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Toute la vérité sur la pauvreté en Israël


Toute la vérité sur la pauvreté en Israël

Comme chaque année, le sujet de la pauvreté est au coeur d’une campagne médiatique lancée en fin d’année au moment où le Bituah Leumi (la sécurité sociale) publie ses chiffres.

L’objectif est de dépeindre Israel comme un endroit sombre, où tout s’effondre, un pays du tiers-monde où les gens meurent de faim, et tout ceci évidemment à cause de Bibi.

Dans le cadre de cette campagne, les médias ont mis en avant le « rapport alternatif sur la pauvreté » de l’organisation caritative Latet, un rapport qui affirme que l’étendue de la pauvreté dépasse largement ce qui est énoncé dans le rapport officiel de la sécurité sociale, et toucherait 2,4 millions de personnes soit près d’un tiers de la population.

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Le rapport de Latet est une mauvaise plaisanterie qui ne mériterait même pas qu’on s’arrête dessus, mais comme il est souvent repris, quelques mots: il utilise une méthodologie douteuse, basée sur le principe de « manques ». Ils considèrent par exemple que si vous n’avez pas obtenu une licence à l’université, vous êtes en « manque ». Si vous avez décidé de ne pas allumer le chauffage pour ne pas gaspiller, vous êtes aussi en « manque », etc… Si vous êtes en manque de trois choses, vous êtes pauvre. C’est évidemment ridicule.

Mais en vérité, le rapport de la sécurité sociale est aussi très problématique.

Le but de cet article est de montrer que l’indicateur de pauvreté de la sécurité sociale ne mesure pas la pauvreté, que son rapport avec la pauvreté est anecdotique, et que le fait de le monter en épingle comme l’indicateur suprême de la pauvreté empêche une confrontation sérieuse avec le problème de la pauvreté réelle.

Je souhaite souligner dès à présent que cet article ne cherche pas à dire qu’il n’y a pas de pauvreté en Israel, ni que tout est parfait, mais simplement que l’instrument de mesure de la pauvreté est erroné et qu’il est impossible de mener une politique efficace si on ne sait pas évaluer le phénomène.

Voici donc quelques réflexions:

Le plus important à comprendre, c’est que le « taux de pauvreté » ne mesure pas la pauvreté réelle, mais ce qu’on appelle la « pauvreté relative ».

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De quoi s’agit-il ? Disons que vous vivez dans un pays où tout le monde est milliardaire mais vous êtes millionnaire – alors vous êtes « pauvre ». Inversement, si vous vivez dans un pays sous-développé où règne la famine, et que vous aussi vous mourrez de faim comme tout le monde, vous n’êtes pas pauvre selon les critères de la pauvreté relative. C’est l’essence même de cet indicateur.

C’est la raison pour laquelle la pauvreté en Israel est parait-il aussi élevée ou presque que celle du Mexique, alors que toute personne ayant visité ce pays se rend compte qu’il n’y a aucune ressemblance entre la pauvreté abjecte qui y existe et la réalité israélienne. D’ailleurs, selon le taux de pauvreté relative calculé par l’OCDE, il y a plus de pauvreté aux Etats-Unis qu’au Mexique. C’est dans doute pour quoi des millions d’Américains cherchent à passer la frontière illégalement pour fuir la misère de leur pays… Ah, non c’est dans l’autre sens. Parce que la pauvreté relative ne mesure pas la pauvreté réelle.

Comprenez ce que cela signifie concrètement: si demain le pays connaissait un soudain boum économique et que les revenus réels de la population augmentaient de façon égale pour tout le monde de 5% par an, un taux très élevé, et après quelques années tout le monde sentirait une amélioration significative de son niveau de vie, le taux de pauvreté resterait inchangé.

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Car cette pauvreté est relative et si tout le monde s’enrichit, la ligne sous laquelle on est pauvre augmente de la même proportion. De même, en cas de crise économique profonde, si les revenus de chacun s’effondraient d’un même pourcentage, le taux de pauvreté resterait identique. C’est la raison pour laquelle le taux de pauvreté peut augmenter en période de forte croissance alors que la pauvreté réelle disparait, ou au contraire il peut baisser en temps de crise alors que dans les faits la pauvreté augmente. Parce que le taux de pauvreté n’a aucun rapport avec la pauvreté.

