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Roman : « L’Orient et l’Accident – Téhéran, Tel Aviv, Ramallah », Coup de cœur WIZO Marseille 2016


Roman : « L’Orient et l’Accident – Téhéran, Tel Aviv, Ramallah », Coup de cœur WIZO Marseille 2016

ROMAN

Le roman de Liliane Messika et Serge Skrobacki « L’Orient et l’Accident – Téhéran, Tel Aviv, Ramallah » vient de recevoir le Coup de cœur WIZO Marseille 2016.

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Cet ouvrage, d’abord signé de Messika seule, avait été refusé par plusieurs éditeurs au motif qu’il n’était pas politiquement correct : le personnage principal, parfait exemple de l’humaniste français bien-pensant, se voyait contraint par des circonstances indépendantes de sa volonté, de confronter la réalité israélienne à ses préjugés « sympathiquement » antisionistes.

Réécrit à quatre mains, le nouveau manuscrit a atterri chez L’Harmattan un mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de Vincennes.

Valeur ajoutée du co-auteur ? Nouveau regard sur le terrorisme ? Les deux ?

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En tout cas, il a été publié et a recueilli des critiques enthousiastes de lecteurs. Pas un mot du côté des médias : les événements peuvent amener l’homme de la rue à changer de perspective, mais les journalistes, eux, ne sont pas faits d’un bois aussi tendre. Ils tiennent à leurs certitudes et au casting dans lequel ils ont enfermé les acteurs de leur conflit favori, le cruel soldat israélien d’un côté et l’innocent enfant palestinien de l’autre.

Résumé du livre :

Etienne Lemaître est un « honnête homme » du XXe siècle : humaniste, antiraciste et plein de compassion envers les faibles et les démunis. D’un séjour de quatre ans en Iran, il garde un amour profond pour l’Islam et un grand mépris pour l’Occident et son « arrogance ».

Sa sœur, profondément chrétienne, survit à un accident de voiture. Pour remercier le ciel, elle se rend en pèlerinage à Jérusalem où son fils meurt dans un attentat.

Le destin d’Etienne bascule dans l’inimaginable. Le psychanalyste qui soigne sa sœur a-t-il un dessein caché ? Les malades qu’il rencontre à l’hôpital conspirent-ils contre lui ? La séduisante infirmière est-elle une étourdie ou Etienne lui-même perd-il l’esprit ?

Interview de Liliane Messika

Son idée fixe unique, c’est Israël : elle le conjugue à toutes les sauces. Elle a publié trois livres en 2015, dont le premier est au cœur de l’actualité : L’Orient est l’Accident. Un roman prémonitoire. Il raconte le Bataclan, sauf que ça se passe il y a douze ans et que le Mike’s Bar, lui, est en Israël (obsession oblige…)

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Alors, Liliane Messika, L’Orient et l’accident. C’est un livre d’histoires ou d’Histoire ?

LM : Comme aurait dit Coluche, « c’est l’histoire d’un mec » qui est obligé de sortir du confortable cocon de ses certitudes sur le Moyen Orient et de les confronter avec la réalité de l’histoire majuscule. Le choc est rude, mais quand le livre est sorti, en septembre 2015, je me disais qu’en France, le public était capable de s’identifier à mon héros, parce que nous étions après Charlie. Maintenant nous sommes après le Bataclan et justement…

Ce livre est basé sur une histoire vraie : le 30 avril 2003 à Tel Aviv, un attentat perpétré par deux musulmans britanniques a tué plusieurs jeunes gens à la sortie d’un bar branché. Parmi eux, il y avait une jeune Française de 29 ans que je connaissais.

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J’ai commencé à écrire ce livre quelques semaines après l’attentat, mais aucun éditeur n’en voulait : trop politiquement incorrect.

Avec Charlie, l’humeur a changé au point qu’on a aussi admis que l’attaque de l’Hyper Casher était antisémite, alors qu’on l’aurait probablement, sans Charlie, qualifiée « d’affrontements intercommunautaires ».

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Charlie, ça a été l’électrochoc, notre 11 septembre à nous. Nous avons été obligés d’ouvrir les yeux et de constater que notre monde de Bisounours était une chimère. Tous les terroristes ne sont pas de gentils résistants humiliés et colonisés et tous les citoyens d’un Etat menacé par le terrorisme ne sont pas de méchants racistes.

Aujourd’hui, nous en avons la sinistre preuve avec les ordures qui ont massacré le jeune public du Bataclan.

