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Allemagne, 2.083 incidents antisémites en 2015. Les vieux démons ont la vie dure!


Allemagne, 2.083 incidents antisémites en 2015. Les vieux démons ont la vie dure!

Une plaque commémorative dans une synagogue souillée par des slogans d’extrême-droite, l’employé d’un Burger King qui refuse de servir un touriste israélien en disant « Je ne sers pas les juifs », un étudiant à qui on refuse un siège dans un bus parce qu’il porte une étoile juive autour du cou, un politicien forcé à démissionner après des menaces antisémites contre sa famille…

Voici quelques-uns des incidents antisémites enregistrés cette année en Allemagne par la Fondation Amadeu Antonio, une ONG militant contre l’extrémisme et l’antisémitisme. Ces dernières semaines, l’ONG a projeté une description des incidents sur des bâtiments dans cinq grandes villes allemandes, afin de sensibiliser la population à ce phénomène.

« Beaucoup de gens ont été réellement surpris d’entendre que les Juifs en Allemagne sont toujours attaqués, quotidiennement », explique Miki Hermer, à l’origine du projet. « Ils pensent que l’antisémitisme est un problème qui a pris fin en 1945 et qu’ils n’ont plus à s’en inquiéter. Mais nous sommes ici pour leur montrer que ce n’est pas vrai », renchérit-elle.

Fondation Amadeu Antonio

Fondation Amadeu Antonio « Diapositives sur des incidents antisémites projetées à Berlin »

Le niveau d’antisémitisme en Allemagne est récemment devenu le sujet d’un débat qui a dépassé les frontières du pays, après la publication d’un rapport indiquant que le nombre d’incidents avait triplé au cours de la dernière année. Selon le Süddeutsche Zeitung, le ministère allemand de la Justice a recensé 2.083 incidents antisémites en 2015, contre 619 l’année précédente.

Le pic est partiellement attribué à une volonté accrue de signaler des incidents, ainsi qu’à une augmentation des cas d’expression antisémite recensés sur internet. Les experts impliqués dans la lutte contre l’antisémitisme conviennent néanmoins qu’il s’agit d’un problème croissant en Allemagne.

« Les membres de la communauté juive se sentent constamment menacés par l’extrême droite, les migrants, les musulmans », précise le député Volker Beck, qui dirige le comité pour l’amitié Allemagne-Israël au parlement allemand.

« Les sondages d’opinion montrent qu’un tiers de la population considère les Juifs comme ‘différents’, ce qui ne peut être considéré une forme agressive d’antisémitisme, mais exclut les citoyens juifs de notre société. Cela crée une certaine atmosphère, dans laquelle les Juifs ne méritent ni les mêmes droits, ni le respect », poursuit-il.

Antisionisme et théories du complot

Les choses ont commencé à changer en Allemagne en 2012, alors que le tribunal régional de Cologne a estimé que la circoncision d’un enfant pour des motifs religieux était une blessure corporelle passible d’une condamnation. Le Bundestag a finalement adopté une loi autorisant la procédure religieuse. Mais la communauté juive a perçu cette décision comme un premier signe.

Avec la guerre à Gaza en 2014, des rassemblements pro-palestiniens ont été organisés dans toute l’Allemagne, dans lesquels des slogans comme « Juifs à la chambre à gaz » ont été entendus à plusieurs reprises. Depuis, l’antisémitisme est reparti à la hausse, selon Miki Hermer.

« L’antisémitisme moderne se manifeste aujourd’hui principalement par la critique d’Israël et du sionisme, et par des théories conspirationnistes qui accusent les Juifs de manipuler les médias et le système bancaire », explique-t-elle. « Vous pouvez trouver ces points de vue n’importe où, c’est vraiment devenu un symptôme dans toute la société ».

« Les gens disent maintenant des choses qu’ils n’auraient jamais osé dire il y a cinq ou dix ans », poursuit-elle, attribuant ce phénomène, non seulement au déclin de la mémoire de l’Holocauste, mais aussi à la montée de la droite populiste, qui bâtit son succès en brisant les tabous sociaux.