Mais alors comment est fixé ce taux de pauvreté ? On prend le revenu médian (le revenu qui délimite le revenu des 50% les plus riches des 50% les plus pauvres) et on détermine que celui qui gagne moins de la moitié de celui-ci est pauvre. Pourquoi la moitié ? Pourquoi pas. L’Union Européenne a décidé il y a quelques années que plutôt que 50% du revenu médian, la ligne serait fixée à 60%.

Cela a provoqué immédiatement une explosion artificielle du taux de pauvreté et soudain sont apparus des titres dans les médias sur l’augmentation inquiétante de la pauvreté et les mesures qu’il fallait absolument prendre pour enrayer le phénomène. Il s’agissait d’une décision purement politique et idéologique. Car pour faire baisser le taux de pauvreté, il existe une boite à outil spéciale qui correspond très exactement aux présupposés de la gauche économique (j’y reviendrai).

Le revenu médian en Israel en 2014 était de 6,800 shekels selon le Bureau des Statistiques, faut-il en conclure que toute personne qui gagne moins de 3,400 shekels serait pauvre ? C’est un peu plus compliqué.

On ne peut pas compter un célibataire comme un couple marié, sans parler des enfants, aussi a-t-on inventé le concept de « personne standard » (l’INSEE parle d' »unités de consommation »). Il s’agit d’une création statistique qui permet de calculer le taux de pauvreté mais ce ne sont pas des être humains.

Il est essentiel de saisir ce point – les pauvres comptés dans les statistiques ne sont pas des êtres humains mais des entités statistiques abstraites qui sont ensuite « converties » en êtres humains. Selon les calculs de la sécurité sociale, le revenu médian par « personne standard » était de 4,800 shekels en 2013 et donc une personne standard devenait pauvre si elle gagnait moins de 2,400 shekels par mois.

La sécurité sociale a décidé que le coût de la vie d’un célibataire était plus élevé que celui d’une personne vivant en couple et que donc le célibataire se verrait doté d’un coefficient de 1,25 personne standard, et ainsi devra gagner au moins 3,000 shekels pour ne pas être défini comme pauvre. Pourquoi 1,25 et pas 1,2 ou 1,3 ou 1,09878 ? Parce que. Inversement, les enfants « valent » moins et reçoivent des coefficients compris entre 0,4 et 0,65 suivant leur place d’arrivée dans la famille. Un couple avec deux enfants « vaut » donc 3,2 personnes standards et a besoin de 7,680 shekels pour ne pas être pauvre.

Mais c’est une décision purement israélienne. Ainsi par exemple l’INSEE a décrété que le coefficient pour les enfants serait de 0,3. En appliquant à Israel les méthodes de l’INSEE, la même famille ne vaut plus que 2,6 personnes standard et n’a plus besoin que de 6,240 shekels pour ne plus être pauvre. Dans la mesure où la masse de la pauvreté en Israel est concentrée dans les populations à forte natalité, cela fait une grosse différence.

L’OCDE propose son propre calcul avec une méthodologie unifiée pour tous les pays membres. Selon ses données, le taux de pauvreté en Israel est plus élevé que la moyenne mais plus bas que ce que donne la sécurité sociale (18% selon l’OCDE contre 22% selon la sécurité sociale), la principale différence concernant la pauvreté des enfants passant de 31% à 23%. Les mêmes données de base donnent des résultats significativement différents, alors qui a raison, la sécurité sociale israélienne ou l’OCDE ? Aucun des deux, ces chiffres sont ridicules dans la même mesure.

Un autre exemple de la structure particulière de ce taux de pauvreté est qu’il n’a aucune corrélation avec la situation de l’économie. En 2013 selon l’INSEE, les revenus moyens ont baissé de 1% en France. Dans le même temps, le taux de pauvreté a *aussi* baissé passant de 14,3% à 13,9%. La situation a empiré et le taux de pauvreté s’est amélioré. Parce que le taux de pauvreté n’a aucun rapport avec la pauvreté.