Cela dit, mon roman n’est pas écrit en noir et blanc. C’est plutôt un camaïeu de gris, comme la réalité, comme l’Histoire. Mais c’est aussi la rencontre des histoires de plusieurs personnages qui s’affrontent, s’aiment, se combattent et s’entraident.

Vous publiez deux autres livres, en plus de L’Orient et l’Accident.

Le deuxième, Le Juif errant est rentré chez lui, est une biographie passionnante : un juif allemand né à Dantzig en 1927, a fait partie du dernier convoi que les nazis ont autorisé – moyennant dollars sonnants et trébuchants – à gagner la Palestine par bateau. Evidemment, ce n’était pas du goût des Anglais, à qui la SDN, l’ancêtre de l’ONU, avait confié un mandat pour y favoriser la création d’un Foyer National Juif. Sauf qu’on était en 1940 et que les Britanniques préféraient aider Lawrence d’Arabie à rassembler les Arabes pour s’aider en les aidant eux-mêmes… et à laisser le ciel aider les Juifs. Ils ont donc arrêté les bateaux à Haïfa et ont réexpédiés ses passagers vers leur colonie la plus lointaine : l’île Maurice. Mais le Juif errant a fini par rentrer chez lui, en Palestine juste avant qu’elle redevienne Israël.

Il y a un rapport entre les deux livres ?

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LM : Oui et non. Ce n’est pas une réponse de Normand, plutôt d’ashkénaze. Oui parce que, là aussi, c’est une histoire singulière qui est inséparable de l’histoire avec un grand H : encore une fois, les Juifs sont visés parce que juifs. Mon héros s’appelle Ouri. Il existe, je l’ai rencontré. A de nombreuses reprises, même. C’est le grand-père idéal, un vieux monsieur charmant et fragile, mais toujours optimiste et joyeux.

Sauf que quand on cherche derrière la façade, on trouve un gamin persécuté par les Nazis, puis déporté par les Britanniques et ensuite attaqué par tous les pays arabes du Moyen-Orient, qu’ils soient limitrophes ou pas de l’Etat d’Israël. Aujourd’hui, Ouri est un octogénaire pacifiste réaliste, c’est-à-dire conscient de la nécessité de faire des concessions douloureuses pour vivre en paix, mais aussi des complexités de l’Histoire. Sans concessions, pas de paix, mais les concessions doivent nécessairement être faites des deux côtés. Tous ceux qui veulent les cantonner à Israël ne cherchent pas la paix et se fichent des Palestiniens comme d’une guigne. Ce qu’ils veulent, c’est nuire à l’Etat juif. La meilleure preuve est ce qui arrive aujourd’hui en Syrie. Des centaines de Palestiniens se font massacrer dans l’indifférence des BDS et consorts. A l’inverse, ce sont les Israéliens qui soignent les réfugiés et les blessés qui arrivent par sa frontière nord. De cela, on ne parle pas dans nos journaux, mais cela viendra, quand les journalistes, eux aussi, enlèveront leurs lunettes noir-et-blanc.

Vous devriez savoir vous y prendre pour leur faire passer le message : vous êtes une spécialiste de la communication. C’est même le sujet de votre troisième livré édité l’an dernier.

LM : Le troisième de 2015 mais le 23ème en tout. Oui, il s’appelle La communication c’est comme la marche à pied et il explique ce que sont les différentes techniques de communication, avec des exemples choisis parmi les gens que tout le monde connaît. Par exemple, c’est Philippe Bouvard qui illustre la communication de crise, Isabelle Adjani éclaire la lutte de la communication contre les rumeurs, David et Cathy Guetta sont l’exemple qui explique les relations publiques et la Mairie de Paris celui qui décortique la communication événementielle.

Oui, mais c’est l’Etat Islamique que vous avez choisi pour parler d’Internet. Ce n’est pas neutre, quand même !

LM : Il y a deux chapitres consacrés à Internet. Celui sur les réseaux sociaux, Facebook et compagnie, est intitulé « Barack Obama veut être votre ami ». Celui dont vous parlez est le dernier, qui s’attache à analyser la campagne de recrutement de l’Etat Islamique sur Internet. Car une des raisons majeures de son succès – je parle du recrutement, pas de l’Etat Islamique en soi – c’est la parfaite maîtrise des technologies des communicants du mouvement. 30 000 nouveaux combattants étrangers recrutés de cette manière en quelques mois, c’est du jamais vu ! Et vous remarquerez qu’ils ne se privent pas pour triompher après le Bataclan sur les réseaux sociaux.