« Ils ont ouvert la porte, et les gens n’ont plus honte. La société ne les sanctionne pas, et la plupart du temps, ils ne sont même pas conscients que ce qu’ils disent est antisémite », analyse-t-elle.

Polina Garaev

Polina Garaev « Miki Hermer »

Les Allemands privilégient une perception de l’antisémitisme très liée à l’histoire. L’antisémitisme ne se manifesterait nécessairement que par la négation de l’Holocauste ou la promotion de l’idéologie nazie.

Ainsi, d’autres représentations moins évidentes de ce fléau sont souvent rejetées, notamment par les autorités.

Récemment un tribunal de Munich a condamné une dirigeante de la communauté juive, Charlotte Knobloch, qui était accusée d’avoir traité d’antisémite, un éditeur juif connu pour sa critique de la politique d’Israël.

Plus tôt cette année, un juge a estimé que trois jeunes Palestiniens qui avaient lancé des cocktails Molotov sur une synagogue à Wuppertal en 2014, pour attirer l’attention sur la guerre de Gaza, n’avaient pas agi par antisémitisme.

Estimer aujourd’hui dans un jugement qu’une action ou des paroles sont motivés par l’antisémitisme devient de plus en plus difficile, reconnaît Beck. Selon luin l’Allemagne deviendra bientôt « un pays avec beaucoup d’antisémitisme mais sans antisémite ».

« En Allemagne, très peu sont conscients que l’antisionisme peut être alimenté par des attitudes antisémites », reconnaît le politicien.

« Pour certains, critiquer Israël leur permet de se débarrasser du fardeau de la responsabilité de l’Holocauste. Ils appellent Israël les nazis d’aujourd’hui, qui créent des ghettos et un Etat d’apartheid. Mais si vous leur répondez, ils se sentent offensés. Ils disent: « Je ne suis pas antisémite, je ne veux pas mettre les Juifs dans les chambres à gaz. »

« Jamais vu un Juif »

Pour tenter de mettre un terme aux idées fausses, de nouvelles initiatives tentent aujourd’hui de donner aux Allemands une image plus complète de la vie juive locale.

Le mois dernier, les ministres de l’Education des 16 Etats allemands, en collaboration avec le Conseil central des Juifs en Allemagne, ont publié des recommandations pour diffuser l’enseignement du judaïsme et de l’histoire de la communauté juive dans les écoles, en mettant l’accent sur les rencontres personnelles et les visites de sites juifs.

« Le judaïsme ne doit pas être réduit, en classe, aux seules persécutions », souligne le président du Conseil Josef Schuster.

« Les Juifs ont contribué à façonner l’histoire, la science et la culture de l’Allemagne. Cela doit être enseigné, tout comme doit la vie juive moderne doit être expliquée », ajoute-t-il.

Polina Garaev

Polina Garaev « Volker Beck prend la parole lors d’un rassemblement pro-israélien »

Le projet « Rent a Jew », initié par l’Académie européenne Janusz Korczak de Munich, propose maintenant à des groupes privés et à des établissements d’enseignement de rencontrer des membres de la communauté juive allemande, prêts à répondre aux questions et à combattre les stéréotypes.

« Dire que la plupart des Allemands, et surtout ceux qui ont des positions antisémites, n’ont jamais rencontré un Juif », dit-il consterné.

Polina Garaev est la correspondante d’i24NEWS en Allemagne

Source

 







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  • 2 thoughts on “Allemagne, 2.083 incidents antisémites en 2015. Les vieux démons ont la vie dure!

    1. Sara

       » Selon lui (Beck) l’Allemagne deviendra bientôt «un pays avec beaucoup d’antisémitisme mais sans antisémite »  »

      Je ne comprend pas comment un pays pourrait être antisémite sans antisémites. Un pays n’est pas une personne.
      L’antisémitisme est forcément porté par des personnes physiques.

    2. Aline1

      Ce pays décidément ne sait plus où il en est.

      Je comprends que la nouvelle génération n’est pas responsable de ce qui s’est passé avec les Nazis, en revanche, c’est un pays où il serait inacceptable d’accepter ne serait-ce qu’un seul antisémite.

      Dans ce pays, l’antisémitisme devrait être sanctionné de la manière la plus dure – et pas de liberté d’expression pour cela.

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