Au passage, le taux de pauvreté publié est le taux « net », c’est-à-dire après impôts et redistribution. Le taux « brut » israélien est en fait un des plus bas du monde développé, notamment plus bas qu’en France (28% contre 33%). La différence dans le résultat final est du à des politiques dont le but est spécifiquement de faire baisser les chiffres, quelque soit le résultat sur le terrain.

Cela signifie que pour améliorer un indicateur statistique sans véritable signification on a sacrifié l’efficacité économique, la production, l’emploi, et les revenus, et on a en fait augmenté la vraie pauvreté.

Le taux de pauvreté de la France selon l’OCDE n’est que de 8% contre 18% pour Israel. Et pourtant la France compte plus de 140,000 SDF contre à peine 3,000 en Israel (ce qui ferait 24,000 en France à population équivalente), un chômage officiel de plus de 10% (et qui n’inclut pas les centaines de milliers de faux emplois subventionnés par le gouvernement), une croissance nulle, des jeunes éduqués qui fuient le pays, et un avenir sombre. Parce qu’il n’y a aucun rapport entre le taux de pauvreté et la pauvreté.

De plus, il faut aussi noter que cet indicateur est basé sur les revenus déclarés, pas sur les revenus réels, ce qui donc n’inclut pas les revenus au noir par exemple.

Le taux de pauvreté ne s’intéresse d’ailleurs qu’aux revenus, pas au patrimoine, au capital, ou à l’aide des parents. Un étudiant fils de riche entièrement financé par ses parents est « pauvre » selon l’indicateur de pauvreté puisqu’il n’a aucun revenu. Celui qui a accumulé les millions et vit grâce à eux est tout aussi « pauvre ».

Mais qu’est-ce que ça change finalement et pourquoi c’est un problème ? Parce que si le « taux de pauvreté » est perçu comme identique à la pauvreté, alors l’objectif de la politique publique devient de baisser ce taux plutôt que de baisser la pauvreté réelle. Or il est très facile de baisser le taux de pauvreté – il suffit d’augmenter les allocations sociales et les impôts.

De façon absolument incroyable, c’est exactement ce que souhaite la sécurité sociale (puisque c’est elle qui distribue les allocations). C’est aussi en parfaite adéquation avec les idées de la gauche économique qui croit que si seulement on dépensait plus d’argent public et on réduisait les « inégalités », tout deviendrait paradisiaque, tout le monde serait heureux, et les licornes danseraient dans les nuages ou quelque chose comme ça. Ce qui signifie que le « taux de pauvreté » est juste un instrument idéologique.

Or l’application d’une telle politique ne ferait que causer d’immenses dégâts à l’économie et à la société et ferait s’accroitre la pauvreté réelle, exactement comme en France. Une telle politique ne provoquerait qu’un ralentissement de la croissance, moins d’emploi et plus de chômage, plus de dette, la fuite des gens productifs vers l’étranger, etc…

Le meilleure moyen de combattre la pauvreté, c’est de ne pas combattre la pauvreté. Il est possible de créer un meilleur indicateur, plus précis, basé sur des critères de pauvreté objective, comme par exemple un panier de produits basiques. Mais à mon avis la façon la plus efficace de réduire la pauvreté est de ne pas chercher à la combattre en particulier mais d’établir une société généralement plus riche, libre et prospère.

Plus de concurrence qui permet la baisse des prix, plus de productivité qui augmente les salaires, plus d’emploi – voilà les meilleurs moyens de baisser le niveau de la pauvreté réelle, ceci en commun avec une amélioration de l’éducation et de la formation.

Bien sûr, il existe des populations spécifiques qu’il faut aider comme les handicapés ou les personnes âgées. Il faut établir un système de protection sociale minimum qui assure les besoins basiques et fait en sorte que chacun ait de quoi manger, se vêtir, un toit où dormir, une éducation et la santé. Mais rien de plus.