Vous voyez bien que je ne suis pas neutre. J’ai même pris la précaution d’ajouter un préambule à ce chapitre, dans lequel je précise que ma sympathie et mon empathie vont exclusivement aux victimes des monstres qui ont mis ces techniques en œuvre. D’ailleurs le titre ne laisse place à aucune ambiguïté : « l’Etat islamique embauche égorgeurs et candidats au suicide ». Aujourd’hui, avec le Bataclan, je persiste et signe.

Pourquoi écrire un livre sur la communication ?

LM : Parce que le mot est devenu synonyme de « esbroufe » ou de « poudre aux yeux ». Dès qu’un politique annonce un plan de ceci ou une mesure de cela, on lève les yeux au ciel en soupirant : « Pffff, il n’en fera rien, c’est de la communication et rien d’autre ! »

Eh bien moi, je peux vous dire que ça n’en est pas.  Et j’ai envie d’expliquer ce que c’est réellement. C’est une discipline avec des techniques, des modalités et des outils. Elle ne doit, ne peut servir qu’un but : faire passer le(s) bon(s) message(s) au(x) bon(s) interlocuteur(s).

La communication c’est comme une enveloppe. Si l’adresse est bien rédigée et si l’affranchissement est suffisant, elle devrait parvenir à son destinataire. Mais la communication ne peut pas se substituer à l’action, c’est impossible. Si l’enveloppe est vide, le destinataire ne recevra pas de message. Il sera juste frustré.

Moi, ce qui me frustre, c’est de voir que, dans beaucoup de domaines, on n’analyse pas les choses, on se contente d’ingérer des images. Plus elles sont spectaculaires, plus elles sont mauvaises et mieux elles remplacent la réflexion. Et toc ! Nous voici revenus à Israël !

Vous avez un petit côté redresseur de torts ? 

LM : J’aimerais bien ! En réalité, j’essaie avec mes petits moyens d’apporter une goutte de bon sens, de rationalité dans l’océan de préjugés émotionnels qui obscurcit souvent le jugement du public. En 2015, après Charlie, la conjoncture y devenait favorable. Malheureusement, L’Orient et l’Accident s’est révélé prémonitoire. Inutile de dire à quel point cela me navre. Mais en effet, les gens prennent conscience. Le Moyen Orient ne se résume plus à de gentils Palestiniens victimes de méchants Israéliens (ni l’inverse, d’ailleurs) et la communication n’est pas une potion magique qui transforme les mots en actions.

Un mot, avant de finir, vous dites avoir publié 23 livres. Ils sont tous sur Israël ?

LM : J’en ai publié 23, mais je ne les ai pas tous écrits, il y en a 5 que j’ai seulement traduits. Et ils ne sont pas tous sur Israël, tant s’en faut. Le premier que j’ai publié, en 1995, était déjà sur la communication. Depuis, pas mal d’essais sont parus, dont un sur le Moyen-Orient, avec Fabien Guez : La paix impossible ? J’écris aussi beaucoup sur des problématiques de santé. En particulier dans la collection « Une nouvelle pour comprendre une maladie », chez K’Noë. Ce sont de courtes fictions qui mettent en scène des patients atteints de maladies chroniques : dépression, polyarthrite, hémophilie… Ça, c’est de la communication efficace : l’éditeur a choisi un bon vecteur pour faire comprendre au grand public des pathologies compliquées sans l’assommer avec du jargon technicien.

Vous avez aussi publié en 2016 ?

LM : Oui. Avec Serge Skrobacki, qui m’a accompagnée sur L’Orient et l’Accident, nous avons écrit un roman intitulé Le mari de mon épouse est une ordure. Comme pour L’Orient et l’Accident, nous n’avons jusqu’ici que des retours positifs de ceux qui l’ont lu. Malheureusement pour le lire, il faut savoir qu’il existe et ça… c’est l’apanage d’une infime minorité.

L’Orient et l’Accident, avec Serge Skrobacki, Editions L’Harmattan, septembre 2015

Le Juif errant est rentré chez lui, Editions L’Harmattan, octobre 2015

La communication, c’est comme la marche à pied, Editions L’Harmattan, novembre 2015

Le mari de mon épouse est une ordure, Editions L’Harmattan, juillet 2016.

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  • One thought on “Roman : « L’Orient et l’Accident – Téhéran, Tel Aviv, Ramallah », Coup de cœur WIZO Marseille 2016

    1. Aline1

      Merci de la description des ouvrages de Liliane Messika – qui semble avoir à cœur, de raconter ce qu’elle connait – Rien n’est tout blanc, ni tout noir, c’est évident, dans ce Moyen Orient.

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