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Sanabil, une association musulmane d’aide aux détenues, jugée proche de l’islam radical, bientôt interdite


Sanabil, une association musulmane d’aide aux détenues, jugée proche de l’islam radical, bientôt interdite

Bernard Cazeneuve a lancé jeudi une procédure de dissolution à l’encontre de Sanabil, une structure jugée proche de l’islamisme radical très présente en prison, en lien avec de nombreux djihadistes.

Elle a pignon sur rue,est déclarée régulièrement à la préfecture, et dispose d’une page Facebook et d’un compte Twitter publics. Pourtant, en six ans d’existence, Sanabil est devenue une préoccupation majeure des acteurs de l’antiterrorisme en France. Plus pour longtemps.

Selon nos informations, l’association loi 1901 francilienne d’aide aux détenus musulmans fait l’objet depuis jeudi d’une procédure d’interdiction intentée par le ministère de l’Intérieur, qui lui reproche notamment sa proximité avec le courant islamiste radical. Son président, assigné à résidence depuis le 23 novembre 2015, dispose de dix jours pour contester cette décision.

Créée en 2010, l’association est déclarée à la sous-préfecture de Saint-Denis, mais son adresse de domiciliation se trouve à Noisiel (Seine-et-Marne). Son objet officiel : soutenir et apporter une aide aux détenus musulmans et à leurs familles.

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Citée dans de nombreux dossiers terroristes

Concrètement, Sanabil contacte les détenus en leur envoyant un courrier type grâce au numéro d’écrou fourni par les proches. « Ils disent au prisonnier des choses comme : Dieu a mis une épreuve sur ton chemin, nous allons t’aider à la traverser », indique une source policière. Une correspondance écrite s’installe alors, parfois agrémentée de mandats cash, ou de colis comprenant livres ou nécessaires de prière, notamment pendant le ramadan. L’organisation loue également un pavillon à Alfortville afin d’héberger les épouses religieuses de détenus lors des visites. Elle revendique des liens avec 600 détenus dans 11 pays.

Amedy Coulibaly avait participé à son pique-nique annuel

Son président est une figure historique de la mouvance djihadiste française. Né au Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo) Antho B., 38 ans, apparaît dans les radars des services de renseignement dès 2005. A l’époque, cet informaticien de Torcy (Seine-et-Marne) réside en Egypte avec sa famille.

Il y apprend l’arabe dans un institut coranique salafiste, et rencontre sur place un autre Français, le Toulousain Jean-Michel Clain, future « voix » — avec son frère Fabien — de la revendication audio des attentats de Paris.

Le trio se lie d’amitié. Lorsque les frères Clain sont arrêtés en Syrie et extradés vers la France en décembre 2006, soupçonnés de vouloir mener le djihad en Irak, Antho B. est interpellé comme d’autres membres de la mouvance salafiste toulousaine. Malgré une prolifique littérature salafiste retrouvée chez lui en perquisition, il est libéré après soixante-cinq heures de garde à vue.

L’ancien conseiller en informatique pour Wanadoo et Free n’abandonne pas ses idéaux. Il devient membre d’Ansar al-Haqq, un forum Internet francophone pro-djihad plus tard désigné comme un vivier de candidats au départ. Le site Web est notamment fréquenté par Djamel Beghal, un vétéran du djihad considéré comme l’un des inspirateurs des frères Kouachi, et Samy Amimour, l’un des terroristes du Bataclan. Parmi les administrateurs du forum, on trouve Mourad Hamyd, beau-frère de Chérif Kouachi, arrêté sur la route du djihad en juillet dernier.

Dans la foulée, Antho B. fonde Sanabil, alors considérée par les services comme une émanation d’Ansar al-Haqq. Il s’entoure d’une équipe restreinte à laquelle participent les frères Clain, mais aussi Léonard L., trésorier, et Adrien G., deux fichés S aujourd’hui partis en zone irako-syrienne.

Depuis, « Sanabil est devenue une plaque tournante de l’islam radical en prison, voire au-delà », note une source proche des services de renseignement. La liste des enquêtes antiterroristes où apparaît l’association est longue. Parmi les plus significatives, on compte celle des attentats du 13 Novembre, où quatre membres ou ex-membres ont été placés en garde à vue puis relâchés au printemps dernier. Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, avait participé à l’un des pique-niques annuels de l’organisation. Le tueur du Musée juif, Mehdi Nemmouche, a écrit à plusieurs reprises à Sanabil depuis sa cellule.

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Un membre de la filière djihadiste du Val-de-Marne, dont est issu le hiérarque français de Daech Salim Benghalem, figurait parmi la liste des donateurs jusqu’à son arrestation. Malgré ce passif et l’assignation à résidence de son président en Essonne après les attentats du 13 Novembre, Sanabil était toujours active. Mais depuis hier, les avoirs de l’association sont gelés. La dissolution devrait être prononcée par décret en Conseil des ministres le 16 novembre.

Je n’ai jamais incité quelqu’un à commettre un attentat, moi-même je ne le ferais pas », assurait Antho B. lors de sa garde à vue en 2007. « Mais quand ça arrive, c’est un bien », avait-il immédiatement ajouté.

Mouvements d’argent suspects le jour des attentats

C’est sans doute le membre de Sanabil qui intéresse le plus les enquêteurs en charge des attaques du 13 Novembre. Domenico G. a rejoint la Syrie en février 2015. Cet homme d’origine italienne de 31 ans a grandi à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) où il s’est radicalisé au contact de recruteurs locaux. Avant son départ, il travaillait dans un garage du Val-d’Oise connu pour avoir employé d’autres islamistes radicaux franciliens. Les 14 et 15 novembre 2015, plusieurs appels entre un membre de la famille de Domenico G., resté en France, et l’un des numéros belges utilisés par la cellule terroriste sont repérés par les enquêteurs.

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La suite des investigations révèle des mouvements d’argent suspects le 13 novembre en fin d’après-midi sur le compte français du djihadiste, toujours actif. Domenico G. aurait-il une responsabilité dans l’organisation ou le financement des attaques ? L’enquête en France n’a pas permis pour l’instant de le définir.

Source

 

 







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  • One thought on “Sanabil, une association musulmane d’aide aux détenues, jugée proche de l’islam radical, bientôt interdite

    1. filouthai

      Creee en 2010, cette association a pu impunément développer son activité depuis lors , sans obstacle des services de Police et de Renseignement ?
      Ou est l’erreur ?

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