© Benjamin Lachkar pour Europe Israël







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  • 6 thoughts on “Toute la vérité sur la pauvreté en Israël

    1. Elia

      Maintenant avec la baisse de l’euro, les pauvres israéliens sont plus riches que les pauvres français.
      Le pouvoir d’achat d’un israélien qui a 5 shekels dans sa poche a augmenté de 20% par rapport à l’euro depuis 2 ans. Mais,
      C’est vraie que pendant ce temps avec l’inflation de l’argent, la spéculation à tout va et dans tous les domaines, l’argent n’ayant plus de valeur, le coup de la vie a augmenté beaucoup plus en Israel. Et que malgré les 5 shekels dans sa poche le pauvre israelien ne peut plus s’acheter ce qu’il pouvait s’acheter il y a deux ans !
      Il n’y a qu’avoir le nombre de mains qui se tendent de plus en plus par des gens qui paraissent normaux un peut partout en Israel.
      Mais il y a plus de solidarité et ainsi sont plus aidés que les pauvres français.
      C’est cela aussi la richesse morale d’un pays !

    2. Aline1

      Il fut un temps – Où Israël devait se reconstruire – Les gens habitaient des cabanes. Les hommes travaillaient à casser des cailloux pour rendre la terre arable et fertile,etc etc.

      Et tous se sentaient heureux d’être dans LEUR pays..après tant de pays où comme l’a si bien dit Herbert Pagani, nous n’avons toujours été que des citoyens locataires, en attendant la prochaine vague antisémite.

      Çà y est ! Nous y sommes, et cette vague est torrentielle – alors il me semble que les petits bobos bourgeois israéliens, un peu semblables à ceux de partout, je crois- se prétendant de gauche, mais aimant tant le luxe, la popularité, le pouvoir, etc.

      Et bien ces gens là…Si il y a de la pauvreté en Israël, si c’est ainsi qu’ils le perçoivent…qu’ils fassent comme les pionniers, au lieu de nous trahir sans cesse !

      Où qu’ils changent de pays – Il faut de la place pour l’Alya de ceux qui sont prêt à tout pour rejoindre le lieu où ne doit pas sévir l’antisémitisme.

      Au Diable les grincheux, ils me fatiguent d’autant plus que ce sont toujours les mieux servis.

    3. Benjamin Lachkar Post author

      Elia, l’inflation en Israel est négative depuis deux ans, ce qui signifie que les prix ont baissé, pas augmenté, tandis que les salaires ont sensiblement augmenté, et que tous les indicateurs montrent une baisse de la pauvreté, réelle ou relative.

    4. Haïm

      Merci pour cet article. Je me doutais bien, connaissant Israël, qu’il y avait une embrouille dans les statistiques que j’entendais, mais j’ignorais où elle se situait.

    5. Bensadoun DAVID

      je commence a en avoir assez de tous ces pouuris de gauche et d’extrème gauche a vouloir toujours salir ISRAEL,oui bien sur qu’il y a de la pauvreté en ISRAEL,mais ces sondeurs de merde ne vont pas dans les bitouah léumi,et voir qui est tous les jours a venir demander des aides,ce sont des arabes qui ont de la haine pour l’état d’ISRAEL mais qui ne veulent surtout pas partir.
      quand on voit ce que ce pays a fait est est devenu c’est extraordinaire avec 67 ans de guerre et un budget de la défense en sans cesse augmentation.alors oui il y a des juifs qui sont dans le besoin et qu’il faut aider,mais regarder la réalité en face ce sont toujours ces ong d’extrème gauche qui ne valent pas un pé de lapin qui recoivent des subventions a tout va de l’europe et c’est gens la s’enrichissent;pourri de gauchistes donner de cet argent a ceux qui on en besoin et arreter de taper sur ISRAELvous ètes immondes.

    6. Ratfucker

      Il est coutumier, chez les économistes imprégnés d’idéologie de gauche, de dénoncer l’augmentation de la pauvreté depuis la naissance de Karl Marx en 1818…Difficile à concilier avec l’explosion visible du niveau de vie. Lors de mon premier séjour en Israël en 1956, il n’y avait de la viande qu’1 fois par semaine (un schnitzel épais comme une feuille de papier), des centaines de milliers d’olim vivaient dans des tentes ou des maabarot en rêvant d’un hypothétique HLM, je circulais en auto stop, et sur l’unique route (à 2 voies) n°4 de Tel Aviv à Haïfa, on ne voyait passer qu’1 voiture tous les ¼ d’heure. Actuellement, il faut 3 heures d’embouteillages pour aller de Lod à Natanya, alors qu’il y a 3 autoroutes entre Tel Aviv et Haïfa. Où se cachent donc les pauvres ?

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