi les pensionnaires de Pontourny apparaît pour le moins étonnante. A la fin de l’été, le ministère de l’Intérieur avait abondamment communiqué sur l’ouverture du premier centre de prévention, d’insertion et de citoyenneté (CPIC). Les autorités ne cachaient alors rien de la dimension expérimentale de l’exercice. «On tâtonne», avait même confessé à Libération un membre du cabinet de Bernard Cazeneuve, alors en poste à Beauvau. Ne devaient échoir à Pontourny que des jeunes gens volontaires, triés sur le volet, et sans poursuites judiciaires. En clair, «le bas du bas du spectre».

Afin de limiter les risques d’incidents, et de rassurer les riverains passablement inquiets, les préfectures s’étaient engagées à sélectionner les candidats, à les passer au tamis des services spécialisés (DGSI, service central du renseignement territorial [SCRT], Unité de coordination de la lutte antiterroriste [Uclat] et police judiciaire), et à soumettre leurs profils au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR). D’où l’extrême surprise de retrouver un client comme Mustafa S., membre depuis près de cinq ans d’une des cellules les plus actives du jihad français. Selon le Monde, la DGSI avait carrément émis un avis négatif sur l’intégration du jeune homme de 24 ans au CIPC. Critiquées de toute part pour leur inaction dans le domaine, les autorités n’ont alors pas entendu les réserves des agents de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), soucieuses de pourvoir les places disponibles dans le centre.

«La cellule de Strasbourg n’a jamais cessé d’être active»

Mardi, c’est lors d’une permission de sortie que les agents de la DGSI l’ont appréhendé à Wissembourg (Bas-Rhin) où réside sa famille. Ils agissaient dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour une deuxième tentative de départ en zone de combat de Mustafa S., en mai 2016. Avec ses deux acolytes interpellés, ils ont été contrôlés à la frontière germano-autrichienne, ce qui les a enjoint à faire demi-tour.

En décembre 2013 déjà, Mustafa S. tente de gagner la Syrie. Sa famille l’en empêche de justesse à l’aéroport de Francfort, où il s’apprête à embarquer pour Antalya, en Turquie, avec… Foued Mohamed-Aggad. Ces velléités n’engagent à l’époque aucune poursuite, raison pour laquelle Mustafa S. sera choisi pour intégrer Pontourny. Pour un policier antiterroriste contacté par Libération, «les autorités ont pris un risque inconsidéré en faisant le choix de placer Mustafa S. au CIPC». «La cellule de Strasbourg n’a jamais cessé d’être active et ses membres sont parmi les plus dangereux sur lesquels nous enquêtons», poursuit-il.

«Vous allez voir l’invraisemblable»

Fin 2013, ils sont dix à s’envoler pour «le Levant». Les frères Boudjellal y meurent rapidement, officiellement «en reconnaissance». Cinq mois plus tard, en avril 2014, sept reviennent finalement en Alsace où ils sont arrêtés par le Raid. Plusieurs mois passent. En détention provisoire dans différentes prisons d’Ile-de-France, certains recomposent alors leur nébuleuse. Pour cela, les deux frères Hattay, Mohamed et Ali, respectivement détenus à Villepinte et Nanterre, disposent de téléphones portables dans leurs cellules et conversent via les applications Skype et WhatsApp.

Sur les comptes rendus de saisies consultés par Libération, il apparaît que le cadet, Mohamed, était en contact avec au moins deux jihadistes présents en Syrie : Lakhdar S., 26 ans, et Aymen C., 21 ans. Il a également avoué avoir discuté avec Karim Mohamed-Aggad, le frère de Foued, incarcéré, lui, à Fleury-Mérogis. Mais le plus troublant reste ce message reçu par Mohamed Hattay le 9 septembre 2015, soit deux mois avant les attentats de Paris et Saint-Denis : «Bientôt vous allez voir l’invraisemblable.» Posté sous le pseudo «abouturabsahraoui», annonçait-il le carnage du 13 Novembre ?

Huit mois plus tard, en juillet 2016, les sept Strasbourgeois de retour de Syrie étaient jugés par le tribunal correctionnel de Paris. Ils ont écopé de peines allant de six à neuf ans de prison. Au même moment, le dossier de Mustafa S. était épluché en vue de sa rentrée à Pontourny.

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  • 4 thoughts on “Un pensionnaire du centre de déradicalisation de Pontourny interpellé en Alsace

    1. capucine

      laisser le partir en syrie et empêcher le de revenir , il doit assumer son idéologie jusqu’au bout quitte à y laisser la vie ! de toute façon il est irrécupérable et coûte très aux contribuables français ! et puis demander à Bouzar ou sont passés les 900 000 euros que Cazeneuve lui a donné pour la déradicalisation
      des djihadistes ! tout cet argent s’est volatilisé ……..

    2. Malcolm Ode

      « IL EST PLUS FACILE DE TROMPER LES GENS QUE DE LES CONVAINCRE QU’ILS ONT ÉTÉ TROMPÉS » (Mark Twain).

      Éviter la radicalisation en fermant les mosquées subversives couterait beaucoup moins cher et serait plus efficace et contraignant que de rassembler des terroristes en dé-radicalisation (ou en prison) pour des raisons aussi stupides qu’irréalistes et totalement contreproductives avec l’argent des contribuables… QUI EN SONT VICTIMES!

      Il me semble que l’indécence politique devrait avoir des limites et être sanctionner comme tous les contrevenants à la liberté d’expression faisant la promotion de la violence, du racisme, de la haine…

      Qu’attend-on pour LEUR IMPOSER LES LOIS DE NOS ÉTATS DE DROITS?

    3. Amram

      Si malgré tous ce qui se passe(citez dans l’article) ne fait pas réagir les autorités, c’est que bon nombre parmi eux sont d’accord et qu’ils en tirent des bénéfices, d’où la pression incommensurable exercée sur toute personne qui ne va pas dans leurs sens, c’es la mafia. La laïcité est défenestrée, la démocratie ravagée La liberté minée, c’est la dessus que progresse dans un terreau fertile toutes les dérives mafieuses et qui provoque la peur, l’inquiétude, le désarroi, une minorité de bandits islamiste profitent de toutes les failles de la république, après le déluge.

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