toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Shmuel Trigano : L’éclipse de la démocratie


Shmuel Trigano : L’éclipse de la démocratie

Le drame qui s’est déroulé aux Etats-Unis tout au long de la campagne électorale, et qui n’est pas encore clos à l’heure ou j’écris ces quelques réflexions, est plus qu’une tragi-comédie.

C’est le symptôme d’une crise de la démocratie, de son éclipse à venir, peut-être de son inadéquation finale à ce que deviennent les sociétés démocratiques dans la mondialisation. C’est également, par ce biais même, un signe du déclin du monde occidental, le seul à être démocratique.

Quelles en sont les caractéristiques ? L’idéologie dominante de notre temps, le post-modernisme, a ruiné le politique dans l’affirmation que « tout est politique » (dixit son mauvais génie, Foucault et autres Bourdieu) de sorte que la politique a tout envahi (jusqu’au sexe), c’est-à- dire qu’elle a disparu en tant que telle. Exit l’État, le Parlement, les partis politiques…

Le revers de cette conviction, c’est la guerre de chacun contre tous, la décomposition du social (d’ailleurs il n’existe pas, nous dit le sociologue Michel Touraine). Les « armes » de la joute entre Trump et Clinton n’ont pas été sans raison les frasques sexuelles de Trump, sa violence envers les femmes (vraie ou fausse, elle fut l’argument) mais aussi celles de Bill Clinton, la participation du couple Clinton aux fêtes d’un milliardaire pédophile notoire… Le sexe est devenu l’arène de la politique, comme le montre aussi l’idéologie du « genre » qui projette de remodeler la condition humaine, comme hier le totalitarisme.

On mesure ce déclin quand on se souvient que se joue là l’avenir de la plus grande puissance du monde et donc du destin de la planète. Scènes de la fin de la Rome impériale antique ?

La deuxième caractéristique de la « post-démocratie » pourrait bien être une irréductible coupure entre les masses et les élites, toutes confondues comme on l’a vu aux Etats-Unis, au point que l’on parle de « système » pour désigner le pouvoir, qu’il soit de gauche ou de droite, en l’occurrence. On ne savait plus si Trump était toujours de droite tant le Parti Républicain s’est défié de lui. Balayées les catégories de « gauche » et de « droite ». Ne font-elles pas plus ou moins les mêmes politiques ? Et la méthode des primaires en France orchestre cette grande confusion. C’est la raison pour laquelle le discours des hommes politiques a perdu toute crédibilité.

Le cas américain nous montre à merveille le nouveau partage : entre vertueux « moralistes » (la « gauche »), le clan Clinton, et « populistes » (la droite), les masses pro-Trump. En effet, c’est au nom de la morale que parlent désormais les politiciens, et par excellence la gauche qui se croit détentrice de la morale.

Aujourd’hui le combat politique ne se définit plus par rapport à une idéologie mais à la « vertu », occasion de terrasser les droits du citoyen au nom des « droits de l’homme », dont la seule « idéologie » est l' »antiracisme » (dont nous savons qu’il a généré un violent antisémitisme).

« Il n’y a plus aucune foi commune possible pour  fédérer les individus dans une même société. »

Et là nous touchons à une autre caractéristique : le recul du lien politique qui fait la socialité. Finis les classes, les engagements, la lutte pour l’égalité. L’ordre nouveau se fonde sur les « races », les « ethnies », les identités reçues et non conquises et choisies. Ce ne sont plus les individus qu’on prend en compte mais leurs groupes d’origine, que l’on agence non plus en fonction de l’égalité individuelle mais de quotas raciaux, en vertu d’un principe d’inégalité, au nom si évocateur, « la discrimination positive » :

Learn Hebrew online

Positive pour qui ? Alors, les vieux citoyens se sentent abandonnés, largués, floués par ces grandes consciences morales qui les dirigent et les méprisent. Eux qui furent le cadre même de la citoyenneté se voient relégués à « la périphérie », au « populisme », à la « xénophobie » tandis que le système judiciaire fonctionne en réseau avec le système médiatique pour donner à cette morale un impact dans la réalité dont l’Etat souverain n’est plus capable parce qu’il a été démantelé…

Et, de fait, les vieux citoyens ne voient plus dans cette démocratie qu’une procédure creuse. Et là nous touchons à la variable la plus puissante de la post-démocratie. L’appel d’air engendré par le recul de la souveraineté a ouvert la voie à la venue massive de populations étrangères qui a pulvérisé le cadre national dans lequel, seul, le régime démocratique avait pu s’instituer. Il n’y a plus aucune foi commune possible pour fédérer les individus dans une même société.

Demain, la démocratie pourrait bien devenir dictatoriale, s’incarner dans des hommes forts capables de mettre un terme à la décomposition inéluctable de l’ordre politique.

Source







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • 6 thoughts on “Shmuel Trigano : L’éclipse de la démocratie

    1. Aline1

      L’analyse de Mr Shmuel Trigano sur ce qu’est devenue la Démocratie est bienvenue.

      En effet ce sujet nous interpelle tous. Cette démocratie qui sévit ne répond absolument plus du tout à ce qu’elle escomptait défendre. Si bien que souvent, on se met à détester être dans un système démocrate, qui ont le voit se voit, victime de lui-même, tant les gens malintentionnés, peuvent utiliser la démocratie elle-même, pour accomplir les pires choses, les pires actes…Au nom de la démocratie !

      On a du mal à imaginer par quel « système » on pourrait la remplacer.
      Et je mets le mot système entre guillemet, parce que dans le même temps, je me demande si c’est vraiment par un nouveau système qu’elle devrait être remplacé. Ce mot en lui-même semble détenir, une potentialité de dictature de la pensée.

      Je me demande même si des partis doivent encore être à l’ordre du jour…Tellement l’idée de groupe, ramène immédiatement à ce sentiment de nomenclature.

      Peut-être que maintenant les hommes politiques devrait se présenter en leur nom seul, et nom pas en tant que représentant d’un système entier ?

      La réflexion reste ouverte.

    2. sergeb

      L’appel d’air engendré par le recul de la souveraineté a ouvert la voie à la venue massive de populations étrangères qui a pulvérisé le cadre national dans lequel, seul, le régime démocratique avait pu s’instituer. Il n’y a plus aucune foi commune possible pour fédérer les individus dans une même société.

      CA FAIT FROID DANS LE DOS, Possible qu’il soit déjà trop tard pour inverser la tendance.

    3. sergeb

      Aline
      C’est ce qu’a fait TRUMP aux USA ne se réclamant ni de l’un ni de l’autre du système des démocrates et républicains. La question, comment va t-il réussir s fédérer tous les américains.

    4. Yaeli

      On est très mal barrés : entre fausse démocratie et populisme pour les naïfs qui s’y engouffrent en troupeau. Faut-il vraiment choisir et supporter l’un contre l’autre ?

    5. Armand Maruani

      La démocratie n’est pas faite pour les muzz .

      A chaque fois qu’on a combattu et supprimé un de leurs dictateurs le pays est tombé dans l’anarchie et la guerre civile .

      Il eût fallu laisser les dictateurs en place tenir leur pays d’une main de fer on aurait eu la paix .

      Maintenant qu’ils sont libres ils viennent nous confisquer la nôtre pour nous imposer leur dictature .

      Ce n’est pas compliqué .

    6. Robert Davis

      L’auteur a raisonb et on se demande même si une dictature n’est pas préférable à cette fausse démocratie incarnée en particulier par la gauche hypocrite, immorale, avide de pouvoir et d’argent.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *