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Médias, gueule de bois et mea culpa


Médias, gueule de bois et mea culpa

Ils ont soutenu sa rivale, dévoilé ses turpitudes, démonté ses mensonges… Pourtant, les journaux, en offrant à Trump le premier rôle, l’ont mis en orbite à mesure qu’ils le dénonçaient.

Fin octobre, une enquête du site américain Politico recensait seulement une dizaine de journaux américains ayant publiquement pris parti pour Donald Trump. Des petites publications sans réelle influence, hormis le New York Post. En face, ils étaient plus de 200 à s’être rangés derrière Hillary Clinton, parfois plus par antitrumpisme que par adhésion. Dans la liste, on trouvait les plus grands quotidiens comme le New York Times, le Washington Post, USA Todayet même le conservateur et probusiness Wall Street Journalpar le biais d’une éditorialiste.

Perte de puissance

Ce mouvement, massif, de la «grande» presse écrite en faveur de la candidate démocrate n’a pas suffi. Cette incapacité à peser dans le vote final symbolise la perte de puissance des médias historiquement considérés commes les plus influents outre-Atlantique. Leur voix porte de moins en moins face aux chaînes de télévision et surtout aux réseaux sociaux tels que Facebook, qui permettent à des sites militants d’atteindre des audiences considérables. C’est le cas de Breitbart, vitrine de la mouvance suprémaciste et complotiste de la droite américaine, dont le patron, Stephen Bannon, était aussi le directeur de campagne de Trump. Après l’élection, celui-ci a évoqué sur son propre site un «effondrement» des grands journaux . De fait, pour les New York Timeset autres Washington Post, l’élection de Trump sonne d’abord comme une cruelle entrée dans le monde moderne.

Les multiples articles que ces journaux ont publiés sur la réalité de la fortune de Trump, ses dissimulations fiscales, ses liens douteux avec Moscou et ses mensonges n’ont rien changé. Le travail journalistique de vérification des faits et de dénonciation de ses outrances ne semble avoir fait que renforcer le discours antimédias du nouveau président élu des Etats-Unis et son positionnement de candidat hors système. En outre, il lui a offert sur un plateau le premier rôle de la campagne, alimentant le bruit médiatique autour de ce personnage hors norme, si habile dans l’exercice de la télé-réalité. «Si l’on estime que le journalisme pendant une campagne électorale n’est pas seulement une succession d’articles, mais un effort collectif destiné à produire de l’intelligence commune, alors nous avons failli», écrivait mercredi le site Vox, observant, sondage à l’appui, que la campagne de Clinton avait été davantage parasitée par la seule affaire liée à ses mails que celle de Trump par la foule d’histoires négatives sorties à son sujet. A cet égard, les médias favorables au milliardaire ont parfaitement rempli leur mission de pilonnage et montré leur capacité de nuisance.

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Aveuglement

Au-delà de leur discrédit auprès d’une partie de l’opinion publique, les grands journaux s’interrogent sur leur aveuglement face à la déferlante Trump qu’ils ont contribué à soulever. Dans une autocritique cinglante, le médiateur du New York Times, Jim Rutenberg, pointe la déconnexion de la presse avec une majorité de la population alimentant le «pouls complexe» des Etats-Unis. Encouragés dans l’erreur par les sondages favorables à Clinton et peu prompts à les remettre en question, les journalistes ont été «incapables de suivre l’humeur anti-élites qui bouleverse le monde entier» et traverse «les classes populaires blanches» américaines. «La politique n’est pas seulement une affaire de chiffres. […] Et le journalisme politique n’a pas pour seule fonction de dire qui va gagner ou qui va perdre», écrit-il. Pour les partisans de Trump, «le gouvernement ne fonctionnait pas, le système économique ne fonctionnait pas et – nous l’avons souvent entendu – les médias d’information ne fonctionnaient pas non plus. Eh bien, quelque chose sûrement ne fonctionne pas». L’analyse rejoint celle de l’économiste Paul Krugman, chroniqueur du Times. Dans un billet très court, il constate que «les gens comme moi, et probablement comme la plupart des lecteurs du New York Times, n’ont vraiment pas compris le pays dans lequel nous vivons».

Dans l’autre journal de référence, le Washington Post, le ton est le même. «Les médias ne voulaient pas croire à la victoire de Trump. Alors ils ont regardé ailleurs», écrit Margaret Sullivan. «A la fin, un nombre écrasant d’électeurs américains désiraient quelque chose de différent. Ils avaient beau le crier et le hurler, la plupart des journalistes n’écoutaient pas. Les journalistes ne comprenaient pas. […] Pour eux, c’était trop horrible. Par conséquent, s’en remettant à une sorte de pensée magique, ils ont estimé que cela n’arriverait pas.» Là encore, l’éditorialiste explique l’inattendu par l’écart sociologique qui se creuse entre la presse et l’électorat de Trump. «Il est plus fréquent que jamais que les journalistes – qui ont fait des études supérieures, sont urbains et souvent progressistes – vivent et travaillent à New York, Washington DC et sur la côte Ouest. Même si nous nous sommes installés pendant quelques jours dans les grands Etats républicains et avons interrogé des mineurs de charbons ou des ouvriers de l’automobile au chômage, nous ne les avons pas pris au sérieux. Ou pas suffisamment.» Elle conclut : «Ne nous trompons pas. Il s’agit d’un raté extraordinaire.»

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  • 6 thoughts on “Médias, gueule de bois et mea culpa

    1. Tizi Aviv Tel Ouzou

      Pendant que les journaleux américains font leur mea culpa, les journaleux français arrogants et méprisants surenchérissent dans la propagande. Les éditions spéciales TRUMP vont bon train et ça n’arrêtera pas car ils ont trouvé le bon filon jusqu’aux élections présidentielles avec entre les deux la primaire à droite, la décision de Flanby de se représenter ou non, la primaire à gôche et la campagne électorale. Loin de se remettre en cause et de mea-culpabiliser, ils vont continuer de plus belle à décortiquer et analyser des situations imaginées de toute pièce par eux-mêmes, à susciter la peur des populistes et de l’extrême droite. Un travail à la chaine pour farcir le crâne du populo et le préparer et le conditionner à élire le candidat qu’eux ont choisi d’avance sachant que leur PS chéri est cuit, et que donc le moins pire de la situation est Ali Juppé. Ils n’ont d’ailleurs pas attendu l’élection de TRUMP mais grâce à elle ils vont surexploiter la chose. Attendez-vous à une surdose de commentaires et d’analyses de « spécialistes » de tous poils tous gonflés d’orgueil, de certitudes et de condescendance, tous persuadés de détenir LA vérité. Ils n’éprouvent aucune gêne ni aucune honte après cet échec journalistico-sondagier cuisant.
      L’élite médiatico-politico-artistique a pris aujourd’hui la place des aristocrates et du clergé débordant de privilèges et méprisant le populo d’hier. Nous revivons exactement la même chose aujourd’hui ; le mépris du peuple par l’ « élite » maquillée, épilée et teintée de frais, l’écrasement par les impôts et taxes, le deux poids deux mesures. Hier ça a provoqué une révolution et a couté sa tête à un roi aussi dépassé que notre monarque d’aujourd’hui, cela se renouvellera-t-il demain ?? La différence avec hier c’est que le populo n’avait ni la télé, ni internet, ni les portables, on ne les anesthésiait pas avec la télé réalité et l’intox merdiatique. Aujourd’hui on a le choix entre les Ch’tis à Miami, les Hanouneries de Cyril, les sardineries de Patrick S, les casseurs du NPA, l’islamo-gauchisme de l’autre extrême gauche, le verbiage postillonnesque de Mélenchon, le « panache » énervant Montebourien, la frilosité de Fillon, le menu : œuf mollet sauce péninsularabique de Cheikh Juppé, la vindicte de Copé, le « j’essaie de bien faire mais y a encore du chemin » de Le Maire, la « niaque » feinte( ?) de Sarkosy, l’antisémitisme de Poisson, l’inexpérience optimiste d’NKM, notre Richard Prety Bayrouman les Hommes Invisibles atomisés du PS ???…. Qui !? Les autres sont encore vierges de méfaits politiciens mais auront-ils un résultat, auront-ils toute latitude pour agir ou seront-ils pourchassés par les anges vertueux qui nous façonnent à longueur d’année ?

    2. sergeb

      C’était un mal pour un bien, TRUMP n’a pas eu besoin de payer qui que ce soit pour le publiciser, les médias gauchistes s’en sont occupés et très bien d’ailleurs.

    3. Aline1

      Complètement d’accord avec Tizi Aviv Tel Ouzou !

      Il semble que les journaux américains ont un rien de plus de décence que les journaleux en France.

      On a beau zapper, toujours pas la moindre remise en question, et le même martèlement, même en plus fort, il me semble, pour taper sur Trump.

      De quoi se demander vraiment : Mais que sait-il qu’il pourrait dire ou faire qui leur fasse peur à ce point.

      Ce n’est pas très net tout cela.

      Heureusement sur le NET, en cherchant nous pouvons trouver plus net que les journaleux médiatiques.
      Ils vont perdre leur boulot – après avoir zappé une demie heure, j’ai éteint la télé.
      Il faudrait que cela se généralise.

    4. Tizi Aviv Tel Ouzou

      Aline 1,

      Le gouvernement (et le politicards) aidé par les merdias ont provoqué une fracture en France. Divisé le pays. Ils le savent et mettent les bouchées doubles pour finir le travail.
      Si des conneries provocantes sortent de la bouche de Trump cela n’est rien à côté de la haine que ces journaleux bavent du matin au soir. Tellement, qu’on peut sentir leur pouls s’accélérer et tambouriner dans leur cou même à travers l’écran. La haine à l’état brute de tous ceux qui ne pense par comme eux et qui ne se courbent pas devant eux. Ce n’est pas vraiment le personnage, le milliardaire et les excès de langage de Trump qui les font constiper mais plutôt ce qu’il ose représenter : la dissidence, l’électron libre, le libre penseur, l’insoumis. C’est plutôt cela qui les démanges et le fait qu’il va surement contaminer beaucoup de monde à travers la planète. . Les 1er, 2ème et 4ème pouvoirs se sentent en danger. Le 3ème, lui, se contente pour l’instant d’ériger des murs (des cons).

    5. zanaroff

      Les américains ont de la chance. Ils ont TRUMP qui a vraiment envie de relever le pays économiquement. QUI en France ? Je cherche…. je cherche…

    6. Debout

      Bien d’ accord avec vous !
      A quand « la Pravda », qui donnera les nouvelles, mais pas la vérité, et  » Les
      Izvestia », qui donnera la vérité (?) mais pas les nouvelles ??….

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