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Russie : amoureuse d’un djihadiste, une jeune femme risque la prison pour avoir tenté d’aller en Syrie


Russie : amoureuse d’un djihadiste, une jeune femme risque la prison pour avoir tenté d’aller en Syrie

Disparue le 27 mai 2015, Varvara Karaoulova a été arrêtée à la frontière turco-syrienne quelques jours plus tard par les autorités turques. La jeune femme affirme qu’elle tentait de rejoindre son « amoureux », un djihadiste basé en Syrie. Remise aux autorités russes, son procès se déroule depuis une semaine. Âgée d’à peine 20 ans, elle risque 5 ans de prison.

Il n’y a pas d’âge pour être amoureuse… Même d’un terroriste. Varvara Karaoulova, 20 ans, avait tout de la jeune fille modèle. Née au sein d’une famille de classe moyenne dans un quartier résidentiel huppé de la capitale russe, cette étudiante en deuxième année de philosophie à la prestigieuse université d’État de Moscou (MGU) était décrite comme une élève brillante par son entourage : «  Varia [son surnom, NDLA] était une élève très studieuse, elle passait beaucoup de temps dans les livres, à faire du sport, à pratiquer des langues  », déclarait son père, Pavel Karaoulov, dans un entretien avec le site d’actualité The Insider, traduit ici par le site du Courrier de Russie.

Son interpellation le 4 juin 2015 à Kilis, en Turquie, alors qu’elle tentait de franchir la frontière syrienne avec 13 autres ressortissants russes pour rejoindre son «  amoureux  » a donc surpris son entourage. Rapatriée dans son pays natal, la jeune russe comparaît depuis une dizaine de jours devant un tribunal militaire à Moscou et risque 5 ans de prison pour avoir voulu rallier « une organisation considérée comme terroriste par les lois russes ».

Varvara s’est défendue d’une telle accusation dès l’ouverture de son procès en déclarant : «  Je n’ai rejoint aucune [organisation], je ne suis pas une terroriste et je n’ai absolument jamais voulu en devenir une  », d’après l’agence de presse russe Interfax.

Un « premier amour »

Vlad, Adam ou encore Artur Sokolov. L’homme que Varvara Karaoulova voulait retrouver en Syrie utilisait différents pseudonymes sur Internet. Selon les enquêteurs, il s’agit d’un combattant de l’État islamique dénommé Aïrat Samatov. Lui et Varvara auraient dialogué en ligne plusieurs mois jusqu’à ce que la jeune femme tombe amoureuse de lui et accepte sa demande en mariage. Il s’agissait de son «  premier amour  », explique son avocat Me Badamchine.

La « rencontre » aurait eu lieu lors de la première année d’université de Varvara. À l’époque, «  p ersonne ne savait ce qui se passait en elle, ni ses parents, ni ses amis  », poursuit l’avocat, en parlant d’une personne «  renfermée, réservée  ». Une description confirmée par son père : «  Elle ne s’intéressait pas à l’alcool et, peut-être pour cette raison, d’ailleurs, elle ne communiquait pas tellement avec ses semblables et se tenait un peu à l’écart, de ses condisciples notamment. Et ça s’est visiblement renforcé en deuxième année.  »

«  En septembre [2014, NLDA], elle a commencé à étudier l’arabe, et nous avons vu apparaître à la maison des livres consacrés à l’islam, mais les cours du département d’étude des cultures de la faculté de philosophie de la MGU impliquent l’étude des religions  », relatait-il une semaine après sa disparition le 27 mai 2015. C’est seulement après s’être mobilisé pour retrouver sa fille que Pavel Karaoulov a découvert une facette de sa fille qu’il ignorait : «  Après être sortie de la maison dans des vêtements normaux, une fois arrivée à la MGU, elle enfilait un hidjab, une robe longue et des blouses à manches longues et de couleur sombre.  »

Procès pour l’exemple

Si les procès contre les aspirants jihadistes se multiplient en Russie, avec parfois à la clé des peines sévères, Varvara Karaoulova fait figure d’exception : la majorité des prévenus sont d’origine caucasienne tandis qu’elle est née et a grandi à Moscou. Ce qui fait dire à son avocat auprès de l’AFP que ce «  simulacre de procès  » est destiné à « faire un exemple » et à décourager les départs en Syrie d’autres jeunes filles tombées amoureuses de djihadistes, comme Varvara. «  Ils ont pris pour victime une personne qui n’a rien à voir avec des activités terroristes  ».

Selon Regina Velimetova, autre russe arrêtée à Kilis en même temps que l’étudiante puis relâchée par les autorités russes à son retour au pays, les femmes comme Varvara «  cherchent toutes à se marier sous la sharia  », la loi islamique. Elle-même dit y être allée elle aussi pour «  chercher le bonheur conjugal  ». Pour ce témoin de la défense, leurs motivations seraient donc bien éloignées du terrorrisme : «  Cela ne veut pas dire que nous allions là-bas pour participer à des actes militaires et nous faire exploser. Notre but est juste de vivre là où la loi islamique est observée.  » Un tableau – volontairement ? – naïf que vient noircir cette enquête de France inter sur le rôle des femmes dans le djihad.

Terreur ou ardeur, à la charge des juges de trancher dans ce procès qui devrait aboutir à la fin du mois.

source





Journaliste canadien indépendant. Spécialiste des questions sur l'islamisme, le terrorisme, la géopolitique, et sur le conflit Israélo-arabe.



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